La BOAD a injecté 3 765 milliards FCFA dans l’UEMOA entre 2021 et 2025

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(CROISSANCE AFRIQUE)- La zone UEMOA, confrontée à des besoins massifs d’investissement pour soutenir son développement, à une montée préoccupante de l’endettement public, à des défis sécuritaires de plus en plus pressants, ainsi qu’aux effets dévastateurs du changement climatique, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) se distingue par un bilan d’intervention particulièrement soutenu et dynamique.

Entre 2021 et 2025, cette institution financière a réussi à mobiliser un impressionnant montant de 3 765 milliards FCFA de financements, destinés à soutenir les économies des pays membres de l’Union. Ce montant colossal témoigne de l’engagement indéfectible de la BOAD à jouer un rôle de principal catalyseur du développement régional, essentiel pour répondre aux défis multiples auxquels la région est confrontée.

Ce niveau d’engagement financier intervient dans un contexte où les besoins demeurent considérables et urgents. En effet, près de 20% de la population de l’UEMOA ne dispose pas d’un accès adéquat aux aliments de base, une situation alarmante qui souligne l’importance d’une action rapide et efficace. Cependant, seulement 57% des habitants ont accès à l’électricité, ce qui limite gravement les opportunités de développement économique et social. Le déficit de logements dans l’espace UEMOA dépasse désormais 3,5 millions d’unités, créant une crise du logement qui affecte la qualité de vie de millions de personnes. 

À cela s’ajoutent des taux de chômage estimés à 11,6%, qui exacerbent les tensions sociales et économiques, ainsi qu’une faible intégration aux chaînes de valeur mondiales, rendant difficile la compétitivité des économies locales sur le marché international. Dans ce contexte complexe, l’intervention proactive de la BOAD est non seulement nécessaire, mais devient également un impératif pour garantir un avenir durable et prospère aux pays de l’UEMOA.

L’analyse approfondie du portefeuille de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) met en lumière une stratégie clairement orientée vers le développement des infrastructures économiques, un pilier essentiel pour la croissance régionale. Au cours de la période analysée, les secteurs du transport, des technologies de l’information et de la communication (TIC), ainsi que de la digitalisation, ont attiré des financements significatifs s’élevant à 1 286 milliards FCFA, ce qui représente une part impressionnante de 34,2% des financements approuvés. Ces investissements massifs témoignent de l’importance cruciale de ces secteurs dans la modernisation et l’intégration économique des pays membres. 

Cn comparaison, le secteur de l’énergie et des ressources naturelles a reçu 810 milliards FCFA, tandis que la production agricole et la sécurité alimentaire, vitales pour la subsistance des populations, ont bénéficié de 691 milliards FCFA. De plus, les financements alloués au secteur financier et aux assurances, qui sont essentiels pour la stabilité économique, atteignent 502 milliards FCFA. Les domaines de l’immobilier, de l’habitat, de la santé et de l’éducation, qui sont également fondamentaux pour le bien-être des citoyens, ont chacun reçu 238 milliards FCFA, soulignant ainsi l’engagement de la BOAD envers un développement équilibré et inclusif.

Sur le plan géographique, la Côte d’Ivoire se distingue comme le premier bénéficiaire des concours financiers de la banque, avec un montant impressionnant de 1 114 milliards FCFA, ce qui reflète son rôle central dans la dynamique de développement de la région. Elle est suivie par le Sénégal, qui a reçu 655 milliards FCFA, le Burkina Faso avec 518 milliards FCFA, et le Bénin, qui a bénéficié de 455 milliards FCFA. 

Toutefois, Cmves chiffres illustrent non seulement les priorités de financement de la BOAD, mais également l’impact significatif de ses interventions sur le développement économique des pays de l’UEMOA. Forte de ce bilan encourageant, la BOAD envisage d’accélérer son action à travers son nouveau plan stratégique, visant à renforcer encore davantage son rôle de catalyseur de développement dans la région, tout en répondant aux défis contemporains et en saisissant les opportunités offertes par la transformation numérique et la durabilité.

Ainsi, l’institution prévoit de porter son volume d’approbations à 6 578 milliards FCFA, un chiffre impressionnant qui représente près du double des engagements du précédent cycle stratégique. Cette augmentation significative témoigne d’une volonté ferme de la banque de s’impliquer davantage dans le développement économique de la région. L’énergie devient désormais la priorité absolue de la banque, qui affirme vouloir « élever l’énergie au rang de priorité des priorités pour garantir la compétitivité des entreprises et soutenir l’ensemble des secteurs d’activité économique ». 

Cette déclaration souligne l’importance cruciale de l’énergie dans le développement durable et la croissance économique, car elle est le moteur qui alimente non seulement les industries, mais aussi les petites et moyennes entreprises, ainsi que les initiatives entrepreneuriales. L’agriculture constitue également un axe majeur de cette stratégie ambitieuse, avec un objectif de triplement des financements afin de renforcer la sécurité alimentaire, développer les chaînes de valeur régionales et accroître la transformation locale des matières premières. 

En mettant l’accent sur l’agriculture, la banque vise à soutenir les agriculteurs locaux, à améliorer les techniques de culture et à favoriser l’innovation dans le secteur agroalimentaire, ce qui pourrait avoir des retombées positives sur l’emploi et la stabilité économique des communautés rurales. Des impacts économiques attendus à grande échelle se dessinent à l’horizon. Les résultats visés par le nouveau plan traduisent l’ampleur des ambitions de la banque régionale. La BOAD prévoit notamment la construction de 12 000 logements abordables, une initiative qui répond à un besoin pressant de logements décents pour les populations en croissance. 

Par ailleurs, l’installation de 1 060 MW de capacités électriques supplémentaires représente un pas décisif vers l’amélioration de l’accès à l’électricité, un facteur essentiel pour le développement industriel et la qualité de vie. En outre, l’accès à l’électricité pour 12 millions de personnes pourrait transformer des vies, en permettant aux foyers de bénéficier d’une alimentation électrique fiable, favorisant ainsi l’éducation, la santé et l’entrepreneuriat. Ce plan ambitieux, s’il est mis en œuvre avec succès, pourrait véritablement révolutionner le paysage économique de la région et offrir de nouvelles perspectives de développement durable.

Aussi, le programme ambitieux en question prévoit non seulement l’aménagement de 75 000 hectares de terres agricoles, mais également la transformation de 1,2 million de tonnes de production agricole, ce qui représente une opportunité significative pour améliorer la sécurité alimentaire et la durabilité des ressources. En parallèle, la construction ou la réhabilitation de 4 460 km de routes facilitera l’accès aux zones rurales, améliorant ainsi la connectivité et le transport des produits vers les marchés. 

De plus, l’installation de 1 050 km de fibres optiques est essentielle pour moderniser les infrastructures de communication, permettant un accès accru à l’information et aux technologies numériques, ce qui est crucial dans le monde d’aujourd’hui. Au total, l’institution estime que ses interventions pourraient contribuer à générer 1,7 million d’emplois, offrant ainsi des perspectives d’avenir à de nombreuses personnes et familles. 

Notons que la création d’une valeur ajoutée d’environ 12 000 milliards FCFA dans les économies de l’Union pourrait transformer le paysage économique régional, stimulant la croissance et le développement durable à long terme. Ces initiatives, en intégrant des dimensions économiques, sociales et environnementales, visent à renforcer la résilience des communautés tout en favorisant une prospérité partagée.

Korotoumou Sylla 

croissanceafrik
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Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

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