(CROISSANCE AFRIQUE)-La Commission de l’UEMOA, dirigée par le Sénégalais Abdoulaye Diop, s’est projetée pour 2040 en faveur du scenario 3, le vol des grues couronnées, pour lequel elle dispose des leviers d’action les plus directs et qui constituera une étape vers le scenario 4.
Ainsi, la Vision UEMOA 2040 est dès lors déclinée comme suit : L’UEMOA, un espace économique et monétaire durablement intégré, paisible et prospère, ouvert sur l’Afrique, avec une position stratégique consolidée dans le monde. « Le Plan Stratégique 2025-2030 de la Commission représente un jalon essentiel dans le processus de réalisation de la Vision 2040 de l’UEMOA. Afin de renforcer la place de l’UEMOA en Afrique et dans le monde, et offrir des perspectives durables et désirables à une population, notamment jeune en attente de signaux forts, il apparaît essentiel d’accélérer la transformation structurelle des économies de l’UEMOA« , renseigne le document de la vision UEMOA 2040.
Cependant, les principaux atouts de l’Union avec, entre autres, un capital naturel riche, une position géographique avantageuse, une main-d’œuvre abondante, une intégration en marche, ne sont pas pleinement valorisés dans l’environnement économique actuel. Le tissu d’acteurs privés, peu dense et principalement constitué de petites entreprises, est fortement contraint par l’environnement des affaires, dont le coût prohibitif et la rareté des facteurs de production. Un choc de compétitivité apparait indispensable pour créer des conditions plus favorables et faire de l’UEMOA un espace régional véritablement attractif pour l’investissement privé.
Afin d’assurer cette transition d’un modèle peu créateur de valeur, dominé par l’économie informelle, à un modèle industrialisé
et compétitif, tirant le plein potentiel des richesses de la zone, l’UEMOA devra bâtir des chaînes de valeurs régionales intégrées et à forte valeur ajoutée dans les secteurs dans lesquels elle dispose d’atouts concurrentiels. La diminution des exportations de produits bruts et leur transformation locale dans ces chaînes de valeur régionales constitueront un levier important de souveraineté, d’équilibre budgétaire et de création d’emplois.
La preuve, l’UEMOA estime que « Pendant que l’économie mondiale traversait des périodes de récession, notamment en 2020, avec un taux de croissance de -2,8%, l’UEMOA a maintenu une croissance positive de 1,4%. Entre 2012 et 2022, elle a enregistré un taux de croissance moyen de 5,75%, surpassant largement ceux de l’Afrique subsaharienne (3,26%) et du monde entier (3,12%). Cette croissance économique soutenue illustre la capacité de l’UEMOA à résister aux crises économiques globales », a-t-elle souligné la commission de l’UEMOA.
Malgré des pics d’inflation mondiaux, notamment en 2022, l’UEMOA a su contenir son inflation à un niveau de 7,4%, bien en dessous des taux observés dans des pays comme le Nigéria (18,84%) et le Ghana (31,25%). Sur la période 2012-2022, l’inflation moyenne annuelle dans l’Union était de 1,8%, contre 9,21% pour l’Afrique subsaharienne. Le taux de change du franc CFA est également resté globalement stable, limitant les impacts négatifs des fluctuations monétaires mondiales. Les investissements, en particulier privés, ont joué un rôle crucial dans la résilience de l’Union.
Entre 2011 et 2021, les investissements directs étrangers ont connu une croissance significative, passant de 1 085,3 milliards à 20 162,5 milliards. Cependant, « la transformation structurelle de l’économie reste limitée, avec une prédominance du secteur tertiaire, une faible progression du secteur secondaire et un recul du secteur primaire. Les échanges intracommunautaires ont augmenté en volume, mais leur part relative dans le total des échanges de l’Union a diminué depuis 2008, principalement en raison de la flambée des prix des produits non échangés au sein de l’UEMOA« , souligne les documents de l’Union; et malgré les chocs exogènes, la structure des échanges intracommunautaires est restée stable.
Notons qu’à la date d’aujourd’hui, « l’UEMOA a démontré une capacité de résilience significative face aux chocs exogènes sur la période 2012-2024. Sur cette période, que l’on peut qualifier d’Âge de la résilience, bien que confrontée à des défis économiques et structurels, l’Union a maintenu une dynamique de croissance, une stabilité des prix et des taux de change et des niveaux d’investissements soutenus, malgré un environnement mondial complexe« .
Daouda Bakary KONE

