(CROISSANCE AFRIQUE)-Au sein de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), la convergence des performances économiques et des politiques des États membres s’avère particulièrement efficace, surtout face aux enjeux contemporains et aux crises, notamment celles liées aux tensions géopolitiques qui secouent la région. C’est dans ce contexte crucial que s’est tenue une session de formation et de sensibilisation destinée aux journalistes économiques de l’UEMOA.
Lors de cet événement, Emile Ouedrago, responsable de la surveillance multilatérale, a pris la parole pour exposer la situation actuelle de la conjoncture économique des États membres de l’Union, s’adressant à un auditoire attentif composé de professionnels de l’information.
Selon les analyses d’Emile Ouedrago, les prévisions pour l’année 2025 sont prometteuses, avec une réduction significative du taux d’endettement des États membres. Il a souligné qu’au 31 décembre 2025, cinq États membres auront réussi à respecter l’ensemble des trois critères de premier rang, une avancée remarquable par rapport à l’année précédente où seul un État, le Bénin, avait atteint cet objectif. Les pays concernés, à savoir le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Niger, en plus du Bénin, représentent ensemble 79,6% du produit intérieur brut (PIB) nominal de l’Union, dépassant ainsi le seuil de 65% requis pour une convergence effective. Cette performance est d’autant plus significative qu’elle marque la deuxième occurrence dans l’histoire de l’Union, après celle de 2019, où les conditions de convergence ont été réunies. Ce moment historique témoigne des efforts collectifs des États membres pour stabiliser et dynamiser leur économie, tout en naviguant à travers les défis complexes du paysage économique mondial.
Au niveau de l’Union, la Convergence des performances et des politiques macroéconomiques de l’Union représente un enjeu crucial pour l’intégration économique et la stabilité régionale. Selon monsieur Ouedrago, « un objectif central du Traité de l’UEMOA qui a institué un mécanisme de surveillance multilatérale. » Ce mécanisme, fondamental pour le bon fonctionnement de l’Union, vise à garantir que les politiques économiques des États membres soient non seulement alignées, mais aussi qu’elles se renforcent mutuellement. Il a également ajouté que « Dans ce cadre, la Commission transmet au Conseil des Ministres de l’Union et rend public un rapport semestriel d’exécution de la surveillance multilatérale (Juin et décembre) », a-t-il expliqué, soulignant ainsi l’importance de la transparence et de la responsabilité dans le processus de surveillance.
Toutefois, il dira que « Ce rapport rend compte de la convergence des politiques et des performances économiques ainsi que de la compatibilité de celles-ci avec la politique monétaire de l’Union. » Ce rapport semestriel est donc un outil essentiel qui permet non seulement d’évaluer la situation actuelle, mais aussi d’identifier les domaines nécessitant des ajustements ou des réformes. Quant à la convergence des politiques économiques, Emile Ouedraogo a affirmé que « la convergence des politiques économiques désigne le rapprochement et la coordination des politiques mises en œuvre par les États membres afin d’assurer leur cohérence, préserver la stabilité macroéconomique et favoriser une croissance équilibrée au sein de l’Union. » Cette définition souligne l’importance d’une approche collective, où chaque État membre doit travailler en synergie avec les autres pour atteindre des objectifs communs, garantissant ainsi un développement harmonieux et durable dans la région.
C’est pourquoi, il existe également le Code de Transparence, qui repose sur des grands principes fondamentaux. Ce code constitue ce que l’on pourrait appeler la « Directive mère », car il renferme des dispositions permanentes et de portée générale, essentielles dans le cadre de la promotion de la bonne gouvernance. Selon Émile Ouedraogo, un expert reconnu de la surveillance multilatérale de la commission de l’UEMOA, ce cadre législatif est crucial pour instaurer un climat de confiance et d’intégrité au sein des institutions publiques.
Les actions précises identifiées dans ce code sont variées et visent à renforcer la transparence et la responsabilité au sein des gouvernements. Parmi celles-ci, on trouve le financement public des partis politiques, une mesure qui cherche à garantir que les ressources financières des partis soient gérées de manière transparente et équitable. De plus, la lutte contre la corruption est mise en avant comme une priorité, avec des mécanismes destinés à identifier et à sanctionner les comportements malhonnêtes.
La répression de l’enrichissement illicite est également un axe majeur de cette directive, visant à prévenir les abus de pouvoir et à assurer que les gestionnaires de fonds publics agissent dans l’intérêt de la collectivité. En outre, l’exploitation effective par la Cour des Comptes des États des déclarations de biens, tant au début qu’à la fin des fonctions impliquant des responsabilités financières et/ou politiques, est un autre élément clé qui permet de suivre l’évolution patrimoniale des responsables publics.
Notons qu’une autre disposition importante stipule l’interdiction de postuler à un mandat électif pour tout gestionnaire de deniers publics qui ne serait pas sorti de fonction, une mesure qui vise à éviter les conflits d’intérêts et à garantir que les élus soient véritablement au service de la population. Pour rappel, la création de Cours des Comptes autonomes est envisagée pour renforcer l’indépendance et l’efficacité des audits financiers, permettant ainsi une meilleure surveillance des finances publiques. Ainsi, Émile Ouedraogo souligne l’importance de ces mesures dans le cadre de la surveillance multilatérale de la commission de l’UEMOA, affirmant que leur mise en œuvre est essentielle pour garantir une gouvernance saine et responsable, au bénéfice de tous les citoyens.
Daouda Bakary KONÉ, envoyé Spécial à Ouagadougou

