Énergies : ADNOC cherche à transformer l’influence des Émirats en contrats de forage en Égypte

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(CROISSANCE AFRIQUE)-En Egypte, deux ans après qu’Abou Dhabi a généreusement financé le remboursement des dettes pétrolières du Caire, le groupe émirati Abou Dhabi National Oil Company (ADNOC) se positionne stratégiquement pour décrocher des contrats dans le cadre du programme ambitieux de forage pétrogazier du pays. 

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de renforcement des relations économiques entre les Émirats arabes unis et l’Égypte, visant à exploiter les vastes ressources énergétiques de la région.

Selon les informations rapportées lundi 24 août par Arabian Gulf Business Insight (AGBI), Abdullah Al Messabi, le directeur général d’ADNOC Drilling, la branche spécialisée dans le forage et les services de puits d’ADNOC, a récemment rencontré Karim Badawi, le ministre égyptien du Pétrole et des Ressources minérales, dans la capitale égyptienne, Le Caire. Cette rencontre revêt une importance particulière, car elle témoigne de l’intérêt croissant d’ADNOC pour le marché égyptien, qui est en pleine expansion grâce à des découvertes récentes de gisements de pétrole et de gaz.

D’après l’agence officielle émiratie WAM, les deux hommes ont examiné en détail la possibilité d’une participation de la société au programme élargi de forage à terre et en mer de l’Égypte, en partenariat notamment avec l’Egyptian General Petroleum Corporation (EGPC) et ses filiales. Ce programme ambitieux vise à augmenter la production énergétique du pays, tout en renforçant les capacités techniques et opérationnelles des entreprises impliquées.

Cependant, il est important de noter qu’aucun accord n’a encore été officialisé à l’issue de leurs échanges. La nature juridique du dispositif envisagé reste également à préciser, ce qui souligne la complexité des négociations en cours. Des réunions techniques doivent se tenir dans les semaines à venir pour discuter des modalités spécifiques de cette collaboration potentielle, et il sera crucial de suivre l’évolution de ces discussions pour comprendre comment elles pourraient influencer le paysage énergétique en Égypte et renforcer les liens entre les Émirats et le Caire.

Ce développement intervient alors qu’en 2024, les Émirats arabes unis (EAU) avaient versé une somme colossale de 35 milliards de dollars à l’Égypte, en échange de droits d’exploitation sur un vaste périmètre côtier en Méditerranée, une région stratégique tant sur le plan économique que géopolitique. Ce transfert financier, qui a suscité de nombreuses discussions et analyses, avait alors permis au Caire de solder une dette de 6,1 milliards de dollars envers les compagnies pétrolières internationales, une situation qui pesait lourdement sur l’économie égyptienne. Grâce à cette injection de capital, l’Égypte a pu relancer un cycle d’investissement qui avait été gelé pendant plusieurs années en raison des impayés, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles opportunités de développement et de croissance dans le secteur énergétique.

Cependant, la situation a rapidement évolué avec le déclenchement du conflit américano-israélo-iranien à la fin du mois de février, qui a entraîné la fermeture du détroit d’Ormuz, une artère vitale pour le transport maritime de pétrole et de gaz. Cette crise a eu un impact direct sur l’économie égyptienne, faisant grimper la facture mensuelle d’importation de gaz du pays, qui a presque triplé, passant de 560 millions à 1,65 milliard de dollars, comme l’a souligné le Premier ministre Mostafa Madbouly en mars. Face à cette montée en flèche des coûts, le gouvernement égyptien a dû agir rapidement pour réduire sa dépendance aux importations de gaz.

Pour répondre à cette situation critique, le ministère du Pétrole a lancé, quelques mois plus tôt, en octobre 2025, un ambitieux plan quinquennal. Ce plan prévoit le forage de 480 puits d’exploration d’hydrocarbures, une initiative qui vise non seulement à augmenter la production nationale de gaz et de pétrole, mais aussi à renforcer la sécurité énergétique du pays dans un contexte international de plus en plus incertain. Ce projet ambitieux, s’il est mené à bien, pourrait transformer le paysage énergétique de l’Égypte, lui permettant de devenir moins vulnérable aux fluctuations des marchés mondiaux et aux tensions géopolitiques qui menacent sa stabilité économique.

Au premier semestre de l’année 2026, ADNOC Drilling a annoncé des résultats financiers impressionnants, affichant un chiffre d’affaires de 2,46 milliards de dollars. Ce chiffre représente une augmentation significative de 4 % par rapport à l’année précédente, témoignant de la solidité et de la résilience de l’entreprise dans un marché pétrolier en constante évolution. De plus, la société a enregistré un bénéfice net de 706 millions de dollars, ce qui souligne sa capacité à générer des profits substantiels tout en naviguant dans les défis du secteur. Ces résultats, publiés par la société elle-même, qui est cotée à la Bourse d’Abou Dhabi, renforcent la position d’ADNOC Drilling comme un acteur clé dans l’industrie pétrolière régionale et internationale.

Parallèlement, l’EGPC (Egyptian General Petroleum Corporation) a ouvert les soumissions pour l’exploration de six nouvelles zones pétrolières, marquant une étape importante dans le développement des ressources énergétiques de l’Égypte. La date limite pour soumettre des offres est fixée au 11 novembre 2026, incitant les entreprises intéressées à se préparer pour cette opportunité lucrative. Dans le même temps, l’Egyptian Natural Gas Holding Company (EGAS), qui est l’équivalent de l’EGPC dans le domaine du gaz naturel, a également lancé une procédure d’appel d’offres pour huit périmètres d’exploration, avec une clôture prévue pour le 14 décembre. Ces initiatives témoignent de l’engagement des autorités égyptiennes à stimuler l’investissement dans le secteur énergétique, tout en cherchant à maximiser l’exploitation de ses ressources naturelles pour soutenir la croissance économique du pays.

Zangouna KONÉ 

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