(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, le gouvernement de la transition, sous l’impulsion du général d’armée Assimi Goïta, a entrepris une ambitieuse stratégie de transformation du secteur minier, marquée par le lancement du Programme présidentiel de bourses d’études dans le secteur minier du Mali (PPBEM).
Ainsi, ce programme novateur vise à former une première cohorte de 30 étudiants, dont la sélection est déjà ouverte, englobant une variété de spécialités essentielles à l’industrie extractive. Les domaines d’études proposés sont soigneusement choisis pour répondre aux besoins croissants du secteur, allant de l’ingénierie minière à la géologie, en passant par la gestion des ressources naturelles et la sécurité environnementale. Cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision stratégique du président de la Transition, qui aspire à transformer le secteur minier en un véritable levier de développement économique et de souveraineté nationale.
L’objectif est clair et ambitieux : faire en sorte que l’or, symbole de richesse et de potentiel, brille davantage pour les Maliens, permettant ainsi une redistribution des richesses et un renforcement de l’autonomie économique du pays. Pour atteindre cet objectif, les autorités maliennes ont engagé une série de réformes significatives, dont la relecture du Code minier, afin d’adapter le cadre légal aux exigences contemporaines et de favoriser un environnement propice à l’investissement et à l’innovation. Ces réformes visent également à garantir une exploitation minière responsable et durable, respectueuse des droits des communautés locales et de l’environnement, tout en maximisant les retombées économiques pour le pays.
Parmi les retombées significatives de cette initiative, on note un renforcement indéniable de la participation de l’État malien dans les projets miniers, un secteur crucial pour l’économie du pays. Cela se traduit par une implication accrue dans la gestion et la supervision des activités minières, garantissant ainsi que les bénéfices générés par l’exploitation de l’or soient non seulement maximisés, mais également redistribués de manière équitable au sein de la population. Cette redistribution des richesses issues de l’exploitation de l’or vise à réduire les inégalités et à améliorer les conditions de vie des Maliens, en investissant dans des infrastructures essentielles et des services publics.
Avec le Programme de Promotion du Bien-Être Économique et de Mobilisation (PPBEM), cette politique s’étend désormais au développement du capital humain, un aspect fondamental pour assurer la durabilité des avancées économiques. Le programme présidentiel ambitionne ainsi de former une nouvelle génération de jeunes Maliens, dotés des compétences nécessaires pour accompagner les ambitions des autorités dans le secteur minier. Cela inclut des formations techniques et professionnelles adaptées aux exigences du marché, ainsi que des initiatives visant à encourager l’entrepreneuriat local. En investissant dans l’éducation et la formation, le gouvernement espère non seulement créer des emplois, mais aussi favoriser l’émergence d’une expertise locale capable de gérer et d’optimiser les ressources minières du pays, contribuant ainsi à un développement économique inclusif et durable.
Selon le communiqué annonçant ce programme, 30 bourses sont mises en compétition. Elles sont réparties entre 10 néo-bacheliers et 20 titulaires d’un DUT ou d’une licence. Les bacheliers concernés doivent être issus de la session de juin 2026, âgés de 21 ans au plus au 31 décembre 2026, avoir obtenu au minimum la mention Bien (14/20) et avoir l’anglais comme première langue vivante. Les candidats titulaires d’un DUT ou d’une licence doivent, quant à eux, être diplômés d’un établissement reconnu par l’État dans un domaine lié au secteur minier et justifier d’une moyenne générale d’au moins 12/20 durant leur cursus. Les formations retenues couvrent les principaux domaines stratégiques de l’industrie minière. Pour les néo-bacheliers, les spécialités concernées comprennent notamment la géologie des ressources, la géologie-environnement, les sciences de l’information géographique (SIG), la géomatique, la télédétection, la métallurgie, la chimie, le génie des procédés, la mécanique, le droit minier et l’économie minière.
Concernant les titulaires d’un DUT ou d’une licence, les profils recherchés dans le cadre de cette sélection sont particulièrement variés et englobent des domaines essentiels tels que l’automatisme industriel, qui joue un rôle crucial dans l’optimisation des processus de production, ainsi que l’exploitation minière, un secteur clé pour l’économie nationale. L’hygiène, la santé et la sécurité (HSS) sont également des priorités, garantissant que les opérations se déroulent dans des conditions sûres et conformes aux normes en vigueur. De plus, le droit minier, qui régule les activités d’extraction, ainsi que l’économie minière et la fiscalité minière, sont des domaines d’expertise recherchés pour assurer une gestion efficace et éthique des ressources. Les candidats doivent également posséder des connaissances en finance, un atout indispensable pour la gestion des projets miniers, ainsi qu’une solide compréhension de la géologie des ressources et de la géologie-environnement, qui sont essentielles pour évaluer l’impact environnemental des activités minières.
Notons que pour participer à ce processus de sélection, les candidats devront constituer un dossier complet comprenant toutes les pièces administratives requises, en fonction de leur niveau d’études. Ces dossiers seront acceptés jusqu’au 7 août 2026, et il est impératif qu’ils soient soumis exclusivement via un formulaire en ligne, garantissant ainsi une gestion efficace des candidatures. Un concours écrit est prévu le 18 août 2026, destiné spécifiquement aux candidats titulaires d’un DUT ou d’une licence, offrant une première évaluation de leurs compétences. Par la suite, les épreuves orales se dérouleront le 27 août 2026 pour tous les candidats présélectionnés, permettant une évaluation plus approfondie de leurs aptitudes et de leur motivation. Enfin, des visites médicales et des contre-visites suivront, assurant que tous les candidats répondent aux exigences de santé nécessaires pour intégrer ces secteurs d’activité exigeants.
Daouda Bakary KONE

