(CROISSANCE AFRIQUE)-Du 4 au 6 avril 2025, se tient à Bamako la deuxième édition du Festival du Thé. Les travaux de la cérémonie d’ouverture ont été présidés par le chef du Cabinet du Ministère de l’Industrie et du Commerce, Ibrahim F. Koné, au Musée National, en présence de l’ambassadeur de la République de Turquie, invité d’honneur, de la promotrice du Festival, Rokyatou Camara, non moins directrice du Prozen-SARL, Me Nadia Myriam Biouelé, présidente de la fondation HERA entre autres.

Pour cette édition qui met en lumière les liens forts unissant le Mali à ses partenaires traditionnels et à la communauté internationale, les organisateurs ont eu l’honneur d’accueillir des pays, notamment la Chine, la Turquie, le Maroc, les pays de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel, (le Burkina Faso, le Mali et le Niger), le Sénégal et la Mauritanie.
Tous ces États sont porteurs d’une tradition du thé riche et authentique. Pour les organisateurs, ces échanges culturels et économiques illustrent la volonté de faire du Mali un carrefour de rencontres, d’opportunités et d’initiatives innovantes.
« Le thé est plus qu’une simple boisson. Il est, au Mali et bien au-delà de nos frontières, un symbole de partage, de dialogue et de cohésion sociale>>, a introduit, Rokyatou Camara, promotrice du Festival du Thé. Selon la directrice du Prozen-SARL, le thé rythme nos vies, nos traditions et nos moments de fraternité. « Autour du thé, nous apprenons à écouter, a comprendre, à construire ensemble », a-t-elle ajouté.
En effet, le thème de cette deuxième édition est placé sous le signe de : « Célébrons de la Paix, de l’Unité, et de la Culture ». Pour Rokyatou, en choisissant ce thème, les initiateurs font écho à la vision du président malien de la Transition, le général d’Armée Assimi Goita, qui a déclaré cette annonce 2025 « Année de la Culture »
Elle a ensuite martelé qu’être culturellement souverain, c’est être intellectuellement libre, économiquement autonome et socialement uni. Avant de poursuivre qu’affirmer l’identité, préserver les traditions, mais aussi innover et bâtir des industries culturelles qui participent pleinement au développement du pays.
« Le thé, en tant que patrimoine immatériel, incarne cette philosophie. Mieux encore, il peut devenir un levier de développement économique et social, en particulier à travers la culture du thé sur nos terres arabes, un projet porteur de création d’emplois et d’opportunités pour nos jeunes et nos femmes », a-t-elle fait savoir.
Dans ses propos, Ibrahim F. Koné, chef du Cabinet du Ministère de l’Industrie et du Commerce a tenté de découvrir le thé à travers la légende. Selon le représentant du ministre en charge de l’Industrie, l’origine du Thé remonterait à 2737 avant notre ère quand l’empereur chinois Shen Nong, faisait bouillir son eau de boisson, une feuille de cet arbuste serait tombée accidentellement dans cette eau bouillante et donna une couleur et un parfum délicat.
A ses dires, l’empereur y gouta, s’en delecta et en reprit. L’arbre était théir sauvage, le thé était né. M. Ibrahim F. a également mis l’accent sur les légendes en Inde et au Japon. Selon le chef du cabinet, quelle que soit la légende, il semble que les arbustes soient originaires de Chine, se sont répondus en Asie, notamment en Inde et au Japon. « Il arriva en Europe au XVIIè siècle grâce aux explorateurs et aux commerçants portugais et Néerlandais », a-t-il ajouté.
Il poursuit en rappelant ceci : « Le Thé est arrivé en Afrique à travers le développement du commerce aux XIXè et XXè siècle et surtout la colonisation européenne, notamment britannique qui cherchait une alternative aux plantations en Inde et au Sri Lanka afin de diversifier leur productio », nous éclaire-t-il.
Après les indépendances, dira-t-il, plusieurs pays africains ont poursuivi et développé la culture du Thé en créant des industries nationales pour l’exportation.
« Ce fut le cas du Mali où les autorités d’alors en collaboration avec le gouvernement chinois ont créé la ferme de Thé de Farako. La ferme de Thé a été inaugurée en 1994 par le premier ministre chinois CHU EN LAI. Elle couvrait 402 ha dont seulement 102 ont été mis en valeur. L’usine de Thé fut inaugurée en 1972. L’ensemble était géré au départ par des experts chinois avant de passer sous l’administration malienne en 1987 », a expliqué davantage le chef du cabinet du Ministère de l’Industrie et du Commerce.
Parlant du thème, le représentant du ministre en charge du Commerce pense qu’il est évocateur et que chacun en sa manière et au mieux de ses capacités doit œuvrer aux côtés des autorités de la transition pour reconstruire la nation malienne et rétablir les équilibres cultuels fondamentaux au Mali.
Pendant trois jours, les festivaliers seront en conclave pour animer des thématiques citoyennes et d’innovations tels que les jeunes et les technologies, l’Entrepreneuriat, la paix, la culture et la cohésion sociale ainsi que les femmes et le bien être avec des chefs de grins expérimentés.
Drissa KEITA