Afrique: le continent « fournit 96,3 % des noix de karité, 80 à 90 % de la gomme arabique, environ 70 % des fèves de cacao à l’échelle mondiale »

Date:

(CROISSANCE AFRIQUE)-Le continent africain, riche de ses ressources naturelles, se trouve malheureusement limité à l’exportation brute de ses produits, tandis que la majeure partie de la valeur ajoutée générée par ces ressources est captée par des acteurs extérieurs. 

En dépit de son patrimoine forestier et agroforestier qui figure parmi les plus riches au monde, l’Afrique ne parvient à capter qu’une infime fraction, moins de 10 %, de la valeur du marché mondial liée à ses ressources arboricoles. Ce faible niveau de valorisation peut être attribué, en partie, à un déficit significatif en matière de capacités de transformation, de conditionnement et de distribution, comme le souligne un rapport publié le vendredi 7 août par Landscape Alliance, anciennement connu sous le nom de CIFOR-ICRAF.

Ce rapport, intitulé « Tree-powered bioeconomies in Africa », met en lumière le potentiel inexploité du continent, révélant que les produits dérivés des arbres sont cultivés sur une superficie dépassant les 100 millions d’hectares à travers l’Afrique. Cette vaste étendue de terres cultivées confère au continent une position dominante dans la production mondiale de nombreux produits essentiels. Par exemple, l’Afrique est responsable de 96,3 % de la production mondiale de noix de karité, un ingrédient prisé pour ses propriétés cosmétiques et culinaires. De plus, elle fournit entre 80 et 90 % de la gomme arabique, utilisée dans divers secteurs allant de l’alimentation à la pharmacie. En outre, environ 70 % des fèves de cacao, essentielles à l’industrie du chocolat, et près de 55 % des noix de cajou, très appréciées pour leur goût et leur valeur nutritionnelle, proviennent également de ce continent. 

Ces chiffres illustrent non seulement l’importance des ressources forestières africaines sur le marché mondial, mais soulignent également la nécessité urgente d’améliorer les infrastructures de transformation et de distribution afin de permettre à l’Afrique de tirer pleinement parti de son potentiel économique. En développant des chaînes de valeur locales et en investissant dans des technologies de transformation, le continent pourrait non seulement augmenter sa part de marché, mais également créer des emplois et stimuler le développement durable.

Production de produits arboricoles en 2024

Dans un contexte où les matières premières sont souvent perçues comme ayant peu de valeur ajoutée, la situation des pays d’Afrique subsaharienne est particulièrement révélatrice. Selon la définition retenue par le rapport, onze pays de cette région sont classés comme des économies fortement dépendantes des produits forestiers, ce qui met en lumière la fragilité de leur situation économique. Parmi ces pays, sept se distinguent par leur dépendance à un seul produit forestier, ce qui signifie que ce produit représente environ 20 % du total des exportations de biens et près de 50 % du total des exportations agricoles. Ces pays incluent la Côte d’Ivoire, le Ghana et São Tomé-et-Príncipe, tous trois axés sur la culture du cacao, une denrée prisée sur le marché international. D’autre part, le Burundi, l’Éthiopie, le Rwanda et l’Ouganda se concentrent sur la production de café, un autre produit dont la demande mondiale reste forte.

En parallèle, quatre pays se caractérisent par leur dépendance à plusieurs produits forestiers, à savoir le Cameroun, le Libéria, la Sierra Leone et la Tanzanie. Ces nations exploitent une variété de ressources, notamment le cacao, le caoutchouc, l’huile de palme et le bois, qui sont des produits communs à ces économies. Cette diversité de production pourrait potentiellement offrir une meilleure résilience face aux fluctuations du marché mondial, mais elle pose également des défis en matière de durabilité et de gestion des ressources.

Selon les données de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Afrique détient un potentiel immense en matière de production arboricole, mais ce potentiel est souvent sous-exploité. Les efforts pour améliorer la valeur ajoutée de ces produits passent par l’innovation, la transformation locale et la recherche de nouveaux marchés. En 2024, il sera crucial pour ces pays de diversifier leurs économies et d’investir dans des pratiques durables afin de renforcer leur position sur le marché mondial tout en préservant leurs précieuses ressources forestières.

Le rapport souligne avec force que l’Afrique ne se contente pas d’avoir la possibilité d’augmenter sa production de ressources arboricoles, mais qu’elle se trouve également à un carrefour stratégique, où elle peut gravir les échelons de la chaîne de valeur. Cela passe par des initiatives de transformation qui visent à améliorer la qualité des produits, à adopter des stratégies de marque efficaces et à obtenir des certifications reconnues. L’ampleur des bioressources arboricoles, qu’elles soient spontanées ou cultivées, représente un potentiel immense, capable de catalyser et d’alimenter une industrialisation verte. Cette industrialisation serait axée sur des bioproduits à haute valeur ajoutée, touchant des secteurs variés tels que l’alimentaire, le pharmaceutique, le cosmétique, le nutraceutique, le chimique, ainsi que la fabrication de matériaux.

Pour transformer les arbres en puissants moteurs de la croissance industrielle, de la prospérité rurale et de la durabilité environnementale, il sera essentiel d’encourager un esprit d’entrepreneuriat dynamique au sein des industries de transformation. Cela implique la mobilisation de financements adéquats et de savoir-faire technique, tout en soutenant l’innovation à travers des programmes de recherche et développement. 

Notons qu’il est impératif de mettre en place des politiques et des mesures incitatives qui favorisent l’émergence d’une bioéconomie robuste et résiliente. Ces actions permettront non seulement de maximiser l’utilisation des ressources naturelles, mais aussi de garantir un avenir durable pour les générations à venir, tout en répondant aux défis économiques et environnementaux contemporains.

Zangouna KONÉ 

croissanceafrik
croissanceafrikhttp://croissanceafrique.com
Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Partager:

Populaires

Lire aussi
RELATIFS

Au Ghana, le bénéfice de GoldBoda augmenté de 402,5 % en un an

(CROISSANCE AFRIQUE)- Le bénéfice du Ghana Gold Board, connu...

Au Cameroun, les sociétés de télécoms sont encouragés à continuer l’expansion du réseau

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Cameroun, les opérateurs télécoms ont été appelés...

Marché Financier de l’UMOA : le Sénégal mobilise 101,339 milliards de FCFA sur le marché financier domestique 

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Sénégal, le vendredi 11 septembre 2026, un...