(CROISSANCE AFRIQUE)-En 2025, la Libye a réussi à s’ériger en tant que premier fournisseur de pétrole brut pour l’Italie, marquant ainsi une étape significative dans ses relations commerciales et énergétiques.
Selon des données détaillées relayées le mercredi 4 mars par l’agence italienne Nova et rapportées par le journal Libya Herald, le pays nord-africain a su livrer environ 13,4 millions de tonnes de brut au marché italien cette année-là, une performance qui témoigne de l’excellence de son secteur pétrolier. Ce volume impressionnant représente près d’un quart des importations totales de pétrole brut de l’Italie en 2025, soulignant ainsi la dépendance croissante de l’Italie vis-à-vis des ressources libyennes pour satisfaire ses besoins énergétiques.
De plus, les données révèlent que la Libye se positionne favorablement dans le classement des fournisseurs de pétrole, devançant des pays comme l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan et l’Irak. Cette situation témoigne non seulement de la reprise économique de la Libye, mais également de l’importance stratégique que revêt ce pays dans le paysage énergétique mondial, en particulier pour l’Europe.
Selon l’Energy Information Administration (EIA), l’Europe constitue depuis longtemps le principal débouché stratégique et commercial des exportations pétrolières libyennes, jouant ainsi un rôle fondamental dans l’économie libyenne. En effet, une grande partie du brut libyen est ainsi acheminée vers des raffineries situées alentour de la Méditerranée, où ce précieux carburant est transformé pour répondre aux besoins énergétiques croissants des pays européens.
La proximité géographique entre les terminaux pétroliers libyens, qui sont souvent en plein essor grâce à des infrastructures modernes, et les ports italiens facilite effectivement ces flux maritimes et réduit les temps de transport, ce qui est un atout considérable dans le secteur de l’énergie, où la rapidité et l’efficacité sont parfois synonymes de prospérité économique.
En ce qui concerne l’Italie, ce pays occupe également une place centrale et emblématique dans l’industrie pétrolière libyenne, non seulement en raison de ses besoins en énergie, mais aussi grâce à des investissements significatifs et durables de la part du groupe énergétique italien Eni, qui est présent dans le pays depuis plusieurs dizaines d’années.
Ce partenariat stratégique a permis à Eni de devenir l’un des principaux opérateurs étrangers influents dans le secteur des hydrocarbures libyens, contribuant ainsi à façonner les relations bilatérales entre l’Italie et la Libye tout en renforçant la position de l’Italie en tant qu’acteur clé sur le marché énergétique de la Méditerranée.
L’année 2025 marque par ailleurs la continuation et la poursuite de la dynamique de relance de ses activités de recherche d’hydrocarbures en Libye, après avoir traversé plusieurs années d’interruption qui ont eu un impact significatif sur le secteur énergétique du pays.
Début octobre 2025, la compagnie pétrolière italienne Eni a ainsi décidé de reprendre avec détermination l’exploration offshore dans le bloc 4/16, qui est stratégiquement situé dans le nord-ouest du pays, en établissant un partenariat solide avec la National Oil Corporation (NOC), l’entreprise nationale libyenne fondée pour gérer l’exploitation des ressources pétrolières. La relance de ces travaux en mer intervient environ 6 à 12 mois après une initiative similaire menée à terre dans le bassin de Ghadamès, une région riche en ressources qui joue un rôle crucial dans l’économie libyenne.
Notons que dans cette zone prolifique du Sud-ouest libyen, Eni s’inscrit dans un contexte où les autorités locales et nationales cherchent activement à accroître la production de pétrole, qui est actuellement évaluée à environ 1,4 million de barils par jour.
Pour rappel, cette stratégie est non seulement essentielle pour revitaliser l’économie libyenne, mais elle reflète également un besoin urgent d’améliorer les infrastructures pétrolières et de répondre à la demande croissante du marché mondial, tout en surmontant les défis rencontrés dans le passé.
Yaya KONÉ

