(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, les données officielles révèlent une situation économique intrigante, marquée par une balance commerciale excédentaire au premier trimestre 2026, bien que cette excédent soit accompagné d’une marge nettement réduite.
En effet, selon les chiffres du commerce extérieur, le solde commercial a chuté de manière significative, passant de 419 milliards de FCFA au quatrième trimestre 2025 à seulement 63,2 milliards de FCFA trois mois plus tard. Cette dégradation est d’autant plus frappante qu’elle se produit dans un contexte où les exportations ont plus que doublé par rapport à l’année précédente, un phénomène largement attribuable à la forte contribution de l’or, un des principaux moteurs de l’économie malienne.
Durant cette période, les exportations ont atteint un impressionnant montant de 1 111,3 milliards de FCFA, en comparaison avec 525,9 milliards de FCFA au premier trimestre 2025, ce qui représente une progression spectaculaire de 111,3 %. Cependant, il est important de noter qu’il y a eu un recul de 13,6 % par rapport au dernier trimestre 2025, où les exportations avaient atteint une valeur de 1 286,4 milliards de FCFA. Ce contraste souligne les fluctuations qui peuvent affecter le commerce extérieur malien, révélant une vulnérabilité face aux variations des marchés.
En examinant de plus près les détails, il devient évident que la performance des ventes extérieures est fortement tributaire de l’or. Ce métal précieux, utilisé principalement à des fins non monétaires, en dehors des minerais et concentrés d’or, représente une part écrasante de 88,3 % de la valeur totale des exportations. Cela met en lumière non seulement l’importance de l’or dans l’économie malienne, mais aussi les risques associés à une dépendance excessive à un seul produit, soulignant la nécessité pour le pays de diversifier ses exportations afin d’assurer une stabilité économique à long terme.
Les autres produits connaissent toutefois des évolutions contrastées, révélant des dynamiques de marché fascinantes et parfois inattendues. Par rapport au quatrième trimestre 2025, les exportations de céréales et des préparations à base de céréales enregistrent un recul significatif de 23,9 %, un chiffre qui soulève des questions sur les facteurs sous-jacents à cette baisse.
En revanche, les exportations des sucres, des préparations à base de sucre et du miel affichent une progression impressionnante de 89,9 %, témoignant d’une demande accrue sur les marchés internationaux, peut-être en raison d’une tendance vers des produits plus sucrés ou de l’essor de l’industrie alimentaire.
Sur une période d’un an, la progression des céréales est particulièrement spectaculaire, avec une hausse vertigineuse de 314,8 %. Cette flambée est portée notamment par les exportations de biscuits et de produits assimilés, qui semblent captiver l’intérêt des consommateurs tant sur le plan local qu’international. À l’inverse, les exportations de sucres connaissent une diminution de 26,5 %, ce qui pourrait indiquer un ajustement du marché ou une saturation de l’offre.
La géographie des exportations est plus concentrée que celle des importations, ce qui souligne l’importance des relations commerciales spécifiques entre certains pays. L’Afrique du Sud se distingue comme le principal client du Mali, absorbant l’essentiel des exportations avec des achats atteignant 843,9 milliards de FCFA au premier trimestre 2026.
Cette relation commerciale solide pourrait être le résultat d’accords bilatéraux favorables ou d’une proximité géographique facilitant les échanges. L’Australie, avec 135,4 milliards de FCFA, arrive en deuxième position, suivie de près par la Chine, qui enregistre des achats de 55,7 milliards de FCFA.
Par ailleurs, ces chiffres illustrent non seulement la diversité des partenaires commerciaux du Mali, mais aussi l’importance croissante des marchés asiatiques dans le paysage économique mondial.
Par grands ensembles, les pays ACP – Afrique, Caraïbes et Pacifique – constituent la première zone d’importation pour le Mali, soulignant l’importance de ces relations dans le cadre d’une coopération régionale renforcée.
Cette dynamique pourrait également ouvrir la voie à de nouvelles opportunités commerciales, favorisant ainsi un développement économique durable et inclusif pour les pays concernés.Les importations ont franchi un seuil significatif, atteignant le montant impressionnant de 1 000 milliards de FCFA, un chiffre qui témoigne d’une dynamique économique en pleine expansion.
Au cours du premier trimestre, les importations ont enregistré une progression marquée, s’élevant à 1 048,1 milliards de FCFA, ce qui représente une augmentation notable par rapport aux 858,1 milliards de FCFA enregistrés un an auparavant, ainsi qu’aux 867,4 milliards de FCFA du quatrième trimestre 2025. Cette hausse de 22,1 % en glissement annuel et de 20,8 % par rapport au trimestre précédent souligne une tendance croissante dans les échanges commerciaux du pays.
Cette évolution significative des importations a des répercussions directes sur l’excédent commercial, qui a connu une contraction. En effet, le taux de couverture des importations par les exportations a chuté, passant de 148,3 % au quatrième trimestre 2025 à seulement 106,2 % au premier trimestre 2026, ce qui soulève des questions sur la balance commerciale du Mali et sur la durabilité de cette tendance.
La progression des importations est révélatrice d’une accélération de la demande extérieure pour les produits maliens. Parmi les catégories de biens importés, les machines et matériels de transport se distinguent, représentant 27,2 % de la valeur totale des importations. Cette catégorie est suivie de près par les combustibles et les produits issus des industries extractives, qui constituent 25,1 % des importations, tandis que les produits agricoles, essentiels pour l’économie locale, représentent 16 % de la valeur totale.
De plus, il est important de noter que la facture de certains produits a connu des évolutions particulièrement marquées au cours des trois premiers mois de l’année, reflétant ainsi les fluctuations des marchés internationaux et les besoins croissants du pays en matière d’importation.
Cette situation met en lumière les défis et les opportunités auxquels le Mali fait face dans le contexte de sa stratégie commerciale et de développement économique.En revanche, l’évolution des importations de sucres, ainsi que des préparations à base de sucre et de miel, connaît une flambée impressionnante de 242,6 %.
Cette hausse spectaculaire est principalement attribuée à la progression fulgurante de 229,7 % des importations d’autres sucres, qu’ils soient issus de la betterave ou de la canne à sucre. En parallèle, sur une période d’un an, les importations de céréales affichent également une belle progression de 39,3 %, tandis que celles des sucres, préparations à base de sucre et miel enregistrent une augmentation significative de 142,5 %.
La structure géographique des importations demeure largement dominée par quelques partenaires commerciaux clés. En tête de liste, la Chine se distingue nettement avec un impressionnant total de 306,8 milliards de FCFA de marchandises fournies au Mali au cours du premier trimestre de l’année 2026. Ce chiffre témoigne de l’importance croissante des échanges entre ces deux nations.
La Côte d’Ivoire, quant à elle, occupe la deuxième place avec 201,4 milliards de FCFA, illustrant ainsi la solidité de ses relations commerciales avec le Mali. Le Sénégal suit de près, se positionnant en troisième position avec 160,2 milliards de FCFA, renforçant ainsi son rôle en tant que partenaire économique important dans la région.
Notons que l’Inde et la France viennent compléter ce classement, avec des importations respectives de 68,4 milliards et 47,6 milliards de FCFA, soulignant la diversité des sources d’approvisionnement du Mali et l’importance de ces échanges dans le contexte économique actuel.
Daouda Bakary KONÉ

