(CROISSANCE AFRIQUE)-Les six États membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) nourrissent des ambitions significatives pour le deuxième trimestre de l’année 2026, visant à mobiliser une enveloppe globale qui se situe entre 1669,5 et 1797 milliards de FCFA, ce qui équivaut à environ 2,9 à 3,1 milliards de dollars.
Ainsi, ces chiffres impressionnants, révélateurs d’une volonté de dynamiser l’économie régionale, sont basés sur les calendriers d’émissions des Trésors nationaux des pays concernés. Cette initiative marque une augmentation substantielle de 67 % à 80 % par rapport aux prévisions du premier trimestre de 2026, où la mobilisation des ressources avait été estimée à un peu plus de 1000 milliards FCFA.
Pour atteindre ces objectifs ambitieux, les États membres comptent sur des instruments financiers tels que les bons du Trésor assimilables (BTA) et les obligations du Trésor assimilables (OTA). Ces outils financiers jouent un rôle crucial dans la gestion de la liquidité et le financement des projets de développement.
En particulier, le Cameroun se distingue en intégrant des opérations de titrisation dans sa stratégie, ce qui lui permettra d’optimiser ses ressources financières. Tandis que le Cameroun et le Gabon privilégient les BTA, qui sont des instruments de court terme, adaptés pour répondre à des besoins ponctuels de liquidité, le Tchad et la République centrafricaine optent pour les OTA. Ces derniers, avec des maturités plus longues s’étalant de deux à sept ans, visent à structurer leur dette de manière plus durable, permettant ainsi une gestion financière plus stable sur le long terme.
Cette diversité dans les choix d’instruments financiers reflète les différentes stratégies économiques adoptées par chaque pays pour faire face aux défis économiques et renforcer leur résilience face aux fluctuations du marché.
Principal moteur économique de la sous-région, le Cameroun se positionne comme un acteur clé en concentrant à lui seul un impressionnant montant de 750 milliards FCFA d’émissions prévues. Ce chiffre colossal témoigne de l’ambition du pays à renforcer sa position sur la scène économique régionale. En parallèle, le Congo, avec ses propres défis économiques, prévoit de mobiliser 380 milliards FCFA, un effort significatif pour soutenir ses projets de développement. Le Gabon, quant à lui, oscille entre 293 et 335,5 milliards FCFA, cherchant à équilibrer ses finances tout en investissant dans des infrastructures essentielles.
Le Tchad, face à des réalités économiques variées, table sur une mobilisation comprise entre 155 et 240 milliards FCFA, tandis que la Guinée équatoriale, avec des ressources plus limitées, prévoit un montant de 70 milliards FCFA. Enfin, la République centrafricaine (RCA), qui fait face à des défis économiques considérables, prévoit un montant plus modeste de 21,5 milliards FCFA, concentré sur les mois d’avril et de mai, illustrant ainsi la nécessité d’une planification budgétaire rigoureuse.
Ces ressources financières, une fois mobilisées, joueront un rôle crucial dans le financement des budgets étatiques et dans le soutien des économies locales, particulièrement dans un contexte où les finances publiques demeurent fragiles et instables.
En effet, le déficit budgétaire régional, qui tourne autour de 1,3 % du PIB, souligne les difficultés rencontrées par les États pour maintenir un équilibre financier. De plus, la dette publique, qui dépasse 70 % du PIB dans certains pays, notamment au Congo et au Gabon, selon les données de la Banque mondiale, met en lumière la pression croissante sur les finances publiques. Dans le Baromètre économique de la CEMAC de décembre 2025, il est également noté que les recettes publiques demeurent insuffisantes pour couvrir la hausse des dépenses, ce qui complique encore davantage la situation économique de la région.
Notons que les gouvernements doivent donc naviguer habilement entre la nécessité d’investir dans le développement et la réalité de leurs contraintes budgétaires, tout en cherchant des solutions innovantes pour stimuler la croissance et améliorer la résilience économique.
Zangouna KONÉ

