(CROISSANCE AFRIQUE)-L’Africa CDC (Centres africains de contrôle et de prévention des maladies) , en collaboration avec la Commission de l’Union africaine, les États membres et les partenaires au développement, organise à Cotonou, au Bénin, un atelier régional de validation de trois jours destiné à renforcer l’action continentale en faveur de la santé sexuelle, reproductive, maternelle, néonatale, infantile et des adolescents (SSRMNIA).
L’atelier réunit de hauts responsables gouvernementaux, des experts techniques et des partenaires au développement d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique centrale et d’Afrique du Nord afin de valider les conclusions de la première évaluation continentale des politiques, des cadres de financement, de la gouvernance, de la prestation des services et de la redevabilité en matière de santé sexuelle et reproductive. Les conclusions validées alimenteront un rapport continental de référence destiné à orienter les politiques fondées sur des données probantes, à renforcer la redevabilité et à accélérer les progrès vers l’élimination des décès maternels et néonatals évitables en Afrique.
La rencontre contribue à la mise en œuvre de l’Agenda pour la sécurité et la souveraineté sanitaires de l’Afrique (AHSS) de l’Africa CDC et soutient l’initiative de la Championne de l’Union africaine pour la santé maternelle et infantile, portée par S.E. Dr Samia Suluhu Hassan, Présidente de la République-Unie de Tanzanie. Cette initiative place la santé maternelle, néonatale, infantile et des adolescents au cœur des priorités plus larges de l’Afrique en matière de sécurité sanitaire, de résilience et de développement durable.
Prenant la parole au nom de S.E. Dr Jean Kaseya, Directeur général de l’Africa CDC, Dr Alinon Kokou, Directeur régional du Centre régional de coordination pour l’Afrique de l’Ouest, a souligné que le renforcement de la santé reproductive, maternelle et infantile est indispensable à la souveraineté sanitaire de l’Afrique. « L’avenir de la santé en Afrique doit être guidé par des priorités africaines, un leadership africain et des institutions africaines. Cet atelier doit permettre de transformer les données probantes en action, en investissements et en améliorations mesurables dans la vie des femmes, des enfants et des adolescents sur notre continent. »
Dr Kokou a appelé les États membres et les partenaires à faire de cet atelier un levier pour renforcer la mise en œuvre, l’appropriation nationale et la redevabilité mutuelle. Au nom de la Championne de l’Union africaine, l’Honorable Ummy Mwalimu, Cheffe du Secrétariat et Conseillère de la Présidente de la République-Unie de Tanzanie, a réaffirmé l’engagement de la Championne à accélérer la survie maternelle et infantile sur l’ensemble du continent.
Elle a indiqué que la feuille de route de la Championne s’inscrit dans l’Agenda 2063, la Stratégie africaine de la santé et l’Agenda pour la sécurité et la souveraineté sanitaires de l’Afrique, tout en poursuivant trois ambitions continentales :
- Zéro décès maternel évitable
- Zéro décès néonatal évitable
- Zéro enfant non vacciné
« Les solutions sont connues. L’Afrique sait ce qui fonctionne. Notre responsabilité consiste désormais à les déployer à grande échelle, à renforcer la redevabilité et à garantir des financements durables. »
Présentant le contexte technique de l’atelier, Dr Diana Nambatya Nsubuga, Cheffe de la Division de la santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et des adolescents de l’Africa CDC, a mis en lumière l’évolution du paysage du financement de la santé sur le continent. Elle a souligné que la baisse de l’aide extérieure, l’alourdissement de la dette, les chocs liés au climat et la dépendance persistante à l’égard des produits de santé importés imposent aux pays africains de renforcer les investissements nationaux et le leadership en matière de santé.
« La transformation que nous recherchons exige de passer de la dépendance à l’appropriation, de la vulnérabilité à la résilience et de l’ambition à la mise en œuvre. » Dr Nsubuga a présenté cinq priorités stratégiques qui sous-tendent l’approche de l’Africa CDC : Renforcer les soins de santé primaires , Accroître les financements nationaux prévisibles ; Accélérer la transformation numérique ; Développer la production locale de médicaments, de vaccins et de produits de diagnostic ; et et Renforcer le leadership africain dans l’architecture mondiale de la santé.
Elle a également annoncé que 53 des 55 États membres de l’Union africaine ont participé à l’évaluation continentale, ce qui en fait l’un des exercices de production de données probantes les plus complets jamais menés en Afrique sur la santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et des adolescents. L’Africa CDC poursuit ses échanges avec les États membres restants afin d’assurer une représentation continentale complète.
L’évaluation aboutira à la publication du premier rapport continental complet consacré aux déterminants liés aux politiques publiques, au financement et aux systèmes de santé qui influencent les résultats en matière de santé maternelle, néonatale et infantile. Ce rapport fournira aux États membres des données probantes pour renforcer les politiques nationales, améliorer l’allocation des ressources et suivre les progrès accomplis au regard des engagements continentaux.
Procédant à l’ouverture officielle de l’atelier au nom du Gouvernement de la République du Bénin, M. Enagnon Pétas AKOGBETO, Directeur de cabinet du ministre de la Santé, a souhaité la bienvenue aux participants et réaffirmé l’engagement du Bénin à renforcer la santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et des adolescents grâce au leadership national, aux réformes des politiques publiques et à des investissements soutenus.
« Nous avons constaté que la fragmentation des systèmes de santé, l’absence de mécanismes de financement durables et l’insuffisance de la coordination continuent de freiner les progrès. Nous devons réfléchir ensemble et mettre en place des actions structurelles produisant des résultats durables », a déclaré M. AKOGBETO. Les représentants de la Commission de l’Union africaine, de l’OMS, de l’UNICEF, de l’UNFPA, de l’Organisation ouest-africaine de la Santé (OOAS), de la Fondation Susan Thompson Buffett et d’autres partenaires ont salué le rôle moteur de l’Africa CDC dans la conduite d’un processus continental de production de données probantes qui renforcera la prise de décision nationale et la redevabilité.
Au cours des trois jours de travaux, les participants examineront les conclusions nationales, valideront les données probantes, recenseront les lacunes en matière de politiques et de financement, échangeront les bonnes pratiques et conviendront d’actions prioritaires pour renforcer la mise en œuvre d’interventions à fort impact dans les États membres. L’évaluation continentale validée constituera une base de référence essentielle pour le dialogue sur les politiques publiques, la mobilisation des ressources nationales et la collaboration régionale. Elle contribuera également à faire progresser l’agenda de la Championne de l’Union africaine et la vision de l’Africa CDC d’une Afrique en meilleure santé, plus résiliente et plus autonome.

