(CROISSANCE AFRIQUE)- Le Maroc et la Guinée, ont intensifié leurs efforts pour tisser des liens économiques plus solides et durables. Le mardi 8 septembre, une étape significative a été franchie avec la signature de 25 accords de coopération, un événement marquant qui a eu lieu dans une atmosphère de collaboration et d’optimisme.
Ainsi, ces accords couvrent des secteurs stratégiques essentiels tels que l’économie, les finances, le transport aérien, la douane et l’agriculture, témoignant d’une volonté commune de dynamiser leurs échanges et de favoriser un développement mutuel. En outre, des partenariats ont été établis dans des domaines cruciaux tels que l’habitat, l’urbanisme, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, illustrant ainsi une approche holistique visant à renforcer les capacités des deux pays.
Cette dynamique de coopération s’inscrit dans la continuité des accords déjà conclus en 2023 lors de la 7ᵉ session de la Commission mixte Maroc–Guinée, qui avaient jeté les bases d’une collaboration renforcée et d’une vision partagée pour l’avenir. Ces initiatives ne sont pas simplement des formalités administratives, mais plutôt des engagements concrets qui visent à transformer les relations bilatérales en véritables opportunités de croissance.
Dans le prolongement de cette dynamique prometteuse, un Forum économique Maroc–Guinée s’est tenu à Conakry en juin 2024. Cet événement a rassemblé des acteurs économiques, des entrepreneurs et des décideurs des deux pays, avec pour objectif ambitieux d’explorer le potentiel considérable du commerce bilatéral. Les participants ont eu l’occasion d’identifier de nouvelles opportunités d’affaires et d’investissements, tout en promouvant les échanges commerciaux entre le Maroc et la Guinée. Selon un communiqué de la primature guinéenne, ce forum a été conçu comme une plateforme pour stimuler les discussions, partager des idées innovantes et renforcer les synergies entre les deux nations, ouvrant ainsi la voie à un avenir économique prospère et collaboratif.
Le rapprochement ne se limite pas au commerce, mais s’étend à des initiatives significatives qui renforcent les liens entre les nations. Le Maroc, en particulier, a récemment annoncé l’octroi de 300 bourses annuelles aux étudiants guinéens, une décision qui illustre son engagement envers le développement éducatif et la coopération régionale. Ce geste porte à 300 le nombre total de bourses accordées chaque année aux étudiants du pays, témoignant d’une volonté d’investir dans l’avenir des jeunes guinéens et de favoriser les échanges culturels et académiques.
Des intérêts économiques convergents émergent également dans ce contexte. Depuis plusieurs années, le Maroc s’est imposé comme l’un des principaux investisseurs africains, attirant l’attention des acteurs économiques régionaux et internationaux. Selon Nasser Bourita, le ministre des Affaires étrangères, le royaume « s’impose aujourd’hui comme le premier investisseur africain en Afrique de l’Ouest et le deuxième à l’échelle du continent ». Cette position stratégique est le résultat d’une politique proactive qui a vu les entreprises marocaines s’implanter dans divers secteurs tels que la banque, les télécommunications, les assurances, l’immobilier, l’agriculture, l’industrie et les services. La Guinée, avec ses ressources naturelles abondantes et son potentiel de croissance, représente donc pour Rabat un marché ouest-africain particulièrement attractif, offrant des opportunités d’expansion et de collaboration.
Pour le royaume chérifien, ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie globale visant à consolider son rôle de hub africain, à élargir ses marchés et à renforcer son influence diplomatique sur le continent. En cultivant des relations solides avec des pays comme la Guinée, le Maroc cherche non seulement à diversifier ses partenariats économiques, mais aussi à jouer un rôle clé dans le développement régional, favorisant ainsi une intégration plus profonde au sein de l’Afrique de l’Ouest. Cette dynamique de coopération pourrait également ouvrir la voie à de nouvelles initiatives, tant sur le plan économique que culturel, enrichissant ainsi le tissu des relations interafricaines.
De son côté, la Guinée, reconnue comme une puissance minière de premier plan grâce à ses vastes réserves de bauxite et d’or, s’engage résolument à dépasser le simple stade de l’exportation de minerai brut. Depuis 2021, le pays a intensifié sa stratégie de transformation locale, en mettant particulièrement l’accent sur la filière bauxite, ce qui se traduit par la construction de plusieurs raffineries d’alumine. Ces installations ne visent pas seulement à augmenter la valeur ajoutée des ressources naturelles, mais également à créer des emplois et à stimuler le développement économique local.
Avec le Programme Simandou 2040, la capitale, Conakry, aspire à transformer ses ressources naturelles en un puissant levier de développement économique. Ce plan ambitieux englobe pas moins de 122 mégaprojets, parmi lesquels figure le mégaprojet intégré mines-infrastructures Simandou, qui est conçu pour optimiser l’exploitation des ressources tout en développant les infrastructures nécessaires à leur valorisation. Dans ce cadre, le rapprochement stratégique avec le Maroc pourrait offrir à la Guinée l’opportunité d’attirer des investissements étrangers significatifs, de diversifier son économie et de renforcer ses capacités humaines. Le Maroc, qui est classé par la Banque africaine de développement (BAD) comme la première puissance industrielle du continent, se positionne ainsi comme un partenaire clé pour accompagner cette transformation.
Notons que ce partenariat pourrait non seulement favoriser le transfert de technologies et de compétences, mais également renforcer les liens économiques entre les deux nations, ouvrant la voie à une coopération mutuellement bénéfique dans le domaine minier et au-delà.
Zangouna KONÉ

