(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Tchad, un événement marquant s’est déroulé le 15 avril, lorsque le gouvernement tchadien a officiellement lancé un ambitieux projet hospitalier d’une envergure impressionnante, dont le coût dépasse les 21 milliards de FCFA, soit environ 37,7 millions de dollars.
Ce projet, qui porte le nom évocateur de « hôpital Sheikha Fatima Bint Mubarak », est conçu pour devenir un pilier essentiel du système de santé local. Avec une capacité d’accueil de 180 lits, cet hôpital moderne est prévu pour entrer en service en mai 2028, offrant ainsi un espoir tangible d’amélioration des soins de santé dans la région.
Ce projet d’envergure est réalisé en partenariat avec les Émirats arabes unis, à travers l’entreprise renommée Burjeel, qui est reconnue pour son expertise dans la construction d’infrastructures médicales de haute qualité. Lors de son intervention, le ministre de la Santé a souligné l’importance structurelle de cet investissement, en mettant en avant les principaux éléments du communiqué officiel qui annonçait ce développement.
Aussi, les autorités tchadiennes ont exprimé leur conviction que cet établissement sera crucial pour répondre aux besoins sanitaires d’environ deux millions de personnes, en offrant une gamme variée de spécialités médicales. Ce projet représente non seulement une avancée significative pour le système de santé tchadien, mais également un symbole d’espoir pour l’avenir, promettant des soins de santé accessibles et de qualité pour la population.
Le projet cible en particulier la prise en charge des femmes et des enfants, dans un pays où les indicateurs de santé maternelle et infantile demeurent parmi les plus fragiles de la région, selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette initiative s’inscrit dans un contexte marqué par des ressources encore limitées : les dépenses publiques de santé au Tchad représentent environ 7 % du budget de l’État, d’après l’OMS. Pour 2026, le budget du secteur est estimé à 223,4 milliards de FCFA, en légère baisse par rapport à l’année précédente. Ce chiffre souligne les défis persistants auxquels le pays est confronté en matière de financement des soins de santé, en particulier pour les groupes les plus vulnérables.
Ce projet constitue le deuxième investissement hospitalier d’envergure annoncé dans le pays depuis le début de l’année. Quelques semaines auparavant, en février, les autorités tchadiennes ont conclu un accord de financement avec le Fonds saoudien de développement pour la construction d’un centre de cardiologie à l’hôpital de La Renaissance. D’un montant de 50 millions de dollars, ce projet prévoit la construction d’un bâtiment de 8 étages, équipé des dernières technologies médicales, destiné à offrir des soins spécialisés aux patients souffrant de maladies cardiaques. L’importance de ce centre ne peut être sous-estimée, car il vise à réduire le taux de mortalité lié aux maladies cardiovasculaires, qui représentent une part significative des décès dans le pays.
Dans ce contexte, le nouveau projet de prise en charge des femmes et des enfants apparaît comme une réponse essentielle aux besoins de santé publique. En intégrant des services de santé maternelle et infantile, il aspire à améliorer non seulement les conditions de vie des femmes et des enfants, mais aussi à renforcer l’ensemble du système de santé tchadien. La mise en œuvre de ce projet pourrait également servir de modèle pour d’autres initiatives similaires dans la région, en démontrant l’impact positif d’investissements ciblés dans les soins de santé.
Notons que ces efforts conjugués témoignent d’une volonté politique de prioriser la santé et le bien-être des populations les plus vulnérables, malgré les contraintes budgétaires et les défis infrastructurels qui persistent.
Mariam KONE

