La GCR attribue à nouveau les notes de long terme AA et AA- aux obligations du FCTC EPT 2025 2040

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(CROISSANCE AFRIQUE)- Pour sa notation de l’année 2026, GCR Ratings (GCR), une agence de notation de renom basée à Dakar, a de nouveau attribué des notations d’émission de long terme aux obligations émises par le Fonds commun de titrisation de créances (FCTC) Electricité pour tous (EPT) pour la période 2025-2040. Plus précisément, la Tranche A a reçu une note de AA(WU)(SF), tandis que la Tranche B a été notée AA-(WU)(SF). 

Cette annonce, qui témoigne de la solidité financière et de la bonne gestion des projets soutenus par ces obligations, a été accueillie avec intérêt par les investisseurs et les parties prenantes du secteur.  En ce qui concerne la Tranche C, GCR lui a attribué une note de A+(WU)(SF), ce qui indique également une position favorable sur le marché. La perspective attachée à la notation de chacune de ces tranches est stable, ce qui est un signe positif pour les investisseurs cherchant à évaluer le risque associé à ces instruments financiers. 

Dans son approche méthodologique, GCR justifie l’attribution d’une notation de long terme aux obligations du FCTC EPT 2025-2040, car ces obligations présentent des maturités qui varient entre 7 et 15 ans à la date d’émission, ce qui est un facteur clé dans l’évaluation de leur viabilité et de leur sécurité. En revanche, il est important de noter que GCR ne fournit pas de notation pour les parts résiduelles, communément appelées la tranche Equity, ce qui souligne une distinction claire dans la structure de capital de l’émission. 

GCR met également en avant que les tranches A, B et C sont considérées comme pari passu, ce qui signifie qu’elles ont un rang égal en termes de priorité de paiement. Cependant, la différenciation de leurs notes respectives sur l’échelle de notation de GCR est le résultat de leurs caractéristiques spécifiques, telles que le risque associé à chaque tranche, les flux de trésorerie prévus et la solidité des garanties sous-jacentes. Cette approche méthodologique rigoureuse permet aux investisseurs de prendre des décisions éclairées et de mieux comprendre les dynamiques de risque liées à ces obligations.
Par ailleurs, ces notations portent toutes une perspective stable, offrant ainsi une assurance quant à la solidité des évaluations financières. GCR estime en effet qu’à la date d’émission, la perte attendue attachée au portefeuille ne devrait pas aller au-delà du quantum suggéré par ses modèles de stress sur le portefeuille, lesquels sont très conservateurs, garantissant une approche prudente face aux incertitudes du marché. Dans son approche analytique, GCR a décliné les principaux facteurs de notation, mettant en lumière les éléments cruciaux qui influencent la perception de la qualité de crédit.

La diversification du portefeuille titrisé sur un très grand nombre de contreparties domestiques est un facteur positif de notation, car elle réduit le risque systémique et renforce la résilience face aux fluctuations économiques. En effet, une large base de contreparties permet de diluer les impacts négatifs potentiels d’une défaillance isolée, ce qui est particulièrement pertinent dans un environnement économique incertain. Toutefois, la perte attendue attachée à ce portefeuille, pourtant très granulaire, est plafonnée à une notation de A(WU). 

Ce plafond est dû au fait que le maître d’œuvre, la Compagnie Ivoirienne d’Electricité, dont l’estimation de crédit est A(WU)(CA), joue un rôle central dans la structure de financement. De plus, le Fonds PEPT attaché au Programme Electricité pour Tous (PEPT) est assimilable au souverain ivoirien noté A(WU)/Stable/A1(WU), ce qui en fait un facteur neutre de notation, soulignant l’importance de la stabilité politique et économique dans l’évaluation des risques.

En outre, le degré très élevé de rehaussement de crédit par un surdimensionnement du portefeuille de 90% témoigne d’une stratégie proactive visant à renforcer la solidité financière du projet. Ce surdimensionnement est une mesure qui vise à anticiper les éventuelles fluctuations du marché et à garantir que le portefeuille puisse absorber des chocs sans compromettre la notation. Ainsi, GCR présente une analyse approfondie et nuancée, intégrant divers éléments qui, ensemble, dessinent un tableau cohérent et rassurant de la santé financière du portefeuille.

L’existence d’un portefeuille de réserve représentant 25% de l’encours des obligations constitue un élément fondamental et positif dans l’évaluation de la notation. Ce portefeuille, en agissant comme un coussin financier, offre une sécurité supplémentaire face aux fluctuations du marché et aux imprévus économiques, renforçant ainsi la confiance des investisseurs. De même, la présence d’un compte de réserve, couplée à une ligne de liquidité, est un autre facteur qui contribue positivement à la notation.

 Ces outils financiers permettent une gestion proactive des liquidités, assurant que les obligations peuvent être honorées même en cas de tensions sur le marché. En revanche, l’absence d’une entité alternative de recouvrement, souvent désignée comme back-up servicer, représente un risque significatif et constitue un facteur négatif dans l’évaluation de la notation. Cette absence peut engendrer des incertitudes quant à la continuité des opérations de recouvrement, ce qui pourrait affecter la performance des créances sous-jacentes.

 Par ailleurs, la trésorerie anticipée du FCTC est jugée bonne et démontre une résilience face aux tests de stress, ce qui en fait un facteur neutre dans l’analyse de la notation. Cela indique que, même dans des scénarios économiques difficiles, la structure financière est capable de maintenir un niveau de liquidité adéquat. De plus, la saine gestion opérationnelle de la structure de titrisation, ainsi que la qualité irréprochable de la documentation juridique, sont également considérées comme des facteurs neutres de notation, témoignant d’une rigueur et d’une transparence dans les pratiques de gestion. 

Selon GCR, un éventuel rehaussement des notations des obligations émises par le FCTC EPT 2025-2040 pourrait découler de plusieurs éléments clés : d’abord, un comportement favorable des créances sous-jacentes, avec un rythme de recouvrement qui se maintiendrait en phase ou au-delà des moyennes historiques, ce qui renforcerait la confiance des investisseurs dans la capacité de remboursement ; ensuite, le maintien d’un taux de surdimensionnement à un niveau élevé, garantissant ainsi une marge de sécurité supplémentaire ; et enfin, la préservation du fonds de réserve et du portefeuille, qui sont essentiels pour assurer la stabilité et la pérennité de la structure financière.Une détérioration des notations des obligations émises par le FCTC EPT 2025-2040 pourrait survenir en raison de plusieurs facteurs significatifs, chacun ayant le potentiel de provoquer des répercussions profondes sur la stabilité financière et la confiance des investisseurs. Premièrement, une crise économique, politique ou sanitaire soudaine et de grande ampleur en Côte d’Ivoire pourrait engendrer un climat d’incertitude, affectant non seulement la perception des risques associés aux obligations, mais aussi la capacité des entités à honorer leurs engagements financiers. Une telle crise pourrait être déclenchée par des événements imprévus, comme des troubles sociaux, une pandémie ou des fluctuations économiques majeures, entraînant une volatilité accrue sur les marchés.

Deuxièmement, la détérioration sévère, au-delà des tests de stress et de sur-stress, du portefeuille de créances sous-jacentes représente un risque crucial. Cela pourrait se manifester par une augmentation des défauts de paiement ou une baisse significative de la qualité des actifs, ce qui remettrait en question la solidité financière des obligations. Les investisseurs pourraient alors craindre une incapacité à récupérer leurs investissements, ce qui pourrait entraîner une chute des notations.

Troisièmement, la matérialisation des risques opérationnels et/ou juridiques pourrait également jouer un rôle déterminant. Si des problèmes juridiques surgissent, rendant le recouvrement des créances plus malaisé ou allongeant les délais de remboursement, cela pourrait nuire à la liquidité et à la rentabilité des obligations. Les implications de ces risques pourraient être aggravées par des réglementations changeantes ou des litiges imprévus, créant un environnement encore plus incertain pour les investisseurs.
Notons que GCR estime que la probabilité d’occurrence des scénarios défavorables est équivalente à celle des scénarios favorables à moyen terme, ce qui justifie sa perspective stable sur toutes les tranches. Cette évaluation souligne l’importance d’une surveillance continue et d’une gestion proactive des risques. Pour rappel , les notations des obligations du FCTC EPT 2025-2040 seront soumises à une revue annuelle par GCR, ce qui témoigne de l’engagement de l’équipe de notation à assurer une évaluation précise et actualisée des risques associés à ces instruments financiers.

Abdoulaye KONÉ 

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Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

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