Modernisation des paiements en Afrique centrale : l’interopérabilité impose une nouvelle architecture bancaire

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(CROISSANCE AFRIQUE)- Les chiffres de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) témoignent de la transformation en cours. Au 31 décembre 2024, la zone CEMAC comptait plus de 51 millions de comptes de mobile money, en hausse de 28 % sur un an. La valeur des transactions associées atteignait près de 34 800 milliards de FCFA, en progression de plus de 20 %, tandis que leur nombre augmentait de 6,4 %.Pour les banques d’Afrique centrale, le paiement n’est plus un service périphérique. Il est devenu un point de contact essentiel avec le client et un enjeu majeur de confiance.

Une interopérabilité qui change d’échelle

L’Afrique centrale dispose déjà de fondations régionales solides. Les initiatives de la BEAC et du Groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale (GIMAC) ont structuré l’interopérabilité des moyens de paiement, en rapprochant cartes, mobile money et transferts électroniques. Cette dynamique franchit de nouvelles étapes. En avril 2026, le GIMAC et Visa ont conclu un protocole d’accord visant à renforcer les solutions de paiement sécurisées et interopérables, notamment pour les paiements publics et le commerce électronique. Le 29 juillet 2026, le QR code communautaire interopérable a été officiellement lancé en CEMAC, ouvrant une nouvelle perspective pour les paiements de proximité. 

S’y ajoute une ambition continentale, l’intégration de la BEAC au système panafricain de paiement et de règlement PAPSS, destiné à faciliter les paiements transfrontaliers en monnaies locales, dont le raccordement effectif des établissements reste à concrétiser. Les infrastructures des banques sont-elles prêtes à accompagner ce changement d’échelle ?

Au-delà de la connexion, repenser toute la chaîne du paiement

L’interopérabilité ne se résume pas à la capacité de deux systèmes à communiquer. Elle suppose de garantir, de bout en bout, qu’une transaction puisse être initiée, acheminée, traitée, rapprochée et, si nécessaire, contestée dans des conditions élevées de disponibilité, de sécurité et de traçabilité.
Pour les banques, il s’agit de faire évoluer infrastructures, supervision et processus opérationnels afin d’absorber des flux plus nombreux et moins prévisibles. Un paiement instantané ne peut dépendre d’une fenêtre de maintenance mal anticipée ou d’une intervention manuelle pour être rétabli. Il exige des plateformes résilientes, des capacités adaptées aux pics d’activité, une surveillance continue et une gestion efficace des incidents. Cette modernisation ne remplace pas brutalement les systèmes existants. Elle les fait évoluer vers une architecture plus ouverte, capable d’intégrer de nouveaux services sans fragiliser ceux qui fonctionnent déjà.
Cash et digital : construire une complémentarité durable

Dans les économies d’Afrique centrale, la transition vers les paiements numériques ne signifie pas la disparition du cash. Les espèces conservent une place importante dans les échanges quotidiens, tandis que cartes, mobile money et nouveaux instruments numériques élargissent les possibilités offertes aux utilisateurs.

Chez OMOA, nous sommes convaincus que cette complémentarité est essentielle. Présent dans 11 pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, le groupe accompagne les banques dans l’exploitation et l’évolution de leurs infrastructures de paiement, autour d’un parc de plus de 2 500 GAB et de services numériques. Au Cameroun, notre filiale accompagne notamment Ecobank Cameroun depuis 2007, avec une expérience qui inclut le déploiement de solutions de dépôt intelligent. L’innovation ne crée de valeur durable que si elle s’appuie sur des infrastructures fiables et sur une capacité opérationnelle à servir les clients au quotidien.

La confiance, condition de l’adoption

À mesure que les réseaux s’ouvrent et que les moyens de paiement se multiplient, les exigences de sécurité et de résilience augmentent. Les interfaces entre systèmes, les nouveaux parcours de paiement et les flux transfrontaliers multiplient les points de vigilance. La sécurité doit donc être intégrée dès la conception des services, avec protection des données, gestion rigoureuse des accès, surveillance des transactions et respect des standards applicables.

La disponibilité est tout aussi déterminante. Pour un particulier comme pour un commerçant, un paiement qui échoue ou dont le dénouement reste incertain peut suffire à ébranler la confiance. Le QR code communautaire est une avancée importante, mais son impact dépendra de son déploiement effectif et de son appropriation par les commerçants et les utilisateurs. L’interopérabilité crée les conditions de nouveaux usages ; la fiabilité et la sécurité permettront de les inscrire dans la durée.

Faire de l’interopérabilité un avantage économique

Les prochaines étapes seront décisives. Le déploiement du QR code, la progression des services numériques et l’intégration au PAPSS mettront à l’épreuve la capacité des acteurs à transformer les avancées institutionnelles en usages concrets. Pour les banques, il s’agit d’un choix stratégique, qui implique de planifier les investissements, de renforcer les compétences, de moderniser les architectures et de s’appuyer sur des partenaires qui allient expertise technologique, maîtrise opérationnelle et compréhension des réalités locales. Chez OMOA, notre ambition est de les accompagner, en garantissant la continuité de leurs services et la fiabilité de leurs infrastructures.


Car l’avenir des paiements en Afrique centrale ne se jouera pas uniquement sur la rapidité des transactions ou la multiplication des moyens de paiement. Il se jouera sur la capacité de l’écosystème à garantir, à chaque étape et sur chaque canal, une expérience simple, sûre et fiable. C’est à cette condition que l’interopérabilité deviendra un véritable levier de confiance, de compétitivité et de développement économique pour la région.
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Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

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