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Au Mali, des jeunes leaders encouragent l’engagement de l’armée et invitent la population à se tenir debout face aux incantations des « factions terroristes »

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Communiqué Citoyen du 13 novembre 2025

Notre pays fait face, depuis plusieurs années, à une crise multiforme dont les manifestations, sur le plan sécuritaire, sont de plus en plus inquiétantes. Les récentes attaques sur certaines zones du territoire national et les changements dans les modes opératoires des groupes armés radicaux rappellent à quel point la paix et la stabilité demeurent fragiles.

Face à cette évolution préoccupante de la situation sécuritaire dans notre pays, nous exprimons notre solidarité envers toutes les victimes et présentons nos condoléances aux familles de nos concitoyens, civils et militaires, qui y ont laissé la vie.

Nous condamnons sans réserve et avec la plus grande fermeté le terrorisme sous toutes ses formes. Nous estimons que rien, absolument rien, ne saurait justifier les actes barbares et cette violence aveugle dirigée contre notre peuple. Qu’il soit clair pour tous nos concitoyens que le terrorisme n’a aucun fondement ethnique, idéologique ou religieux. Il vise particulièrement la destruction du vivre-ensemble et l’unité nationale qui font de notre pays, ce qu’il est et qu’il restera, Un Peuple – Un But-Une Foi.

Nous invitons nos concitoyens à ne pas se tromper ni d’ennemi ni de bataille. Toute force, qu’elle soit, interne ou externe, qui s’associerait à cette entreprise macabre devra être considérée comme ennemie de la République et du peuple malien.

Nous saluons et encourageons nos Forces Armées Maliennes, dont la bravoure et le dévouement ne souffrent d’aucune contestation, dans l’accomplissement de la noble mission qui est la leur. Malgré les épreuves, elles demeurent debout, fidèles à leur serment, celui de défendre le Mali et son intégrité territoriale..

Nous invitons les autorités à poser des actes forts et symboliques susceptibles de rassembler les Maliens autour de l’essentiel. Nous les encourageons à mettre en place les mécanismes juridiques et sociaux nécessaires pouvant conduire à la libération de tous les leaders politiques et d’opinion, mesure qui constituerait un signal fort en faveur de la réconciliation nationale, condition indispensable à la stabilité et à la reconstruction de notre pays. Nous les appelons également à redoubler d’efforts pour la sécurisation des populations sur l’ensemble du territoire, afin que chaque Malienne et chaque Malien puisse vivre en paix, dans la dignité et la liberté.

Enfin, nous saluons la détermination et le courage du peuple malien, qui, malgré les épreuves, continue de se tenir debout. Nous l’invitons à rester uni, vigilant et fidèle aux valeurs fondatrices de notre République la laïcité, la démocratie et la justice sociale.

Pour le Mali, un et indivisible. Vive la République, vive le Mali.

Ont signé,

Hamidou DOUMBIA

Mohamed Cherif COULIBALY

Moctar Ousmane SY

Sekou NIAME BATHILY

Check Oumar DOUMBIA

Adam DICKO

Aissata LY

Assanatou SAMAKE

Baba DAKOΝΟ

BINE TELLY

Harouna GUINDO

Mamadou CAMARA

Makan SOUARE

Mamedy Soboa THERA

Souleymane Touba DIAKITE

POUR UNE CLARIFICATION URGENTE DES RÔLES ENTRE PCA ET DIRECTEURS GÉNÉRAUX DANS LES ENTREPRISES PUBLIQUES

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( CROISSANCE AFRIQUE)- Depuis plusieurs décennies, le Sénégal – comme de nombreux pays africains – vit sous le régime d’une jurisprudence administrative ancienne qui a progressivement brouillé les lignes entre les pouvoirs du Président du Conseil d’Administration (PCA) et ceux du Directeur Général (DG).

Cette pratique, souvent inspirée des usages des anciennes sociétés d’État, a fini par instaurer une confusion structurelle entre fonction de contrôle et fonction de gestion, en contradiction flagrante avec les dispositions de l’OHADA relatives à la gouvernance des sociétés commerciales et du secteur parapublic.

Aujourd’hui, alors que de nombreux pays réaffirment leur ancrage dans la bonne gouvernance, il devient impératif de clarifier juridiquement et institutionnellement ces deux fonctions pour éviter les chevauchements, les interférences et les dérives managériales observées ces dernières années.

UNE JURISPRUDENCE DÉPASSÉE FACE À L’EXIGENCE DE BONNE GOUVERNANCE

Dans la tradition administrative africaine, héritée d’une époque où les entreprises publiques constituaient des prolongements de l’État, le Président du Conseil d’Administration a souvent été perçu comme une sorte de « superviseur politique » disposant d’un pouvoir implicite sur la direction générale.
Or, cette conception n’a aucune base légale dans le droit contemporain. Selon l’Acte uniforme de l’OHADA, le PCA n’exerce aucune fonction de direction. Il préside le Conseil, organise ses réunions, veille à la bonne information de ses membres et rend compte à l’Assemblée Générale. Son rôle est donc stratégique, non exécutif.

Le Directeur Général, pour sa part, détient les pouvoirs les plus étendus pour agir au nom de la société dans la limite de l’objet social. C’est lui le responsable principal des actes de gestion, devant les organes de contrôle et la justice.

La ligne est claire : le Conseil contrôle, le DG gère. Le Président du Conseil n’a ni bureau, ni salaire mensuel, ni voiture de fonction. Il n’est rémunéré qu’à travers des jetons de présence, conditionnés à son assiduité aux réunions du Conseil.

Dans de nombreux pays africains, cette orthodoxie s’est perdue depuis les années 2000. Certains PCA, désormais nommés sur une base politique plutôt que professionnelle, exercent des fonctions de direction parallèles, brouillant les responsabilités et affaiblissant les entreprises publiques.
Ce mélange des genres a entraîné de graves conséquences : retards dans les décisions stratégiques, tensions internes, mauvaise exécution budgétaire et affaiblissement du contrôle interne.

J’ai personnellement connu une institution internationale de garantie, au début des années 2000, qui a traversé une grave crise de gouvernance pour ces mêmes raisons.
Dans cette organisation, les administrateurs représentant les États actionnaires exerçaient une prééminence excessive sur la Direction générale, intervenant dans des décisions opérationnelles qui ne relevaient pas de leurs prérogatives.
Résultat : le Directeur général a été fragilisé puis limogé, et l’institution, privée de leadership exécutif stable, a connu de grandes difficultés financières et organisationnelles.

Ce cas illustre combien la confusion entre gouvernance et gestion peut conduire à la paralysie, voire au déclin, même au sein d’organismes internationaux pourtant dotés de chartes précises.

POUR UNE RÉFORME CLAIRE ET COURAGEUSE

Il est urgent que les autorités africaines rétablissent les fondements de la bonne gouvernance à travers une réforme claire.

La loi d’orientation n° 2022-08 du 19 avril 2022 sur le secteur parapublic doit être harmonisée avec les normes de l’OHADA, afin de mettre un terme à cette dualité de pouvoir contre-productive.
Les PCA doivent redevenir ce qu’ils sont en droit : des présidents non exécutifs, garants de la transparence et de la stratégie, non des gestionnaires ou des administrateurs permanents.

Il faut en finir avec les salaires mensuels et les cumuls de fonctions qui violent l’esprit de la bonne gouvernance et pèsent sur les finances publiques.
Les Directeurs Généraux, eux, doivent pleinement assumer leur rôle opérationnel et leur responsabilité juridique.
Enfin, la nomination des PCA devrait obéir à des critères de compétence, d’expérience et d’intégrité, et non à des considérations partisanes.

La clarté des rôles, la compétence des administrateurs et le respect des textes sont les piliers d’une entreprise publique saine.
À l’inverse, la confusion entretenue dans nombre de sociétés publiques n’a produit que des déficits chroniques et un affaiblissement de la crédibilité institutionnelle.

En définitive, la clarification des rôles entre PCA et DG n’est pas une simple question technique : c’est une exigence démocratique, économique et morale.
Elle conditionne la crédibilité du secteur public, la confiance des citoyens et la pérennité des entreprises stratégiques de l’État.

Rétablir la discipline juridique dans la gouvernance des sociétés publiques, c’est contribuer à la reconstruction d’un État plus éthique, plus efficace et plus respecté.

Magaye GAYE
Économiste international
Ancien cadre de la BOAD

Extrême pauvreté : la sonnette d’alarme de la Banque mondiale avec plus de 830 millions de personnes en dangers

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Ajay Banga, US-nominee for leader of the World Bank, following a Bloomberg Television interview in London, UK, on Friday, March 10, 2023. Banga said that The World Bank should be a catalyst for spurring lending from the private sector to mobilize the trillions of dollars needed for development across the world. Photographer: Hollie Adams/Bloomberg

(CROISSANCE AFRIQUE)- La Banque mondiale dans son dernier rapport estime que plus de 830 millions de personnes vivent encore dans des conditions d’extrême pauvreté à travers le globe, illustrant ainsi l’ampleur de cet enjeu qui reste un défi majeur pour tous les acteurs du développement international.

 Bien que des avancées aient été enregistrées au cours des dix dernières années, avec certaines régions du monde montrant des signes encourageants de réduction de la pauvreté, cette amélioration globale dissimule une mutation géographique préoccupante : la pauvreté se concentre désormais massivement en Afrique subsaharienne, ce qui représente un défi considérable pour les pays de cette région qui peinent déjà à s’adapter aux changements rapides qui se produisent sur le plan social et économique.

La région regroupe aujourd’hui près de 70 % des personnes les plus démunies de la planète, une proportion en nette augmentation par rapport aux décennies précédentes, signalant une tendance inquiétante qui nécessite un examen approfondi des politiques économiques et sociales en place. Ce déplacement s’explique par une série de facteurs structurels qui sont intimement liés et qui affectent la capacité de ces pays à sortir de la pauvreté : une croissance démographique soutenue qui engendre une pression accrue sur les ressources limitées, un accès limité à l’emploi formel qui maintient un grand nombre de travailleurs dans des occupations précaires, des inégalités persistantes dans l’accès aux services essentiels tels que l’éducation et la santé, et une exposition accrue aux crises climatiques et économiques, lesquelles exacerbent les vulnérabilités existantes et compliquent les efforts de développement durable dans cette région du monde.

Plus de la moitié des personnes touchées par la pauvreté dans cette région vivent en milieu rural, un environnement où les défis sont accentués par des infrastructures souvent inadéquates et un manque criant de développement économique. Les routes sont fréquemment impraticables, limitant l’accès aux marchés et aux services essentiels, tandis que l’électricité et l’eau potable restent des luxes inaccessibles pour beaucoup. 

Dans un tel contexte, l’agriculture de subsistance, essentielle pour la survie quotidienne et constituant le pilier de survie pour des millions de familles, peine à évoluer vers une forme de développement durable permettant un meilleur avenir. Les familles se battent pour leur quotidien, souvent avec des outils et des techniques qui n’ont pas changé depuis des générations, alors que des intempéries imprévisibles menacent régulièrement leurs récoltes. 

Par ailleurs, dans son rapport intitulé « Partir sur un pied d’égalité », la Banque mondiale met en lumière les inégalités profondes qui persistent et qui sont liées à l’origine sociale, au genre, à l’appartenance ethnique, ou encore aux différents niveaux d’accès au crédit. Ces disparités, agissant comme des entraves invisibles mais puissantes, sont souvent renforcées par des biais institutionnels qui pénalisent certaines groupes et privent les individus des opportunités de s’élever au-dessus de leur condition. 

Aussi, ces obstacles structuraux entravent les efforts déployés pour lutter efficacement contre la pauvreté et tendent à creuser davantage les écarts. Ce rapport souligne également la nécessité d’une approche globale et inclusives, visant à démanteler ces barrières et à promouvoir des politiques qui mettent en avant l’équité et l’inclusion sociale comme pierres angulaires du progrès.

Pour rompre avec cette dynamique persistante qui menace d’aggraver les inégalités et les disparités régionales, l’institution préconise une extension significative de l’accès non seulement à l’emploi, mais également à l’ensemble des ressources essentielles telles que l’éducation, les soins de santé, et les services financiers.

Cette extension doit cibler prioritairement les zones rurales, souvent négligées par les projets de développement, ainsi que les populations marginalisées, qui continuent de souffrir d’un accès inégal aux opportunités socio-économiques. Elle insiste également avec force sur l’urgence de procéder à une réforme complète et efficace des politiques publiques actuelles afin de promouvoir l’équité sociale et de renforcer la résilience des communautés face aux enjeux mondiaux. 

Notons que l’Afrique subsaharienne, région qui incarne avec éclat l’avenir démographique du monde avec sa population jeune et dynamique, doit désormais être placée stratégiquement au centre d’une mobilisation internationale ambitieuse et cohérente. Cette mobilisation doit être en faveur d’un développement inclusif et équitable qui profite à tous, et qui est impératif pour assurer un progrès économique durable et harmonieux sur le long terme.

Moussa KONÉ 

Bourses et Marchés : la performance des PME aux yeux des banques commerciales 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), qui représente un élément central du marché financier sous-régional, a clôturé la séance de ce mercredi avec des résultats contrastés, marqués par un léger repli de ses principaux indices. Il s’agit d’une performance des PME qui se déroule aux yeux des banques commerciales 

 Le BRVM Composite a subi une baisse de 0,08 %, réduisant sa valeur à 337,37 points. De même, l’indice BRVM 30 a connu un recul un peu plus prononcé de 0,27 %, atteignant 163,85 points. Pour sa part, l’indice BRVM Prestige a enregistré une diminution de 0,41 %, se fixant finalement à 140,04 points.

Malgré cette ambiance générale plutôt morose, certaines actions ont affiché des performances notables, particulièrement celles dans le segment des petites et moyennes entreprises, un secteur crucial pour l’économie régionale. Notamment, l’entreprise CABC a dominé le marché en enregistrant une impressionnante hausse de 7,50 %, suivie de près par UNLC avec une progression de 7,49 %, PRSC s’inscrivant avec une amélioration de 7,43 %, tandis que STAC et SAFC ont observé des augmentations respectives de 7,41 % et 7,25 %. Ces hausses indiquent une dynamique positive dans les domaines agroalimentaire et industriel, stimulée principalement par une demande régionale en forte reprise, témoignant ainsi d’une vitalité économique croissante dans ces secteurs.

Du côté des banques, certaines valeurs ont également marqué des avancées significatives au cours de cette période. Par exemple, la société financière BNBC a connu une progression impressionnante de 7,22 %, ce qui confirme son attractivité continue auprès des investisseurs cherchant à diversifier leurs portefeuilles. En parallèle, d’autres établissements bancaires tels que SGBC, SIBC et BOAM affichent aussi des variations positives, témoignant d’une reprise de confiance généralisée dans le secteur financier régional, possiblement stimulée par des politiques économiques favorables ou des résultats financiers encourageants.

En revanche, le marché n’a pas été exempt de quelques contreperformances notables, qui ont attiré l’attention des analystes. Les actions de SDSC ont chuté de manière significative, affichant une baisse de 7,35 %, tandis qu’UNXC a reculé de 7,21 %. De même, ONTBF a perdu 3,81 % de sa valeur, BICC a enregistré une baisse de 2,50 %, et finalement, SOGC a cédé 1,94 %. Ces replis pourraient être liés à des ajustements techniques nécessaires ou à des cessions effectuées par des investisseurs prenant des bénéfices après des hausses antérieures.

L’activité du marché reste néanmoins soutenue et dynamique, avec une valeur totale des transactions qui s’élève à un montant important de 4,2 milliards FCFA. La capitalisation du marché actions impressionne par sa solidité en atteignant 13 007 milliards FCFA, tandis que celle du marché obligataire s’établit à 10 708 milliards FCFA, confirmant de manière éclatante la robustesse et la résilience de la place financière régionale en ces temps fluctuants.

Cette séance sur le marché financier illustre une dynamique contrastée. En effet, tout en étant plongées dans un climat global de prudence et d’incertitude qui règne actuellement sur les marchés, les petites et moyennes entreprises ainsi que certaines institutions bancaires parviennent néanmoins à tirer leur épingle du jeu. 

Notons que ce phénomène indique que malgré la retenue des investisseurs et les fluctuations économiques mondiales, ces acteurs réussissent à adopter des stratégies qui leur permettent non seulement de se maintenir, mais aussi de prospérer dans un environnement où beaucoup pourraient être tentés de prendre des mesures conservatrices

Abdoulaye KONÉ 

Au Cameroun, les aléas climatiques provoquent une perte de 6710 milliards de FCFA au secteur agricole 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-En quarante-deux ans, les aléas climatiques ont lourdement impacté l’agriculture camerounaise, entraînant des pertes économiques colossales estimées à environ 6 710 milliards de FCFA. Ce montant impressionnant représente plus de 24 % du produit intérieur brut (PIB) du pays, selon les chiffres de l’Observatoire national sur les changements climatiques (ONACC). Ces statistiques alarmantes ont été mentionnées dans l’exposé des motifs du projet de loi sur la production biologique, qui fait actuellement l’objet d’un examen attentif au Parlement. 

Ces estimations couvrent la période allant de 1980 à 2022, et révèlent une situation critique. L’ONACC indique que ces pertes massives sont symptomatiques de la « vulnérabilité d’un secteur agricole encore largement tributaire des pluies et des saisons ». Il est essentiel de comprendre que cette dépendance souligne « la nécessité d’un changement profond dans les modes de production pour garantir la sécurité alimentaire nationale ». Avec des fondements fragiles, améliorer la résilience de l’agriculture du pays est d’une importance capitale. 

En outre, selon le Plan national Climat, publié en 2024 par le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable, il est attendu que les phénomènes climatiques extrêmes, tels que les sécheresses sévères et les inondations dévastatrices, connaîtront une intensification dramatique dans les décennies futures. Cette prévision, contenue dans le rapport, met en garde contre le potentiel accru de disruption et pourrait demander des stratégies d’adaptation robustes afin de mitiger les impacts sur le secteur agricole et au-delà…

Les zones les plus exposées sont décrites comme étant « les régions soudano-sahélienne, des hautes savanes guinéennes et des hauts plateaux de l’Ouest qui figurent parmi les plus exposées », précise encore le Plan. Cette observation souligne la vulnérabilité particulière de ces régions face aux changements climatiques et aux défis environnementaux associés. Les projections de la Banque mondiale datant de 2017, qui sont reprises et détaillées dans ce même document, confirment cette dégradation inquiétante. 

En effet, les modélisations prédictives indiquent qu’entre les années 2040 et 2049, le risque de pertes agricoles augmentera significativement sur l’ensemble du territoire national. Dans l’hypothèse d’un scénario de faible réchauffement climatique, ces pertes agricoles pourraient s’élever entre 3% et 6% dans les régions septentrionales et occidentales du pays. Cependant, dans le cas d’un scénario plus alarmant de fort réchauffement, les pertes pourraient dramatiquement augmenter pour atteindre entre 12% et 18%.

 Les régions du Nord et de l’Extrême-Nord apparaissent comme particulièrement menacées, car elles cumulent à la fois des « risques absolus élevés » et des pertes agricoles relatives qui dépassent la moyenne nationale, accentuant ainsi leur vulnérabilité économique. Face à cette inquiétante tendance, le gouvernement perçoit dans la production biologique une opportunité et un instrument stratégique d’adaptation et de durabilité pour l’agriculture nationale. L’exposé des motifs du projet de loi sur la production biologique.

La transition vers le biologique n’est pas seulement un changement bénéfique d’un point de vue écologique, elle revêt également une importance capitale sur le plan économique. Selon les rédacteurs du projet en question, cette transition pourrait offrir plusieurs avantages significatifs. Elle a le potentiel d’augmenter la résilience des exploitations agricoles face aux aléas climatiques et économiques en renforçant leur capacité d’adaptation aux changements. 

De plus, elle permettrait de valoriser davantage les produits agricoles sur les marchés internationaux, où la demande pour des produits biologiques et durables ne cesse de croître. Par ailleurs, cette transition contribuerait à réduire les pertes post-récoltes, souvent importantes, grâce à une meilleure maîtrise des cycles de production et à l’amélioration des pratiques agricoles. 

Notons que le Plan national Climat souligne également, de manière insistante, que l’absence de mesures d’adaptation aux nouvelles conditions climatiques et de gestion des risques de manière efficace pourrait gravement compromettre les efforts de réduction de la pauvreté dans les régions affectées, interrompant ainsi les progrès socio-économiques durement obtenus ces dernières années.

Mariam KONE

(Tribune) : « Accélérer la mise en œuvre du contenu local pour transformer l’économie minière du Mali »

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(CROISSANCE AFRIQUE)- Dans un contexte où l’or, le lithium et les autres ressources minières représentent plus de 70 % des exportations du Mali, la question n’est plus de savoir si le contenu local est nécessaire, mais comment le rendre réellement opérationnel pour qu’il constitue un levier de transformation économique, d’emploi et de souveraineté industrielle.

Aujourd’hui, les sociétés minières injectent chaque année environ 1 000 à 1 200 milliards de FCFA dans l’économie nationale sous forme de biens, services et travaux. Pourtant, moins de 25 % de cette dépense locale bénéficie effectivement aux entreprises maliennes selon les estimations sectorielles. Le manque de certification, de normalisation, de compétences techniques et de structuration limite l’accès des PME nationales aux opportunités offertes par l’industrie.

Pour changer ce paradigme, un pas décisif est indispensable : recenser, diagnostiquer et certifier les entreprises locales, afin d’alimenter une base de données fiable des prestataires éligibles au programme de contenu local. C’est une urgence économique.

  1. Recenser les entreprises locales : une étape fondatrice pour connaître nos capacités réelles

Le Mali compte aujourd’hui plusieurs centaines d’entreprises actives dans la construction, la logistique, la mécanique industrielle, l’électricité, l’environnement, la restauration, le transport et d’autres services directement liés aux besoins des mines.

Mais aucune cartographie exhaustive, à jour, certifiée n’existe.

Or, sans cette visibilité :
• les sociétés minières hésitent à contracter localement,
• les banques ne financent pas les PME parce que leur niveau technique est imprécis,
• le gouvernement ne peut pas planifier efficacement les actions de renforcement de capacités,
• les entreprises locales elles-mêmes ne connaissent pas les exigences exactes de l’industrie.

Un recensement national permettrait non seulement d’identifier les acteurs, mais aussi de mesurer le taux réel de substitution d’importations possible dans la chaîne d’approvisionnement minière.

Chaque point de pourcentage gagné dans la substitution représente environ 10 à 12 milliards FCFA captés chaque année par des entreprises maliennes.

  1. Un diagnostic technique rigoureux : la clé pour transformer nos PME en champions nationaux

Après le recensement doit venir un diagnostic par filière, couvrant notamment :
• les capacités de production ou de prestation,
• la maîtrise des normes internationales (ISO, HSE, environnement),
• la gouvernance interne,
• la gestion financière,
• la sécurité et la conformité,
• la technologie utilisée,
• le capital humain.

Ce diagnostic doit permettre de classer les entreprises en trois catégories :
1. Éligibles immédiatement aux prestations minières ;
2. Éligibles après mise à niveau ciblée (infrastructures, formation, normes, outils numériques) ;
3. Non éligibles mais orientées vers d’autres segments.

C’est le seul moyen d’établir une liste précise d’entreprises compétitives et sécurisées pour intervenir dans des environnements miniers à hauts standards opérationnels.

  1. Mettre en place un Programme national de mise à niveau des PME minières

Le diagnostic doit déboucher sur un programme national de mise à niveau, financé conjointement par :
• les sociétés minières (obligation de contenu local),
• l’État (fonds de développement, incitations du Code minier),
• les partenaires techniques,
• les banques locales (via un Fonds de garantie minier).

L’objectif doit être clair : accompagner au moins 200 entreprises maliennes en 3 à 5 ans pour atteindre les standards internationaux.

Les résultats attendus :
• Création de 8 000 à 10 000 emplois directs et induits,
• Augmentation du taux de contenu local de 25 % à 50 %,
• Réduction des importations de biens et services miniers de 200 à 300 milliards FCFA par an,
• Renforcement du tissu industriel national,
• Émergence d’un marché sous-régional du contenu local, où le Mali pourrait devenir un pôle de référence grâce à son expérience et son savoir-faire.

  1. La certification : condition indispensable pour sécuriser les partenariats et crédibiliser les entreprises locales

Les sociétés minières opèrent dans un environnement où la responsabilité sociale, l’environnement, la sécurité et la gouvernance sont strictement encadrées.
Pour intégrer leurs chaînes d’approvisionnement, les entreprises maliennes doivent obtenir des certifications reconnues :
• ISO 9001 (qualité),
• ISO 14001 (environnement),
• ISO 45001 (sécurité),
• Ou des certifications sectorielles spécifiques (maintenance, transport, génie civil).

C’est pourquoi il est indispensable que le gouvernement, les chambres consulaires et les mines mettent en place une cellule nationale de certification, pour réduire les coûts et accompagner les entreprises dans ce processus.

Un mécanisme de certification accélérée permettrait d’intégrer immédiatement 50 à 80 entreprises dans les chaînes d’approvisionnement stratégiques.

  1. Pourquoi ce processus est une urgence nationale

a) Pour l’économie nationale

Chaque année de retard représente une perte potentielle de 100 à 150 milliards FCFA de valeur ajoutée nationale.

b) Pour les communautés locales

Plus les entreprises locales sont intégrées, plus les revenus, emplois et opportunités restent dans les régions minières.

c) Pour les sociétés minières

Un tissu local performant réduit les coûts d’importation, améliore les délais d’intervention et renforce l’acceptabilité sociale des projets.

d) Pour l’État

Une offre locale qualifiée augmente les recettes fiscales, la formalisation et l’industrialisation.

  1. Appel urgent : lancer immédiatement le processus de recensement, diagnostic et certification

Le ministère en charge des Mines, les organes de mise en œuvre du contenu local et les chambres consulaires doivent, sans aucun délai :
1. Lancer officiellement le recensement national,
2. Déployer des équipes de diagnostic dans toutes les régions,
3. Créer une base de données publique (minière, transparente, mise à jour),
4. Mettre en place un programme de mise à niveau,
5. Instaurer un système de certification nationale,
6. Publier la liste des entreprises éligibles au contenu local.

C’est un chantier structurant pour notre économie.
C’est également un signal fort envoyé aux investisseurs : le Mali veut bâtir une industrie minière compétitive, inclusive et créatrice de valeur locale.

Conclusion : Le contenu local n’est pas une contrainte : c’est une chance historique

Le Mali dispose d’un potentiel minier exceptionnel. Mais sans un tissu d’entreprises locales qualifiées, ce potentiel ne deviendra jamais un moteur de transformation économique durable.

Le recensement, le diagnostic, la certification et la mise à niveau doivent constituer le socle de la nouvelle génération de politique minière.
C’est dans l’intérêt :
• de l’État,
• des investisseurs,
• des communautés,
• et surtout du Mali tout entier.

Il est temps d’agir. Maintenant.

H. Niang
Citoyen lambda

Télécoms: le résultat net de la Onatel affiche de 17,2% au troisième trimestre 2025

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Les comptes ne sont toujours pas aux beaux fixes pour l’Office National des Télécommunications du Burkina Faso (ONATEL) S.A dont le résultat net a connu une baisse de 17,2 % à l’issue du 3ème trimestre 2025 par rapport au 3ème trimestre 2024. Cette diminution significative des bénéfices souligne les défis économiques auxquels l’entreprise est confrontée, malgré ses efforts pour améliorer ses opérations et sa qualité de service. 

Selon les données OHADA communiquées par la direction de l’entreprise, le résultat net de la période sous revue s’est élevé sur les neuf premiers mois de 2025 à 11,004 milliards FCFA contre 13,296 milliards FCFA sur les neuf premiers mois de 2024. Cette baisse pourrait être attribuée à divers facteurs, tels que les durcissements réglementaires, la compétitivité accrue du marché des télécommunications, ou encore les fluctuations macroéconomiques du pays, illustrant un besoin urgent pour ONATEL de réévaluer ses stratégies pour maintenir sa position sur le marché et satisfaire ses actionnaires.Pour sa part, le chiffre d’affaires de l’entreprise a enregistré une hausse notable de 3,1%, atteignant ainsi un montant total de 110 milliards de FCFA, alors qu’il était de 106,269 milliards de FCFA au 30 septembre 2024. Cette progression, bien que modeste en pourcentage, représente une augmentation substantielle en valeur absolue et est attribuée par les dirigeants de la société de télécommunications à plusieurs facteurs clés. Ils expliquent que « cette croissance est essentiellement portée par les revenus générés par le très haut débit – FTTH, le mobile prépayé et le mobile money », soulignant le rôle crucial de ces segments innovants dans la dynamisation des performances financières de l’entreprise. 

Cependant, concernant le résultat des activités ordinaires, l’entreprise a connu une baisse significative de 24,4%. En effet, ce dernier est passé de 20,264 milliards FCFA au 30 septembre 2024 à seulement 15,320 milliards FCFA un an plus tard, ce qui reflète des défis et pressions concurrentielles possibles, nécessitant peut-être une stratégie de révision pour inverser cette tendance et rétablir une croissance soutenue.

Les responsables de l’entreprise de télécommunications ONATEL SA ont exprimé leur ferme intention de maintenir la dynamique positive qu’ils ont instaurée au sein de l’entreprise pour le reste de l’année 2025. Cela leur permettra de mener à bien le déploiement complet du programme d’investissements prévu pour cette année.

Dans un effort continu d’amélioration, ONATEL se focalise sur l’optimisation de la qualité des services qu’elle offre à ses précieux clients, cherchant à simplifier le parcours client pour rendre l’expérience utilisateur plus fluide et agréable. De plus, ils s’engagent à renforcer les actions visant à optimiser les coûts opérationnels, un élément essentiel qui leur donnera la capacité d’accroître la rentabilité de la société, assurant ainsi sa prospérité future dans un secteur en constante évolution.

« Plans Tchad Connexion 2030 »: Mahmat Idriss Deby Itno annonce un engagement de 20,5 milliards USD à Abu Dhabi 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-La table ronde consacrée au financement du Plan national de développement du Tchad (PND), un événement crucial visant à propulser l’économie du pays vers de nouveaux sommets, s’est achevée avec succès ce mardi 11 novembre 2025 à Abu Dhabi, marquant une avancée significative dans les ambitions de développement du Tchad. 

Lors de cette clôture, une annonce majeure a capté l’attention des observateurs et des participants enthousiastes. Le président Mahamat Idriss Déby Itno, présent pour souligner l’importance de cette rencontre, a révélé que les engagements cumulés des partenaires publics internationaux et des investisseurs privés atteignent un montant impressionnant de 20,5 milliards de dollars, une somme qui reflète la confiance et l’engagement envers l’avenir économique prometteur du Tchad.

Dans un message officiel soigneusement rédigé pour être diffusé sur sa page Facebook officielle, le chef de l’État tchadien a non seulement partagé cette nouvelle, mais il a aussi exprimé un optimisme renouvelé quant à l’avenir du pays. Il a souligné que cette enveloppe financière représente une étape significative dans la mobilisation des fonds pour la première année de mise en œuvre du plan quinquennal ambitieux. Selon lui, cet engagement financier constitue un jalon essentiel dans la réalisation des objectifs du PND, dont l’objectif global s’élève à 30 milliards de dollars, et il a affirmé avec assurance que cet objectif apparaît désormais atteignable grâce à l’engagement collectif des parties prenantes.

Le président a également précisé les contributions des différents acteurs à ce financement. Les bailleurs institutionnels, essentiels à la réussite de ce plan, ont promis une somme substantielle de 16,4 milliards de dollars. De leur côté, le secteur privé, composé en majorité d’investisseurs étrangers séduits par les perspectives de croissance au Tchad, a signé pas moins de 40 accords et protocoles d’entente. Ces engagements privés totalisent 4,1 milliards de dollars, soulignant le dynamisme et l’attractivité induits par le PND, qui attire des investissements étrangers cruciaux pour la transformation économique du pays.

Le Plan national de développement, intitulé “Tchad Connexion 2030”, se présente comme une stratégie ambitieuse et globale de réorganisation de l’économie nationale. Ce plan est structuré autour de 268 projets de développement et de réformes variées, chaque projet bénéficiant en moyenne d’un financement évalué à environ 112 millions de dollars, d’après les statistiques fournies par la présidence de la République. Grâce à cette initiative, le gouvernement a pour but explicite de réussir à réduire considérablement le taux de pauvreté, en ciblant particulièrement 2,5 millions de Tchadiens qui pourraient en bénéficier. Pour atteindre cet objectif, il compte s’appuyer sur un plan d’investissement réparti sur une période de cinq années.

Les autorités ont pris soin de détailler aux différents partenaires internationaux et locaux les quatre grands domaines stratégiques autour desquels cette transformation ambitieuse s’articulera. Tout d’abord, le secteur des infrastructures est mis en avant avec des projets phares axés sur l’accès à l’eau potable pour les populations, la production d’une énergie suffisante et durable, la modernisation du réseau numérique ainsi que l’amélioration des infrastructures de transport. Le deuxième axe concerne les politiques sociales avec un accent particulier sur la santé publique, l’amélioration du système éducatif et la création d’emplois pour renforcer le capital humain tchadien. Quant au troisième domaine, il se focalise sur la diversification économique et industrielle du pays, dans le but de réduire sa dépendance économique vis-à-vis du secteur pétrolier déjà saturé et volatile. 

Le plan stratégique en question prévoit, selon les projections gouvernementales qui ont été présentées publiquement à Abu Dhabi, une progression significative de 60% du Produit Intérieur Brut (PIB), accompagnée d’une ambitieuse taux de croissance réelle fixée à 10% d’ici l’année 2030. Cette croissance tant espérée est supposée provenir principalement des secteurs pétrolier ainsi que des secteurs hors pétrole, avec une priorité particulière et marquée accordée à l’agriculture, secteur dans lequel la productivité doit impérativement doubler pour soutenir cette dynamique. En outre, il est prévu de développer une industrie exportatrice centrée sur l’élevage, ce qui offrirait de nouvelles opportunités économiques et renforcerait l’économie nationale. 

La ville de N’Djamena, outre ces ambitions, se positionne avec des objectifs clairs pour le secteur minier, espérant que celui-ci puisse contribuer à hauteur de 5% au PIB à l’horizon de 2030. Concernant les infrastructures essentielles telles que l’accès à l’eau et à l’énergie, les autorités manifestent un engagement ferme en annonçant leur intention de fournir de l’eau potable à 11 millions de personnes supplémentaires, ainsi que de porter le taux d’électrification à 60% sur l’ensemble du territoire national. Cette montée en puissance de l’électrification serait portée à 90% au sein des villes, le tout au cours des cinq prochaines années, exploitant au maximum l’immense potentiel solaire dont dispose le pays. De manière parallèle, le gouvernement ambitionne d’atteindre une couverture internet de 80% en 2030, illustrant une volonté de faire converger le pays vers l’ère numérique et de le rendre plus connecté que jamais.

Au-delà des annonces initialement faites, Mahamat Idriss Déby Itno a souligné que la concrétisation des promesses financières internationales sera inextricablement liée à la continuation et à l’aboutissement des réformes indispensables. « Je fais appel à une action résolue afin de réduire la bureaucratie et d’améliorer le climat des affaires », a-t-il déclaré lors de son message du 11 novembre. Dans cet appel, il a exhorté les diverses administrations à travailler « sans relâche » pour maintenir et renforcer la confiance des bailleurs de fonds, soulignant l’importance capitale des efforts soutenus et concertés. Le président a aussi pris le temps de remercier chaleureusement les équipes tchadiennes, émiraties ainsi que les experts internationaux pour leur rôle déterminant dans l’organisation de cette rencontre, laquelle a été conçue dans un format adapté pour optimiser la confiance et l’enthousiasme des investisseurs et partenaires bilatéraux présents. Cette rencontre visait non seulement à réaffirmer les engagements existants mais aussi à rassurer les partenaires quant à la stabilité et la viabilité de l’environnement économique.

Au Sénégal, Adama Sene Cissé, Co-PDG de Gade Gui mobilise 4,6 millions de dollars pour soutenir ses activités

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Le secteur agroalimentaire sénégalais fait un pas de géant vers une plus grande indépendance et un renforcement notable de sa capacité interne à produire des denrées essentielles. En effet, Adama Sène Cissé, une entrepreneuse visionnaire sénégalaise reconnue pour son dynamisme et son engagement, et cofondatrice de l’entreprise innovante Gade Gui, a réussi à obtenir un financement substantiel de 2,5 milliards FCFA, soit l’équivalent impressionnant de 4,6 millions de dollars.

 Ce soutien financier provient de Proparco, une branche du groupe Agence française de développement (AFD), connue pour son rôle crucial dans le financement de projets prometteurs en Afrique. Ce fonds considérable sera consacré à la création et au développement d’une ferme avicole ultramoderne, spécialement dédiée à la production d’œufs de consommation, avec une capacité impressionnante qui devrait atteindre plus de 80 millions d’unités par an. 

Il est important de noter qu’il s’agit du tout premier financement direct accordé par Proparco à une petite ou moyenne entreprise d’Afrique de l’Ouest dans le cadre de son initiative ambitieuse et ciblée ‘’PME à forte croissance ». Cet engagement fort témoigne de la confiance renouvelée envers les entrepreneurs locaux engagés à renforcer la souveraineté alimentaire du continent africain, un enjeu crucial dans un contexte de dynamique démographique et d’urbanisation rapide. Jusqu’à présent connue principalement pour son expertise et son succès dans l’élevage de poulets de chair, Gade Gui élargit désormais ses horizons en ciblant un segment stratégique et porteur : la production d’œufs, un aliment de base dont la demande croît de façon exponentielle en raison des mouvements d’urbanisation et de la croissance démographique constante.

Ce projet permettra de réduire la dépendance du Sénégal aux importations et de stabiliser l’approvisionnement local, alors que les chocs récents sur les chaînes d’approvisionnement mondiales ont révélé la vulnérabilité des économies africaines face aux marchés internationaux. Outre la création d’emplois locaux, cette nouvelle unité bénéficiera d’équipements modernes et d’un accompagnement technique du groupe français NTD, garantissant une production durable, traçable et économe en énergie.

Avant de devenir entrepreneure, Adama Sène Cissé a bâti une carrière exemplaire dans la finance, marquée par son solide parcours au sein de prestigieuses institutions. Ancienne cadre de la brillante Ernst & Young ainsi que de Citibank Sénégal, sa présence s’est également faite sentir chez Ecobank. Dans ces entreprises, elle a dirigé avec maestria des équipes réparties dans huit pays du continent africain, ce qui témoigne de sa capacité à étendre son influence et à optimiser les performances dans divers contextes culturels et économiques. Avant de faire un pivot significatif dans sa carrière, elle a atteint le poste de directrice générale en Guinée-Bissau et a ensuite exercé ses talents de leadership au Mozambique, renforçant ainsi sa réputation d’excellence.

Aujourd’hui, forte de cette expertise qu’elle a acquis au fil de nombreuses années de service dans le secteur bancaire, elle se consacre à l’agriculture, un secteur aux multiples facettes et challenges qu’elle décrit comme étant ‘’l’un des plus exigeants, mais aussi des plus gratifiants ». Sa transition notable de la finance à l’agroalimentaire ne fait pas que refléter son ambition personnelle, elle illustre également une tendance émergente au sein du leadership africain. Cette tendance se caractérise par des cadres chevronnés qui, après avoir acquis une vaste expérience dans des institutions de renommée, choisissent de quitter ces environnements corporatifs pour investir dans des domaines cruciaux tels que l’agriculture, essentiels au développement durable et à la prospérité du continent africain. 

À travers cette levée de fonds conséquente, Gade Gui exprime son ambition de devenir un acteur de référence incontournable dans la filière avicole sénégalaise. Ce projet novateur vise non seulement à donner une impulsion significative à l’industrie nationale, mais aussi à contribuer à un objectif plus large de rendre les protéines animales plus accessibles pour les populations sénégalaises. Les espoirs placés dans ce projet dépassent le cadre individuel, puisque cette initiative promet de générer un impact économique significatif en créant des centaines d’emplois, directs et indirects, et d’apporter une modernisation essentielle aux pratiques agricoles locales. Le succès de ce projet pourrait ainsi renforcer l’infrastructure agricole du pays, tout en assurant une sécurité alimentaire accrue pour ses habitants.

Cette opération marque véritablement un tournant significatif pour la finance d’impact sur le continent africain. En effet, il ne s’agit pas simplement d’un soutien ponctuel, mais d’un engagement profond envers les petites et moyennes entreprises (PME) dirigées par des femmes, en particulier dans des secteurs stratégiques où l’influence économique peut être profondément transformée. Proparco, par son action, réaffirme sa conviction que ces petites entreprises, souvent négligées, peuvent devenir de puissants leviers de changement économique et social. Pour le Sénégal, ce projet prend une dimension bien plus importante que celle de la simple production d’œufs. Il est le symbole de la montée en puissance d’un entrepreneuriat féminin qui ne se contente pas de prospérer de manière isolée, mais qui s’inscrit dans un mouvement structuré et ambitieux, devenu moteur de souveraineté alimentaire pour le pays. Ce projet illustre comment les femmes peuvent jouer un rôle essentiel dans la construction d’une économie résiliente et autonome, ouvrant la voie à un avenir plus équilibré et durable.

Afrique du Sud: Tiger Brands confirme la cession de sa participation de 74,69% dans Chococan

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Le groupe sud-africain Tiger Brands, reconnu sur le marché pour sa solide réputation dans le secteur agroalimentaire, a confirmé la cession de sa participation majoritaire de 74,69 % dans Chococam, sa filiale camerounaise spécialisée dans la confiserie, au profit du fonds d’investissement Minkama Capital et du groupe bancaire BGFIBank. 

Cette décision stratégique intervient dans un contexte de restructuration visant à concentrer ses ressources sur des opérations jugées prioritaires. Selon une note financière publiée le 11 novembre 2025 et relayée par Reuters, la transaction est prévue pour être finalisée au cours du second semestre de l’exercice 2026, une période qui permettra aux nouveaux acquéreurs de renforcer leur présence sur le marché africain.

Le groupe, dont les actions sont cotées sur la bourse de Johannesburg, poursuit sa stratégie globale d’optimisation du portefeuille. Cette démarche inclut la finalisation de la cession de Langeberg and Ashton Foods, une autre de ses filiales, et la signature de l’accord pour la vente de sa participation dans Chococam à Minkama Capital et BGFIBank. Les deux nouveaux partenaires, Minkama Capital et BGFIBank, sont des acteurs dynamiques engagés sur le continent africain, cherchant à exploiter leur expertise respective pour stimuler la croissance économique régionale. Les documents officiels précisent que ces mouvements stratégiques visent à renforcer la position de Tiger Brands, tout en permettant de se concentrer sur ses domaines d’excellence et d’innovation alimentaire.

Cette opération ne surprend pas les marchés. Tiger Brands avait déjà annoncé, dans ses résultats semestriels au 31 mars 2025, l’examen de « plusieurs options de valorisation et de sortie » pour ses actifs jugés non essentiels, une stratégie qui visait à réorienter ses efforts vers ses segments les plus rentables. Cette revue concernait notamment King Foods, une entreprise spécialisée dans la confiserie, certaines installations céréalières en Afrique du Sud, ainsi que la division Langeberg & Ashton Foods, connue pour ses produits alimentaires en conserve. Depuis le lancement de cette stratégie de désengagement, une politique audacieuse et stratégique visant à renforcer sa position sur les marchés clés, le groupe aurait levé près de 4,3 milliards de rands, selon des données rapportées par Reuters, ce qui démontre l’ampleur de son engagement à recentrer ses activités. La vente de Chococam, entreprise reconnue pour ses produits chocolatés de qualité, s’inscrit ainsi dans un mouvement global de rationalisation visant à concentrer les ressources sur les segments où Tiger Brands bénéficie d’un avantage compétitif incontestable. Outre cette opération significative, le groupe a finalisé la cession de Langeberg & Ashton Foods, accentuant ainsi son retrait stratégique de certaines activités. De plus, il s’est également retiré d’Empresas Carozzi au Chili et a liquidé sa division dédiée aux produits pour bébés, témoignant de son large plan de restructuration visant à se recentrer sur ses forces traditionnelles, en améliorant la rentabilité et en réduisant les coûts.

Selon les résultats semestriels consultés par Reuters, Chococam a affiché une performance solide sur le marché camerounais, malgré certains défis. Alors que le chiffre d’affaires en rands a reculé, cette baisse s’explique principalement par l’appréciation du rand sud-africain (ZAR) face au franc CFA. L’environnement économique fluctuant impacte souvent les entreprises internationales, nécessitant des ajustements stratégiques. Cependant, en monnaie locale, les volumes ont progressé de 1,1 % et les ventes en valeur ont enregistré une hausse de 2,6 %, un indicateur encourageant de la résilience de l’entreprise, soutenue par la bonne tenue des segments gommes, confiseries et boissons, qui semblent captiver les consommateurs locaux.

Tiger Brands, la maison mère, reconnaît toutefois des pressions persistantes liées au prix volatile du cacao, ce qui représente un défi continu pour l’industrie agroalimentaire mondiale. Malgré ces défis, l’entreprise souligne une amélioration du résultat opérationnel local de 1,1 %, résultat de la mise en place d’une gestion rigoureuse des coûts, démontrant une capacité à s’adapter efficacement aux conditions de marché difficiles. Le groupe déclare qu’il restera concentré, au second semestre, sur la maîtrise des dépenses tout en valorisant l’innovation orientée valeur, une démarche stratégique pour soutenir la demande et promouvoir une croissance durable, particulièrement dans un environnement politique sensible à l’approche de la présidentielle camerounaise. Ces efforts sont cruciaux pour maintenir la compétitivité et la pertinence de Chococam sur le marché complexe du Cameroun.

Parallèlement à cette cession stratégique qui marque une étape importante dans sa réorganisation, Tiger Brands, l’un des principaux producteurs et distributeurs de produits alimentaires en Afrique, annonce avec une certaine fierté une amélioration notable de ses performances globales. Comme détaillé dans son communiqué du 11 novembre, le groupe prévoit pour ses activités poursuivies une augmentation significative du bénéfice par action (HEPS), avec une fourchette de croissance prévue comprise entre 25 % et 30 %. À 11h45 GMT, l’action de l’entreprise affichait une progression de 2,98 % à la Bourse de Johannesburg, un signe encourageant de la confiance des investisseurs dans la capacité du groupe à générer de la valeur. 

Cette dynamique positive s’explique principalement par plusieurs facteurs clés. D’une part, on observe une consolidation solide du chiffre d’affaires de base, qui constitue le socle de sa croissance financière. D’autre part, une politique tarifaire intelligemment ajustée a permis à l’entreprise de rester compétitive tout en préservant ses marges. En outre, des gains d’efficacité aussi bien sur le plan industriel que logistique ont été réalisés, ce qui se traduit par une réduction notable des coûts et une amélioration des délais de production et de livraison. Enfin, une marge opérationnelle à deux chiffres sur les activités maintenues témoigne de la santé économique du groupe. Tiger Brands anticipe également une hausse des volumes de vente dans la quasi-totalité de ses divisions, avec un rebond particulièrement attendu dans les secteurs de la meunerie-boulangerie et des céréales. Cela reflète non seulement une demande croissante des consommateurs mais également une amélioration continue de l’offre et la qualité des produits proposés par l’entreprise.