(CROISSANCE AFRIQUE)-La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), en partenariat avec le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), a organisé un deuxième atelier consultatif des parties prenantes afin d’orienter l’élaboration du cadre de développement du tourisme durable du COMESA, du plan de mise en œuvre et des études de cas sur le tourisme régional.
L’atelier a permis aux États membres et aux principales parties prenantes d’examiner les conclusions préliminaires, de valider l’orientation stratégique proposée et de fournir des orientations techniques avant la finalisation du cadre et des analyses de rentabilité qui l’accompagnent.
Il s’appuie sur le premier atelier de consultation des parties prenantes qui s’est tenu à Diani, au Kenya, en avril 2026, et qui a établi les priorités stratégiques de l’initiative, identifié les principaux défis régionaux et convenu d’une feuille de route pour l’élaboration du cadre.
Lors de l’ouverture de l’atelier, M. Lotfi Hamza, responsable du COMESA représentant le directeur de l’industrie et de l’agriculture, s’est félicité du partenariat technique et financier de la CEA dans l’élaboration d’un cadre visant à relever les défis auxquels est confronté le secteur touristique de la région, notamment le changement climatique, la dégradation de l’environnement, les chocs externes, les lacunes en matière d’infrastructures, les contraintes de compétences et la fragmentation des politiques.
Il a souligné que l’objectif n’était pas de produire un autre document de politique, mais « une feuille de route régionale claire pour guider une action coordonnée, mobiliser les investissements, soutenir la mise en œuvre nationale et produire des résultats mesurables », ajoutant que les quatre études de cas en cours d’élaboration « doivent être crédibles, prêtes pour l’investissement et démontrer une réelle valeur régionale ».
S’exprimant au nom de la CEA, Mme Olayinka Bandele, chef de la section de l’industrialisation inclusive au Bureau sous-régional pour l’Afrique australe, a noté que si le tourisme dans la région a fortement rebondi, le COMESA ne dispose toujours pas d’un mécanisme suffisamment coordonné pour traduire cette reprise en un développement inclusif, résilient et respectueux de l’environnement.
Elle a souligné l’ampleur de l’opportunité : le tourisme africain a généré environ 51 milliards de dollars américains grâce à 83 millions de visiteurs en 2019, et a rebondi l’année dernière pour atteindre environ 100 millions de visiteurs et 65 milliards de dollars américains de recettes – une résilience qui, selon elle, témoigne d’un immense potentiel de croissance pour le secteur.
Les consultants d’ECA de JUPI Limited ont présenté le rapport de diagnostic sectoriel, l’orientation stratégique proposée, les piliers et les programmes prioritaires, ainsi que les quatre études de cas prioritaires pour le tourisme régional et leur justification stratégique.
Les présentations ont été suivies d’une séance de questions-réponses interactive au cours de laquelle les États membres ont contribué à renforcer les trois documents.
Les principaux points soulevés en vue de leur intégration dans le cadre de référence étaient les suivants :
La nécessité de disposer de meilleures données permettant de distinguer les touristes visitant la région des tendances de voyage continentales et mondiales plus larges
Obstacles liés aux visas affectant les voyages intra-africains
L’importance de promouvoir les voyages d’affaires intra-COMESA
Partage des cadres nationaux de tourisme déjà élaborés par les États membres du COMESA
La mise en place d’une plateforme régionale d’information touristique
L’atelier a réuni des représentants de la plupart des 21 États membres du COMESA, notamment des ministères et départements gouvernementaux chargés de la planification et du développement du tourisme, des autorités nationales du tourisme, des agences de promotion des investissements, des associations touristiques du secteur privé, des organisations de la société civile œuvrant dans le domaine du tourisme et du développement durable, le Secrétariat du COMESA et la CEA.
Cet atelier marque une étape importante vers une approche régionale coordonnée qui renforce la compétitivité du tourisme, promeut l’investissement durable, améliore l’intégration régionale et soutient la mise en œuvre de l’Accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et du Plan stratégique à moyen terme du COMESA.
Note aux rédacteurs
Le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) est une communauté économique régionale comprenant 21 États membres : Burundi, Comores, République démocratique du Congo, Djibouti, Égypte, Érythrée, Eswatini, Éthiopie, Kenya, Libye, Madagascar, Malawi, Maurice, Rwanda, Seychelles, Somalie, Soudan, Tunisie, Ouganda, Zambie et Zimbabwe.

