(CROISSANCE AFRIQUE)- Au sein de l’UEMOA, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, communément désignée par son acronyme Bceao, a procédé, ce mercredi 4 mars 2026, à l’ouverture de la première réunion ordinaire de son Comité de politique monétaire, ( Cpm), au titre de l’année en cours, un moment important qui marque le lancement des discussions et des décisions clés sur la politique économique de la région.
En ouvrant les travaux de cette réunion cruciale, le président du Comité a pris le temps de souligner avec une attention particulière que les décisions judicieusement prises l’an dernier ont permis de consolider de manière significative la stabilité macroéconomique au sein de l’Union, un résultat qui s’inscrit en parfaite conformité avec le mandat essentiel de la Banque centrale, visant à maintenir l’équilibre financier et la croissance durable dans la région.
Au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine ( Uemoa), l’activité économique s’est renforcée de façon manifeste avec un taux de croissance impressionnant de 6,7 % enregistré en 2025, après un taux déjà notable de 6,2 % en 2024.
Cette progression remarquable, selon les déclarations du gouverneur de la Bceao, est principalement soutenue par diverses dynamiques économiques, notamment les industries extractives, les services performants, ainsi que les excellents résultats de la campagne agricole 2025-2026 qui ont contribué à cette hausse réjouissante des indicateurs économiques de la région.Jean-Claude Kassi Brou a partagé une observation encourageante concernant l’économie, révélant que l’inflation a connu une nette décélération, s’établissant à un impressionnant 0% en 2025, en comparaison avec un taux de 3,5% en 2024. Cette amélioration significative est attribuable à plusieurs facteurs clés, notamment la détente des prix mondiaux des produits alimentaires et énergétiques, ainsi qu’à l’amélioration appréciable de l’offre céréalière locale, qui a permis de stabiliser le marché intérieur.
Dans le même souffle, il a également souligné que le financement de l’économie par les banques continue de montrer une dynamique positive, avec une croissance des crédits à l’économie atteignant 5,6% à la fin décembre 2025, une hausse notable par rapport à 4,5% un an auparavant, illustrant ainsi la confiance croissante des institutions financières dans le potentiel économique de la région.
En outre, l’amélioration des comptes extérieurs mérite également d’être soulignée. En 2025, la situation extérieure de l’Union a été marquée par une hausse réjouissante du solde global excédentaire de la balance des paiements, un indicateur crucial de la santé économique globale.
Pour le patron de la banque centrale, cette évolution est expliquée par divers facteurs, notamment l’amélioration des termes de l’échange, la progression soutenue des exportations d’or et d’hydrocarbures, ainsi que la mobilisation efficace de ressources extérieures par les États membres. Toutefois, il a mis en garde sur le fait que cette dynamique demeure vulnérable et dépendante de l’évolution de l’environnement économique mondial, soulignant ainsi l’importance de la vigilance et de l’anticipation face aux défis futurs.
Le gouverneur de la banque centrale a également fait savoir, avec un certain optimisme teinté de prudence, que les dernières données économiques disponibles confirment une orientation favorable de l’économie mondiale pour l’année 2025, avec une croissance estimée à 3,3%, ce qui représente un recul par rapport à des périodes antérieures, mais se situe néanmoins au même niveau qu’en 2024, suggérant une certaine stabilité.
En parallèle, l’inflation mondiale a poursuivi sa chute, s’établissant à 4,1% en 2025, contre 5,8% en 2024, dans un contexte d’atténuation des tensions commerciales qui avaient auparavant entravé le dynamisme économique, permettant ainsi aux consommateurs de retrouver une certaine sérénité financière. Toutefois, il est important de noter que les perspectives pour 2026 demeurent exposées à des risques baissiers, surtout en raison de la persistance des tensions géopolitiques qui pourraient avoir un impact significatif sur le commerce international et, par conséquent, sur les taux de croissance.
Au cours de cette session décisive, les membres du Comité examineront minutieusement le rapport sur la politique monétaire de l’Union, un document crucial qui analyse en profondeur l’environnement international et régional et propose des mesures adaptées aux évolutions des perspectives économiques.
Notons qu’ils se pencheront également sur des propositions relatives à la désignation de membres au sein des Conseils nationaux du crédit, un aspect essentiel pour garantir une représentation équilibrée et efficace au sein des structures financières du pays.Abdoulaye KONÉ

