(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Burkina Faso, un événement marquant se profile à l’horizon financier, alors que le gouvernement s’apprête à lancer, à partir du 26 juin 2026, sa toute première émission d’obligations islamiques. Cette initiative, qui représente un montant nominal global de 75 milliards FCFA, sera réalisée à travers le Fonds commun d’émission de Sukuk, intitulé « FCES Sukuk Burkina Renaissance 2026 ».
Cette opération, qui s’inscrit dans le cadre d’une stratégie de financement innovante et conforme aux principes de la finance islamique, sera ouverte à la souscription du 26 juin au 17 juillet 2026, par le biais d’un appel public à l’épargne, et ce, dans l’ensemble des États membres de l’UEMOA.
Cette émission d’obligations islamiques mobilise un large éventail d’acteurs du marché financier sous-régional, illustrant ainsi l’engagement du Burkina Faso à diversifier ses sources de financement et à attirer des investissements conformes à la charia. Image Finance International (IFI) joue un rôle clé en tant qu’arrangeur principal et directeur de file, apportant son expertise pour garantir le succès de cette opération. De plus, la Banque islamique du Sénégal intervient en tant que co-arrangeur et dépositaire, renforçant ainsi la collaboration régionale dans le domaine de la finance islamique.
La gestion du fonds a été confiée à Taiba Titrisation, une société financière basée à Dakar, qui est également une filiale de la Banque islamique du Sénégal. Cette entreprise est reconnue pour sa spécialisation dans la structuration de fonds communs de titrisation de créances, respectant les principes de la finance islamique. En outre, toutes les sociétés de gestion et d’intermédiation (SGI) agréées jouent un rôle crucial dans la mise en œuvre de cette initiative, contribuant à la création d’un environnement financier dynamique et inclusif, propice à l’épanouissement économique du Burkina Faso et de la région.
L’allocation des parts interviendra à la clôture de la période de souscription, le 17 juillet 2026, marquant ainsi une étape cruciale pour les investisseurs. Ce processus sera suivi d’un règlement effectif des souscriptions, qui devra être réalisé au plus tard la veille de la date de jouissance, fixée au 22 juillet 2026. Ce calendrier précis est essentiel pour assurer une transition fluide vers la phase d’investissement, permettant aux souscripteurs de bénéficier rapidement des avantages liés à leurs investissements.
Sur le plan fiscal, il est important de noter que les revenus tirés des titres sont exonérés de tout impôt pour les investisseurs résidents au Burkina Faso, ce qui constitue un incitatif significatif pour encourager l’investissement local. En revanche, les investisseurs résidant dans d’autres juridictions demeurent soumis à la législation fiscale applicable dans leur pays de résidence en matière de revenus de valeurs mobilières. Cela souligne l’importance pour les investisseurs étrangers de se renseigner sur les implications fiscales de leurs investissements afin de maximiser leurs rendements.
Les ressources mobilisées dans le cadre de cette initiative doivent financer des projets de développement prioritaires dans des domaines essentiels tels que les infrastructures, l’éducation et la santé. Une attention particulière est accordée aux zones affectées par l’insécurité, où les investissements dans les routes, les écoles, les hôpitaux et les logements doivent contribuer à la stabilisation et à la relance économique. Ces projets ne visent pas seulement à améliorer les conditions de vie des populations locales, mais également à renforcer la résilience des communautés face aux défis socio-économiques. En investissant dans ces secteurs, on espère créer un environnement propice à la croissance durable, tout en favorisant l’inclusion sociale et le développement humain.
L’opération en question s’inscrit dans une démarche ambitieuse visant à mobiliser des investisseurs islamiques, qu’ils soient locaux, régionaux ou internationaux. Cette initiative se veut être une véritable plateforme d’inclusion économique et sociale, particulièrement destinée aux citoyens de confession musulmane, qui, souvent, se trouvent en marge des systèmes financiers traditionnels. En créant des opportunités d’investissement qui respectent les principes de la finance islamique, l’opération cherche à renforcer le tissu économique tout en favorisant une participation active de cette communauté dans le développement économique du pays.
Dans ce contexte, l’agence de notation GCR a attribué aux Sukuk à émettre une notation indicative de long terme de BB+ (WU) (IR) sur son échelle régionale, accompagnée d’une perspective stable. Cette évaluation, bien que classant l’émission dans la catégorie spéculative selon les standards habituels des agences de notation, met en lumière le profil de risque du Burkina Faso. Il est important de noter que cette notation ne remet pas en cause la viabilité de l’opération à moyen terme, mais souligne plutôt les défis auxquels le pays fait face, tout en ouvrant la voie à des investissements potentiels qui pourraient contribuer à la stabilité et à la croissance économique.
Notons que la notation BB+ indique un potentiel d’attractivité pour les investisseurs, tout en nécessitant une vigilance accrue sur les aspects économiques et politiques qui pourraient influencer la performance de ces Sukuk dans le futur.
Mariam KONE

