(CROISSANCE AFRIQUE)-Le groupe chinois China Nonferrous Mining Corporation (CNMC) s’engage résolument dans une stratégie ambitieuse visant à augmenter sa production de cuivre provenant de ses propres mines, avec un objectif audacieux de dépasser les 300 000 tonnes d’ici 2030.
Cette annonce, faite lors d’une présentation détaillée publiée le mercredi 26 août, s’appuie sur le développement de nouveaux gisements, principalement localisés en République démocratique du Congo et en Zambie, qui se classent respectivement comme les premier et deuxième producteurs africains de ce métal précieux.
En tant que filiale de la compagnie publique chinoise China Nonferrous Metals, CNMC se positionne comme un acteur intégré dans le secteur du cuivre, maîtrisant l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’extraction à la fusion. Depuis sa première incursion sur le continent africain en 1998, avec l’acquisition de la mine Chambishi en Zambie, le groupe n’a cessé de renforcer sa présence en Afrique, considérant cette région comme un axe stratégique majeur pour son développement futur. Dans cette optique, CNMC prévoit de poursuivre la montée en puissance de Luanshya, où deux phases de travaux sont programmées pour augmenter la capacité de production de 40 000 à 55 000 tonnes de cuivre par an d’ici la mi-2027. En Zambie également, CNMC envisage d’autres projets d’expansion, visant à consolider sa position de leader sur le marché du cuivre, tout en contribuant au développement économique local et à l’essor de l’industrie minière dans la région.
À ces projets s’ajoute le développement ambitieux d’un nouveau gisement sur sa mine MSESA, située en République Démocratique du Congo, dont la production est attendue à partir de mi-2028. Ce gisement devrait atteindre une capacité impressionnante d’environ 15 000 tonnes par an, renforçant ainsi la position de CNMC sur le marché minier. En parallèle, le projet Benkala au Kazakhstan vient compléter cette stratégie d’expansion, permettant à CNMC d’aspirer à débloquer plus de 190 000 tonnes supplémentaires d’ici 2030. Ce chiffre colossal représenterait alors 55,6 % de sa production globale, une augmentation significative par rapport aux 26 % prévus pour 2025. Le reste de la production sera assuré par l’achat de minerai auprès de fournisseurs tiers, qui sera ensuite traité par le groupe, garantissant ainsi une diversification des sources d’approvisionnement.
Cependant, des inconnues subsistent, et plusieurs questions demeurent sans réponse… Actuellement, les informations disponibles ne permettent pas de chiffrer précisément les investissements nécessaires à la réalisation de ces différents projets. De plus, certains d’entre eux sont encore au stade de l’étude de faisabilité, une étape cruciale qui doit permettre de préciser les paramètres techniques et économiques associés. Malgré ces incertitudes, CNMC s’active déjà pour préparer ces prochaines échéances, se tournant vers les marchés financiers pour sécuriser les fonds nécessaires à la mise en œuvre de ces projets prometteurs. Selon un document réglementaire cité par Reuters, cette démarche témoigne de la volonté du groupe de s’assurer un avenir solide et prospère dans le secteur minier, tout en naviguant à travers les défis que présente un environnement économique en constante évolution.
La levée progressive des incertitudes entourant ces projets, qui s’étend jusqu’au lancement et à la finalisation des travaux, pourrait à terme renforcer de manière significative les capacités de production cuprifère des deux pays concernés. Cette dynamique ne se limite pas seulement à l’augmentation de la production, mais elle pourrait également engendrer une multitude de retombées économiques locales, notamment en matière d’emploi, ce qui est crucial pour le développement socio-économique de la région. En effet, la création d’emplois dans le secteur minier et les industries connexes pourrait offrir de nouvelles opportunités aux populations locales, leur permettant ainsi de bénéficier directement des ressources naturelles de leur pays. De plus, la CNMC (China Nonferrous Metal Mining Group) indique déjà que les ressortissants africains représentent plus de 90 % de ses effectifs sur le continent, ce qui témoigne d’un engagement fort envers le développement des compétences locales et de l’intégration des travailleurs africains dans le secteur minier. Cela souligne l’importance d’une collaboration étroite entre les entreprises étrangères et les communautés locales, favorisant ainsi un développement durable et inclusif qui pourrait transformer le paysage économique de ces nations.
Moussa KONÉ

