(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Kenya, le gouvernement, en collaboration avec la Banque mondiale, a entrepris une évaluation approfondie de l’avancement du Kenya Digital Economy Acceleration Project (KDEAP), un projet ambitieux lancé en 2023.
Ce programme vise à catalyser le déploiement des infrastructures numériques, à favoriser la numérisation des services publics et à développer les compétences nécessaires pour naviguer dans cette nouvelle ère numérique. Alors que la clôture du projet est prévue pour 2028, il est essentiel de noter que, bien qu’il enregistre des progrès significatifs dans certains domaines, il fait également face à des défis notables en matière d’exécution.
La revue effectuée le lundi 14 septembre a mis en lumière les avancées réalisées dans le secteur de l’éducation. En effet, plus de 62 000 enseignants ont été formés à l’utilisation des outils numériques, ce qui représente une étape cruciale pour moderniser l’enseignement et rendre l’apprentissage plus interactif et accessible. De plus, l’installation de plus de 5 000 tableaux interactifs dans les salles de classe a permis de bénéficier à près de 100 000 élèves, transformant ainsi leur expérience éducative et leur permettant d’accéder à des ressources pédagogiques innovantes. Le gouvernement, conscient de l’importance de ces initiatives, souhaite désormais intensifier l’impact du programme, en particulier dans les zones insuffisamment desservies, où l’accès à la technologie et à l’éducation de qualité reste limité.
Cependant, ces avancées positives contrastent fortement avec les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre globale du projet. Dans un aide-mémoire publié en 2025, la Banque mondiale a souligné que seuls 8 des 25 indicateurs de résultats avaient été atteints, ce qui soulève des questions sur l’efficacité des stratégies déployées et la capacité à surmonter les obstacles qui entravent le progrès. Ces défis d’exécution pourraient inclure des problèmes de financement, des retards dans la mise en place des infrastructures nécessaires, ou encore des résistances au changement au sein des institutions concernées. Face à ces enjeux, il est impératif que les parties prenantes collaborent étroitement pour garantir que les objectifs fixés pour le KDEAP soient atteints, afin de maximiser les bénéfices pour l’ensemble de la population kenyane.
Ces difficultés interviennent dans le cadre ambitieux d’un programme colossal de 390 millions de dollars, dont la première phase est conçue pour transformer en profondeur le paysage numérique du Kenya. Ce programme vise à améliorer l’accès au haut débit, une nécessité cruciale pour permettre aux citoyens de se connecter à un monde de possibilités. En parallèle, il prévoit de connecter des institutions publiques, garantissant ainsi que les services essentiels soient accessibles à tous, indépendamment de leur localisation. La numérisation des services, un autre axe majeur, permettra d’optimiser les interactions entre les citoyens et l’administration, rendant les processus plus efficaces et transparents. De plus, le renforcement des compétences numériques est essentiel pour préparer la population à naviguer dans cette nouvelle ère technologique.
Le KDEAP, ou Programme de Développement Économique et d’Accès Numérique, ne se limite pas à ces initiatives techniques. Il vise également à réduire les disparités territoriales, une problématique pressante dans un pays où le Kenya reconnaît que les bénéfices de sa transformation numérique ne sont pas encore répartis uniformément. Les populations rurales et les zones mal desservies, souvent laissées pour compte, doivent bénéficier des avancées technologiques pour ne pas creuser davantage le fossé entre les différentes régions du pays.
La revue de septembre constitue ainsi un point d’étape crucial plutôt qu’un bilan final du programme. Elle offre une occasion de faire le point sur les progrès réalisés et d’identifier les domaines nécessitant une attention particulière. Le gouvernement, en collaboration avec la Banque mondiale, devra désormais redoubler d’efforts pour accélérer la mise en œuvre des composantes qui accusent encore un retard.
Notons qu’il est impératif de s’assurer que les investissements réalisés se traduisent par un accès effectif aux infrastructures modernes, aux services publics numériques, et aux compétences nécessaires pour que chaque citoyen puisse tirer parti de cette transformation. Ce moment de réflexion et d’évaluation est essentiel pour garantir que les objectifs du programme soient atteints et que les bénéfices de la numérisation soient ressentis par tous les Kenyans, sans exception.
Assanatou Sanago

