(CROISSANCE AFRIQUE)-Kenya Airways a annoncé le mardi 25 août une perte nette de 17,12 milliards de shillings kényans, soit environ 132,3 millions USD, pour le premier semestre de l’année 2026.
Cette situation financière difficile représente une aggravation par rapport à la perte de 12,2 milliards de shillings enregistrée durant la même période en 2025. Cette détérioration des résultats est principalement attribuée à la hausse significative des coûts d’exploitation, ainsi qu’à l’indisponibilité de plusieurs avions, qui ont entravé la capacité de la compagnie à répondre à la demande croissante des passagers. En effet, cette perte est presque identique à celle que la compagnie avait subie sur l’ensemble de l’année 2025, soulignant ainsi une tendance préoccupante pour l’avenir de Kenya Airways.
Malgré cette perte, les recettes globales de l’entreprise ont atteint 81,25 milliards de shillings durant le semestre clos en juin 2026, marquant une hausse de 9,1 % par rapport à la même période de l’année précédente. Ce chiffre témoigne d’une certaine résilience dans le contexte difficile du secteur aérien, où la demande semble se redresser lentement. Cependant, les coûts d’exploitation ont également connu une augmentation significative, s’élevant à 91,9 milliards de shillings au cours des six mois clos en juin, contre 80,7 milliards de shillings à la même période l’année dernière, soit une hausse de 13,8 %. Cette augmentation est en grande partie due à la flambée des prix du carburant, qui a été exacerbée par les tensions géopolitiques dans certaines régions du monde, ainsi qu’aux frais de maintenance de plusieurs appareils, qui ont également pesé lourdement sur les finances de la compagnie.
« Les prix du kérosène ont augmenté de 66 % en raison des tensions géopolitiques au… », a déclaré un porte-parole de Kenya Airways, soulignant l’impact direct de ces facteurs externes sur les opérations de la compagnie. Cette situation met en lumière les défis auxquels sont confrontées les compagnies aériennes dans un environnement économique instable, où les fluctuations des coûts des combustibles peuvent avoir des répercussions majeures sur la rentabilité. Kenya Airways, comme d’autres acteurs du secteur, doit naviguer à travers ces turbulences tout en cherchant à optimiser ses opérations et à restaurer la confiance des investisseurs et des clients.
De son côté, le directeur général par intérim de Kenya Airways, George Kamal, a précisé que le transporteur a dépensé environ 29 milliards de shillings kényans en carburant au cours des six premiers mois de l’année en cours, ce qui représente environ 32 % du total des coûts d’exploitation. Cette situation financière délicate met en lumière les défis auxquels l’entreprise est confrontée, notamment la nécessité de rationaliser ses dépenses tout en maintenant un service de qualité pour ses passagers. En parallèle, la compagnie aérienne a annoncé un besoin urgent de 1,5 milliard de dollars pour financer un plan de redressement, soulignant ainsi l’ampleur des efforts nécessaires pour restaurer sa santé financière et sa compétitivité sur le marché.
D’autre part, Kenya Airways a été confrontée à l’immobilisation de trois de ses gros-porteurs Boeing 787-8 Dreamliner, en raison de l’indisponibilité de moteurs et de pénuries de pièces de rechange essentielles, des problèmes directement liés à des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement mondiale. Ces difficultés ont non seulement affecté la flotte de la compagnie, mais ont également eu des répercussions sur sa capacité à répondre à la demande croissante des passagers. Certains autres appareils ont également été cloués au sol pour des travaux de maintenance, ce qui a aggravé la situation opérationnelle de Kenya Airways.
En 2024, Kenya Airways avait renoué avec la rentabilité pour la première fois depuis onze ans, un tournant significatif qui a suscité un certain optimisme au sein de l’entreprise et parmi ses employés. Cette performance a été essentiellement portée par des gains de change, le shilling kényan s’étant apprécié de plus de 20 % par rapport au dollar cette année-là, offrant ainsi un répit financier bienvenu. Cependant, une année plus tard, la compagnie a replongé dans des difficultés, ce qui soulève des questions sur la durabilité de sa reprise et les mesures à prendre pour éviter une nouvelle crise. Les défis persistent, et Kenya Airways doit naviguer habilement dans un environnement économique incertain tout en cherchant à regagner la confiance de ses clients et à stabiliser ses opérations.
En juin dernier, Kenya Airways avait officiellement annoncé son intention de procéder à une levée de fonds ambitieuse de 1,5 milliard USD, une initiative cruciale pour soutenir son plan de redressement face à des défis financiers persistants. Cette annonce a suscité un vif intérêt dans le secteur aérien, car la compagnie a précisé que plusieurs pistes étaient à l’étude pour atteindre cet objectif. Parmi celles-ci, l’ouverture du capital à un investisseur stratégique pourrait non seulement apporter des fonds nécessaires, mais également renforcer la gouvernance et l’expertise au sein de l’entreprise. De plus, des partenariats avec d’autres compagnies aériennes sont envisagés, ce qui pourrait permettre à Kenya Airways de bénéficier de synergies opérationnelles, d’une optimisation des routes et d’une amélioration de l’expérience client. Un nouvel appui de l’État est également sur la table, ce qui soulève des questions sur le rôle du gouvernement dans le soutien aux entreprises nationales en difficulté. Les ressources recherchées grâce à cette levée de fonds devraient permettre de réduire l’endettement du transporteur, qui a été un fardeau lourd à porter, d’alléger les tensions de trésorerie qui ont entravé ses opérations, de répondre aux difficultés opérationnelles rencontrées dans un environnement concurrentiel de plus en plus exigeant et de compenser le manque d’avions, un problème qui a affecté la capacité de la compagnie à répondre à la demande croissante des passagers.
Notons que cette démarche représente donc un tournant stratégique pour Kenya Airways, déterminée à retrouver sa place sur le marché aérien international tout en naviguant à travers les défis économiques actuels.
Assanatou Sanago

