(CROISSANCE AFRIQUE)- Le secteur coton-textile représente une pierre angulaire parmi les trois filières agro-industrielles prioritaires identifiées par le plan stratégique IMPACT 2030 de l’UEMOA, un projet ambitieux visant à dynamiser la transformation locale des matières premières et à établir des chaînes de valeur régionales robustes. Ce plan met en avant plusieurs objectifs et axes stratégiques cruciaux pour le développement de la filière coton.
Au cours de la session de formation et de sensibilisation des journalistes économiques de l’UEMOA, une journée riche en échanges et en apprentissages a été entièrement dédiée à la présentation du livre blanc de la filière Coton-Textile, un document crucial pour l’avenir de cette industrie. Face à un public attentif composé des journalistes économiques de l’Union, Modeste ABOE, un expert reconnu dans le domaine de l’industrie textile et responsable de la filière Coton-Textile à la commission de l’UEMOA, a pris la parole avec une passion palpable pour son sujet.

Dans le cadre de ce panel, il a partagé des perspectives éclairantes sur l’avenir du secteur, tout en abordant les défis majeurs auxquels il est confronté. Sa présentation a mis en lumière la vision ambitieuse de l’Union, qui vise à transformer le secteur du coton en une industrie non seulement viable, mais également rentable à l’échelle communautaire. En s’appuyant sur des données précises et des analyses approfondies, Modeste ABOE a exposé les stratégies adoptées pour atteindre cet objectif, soulignant l’importance d’une collaboration renforcée entre les différents acteurs de la filière.
Partant de cette analyse, il a également dévoilé les résultats attendus par l’UEMOA d’ici 2030, un horizon qui s’annonce prometteur si les recommandations du livre blanc sont mises en œuvre efficacement. Les journalistes présents ont été invités à réfléchir sur le rôle crucial qu’ils peuvent jouer dans la diffusion de ces informations et dans la sensibilisation du grand public aux enjeux du secteur coton-textile, un domaine qui, s’il est bien exploité, pourrait devenir un pilier économique essentiel pour les pays membres de l’Union.

Selon Modeste ABOE, un expert reconnu dans le domaine de l’industrie textile et responsable de la filière Coton-Textile à la commission de l’UEMOA, il est crucial de comprendre les résultats impressionnants qui ont été obtenus dans le secteur du coton. Avec un rendement de 1,5 tonnes par hectare, la production de coton a atteint un total de 3,1 millions de tonnes en 2023, ce qui représente une avancée significative pour l’industrie. Les agriculteurs, quant à eux, ont vu leurs revenus moyens s’élever à 2,5 millions de FCFA, soit 830 000 FCFA par rapport à 331 667 FCFA en 2024 pour une superficie équivalente, illustrant ainsi l’impact positif de ces initiatives sur leur bien-être économique.
En parallèle, 150 ingénieurs et techniciens supérieurs ont été formés avec une immersion pratique, renforçant ainsi les compétences locales et la capacité d’innovation dans le secteur. De plus, entre 2026 et 2030, 250 emplois seront créés, contribuant à la dynamisation du marché du travail. Dans le domaine de l’artisanat textile, 10 000 emplois supplémentaires sont prévus pour la même période, témoignant d’une croissance soutenue et d’une volonté de promouvoir le savoir-faire local. Ensuite, il est à noter que 20 % de la fibre est transformée localement, ce qui permet de capturer une TVA de 35 %, renforçant ainsi l’économie locale et favorisant un développement durable dans le secteur textile. Ces résultats soulignent l’importance d’une stratégie bien définie et d’un engagement fort envers l’innovation et la formation dans l’industrie textile, éléments clés pour assurer un avenir prospère.

Tout d’abord, la transformation locale est au cœur de cette initiative. L’objectif est de passer d’une logique d’exportation de fibre brute, qui limite la valeur ajoutée, à une industrialisation poussée englobant des étapes essentielles telles que la filature, le tissage et la confection, le tout se déroulant au sein de l’espace communautaire. Cette transition vise non seulement à créer des emplois locaux, mais aussi à renforcer l’autonomie économique des pays membres de l’UEMOA.
Par ailleurs, la compétitivité régionale est un axe stratégique fondamental. Il s’agit d’actualiser la stratégie de la filière pour surmonter les contraintes de production, telles que le coût élevé des intrants et la nécessité d’améliorer la productivité. En renforçant la position du coton-textile ouest-africain sur le marché international, l’UEMOA aspire à faire de cette filière un modèle de réussite et de durabilité.
Toutefois, l’intégration et les partenariats constituent également des éléments clés de cette stratégie. L’implication des sociétés cotonnières et des organisations professionnelles est cruciale pour établir un cadre d’accompagnement structuré, défini par la Commission. Cela permettra de créer un environnement propice à l’innovation et à la collaboration, favorisant ainsi le développement d’une filière dynamique et compétitive.
Notons que l’alignement avec la Vision 2040 de l’UEMOA est essentiel pour garantir la souveraineté et l’industrialisation des pays membres. À l’horizon 2040, l’UEMOA vise une croissance forte, soutenue par des pôles industriels qui non seulement répondent aux besoins locaux, mais qui s’inscrivent également dans une dynamique de développement durable et inclusif. Ce projet ambitieux promet de transformer le paysage économique de la région, en faisant du secteur coton-textile un levier de prospérité pour les générations futures.
Daouda Bakary KONÉ envoyé spécial à Ouagadougou

