INDUSTRIES: l’Afrique du Sud envisage de tripler ses capacités de raffinage de pétrole en favorisant la relance d’un site fermé en 2022

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Le Central Energy Fund (CEF), une entreprise publique sud-africaine d’une importance cruciale, qui gère les intérêts de l’État dans le secteur stratégique de l’énergie, a récemment dévoilé, le mercredi 9 septembre, un plan ambitieux de développement visant à renforcer la capacité nationale de raffinage du brut.

 Ce projet vise à réduire de manière significative la forte dépendance du pays vis-à-vis des importations de carburants, un enjeu majeur pour la souveraineté énergétique de l’Afrique du Sud.

Ce plan s’articule autour de la relance progressive de la South African Petroleum Refineries (SAPREF), une raffinerie de pétrole emblématique, située au sud de la ville dynamique de Durban, qui est le principal pôle économique de la province du KwaZulu-Natal. Cette raffinerie, qui a subi de lourds dommages lors des inondations dévastatrices qui ont frappé la province en 2022, a été contrainte de fermer ses portes, laissant un vide dans le paysage énergétique local. Cependant, en 2024, un tournant décisif a eu lieu lorsque la South African National Petroleum Company (SANPC), une filiale du Central Energy Fund, a acquis la raffinerie auprès des géants énergétiques BP et Shell, marquant ainsi une étape cruciale dans la revitalisation de l’infrastructure pétrolière sud-africaine.

Ce projet de relance de la SAPREF ne se limite pas seulement à la réhabilitation des installations, mais s’inscrit également dans une vision plus large de développement durable et d’autosuffisance énergétique. En rétablissant la capacité de raffinage, le CEF espère non seulement stabiliser le marché local des carburants, mais également créer des emplois et stimuler l’économie régionale, tout en réduisant l’empreinte carbone associée aux importations de carburants. Ce plan représente ainsi une opportunité significative pour l’Afrique du Sud de se repositionner sur la scène énergétique mondiale, tout en répondant aux besoins croissants de sa population.

Lors d’une rencontre significative avec les habitants de la banlieue sud de Durban, le PDG du CEF, Tshepo Mokoka, a pris la parole pour partager des perspectives ambitieuses concernant un plan de développement et d’exploitation de la raffinerie, qui se déroulera en trois phases distinctes. Cette initiative vise non seulement à revitaliser l’infrastructure pétrolière de la région, mais aussi à répondre aux besoins croissants en matière de produits pétroliers tout en intégrant des pratiques durables.

Au cours de la première phase, le CEF s’engage à tirer parti des réservoirs et des infrastructures de transfert déjà en place. Cette approche stratégique permettra de soutenir l’importation de produits pétroliers, tout en posant les bases d’une « voie vers la durabilité commerciale ». En optimisant les installations existantes, le CEF espère établir un modèle opérationnel qui favorise l’efficacité et réduit l’impact environnemental, tout en garantissant un approvisionnement fiable pour les communautés locales.

La phase suivante du projet se concentrera sur la reconstruction d’unités de raffinage, avec un objectif ambitieux de traitement d’environ 400 000 barils par jour. Cette augmentation significative de la capacité de production représente un bond majeur par rapport à la capacité nominale d’origine de la SAPREF, qui était de 180 000 barils par jour. En modernisant et en élargissant les installations, le CEF entend non seulement renforcer la sécurité énergétique de la région, mais aussi stimuler l’économie locale en créant des emplois et en attirant des investissements. Ce projet, en intégrant des technologies de pointe et des pratiques durables, vise à transformer la raffinerie en un pilier de développement économique et environnemental pour Durban et ses environs.

L’objectif de la troisième phase serait d’atteindre une capacité de traitement de 650 000 barils par jour. À terme, ce volume de production permettrait de tripler la capacité de raffinage totale du pays.

Sécuriser l’approvisionnement national  

« L’objectif immédiat est de générer des revenus, d’améliorer l’utilisation des infrastructures existantes et d’éviter les pertes inutiles pendant que le projet de redéveloppement plus large progresse », a déclaré M. Mokoka, sans dévoiler le calendrier et le schéma de financement du projet.

La reconstruction et l’extension de la South African Petroleum Refineries permettraient de réduire la dépendance aux importations des produits pétroliers raffinés, qui représentent actuellement environ 61 % de l’approvisionnement, contre 22 % en 2019.

Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), l’Afrique du Sud est le plus grand consommateur de produits pétroliers raffinés en Afrique subsaharienne. Le pays a cependant perdu près de la moitié de ses capacités de raffinage ces dernières années, en raison notamment des coûts insoutenables de modernisation de certaines vieilles raffineries et d’accidents industriels majeurs.

La première puissance économique africaine ne dispose actuellement que de deux installations de raffinage de brut en activité. Ces raffineries détenues par les groupes Sasol et Astron Energy affichent une capacité de production combinée d’environ 208 000 barils par jour, un niveau insuffisant pour amortir les éventuelles ruptures d’approvisionnement en produits pétroliers raffinés dans un contexte marqué par des inquiétudes croissantes sur la sécurité des routes énergétiques mondiales.

L’objectif de la troisième phase serait d’atteindre une capacité de traitement de 650 000 barils par jour, un jalon ambitieux qui pourrait transformer le paysage énergétique du pays. En atteignant ce volume de production, le pays pourrait non seulement tripler sa capacité de raffinage totale, mais également renforcer sa position sur le marché international du pétrole. Cette augmentation significative de la capacité de raffinage est cruciale pour répondre à la demande croissante de produits pétroliers, tant sur le plan national qu’international, et pour garantir une sécurité énergétique à long terme.

Sécuriser l’approvisionnement national est devenu une priorité stratégique. « L’objectif immédiat est de générer des revenus, d’améliorer l’utilisation des infrastructures existantes et d’éviter les pertes inutiles pendant que le projet de redéveloppement plus large progresse », a déclaré M. Mokoka, soulignant l’importance d’une approche pragmatique et efficace. Cependant, il a choisi de ne pas dévoiler le calendrier précis et le schéma de financement du projet, laissant planer un certain mystère sur les étapes à venir et les investissements nécessaires pour réaliser cette vision.

La reconstruction et l’extension de la South African Petroleum Refineries représentent une opportunité majeure pour réduire la dépendance aux importations de produits pétroliers raffinés, qui constituent actuellement environ 61 % de l’approvisionnement national, un chiffre alarmant comparé aux 22 % enregistrés en 2019. En augmentant la capacité de raffinage locale, le pays pourrait non seulement diminuer sa vulnérabilité face aux fluctuations des marchés internationaux, mais également stimuler l’économie locale en créant des emplois et en favorisant le développement de compétences dans le secteur pétrolier. 

Notons que cette initiative pourrait ainsi devenir un pilier fondamental pour la souveraineté énergétique du pays, tout en contribuant à une transition vers des pratiques plus durables et responsables dans l’exploitation des ressources naturelles.

Mariam KONE 

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