(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Gabon, Millennial Potash Corp, une entreprise américaine qui conclu un accord important avec le gouvernement gabonais concernant l’exploitation de la potasse dans la région de Banio, vient de franchir une étape décisive et significative dans l’avancement de ce projet minier ambitieux.
En effet, la potasse a récemment été incluse sur la liste provisoire des minéraux critiques des États-Unis, une distinction de poids qui témoigne de l’importance stratégique et économique de cette ressource à l’échelle internationale. Cette reconnaissance arrive à un moment où la U.S. International Development Finance Corporation (IDFC) a précisément annoncé l’octroi d’un financement substantiel de 3 millions de dollars afin d’accompagner et soutenir les études de faisabilité nécessaires à la poursuite du projet.
L’annonce officielle de cette avancée capitale a été faite par Millennial Potash Corp le mercredi 27 août 2025, marquant ainsi une étape clé vers le développement futur de l’exploitation de la potasse gabonaise sur la scène mondiale. La désignation de la potasse comme minéral critique témoigne de la volonté des États-Unis de diversifier leurs sources d’approvisionnement, actuellement dominées par des acteurs majeurs tels que le Canada, la Russie et la Biélorussie. Cela reflète une stratégie géopolitique visant à réduire la dépendance à l’égard de régions spécifiques pour des ressources essentielles.
Dans ce contexte, le Banio Potash Project, situé stratégiquement sur la côte atlantique du Gabon, se distingue par son avantage logistique indéniable, offrant un accès maritime direct qui facilite le commerce avec les ports américains et brésiliens, deux des plus grands marchés importateurs mondiaux de potasse. En outre, ce projet bénéficie du soutien affirmé et ambitieux des autorités gabonaises, qui perçoivent en lui non seulement une opportunité précieuse pour diversifier l’économie nationale, mais aussi pour s’intégrer de manière plus significative dans des chaînes de valeur internationales stratégiques. Cette initiative représente donc un potentiel de croissance économique et un renouvellement des relations commerciales sur le plan international.
Sur le plan africain, ce projet a le potentiel de développer une portée considérablement plus vaste et complexe, touchant divers aspects économiques et sociaux. Actuellement, le continent africain est entièrement dépendant des importations pour satisfaire ses besoins en potasse, un élément essentiel pour l’agriculture. Avec la perspective de la mise en production confirmée de ce site au Gabon, il deviendrait alors la première source de production locale pour ce minerai crucial. Cette avancée pourrait avoir un impact significatif non seulement sur la réduction des coûts de production agricole, mais aussi sur le renforcement de la souveraineté agricole des pays africains.
En effet, en réduisant la dépendance aux importations, les pays africains pourraient améliorer leur autonomie en matière de ressources agricoles. Ainsi, ce projet s’inscrit clairement dans une double dynamique stratégique : d’une part répondre aux impératives de sécurité alimentaire des grandes puissances mondiales, et d’autre part, accroître la résilience agricole de l’Afrique. C’est une opportunité d’améliorer les infrastructures agricoles locales et de stimuler le développement économique régional tout en renforçant la sécurité alimentaire sur le long terme.
Les divers indicateurs économiques révélés récemment par Millennial Potash ne cessent d’accentuer cet optimisme partagé par les acteurs du secteur. En effet, la dernière évaluation économique préliminaire, qui constitue un document clé pour les investisseurs et les parties prenantes, fait état d’une valeur nette après impôts atteignant le montant impressionnant de 1,07 milliard de dollars US. Elle signale également un taux de rentabilité interne remarquable de 32,6 %, qui se positionne parmi les meilleures performances du marché.
Parallèlement, les coûts d’exploitation se distinguent par leur compétitivité exceptionnelle, s’établissant à seulement 61 $ par tonne, ce qui souligne la solide position concurrentielle de l’entreprise. De plus, les forages effectués récemment ont permis de confirmer des ressources potentiellement plus abondantes que prévu initialement, ce qui alimente des espoirs légitimes quant à une revalorisation possible et significative à l’avenir.
Notons que dans ce contexte, le financement octroyé par la DFC revêt une importance stratégique particulière, car il vise spécifiquement à sécuriser la phase critique et déterminante de faisabilité. Cette étape est considérée comme un point de basculement essentiel avant d’envisager des engagements financiers plus conséquents et s’inscrit dans une stratégie à long terme pour garantir la pérennité et la prospérité du projet.
Zangouna KONÉ