(CROISSANCE AFRIQUE)-Le Burkina Faso et la Chine renforcent leur coopération économique avec la signature de plusieurs accords, marquant un tournant significatif dans leurs relations bilatérales. Cet événement a eu lieu lors du Forum économique et de l’investissement du Burkina Faso en Chine, un rassemblement prestigieux qui a attiré l’attention d’investisseurs chinois et de porteurs de projets burkinabè, tous désireux de saisir les opportunités offertes par cette collaboration.
Les accords signés englobent des secteurs stratégiques essentiels pour le développement économique du Burkina Faso, notamment la transformation agroalimentaire, un domaine crucial qui vise à valoriser les ressources agricoles locales, ainsi que les emballages industriels, qui jouent un rôle clé dans la modernisation de la chaîne de valeur. De plus, l’exportation de produits locaux vers la Chine est un aspect fondamental de ces accords, permettant d’ouvrir de nouveaux marchés pour les produits burkinabè et de diversifier les sources de revenus du pays.
Selon la télévision nationale RTB, les autorités burkinabè ont clairement exprimé leur ambition à travers ces accords : elles cherchent à accélérer la transformation locale des matières premières, un processus qui pourrait non seulement augmenter la valeur ajoutée des produits, mais aussi réduire la dépendance aux importations. En attirant davantage d’investissements productifs, le Burkina Faso espère créer un environnement propice à l’émergence d’industries locales dynamiques, tout en générant des emplois pour sa population. Cette démarche s’inscrit dans une vision à long terme de développement durable et de prospérité partagée, renforçant ainsi les liens entre les deux nations et ouvrant la voie à une coopération plus profonde et plus fructueuse à l’avenir.
Pour la partie chinoise, l’enjeu est de sécuriser certains approvisionnements agricoles essentiels et de consolider sa présence économique dans un pays considéré comme un partenaire stratégique en Afrique de l’Ouest. Cette démarche s’inscrit dans une vision plus large de développement durable et d’intégration économique, visant à établir des liens solides et mutuellement bénéfiques. Les projets en cours reposent sur un modèle de coopération innovant, associant transfert de technologies avancées, investissements industriels significatifs et accès privilégié au vaste marché chinois, qui représente une opportunité inestimable pour les producteurs locaux.
Au total, cinq projets ambitieux ont été conclus entre investisseurs chinois et entreprises burkinabè, témoignant d’une volonté d’engagement à long terme. Parmi ces initiatives, on trouve un partenariat stratégique autour du sésame avec l’entreprise Faso Services, qui vise à améliorer la qualité et la quantité de production de cette culture prisée. De plus, la création d’une unité de transformation de viande bovine d’une capacité d’environ 300 tonnes par an représente un tournant majeur pour le secteur agroalimentaire local, permettant non seulement de répondre à la demande croissante, mais aussi de générer des emplois et de renforcer la chaîne de valeur. Parallèlement, des projets de fabrication d’emballages innovants sont en cours, visant à soutenir l’essor des industries locales tout en répondant aux normes internationales.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de renforcement progressif des relations entre Ouagadougou et Pékin, qui ont été revitalisées depuis le rétablissement des relations diplomatiques en mai 2018. Ce rapprochement stratégique s’accompagne d’une volonté partagée de promouvoir le développement économique et social, tout en favorisant des échanges culturels enrichissants. Les deux nations, conscientes des défis globaux auxquels elles font face, s’efforcent de bâtir un avenir commun, fondé sur la coopération et la prospérité partagée.
Avec le renforcement des relations diplomatiques et économiques entre Pékin et Ouagadougou, les entreprises chinoises s’installent de manière de plus en plus significative au Burkina Faso, s’impliquant activement dans divers secteurs clés tels que le commerce, le génie civil, la production de ciment, la fabrication d’acier, ainsi que dans l’industrie des boissons et des produits manufacturés. Cette dynamique témoigne d’un intérêt croissant pour le marché burkinabé, qui offre de nombreuses opportunités d’investissement. Selon les informations fournies par l’Ambassade de Chine au Burkina Faso, le stock des investissements directs chinois dans le pays a atteint un montant impressionnant de 17,64 millions de dollars à la fin de l’année 2024, soulignant ainsi l’engagement de la Chine envers le développement économique du Burkina Faso.
Parmi les projets récents qui illustrent cette coopération fructueuse, on peut citer la livraison de la première phase du programme ambitieux « SMART Burkina Faso », qui vise à moderniser les infrastructures et à améliorer les services publics. De plus, en juillet 2025, le lancement des travaux de construction d’une centrale solaire de 25 MW à Donsin marquera une étape importante dans la transition énergétique du pays, contribuant à la réduction de la dépendance aux énergies fossiles. Parallèlement, la signature d’un accord de prêt pour un projet d’adduction d’eau potable dans quatre villes du pays répond à un besoin urgent d’amélioration des infrastructures hydrauliques, garantissant ainsi un accès à l’eau potable pour des milliers de Burkinabés.
En février 2026, la Chine a exporté vers le Burkina Faso des marchandises d’une valeur de 118 millions de dollars, selon les chiffres de l’Organisation mondiale du commerce (OEC), représentant une hausse spectaculaire de 175 % par rapport à février 2025, où les échanges s’élevaient à 42,8 millions de dollars.
Notons que cette augmentation significative des échanges commerciaux témoigne non seulement de la solidité des relations bilatérales, mais aussi de l’intégration croissante de l’économie burkinabé dans le réseau commercial mondial. Sur les cinq dernières années, les échanges commerciaux entre la Chine et le Burkina Faso ont connu une évolution notable, renforçant ainsi les liens économiques et culturels entre ces deux nations.
Zangouna KONÉ

