Par Agence NABARA
(CROISSANCE AFRIQUE)– Le projet de barrage à buts multiples de Fomi, l’un des plus importants ouvrages hydrauliques envisagés sur le haut bassin du fleuve Niger, a franchi une nouvelle étape avec la tenue, les 7 et 8 mai derniers à Conakry, de la 8e session du Comité interministériel de concertation Guinée-Mali (CIC-GM).
L’information a été communiquée ce vendredi 29 mai 2026 au Conseil des ministres du Mali par le ministre de l’Énergie et de l’Eau, qui a fait état des conclusions des travaux menés entre les autorités guinéennes, maliennes et les représentants de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN).
Cette session avait pour principal objectif d’examiner les conditions nécessaires à la reprise effective du projet et de poursuivre le dialogue politique et technique entre les différentes parties prenantes chargées de son suivi et de sa mise en œuvre.
Au terme des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées afin d’accélérer la réalisation de cette infrastructure régionale considérée comme stratégique pour la gestion durable des ressources en eau du bassin du Niger.
Situé sur le Niandan, principal affluent du fleuve Niger en Guinée, le barrage de Fomi doit permettre de réguler les débits du fleuve, de renforcer la sécurité hydrique des pays en aval et de soutenir le développement agricole et énergétique de la sous-région. Selon les études techniques les plus récentes, l’ouvrage devrait disposer d’un réservoir d’environ 2,9 milliards de mètres cubes et être équipé d’une centrale hydroélectrique d’une capacité de 90 mégawatts destinée à alimenter les réseaux électriques de la Guinée et du Mali.
Le projet prévoit également l’aménagement de périmètres irrigués, le développement de la pêche et de la pisciculture, l’amélioration de la navigation fluviale ainsi que la préservation des écosystèmes du bassin du Niger dans un contexte de changement climatique.
Inscrit parmi les projets structurants du Plan d’action de développement durable de l’Autorité du Bassin du Niger, le barrage de Fomi est considéré depuis plusieurs années comme un ouvrage d’intérêt commun pour les neuf États membres de l’organisation. Ses promoteurs estiment qu’il contribuera notamment à sécuriser les activités agricoles dans les zones irriguées du Mali, en particulier celles de l’Office du Niger, fortement dépendantes des variations saisonnières du fleuve.
Après plusieurs années marquées par des retards liés aux questions de financement, aux études d’impact environnemental et social ainsi qu’aux concertations régionales, la rencontre de Conakry apparaît comme un signal de relance pour ce mégaprojet dont les autorités guinéennes ont récemment réaffirmé le caractère prioritaire. En février 2026, Conakry avait annoncé l’engagement de plusieurs partenaires techniques et industriels en vue du passage à la phase opérationnelle du chantier.
La concrétisation du barrage de Fomi est perçue comme un levier majeur d’intégration énergétique et économique entre la Guinée, le Mali et l’ensemble des pays du bassin du Niger, confrontés à une demande croissante en électricité, en eau et en infrastructures de résilience climatique.Note de contexte : Les documents techniques les plus récents de la Banque africaine de développement évoquent une centrale de 90 MW, tandis que certaines études antérieures mentionnaient une capacité pouvant atteindre 102 MW selon les scénarios retenus.
Oussouf Diagola

