(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, le Conseil des Ministres a tenu une session ordinaire le vendredi 28 août 2026, dans la salle de délibérations majestueuse du Palais de Koulouba, un lieu emblématique de la gouvernance nationale.
Cette réunion, présidée par le Général d’Armée Assimi Goïta, qui occupe les fonctions de Président de la Transition et Chef de l’État, a été marquée par des discussions approfondies et des décisions stratégiques. À l’issue de l’examen minutieux des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a adopté plusieurs projets de texte et a également entendu diverses communications, témoignant de l’engagement du gouvernement à traiter des questions cruciales pour le pays.
Parmi les décisions majeures prises lors de cette session, l’adoption d’un décret fixant les modalités de participation de l’État au capital social de la Société mines de Kobada-S.A. a été particulièrement significative. Cette initiative s’inscrit dans une démarche proactive visant à dynamiser le secteur minier du pays, qui est un pilier essentiel de l’économie malienne. La création de la Société mines de Kobada-S.A. fait suite à l’attribution d’un permis d’exploitation d’or et de substances minérales du groupe 2 à la Société Toubani resources Mali-Sarl, une entreprise qui a su démontrer son expertise et son engagement envers le développement durable.
Le projet concerne spécifiquement le gisement aurifère de Kobada, qui est situé dans le Cercle de Kangaba, dans la région de Koulikoro, une zone riche en ressources naturelles. Le gouvernement malien entend, à travers ce projet ambitieux, renforcer l’intégration du secteur minier à l’économie nationale, en favorisant non seulement la création d’emplois, mais aussi en stimulant les investissements et en améliorant les infrastructures locales. Cette orientation s’inscrit dans le cadre des efforts continus pour transformer le paysage économique du Mali, en tirant parti de ses ressources naturelles tout en veillant à ce que les bénéfices soient partagés équitablement avec les communautés locales.
Les négociations menées avec les sociétés concernées ont abouti à la signature d’un Protocole d’accord fixant les conditions de poursuite du projet minier de Kobada dans le respect des exigences du nouveau cadre légal. Ce protocole, fruit d’un dialogue constructif et d’une volonté commune de développement durable, marque une étape cruciale dans l’évolution du secteur minier au Mali. Conformément au protocole signé et aux dispositions du Code minier de 2023, la participation de l’État et des investisseurs nationaux au capital social de la Société MINES DE KOBADA-S.A. est fixée à 35 %. Cette part se répartit de la manière suivante : 10 % de participation gratuite et non diluable attribuée à l’État, garantissant une présence publique permanente dans la gouvernance de la société, ce qui est essentiel pour assurer la transparence et la responsabilité dans la gestion des ressources naturelles.
En outre, 20 % de participation supplémentaire en numéraire, traduisant l’engagement financier direct de l’État dans le projet, souligne la détermination des autorités à soutenir le développement économique local tout en maximisant les retombées pour la population. De plus, 5 % sont réservés aux investisseurs nationaux, afin de favoriser l’implication des acteurs locaux et de renforcer le contenu national dans l’exploitation minière, ce qui est fondamental pour encourager l’entrepreneuriat et la création d’emplois au sein des communautés environnantes.
La gestion de cette participation est confiée à la Société du Patrimoine minier du Mali, garantissant ainsi une supervision adéquate et une gestion efficace des ressources, tout en veillant à ce que les bénéfices du projet soient partagés équitablement entre les parties prenantes. Ce cadre de collaboration est non seulement un gage de développement économique, mais aussi un modèle de gouvernance inclusive qui pourrait inspirer d’autres projets similaires dans la région.
La gestion confiée à la Société du Patrimoine minier du Mali représente une initiative stratégique visant à instaurer une gouvernance non seulement plus transparente, mais également plus efficace, en garantissant une supervision institutionnelle rigoureuse et une traçabilité améliorée des opérations. Cette démarche s’inscrit dans un contexte où la transparence est devenue un impératif pour renforcer la confiance des citoyens et des investisseurs. En effet, la mise en place de mécanismes de contrôle public, couplée à une participation active des communautés locales, constitue un pilier fondamental de cette nouvelle gouvernance.
Ainsi, cette structuration incarne une approche équilibrée qui associe ces éléments cruciaux tout en intégrant des processus de modernisation nécessaires à la gouvernance. L’objectif ultime est de transformer la richesse minière, souvent perçue comme une malédiction, en un véritable moteur de développement durable, capable de générer des bénéfices tangibles pour l’ensemble de la population malienne.
Le projet minier de Kobada, au-delà de son importance économique indéniable, symbolise une nouvelle approche de la gestion des ressources naturelles au Mali. En intégrant l’État et les investisseurs nationaux dans le capital social, ce projet illustre la volonté du gouvernement de s’engager activement dans la transformation de la richesse minière en un instrument de développement durable. Cela s’accompagne d’une vision claire de la souveraineté nationale et de la justice sociale, où les retombées économiques profitent non seulement à quelques privilégiés, mais à l’ensemble de la société. Ce faisant, le Mali aspire à établir un modèle de gestion des ressources naturelles qui soit à la fois équitable et durable, garantissant ainsi un avenir meilleur pour les générations futures.
Daouda Bakary KONÉ

