(CROISSANCE AFRIQUE)- Au sommet des BRICS qui s’est tenu en Inde, le président sud-africain Cyril Ramaphosa, dont le visage déterminé était capturé dans une photo emblématique, a fait une déclaration marquante le lundi 13 septembre.
Il a proposé la création d’un mécanisme international dédié à la supervision de l’intelligence artificielle (IA), une technologie dont les avancées fulgurantes semblent souvent dépasser les normes et les réglementations établies pour l’encadrer. Dans un monde où l’IA joue un rôle de plus en plus prépondérant dans divers secteurs, allant de la santé à la finance, il est crucial de trouver un équilibre entre innovation et sécurité.
« Nous ne devons donc ni craindre l’IA, ni l’aborder avec imprudence. Notre responsabilité est de veiller à ce que la gouvernance humaine progresse aussi rapidement que l’intelligence artificielle elle-même », a déclaré le président Ramaphosa, soulignant l’importance d’une approche réfléchie et proactive. Il a ajouté que l’Afrique du Sud propose que les pays du BRICS, un groupe de nations émergentes comprenant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, collaborent pour mettre en place ce mécanisme international. Ce dernier serait destiné à garantir une évaluation scientifique indépendante de l’IA, permettant ainsi d’assurer que les avancées technologiques ne se fassent pas au détriment de l’éthique et de la sécurité publique.
Le mécanisme envisagé reposerait sur plusieurs piliers essentiels, notamment des évaluations scientifiques indépendantes qui fourniraient des analyses objectives des systèmes d’IA, des principes garantissant un contrôle humain sur les décisions prises par ces technologies, ainsi que l’instauration d’un signalement obligatoire des incidents graves liés à l’IA. Pretoria, la capitale sud-africaine, souhaite également que les garde-fous soient progressivement renforcés à mesure que les capacités des systèmes d’IA continuent d’évoluer, afin de prévenir tout risque potentiel et d’assurer une utilisation responsable de ces technologies puissantes. Cette initiative pourrait marquer un tournant dans la manière dont les nations abordent la régulation de l’IA, en plaçant la coopération internationale et la responsabilité au cœur des discussions.
Cette proposition intervient à un moment crucial, alors que la communauté internationale intensifie ses efforts pour établir des dispositifs robustes permettant de mieux mesurer l’évolution des capacités de l’intelligence artificielle (IA). Depuis 2026, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a mis en place un panel scientifique international indépendant, dont la mission est de produire des évaluations régulières concernant les capacités, les opportunités, les risques et les impacts associés à cette technologie en constante évolution. Dans son premier rapport, publié en juillet dernier, le Panel a souligné une préoccupation majeure : les garde-fous actuels ne s’adaptent pas au même rythme que les avancées fulgurantes des capacités de l’IA. Ce panel est conçu pour jouer un rôle essentiel en tant que mécanisme d’alerte précoce, offrant aux décideurs une vue d’ensemble des enjeux émergents et des défis à relever.
Parallèlement, d’autres initiatives se concentrent sur la supervision de l’IA. En 2025, l’UNESCO a lancé un réseau mondial rassemblant les autorités responsables de la régulation de l’IA. Ce réseau a pour objectif de faciliter la coopération entre les régulateurs à l’échelle mondiale, en favorisant le partage d’outils et de ressources, ainsi que l’échange de pratiques d’audit et d’évaluation des impacts de l’IA sur les sociétés. Ce cadre de collaboration est essentiel pour garantir que les développements technologiques se fassent dans un environnement éthique et responsable.
Pour Cyril Ramaphosa, président sud-africain, cette architecture de gouvernance doit cependant évoluer avec les défis croissants posés par l’IA. Il est impératif que les structures mises en place soient suffisamment flexibles et adaptables pour répondre aux nouvelles réalités et aux implications sociétales de l’IA, tout en garantissant que les bénéfices de cette technologie soient partagés équitablement à travers le monde.
Abdoulaye KONÉ

