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causaLens lève 45 millions de dollars dans le cadre d’un tour de table de série A mené par Dorilton Ventures et Molten Ventures

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causaLens, une société de technologie profonde basée à Londres qui livre l’avenir de l’IA, a levé 45 millions de dollars dans le cadre d’un tour de table de série A dirigé par Dorilton Ventures et Molten Ventures, anciennement Draper Esprit.

Les investisseurs existants Generation Ventures et IQ Capital ont également apporté une contribution significative, GP Bullhound et d’autres ont également rejoint le tour de table sursouscrit. 

Dans le cadre de la transaction, Daniel Freeman de Dorilton Ventures a rejoint le conseil d’administration de causaLens.

causaLens est un pionnier de l’IA causale – une technologie d’IA qui quantifie les relations de cause à effet pour raisonner aux côtés des humains d’une manière fiable, explicable et juste.

Eco Bank obtient un prêt de 20 millions USD de la Findev canada pour soutenir les PMEs en Afrique

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Dans un communiqué publié par la fintech canadienne, FinDev Canada et le Groupe Ecobank créent de nouvelles occasions pour les PME en Afrique avec un prêt de 20 millions USD à Ecobank. Il s’agit d’une annonce faite le 25 janvier 2022. La moitié de la somme sera investie dans des pays à faible revenus ou intervient Ecobank, et 30 % seront réservés à des femmes entrepreneures qui peinent à accéder au crédit sur les cinq grands marchés du groupe bancaire.

Ecobank va obtenir un prêt non garanti de 20 millions USD auprès de FinDev Canada, l’institution financière canadienne dédiée au secteur privé dans les marchés émergents.

Selon Ade Ayeyemi, DG du groupe Ecobank, « Ce prêt nous aidera à poursuivre notre objectif de développement des PME, qui sont le moteur des économies de notre continent. Le prêt soutiendra également la continuation de nos partenariats avec les entreprises de technologie financière africaines afin de proposer des services numériques innovants à un nombre encore plus grand de clients », a-t-il confié. 

Notons que cette facilité de crédit accordée à Ecobank survient deux semaines après l’investissement d’un montant de 13 millions USD effectué par FinDev au sein du fonds Energy Entrepreneurs Growth, qui opère dans les énergies renouvelables en Afrique subsaharienne.

Pour rappel, les estimations de FinDev prouvent que les petites et moyennes entreprises représentent 90 % de l’écosystème entrepreneurial, Ecobank fait savoir que 800 000 de ces PME sont ses clientes. Pour ces structures, l’écart entre les besoins en matière de crédit et les opportunités de financement est de l’ordre de 136 milliards USD.

Moussa Koné

Sahel: la France annonce mort de 60 terroristes au Burkina Faso

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Il s’agit d’une opérations militaires menée par le Ministère de la Défense française, le dimanche 30 janvier 2022.

« 60 terroristes ont été neutralisès dans une opération conjointe conduite par la force Française Barkhane et les Force de Défense et de sécurité du Burkina Faso , du 15 au 23 janvier, dans le nord du pays », rapporte l’Etat major de l’armée française.

« La force Barkhane et les forces armées du Burkina Faso ont conduit une opération conjointe dans le Nord du Burkina du 15 au 23 janvier. Une soixantaine de terroristes neutralisés. Le combat contre les groupes armés continue », a écrit sur son compte Twitter l’état-major des armées (EMA).

« Le bilan de cette opération illustre l’engagement et la détermination de Barkhane et de tous ses partenaires à poursuivre le combat contre les groupes armés terroristes », conclut le communiqué de presse de l’état-major des armées. 

Sauvegarde de la souveraineté du Mali :La nécessité de renforcer les « veilles stratégiques »

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Par Siné Diarra , expert comptable

Nous vivons dans un contexte de grandes difficultés de maîtrises des informations. Toutes sortes de rumeurs circulent sur les réseaux sociaux, allant des plus « absurdes » aux plus « folles » en passant par les « vraisemblables ».

Entre INFO et INTOX, nouvelles et anciennes INFO, vraies et fausses ALERTES, etc, il est de la plus haute importance que les Autorités aient de très bonnes infos, et cela en temps utiles.

Cela nécessite de RENFORCER la « Veille Stratégique ». Une équipe pluridisciplinaire de spécialistes et d’experts dans différents domaines, chargés de veiller sur le pays : sécurité, relations internationales, informatiques et technologies de communication, etc. Ils examinent les faits, les documentent, cherchent, analysent et décryptent des informations pour les Dirigeants. Ils formulent des recommandations et aident à la prise de décisions.

Sauvegarder la « souveraineté d’un pays » a toujours été un défi très difficile à relever. Et il l’est de plus en plus dans un contexte de grandes évolutions technologiques, de difficultés de maîtrises des informations et surtout de « déstabilisation ».

Comme le dit notre Hymne national, l’ennemi a plusieurs visages : il est de l’intérieur comme il est de l’extérieur. Il a plusieurs portes d’entrée : sécuritaire, politique, économique, sanitaire et même humanitaire.

La lutte pour la sauvegarde de la souveraineté est un combat de longue durée, pratiquement sans fin. Qui n’a pas entendu parler de la  » guerre de 100 ans » ?
Il n’existe donc pas de » Sur-Homme » pour assurer la sauvegarde de la souveraineté nationale.

Seuls des systèmes de gestion du pays dotés de Grandes Structures comme les « Veilles Stratégiques » ont permis à de nombreux pays d’assurer leur Souveraineté.

En comparant la Gestion stratégique des Entreprises à celle de l’État, il faut se méfier des périodes d’incertitude de « ni guerre – ni paix », de « négociations », de »réflexions et d’attente en vue de faire un choix », etc

Elles sont très dangereuses. On a tendance à « baisser la garde » et offrir des « situations de restauration de la confiance » rompue, qui peuvent être exploitées par l’autre partie.

Ensuite, comme il est humainement toléré de changer d’avis, un « allié » pourrait devenir « adversaire » ou vice-versa, un adversaire pourrait devenir un allié.
Ce sont des spécialistes en Sociologie, Relations internationales, Géopolitique, et autres experts de l’équipe de »Veille Stratégique » qui peuvent détecter et anticiper ces genres de volte-face.

Notre souhait est que le pays puisse sortir rapidement de ces « périodes d’attente » très inconfortables, tout en refusant toutes propositions de solutions inacceptables, en somme, en sauvegardant sa « souveraineté »./


Siné DIARRA Expert comptable Essayiste.

Maxime Shugaley: il vaudrait mieux que Le Drian se taise et arrête de déshonorer les Français

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Maxim Shugaley, sociologue russe qui a mené des recherches dans les pays africains, ainsi qu’au Mali, a commenté la déclaration du ministre français des Affaires étrangères Le Drian sur le «pillage» des ressources maliennes par les Russes :
«J’ai vu et entendu beaucoup de choses ces derniers temps, mais je n’arrive toujours pas à m’habituer au comportement hystérique de certains diplomates européens. La déclaration du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sur le sujet de la présence des Russes au Mali fait partie de cette série. Le ministre, lançant des phrases sur le fait qu’au Mali la SMP russe Wagner protège le système politique qui y existe en échange de l’utilisation des ressources de ce pays, tente apparemment de détourner l’attention d’un nouvel échec de la politique étrangère française en Afrique.Je voudrais rappeler à M. Le Drian que la Russie n’a signé aucun accord avec les autorités maliennes ces dernières années sur l’extraction des ressources de ce pays. La Russie, contrairement à la France, travaille au Mali de manière totalement désintéressée. La Russie est bien consciente que, sans un bon soutien au Mali dans la lutte contre le terrorisme et sans forces de sécurité efficaces, il pourrait être trop tard demain.Les Français ordinaires deviennent les otages des intrigues des politiciens de l’Elysée. Le vrai prix de ces intrigues est le sentiment anti-français dans toute l’Afrique et le pillage des pays africains, le pillage de leurs ressources, en les plongeant dans des crises terroristes sans fin. C’est la politique non seulement de la France, mais aussi d’autres acteurs occidentaux. À cet égard, il ne faut pas chercher midi à quatorze heures pour voir quelques exemples. Par exemple, Mme Stephanie Williams, se cachant derrière le statut de chef de la mission onusienne en Libye, assure depuis de nombreuses années un pillage quasi-ouvert des revenus pétroliers du pays. Elle ne quittera pas ce poste, même après de franches défaillances dans l’exercice de ses fonctions. Cependant, aucune déclaration concernant les activités de Stephanie Williams de la part du ministre français des Affaires étrangères n’a suivi. On est face aux doubles standards de la politique de Le Drian. Donc, Monsieur le Ministre, il vaudrait mieux que vous vous taisiez et arrêtiez de déshonorer les Français.».


Dans le même temps, la France continue d’extraire les ressources de sous-sol malien comme elle le fait avec l’or de Boni, dans la region de Mopti.

(Tribune): la jalousie de la France face aux réussites de la présence russe au Mali

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Le 30 janvier, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré dans une interview poue le journal français Le Figaro que le groupe Wagner soutenu par la Russie, qui, selon lui, se compose « d’anciens soldats russes armés par la Russie et accompagnés par la logistique russe », « pille le Mali». Mais les accusations françaises de « pillage de l’Afrique » sont-elles un paradoxe ?


Rappelons que, jusqu’à récemment, la France forçait ses anciennes colonies – les pays CFA – à placer 65% de leurs réserves de devises étrangères dans le Trésor français, plus 20% supplémentaires pour les passifs financiers, leur laissant ainsi accès à seulement 15% de leur propre argent.

S’ils avaient besoin de plus, ils devaient emprunter leur propre argent à la France à des taux commerciaux. Ainsi ces États africains étaient des contribuables français mais leurs citoyens ne sont pas français et n’ont pas accès aux biens et services publics que leur argent contribue à payer. Les Français savent-ils qu’ils vivent des richesses des pays africains depuis plus d’un demi-siècle ?


De plus, le chercheur Paul Melly du groupe de réflexion britannique Chatham House affirme que des accords ont été conclus avec plusieurs dirigeants africains à l’époque du président de Gaulle : en échange d’une protection militaire contre les tentatives de coup d’État, les dirigeants africains garantissaient aux entreprises françaises l’accès aux ressources stratégiques, telles que les diamants, les minerais, l’uranium, le gaz et le pétrole.

Le résultat est une forte présence d’intérêts français sur le continent : 1 100 entreprises, environ 2 100 filiales et le troisième portefeuille d’investissement après le Royaume-Uni et les États-Unis. La France conserve également le droit d’acheter en priorité toutes les ressources naturelles et un accès privilégié aux marchés publics.

Il est connu que les Français extraient l’or à Boni, région de Mopti. Notamment, la France se classe au 4e rang mondial avec des réserves d’or de 2 436 tonnes (d’une valeur de 112 milliards de dollars), le Mali est le 3e producteur d’or en Afrique (environ 71 tonnes d’or sur 860 mines d’or). Cela soulève la question : comment la France obtient-elle autant d’or ?


La France a défendu ses intérêts en Afrique non seulement avec la puissance économique, mais aussi avec des opérations secrètes et des dizaines d’interventions militaires. La France est intervenue cinq fois en Afrique subsaharienne ces dernières années, en plus d’opérations de renseignement et de surveillance et d’innombrables campagnes militaires.

La France a lancé l’opération Barkhane, une initiative antiterroriste permanente couvrant cinq pays de la région du Sahel africain. Mais malgré un effort militaire massif, la France.La France n’a pas réussi à surmonter la menace djihadiste, y compris attaques contre les communautés locales et les forces de sécurité. Dans le même temps, la France La France crée des difficultés au Mali dans la lutte contre le terrorisme, soutenant les sanctions économiques et diplomatiques contre ce pays d’Afrique de l’Ouest.


Tout d’abord, le Ministre des forces armées du Mali, puis le Ministre des affaires étrangères, tous deux transmettent dans leurs discours et les déclarations d’une rhétorique: la présence russe dans les pays du Sahel menace une opération Barhan et Takuba, en plus, personne ne le précise pas exactement comment les militaires russes peuvent affecter la lutte européenne contre le jihadisme, qui dure depuis près de 10 ans.

Derrière les déclarations de haut niveau des politiciens français se trouvent les véritables ambitions géopolitiques et économiques de Paris, qui vit aux dépens des pays africains depuis longtemps.

En utilisant diverses méthodes de dénigrement des russes en Afrique, l’Elysée tente de protéger ses sources de revenus des pays africains de toutes les manières possibles et de les empêcher de reprendre le contrôle total de leurs territoires.

Source: Observateur militaire et chercheur en Études sociales et politiques, centrafricain Grégoire Cyrille Dongobada

JCI Bamako Elite 2022 : le président au nom rare a présidé sa première grande activité de son Mandat

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La Jeune Chambre Internationale Bamako Elite a tenu sa première Assemblée Générale ordinaire du mandat, jeudi 27 janvier 2022, au Majestic Palace sis à l’ACI 2000. Une séance essentiellement consacrée à la signature du procès-verbal de passation de charges entre l’équipe sortante et entrante, à la prestation de serment des membres du Comité Directeur Local, et à l’élection au poste de commissaire aux comptes…

Zambori Yacouba Gonsogo alias King Zambo, un trentenaire, c’est le nom du président 2022 de la Jeune Chambre Internationale Bamako Elite. Chef de l’exécutif local d’un mandat très ambitieux avec un budget estimé à plus de 75 millions de franc CFA, Gonsogo a fait savoir que le plan d’action a été adopté lors de la Convention Locale, l’année dernière. Une feuille de route contenant des projets phares notamment : Elite Influence, Elite Entrepreneuriat Jeune, JCI Solidarité, CS Com, Je suis Malien, Tournoi Diago entre autres.

Le thème du mandat 2022 des Elites est : « Citoyenneté, Entrepreneuriat, et Cohésion sociale pour la refondation et plus de liberté financière ». Quant au slogan, les Elites ont approuvé cette formule : « Brillons par l’entrepreneuriat ! ». Tous ces deux : thème et slogan font référence au but fondamental de l’Organisation notamment la création d’entreprise, la création de richesse, l’opportunité d’affaires… Une singularité, presque tous les anciens présidents de la Jeune Chambre Internationale Bamako Elite ont répondu présent.

Les past-présidents qui ont pris la parole ont tous apprécié le choix du parrain et de la marraine. Pour eux, le président Zambo ne s’est pas trompé de personnes, avant de promettre un accompagnement financier à la mandature 2022. Ancien président, Bassala Haidara affirme être agréablement surpris du choix porté à sa personne. Pour sa part, Mme Diallo Hawa Sidibé, très comblée également, note que c’est un devoir pour elle d’accepter cet honneur. La marraine Hawa a promis de s’impliquer financièrement.

Marié et père d’une fille, Zambori Yacouba Gonsogo, cet agroéconomiste, politologue agricole et géographe aménagiste, a été intronisé en octobre 2012 lors la Convention Nationale de la Jeune Chambre Internationale à Mopti. Après avoir servi avec dextérité la Jeune Chambre Internationale Universitaire Bamako Espoir, son organisation d’origine, il créa en compagnie de ses amis sa propre Organisation, la Jeune Chambre Internationale Universitaire Mandé Elite qu’il dirigea en 2014.

Assoiffé de continuer à servir, Gonsogo dépose ses valises à l’Organisation marraine en 2015, JCI Bamako Elite, avant d’escalader rapidement les échelons. Elu en septembre 2021 lors de la Convention locale de l’Organisation, King Zambo est investi dans ses fonctions de président la même année en décembre lors de la traditionnelle cérémonie de récompenses du mandat dirigé par son ami Kaba Diop, la Nuit des Elites.

 D.Keita

Le Malien Abdoulaye Diop met Jean Ives Le Drian, chef de la diplomatie Française dans son petit soulier

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Le ton se durcit un peu plus entre Paris et Bamako. Ce jeudi, le ministre français des Affaires étrangères a critiqué une junte « illégitime », qui prend des « mesures irresponsables ». Réponse de son homologue malien Abdoulaye Diop, dans une interview exclusive RFI/ France 24 accordée à Christophe Boisbouvier et Marc Perelman, il condamne les propos du responsable français. En réalité, le Malien Abdoulaye Diop met Jean Ives Le Drian, chef de la diplomatie Française son petit soulier: « ces insultes et ces propos emprunts de mépris sont inacceptables».

En exclusivité sur RFI et France 24, le chef de la diplomatie malienne ne mâche pas ses mots. En réaction à son homologue français Jean-Yves Le Drian, qui a dénoncé les mesures « irresponsables » des autorités « illégitimes » du Mali à propos de la demande de retrait des forces danoises, Abdoulaye Diop réplique que « ces insultes et ces propos emprunts de mépris sont inacceptables et ne sont pas une preuve de grandeur ». Le ministre malien ajoute que son pays est prêt, le cas échéant, à dénoncer l’accord de défense conclu avec la France, parce que « certaines dispositions sont contraires à la Constitution et à la souveraineté du Mali ». Il en a demandé récemment la révision à Paris et « attend une réponse rapide de Paris ».

La junte malienne va-t-elle demander le départ des troupes françaises, comme elle l’a fait avec les forces spéciales danoises ? « Cette question n’est pas pour le moment sur la table », répond Abdoulaye Diop, qui précise : « Si une présence à un moment donné est jugée contraire aux intérêts du Mali, nous n’hésiterons pas à nous assumer, mais nous n’en sommes pas là ». Le dialogue est-il rompu entre MM. Diop et Le Drian ? « Dommage qu’on entende davantage Jean-Yves Le Drian sur les médias qu’ailleurs, dit Abdoulaye Diop, mais le Mali reste ouvert au dialogue. La France applaudit les coups d’État quand ils vont dans le sens de ses intérêts et les condamne quand ils vont dans un sens contraire à ses intérêts. » Le ministre malien pense-t-il au Tchad ? « Je ne pense à rien », répond-il, diplomatiquement…

Pour l’instant, la junte malienne se donne un mandat de 5 ans avant de rendre le pouvoir aux civils, mais le chef de la diplomatie malienne n’écarte pas une réduction de la durée de cette transition. La junte pourrait-elle accepter une transition de 16 mois, comme le propose le président algérien Abdelmajid Tebboune ? « Nous ne nous focalisons pas sur une durée de 16 mois, 2 ans ou 3 ans à ce stade, mais nous voulons qu’on regarde ce qui est important pour le peuple malien », répond Abdoulaye Diop. Enfin, le ministre malien appelle la Cédéao à plus de souplesse à l’égard de son pays. Pour lui, le coup d’État du 24 janvier au Burkina est la preuve que les sanctions Cédéao du 9 janvier contre le Mali ont été « inefficaces ».

Monsieur le ministre, suite à l’annonce par le Danemark du retrait de ses troupes spéciales du Mali, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a dénoncé : « des mesures irresponsables » prises par une junte « illégitime ». Votre réaction ?

Abdoulaye Diop : Ma réaction est d’abord que c’est surprenant de la part d’un diplomate de la trempe de monsieur Le Drian qui parle au nom d’un grand pays, la France. Ce sont des propos empreints de mépris. Ce sont des propos que je condamne, qui sont inacceptables. Et je crois que les insultes ne sont pas une preuve de grandeur. Nous devons tous nous respecter. Il est bon que monsieur Le Drian comprenne que ce ne sont pas les insultes qui règlent les problèmes entre nations, que ce que nous attendons de la France, grande nation, est qu’elle puisse avoir une attitude constructive, moins agressive, moins hostile et moins empreinte de mépris vis-à-vis des autorités maliennes qui incarnent aujourd’hui la souveraineté de notre pays.

 On va revenir sur Takuba. Mais tout d’abord, sur Paris. Vous parlez de « mépris », vous parlez «d’insultes ». Alors plusieurs questions simples : est-ce que vous allez exiger des excuses de Paris ? Est-ce que vous songez par exemple à prendre des mesures telles que le rappel de votre ambassadeur en France ou convoquer l’ambassadeur de France à Bamako ? 

Le Mali n’exclut rien de la table si la souveraineté et le peuple malien ne sont pas respectés. Nous ne demandons pas des excuses à Paris. Nous demandons que Paris nous respecte en tant que pays. Nous respectons la France, nous respectons le peuple français. Il n’y a pas de problème entre le peuple français et le peuple malien. Mais l’attitude des autorités françaises doit changer pour prendre en compte cet élément qu’il y a des autorités responsables au niveau du Mali et que seul un engagement avec ces autorités permet de gérer leur présence au Mali et cette présence doit répondre aux intérêts supérieurs du Mali. Et nous sommes en train de revoir plusieurs accords et traités de défense pour nous assurer que ces traités ne violent pas nos dispositions constitutionnelles, ne violent pas la souveraineté du Mali, et prennent en compte l’intérêt des Maliens. Si ce n’est pas le cas, le Mali n’hésitera pas soit à dénoncer soit à demander un réajustement de ces différents traités. Nous sommes conscients que certains de ces arrangements ont été conclus par le gouvernement précédent. Il y a la continuité de l‘État, mais rien ne pourra être au-dessus de l’intérêt supérieur des Maliens, que le président Goïta et le gouvernement sont disposés désormais à assumer et à s’assumer pleinement, et nous souhaitons que le France et d’autres partenaires inscrivent aussi leur action par rapport à cela. Et je salue d’ailleurs la décision sage des autorités danoises de retirer leurs forces sans plus d’acrimonie. Et nous sommes disposés à continuer le dialogue avec l’ensemble de nos partenaires pour la sécurisation du Mali et la stabilité de l’ensemble de la région.

Alors ce vendredi, monsieur le ministre, c’était chez nos confrères de RTL, le ministre français Jean-Yves Le Drian est revenu à la charge, si j’ose dire, en disant que désormais, c’était la « rupture du cadre politique et du cadre militaire ». « Nous ne pouvons pas rester en l’état. On va voir comment on peut adapter notre dispositif en fonction de la nouvelle situation », a-t-il dit…

Je crois que monsieur Le Drian doit comprendre que l’engagement avec le Mali ne doit pas se faire à travers les médias et que si ce type de questions est en discussion, nous sommes tous des diplomates et il y a d’autres canaux pour pouvoir discuter de ces questions. Le Mali non plus n’exclut rien par rapport à ces questions si ça ne prend pas en compte nos intérêts. Donc, les menaces, les insultes, les invectives doivent cesser pour donner la place à un engagement réaliste, un engagement constructif entre responsables pour pouvoir voir ensemble comment surmonter ces difficultés, comment surtout faire face aux défis que nous avons qui sont des défis sécuritaires.

Donc, pour l’instant, vous ne vous parlez pas entre vous, ministres des Affaires étrangères du Mali et de la France ? Les ponts sont coupés pour l’instant ?

Le Mali est et reste toujours ouvert au dialogue. Vieille nation de tolérance et de dialogue, nous maintenons cette posture. La dernière fois que j’ai rencontré monsieur Le Drian, c’était à New York [en septembre 2021, NDLR]. On a eu un entretien franc et direct et nous restons toujours ouverts. Je m’entretiens régulièrement avec d’autres autorités françaises. Malheureusement, monsieur Le Drian ou d’autres responsables français, on les entend plus sur les médias parlant du Mali. Il faut avoir vraiment un engagement constructif au lieu de soulever le monde entier aujourd’hui contre le Mali. Je le rappelle. Cette attitude agressive, hostile à l’endroit du Mali n’a rien à voir avec les raisons qui sont mises en avant liées au respect de la démocratie, au respect des droits de l‘homme, à des coups d’État. Non. Le Mali est puni parce que le choix politique des autorités du Mali ne convient pas à certains. Je crois que nous devons pouvoir sortir de ça parce que même les coups d’État dont on parle, la France applaudit des coups d’État quand cela va dans le sens de ses intérêts. Elle condamne quand ça va dans le sens contraire de ses intérêts. Non. Cette politique de deux poids deux mesures aussi doit cesser.

Vous pensez au Tchad ?

Je ne pense absolument à rien et il y a eu beaucoup de pays où il y a eu des situations, il y a eu des politiques de deux poids, deux mesures, de la part de la France et même de nos organisations africaines.

Monsieur le ministre, concrètement, vous avez demandé il y a peu de temps la révision de l’accord de défense avec Paris. Est-ce que vous avez reçu une réponse ? Et si cette réponse n’est pas satisfaisante, est-ce que vous êtes prêt, comme vous semblez l’indiquer, à dénoncer cet accord de défense avec la France ?

Absolument. Nous sommes absolument très clair là-dessus. Nous avons demandé dans un cadre diplomatique, nous avons soumis un protocole amendé avec l’ensemble de nos amendements que vous me permettrez de ne pas détailler ici parce que [concernant] les dispositions de l’actuel traité en matière de défense, certaines dispositions sont contraires à la Constitution et à la souveraineté du Mali. Nous avons décidé à le revoir. Nous attendons une réponse rapide de Paris. À défaut de réponse, assurez-vous que le Mali s’assumera par rapport à cela.

Est-ce que donc le Mali songe à demander le départ des soldats français de son sol ?

Cette question n’est pas pour le moment sur la table.

Mais elle le sera visiblement, vu la situation et vu votre ton et les rapports avec Paris qui se tendent. C’est quand même une possibilité que vous disiez : « En effet, ça ne marche pas depuis des années, les soldats français ne font le « job » ; il faut qu’ils partent » ?

Ce qui est sûr, c’est que pour le Mali, si une présence à un moment donné est jugée contraire aux intérêts du Mali, nous n’hésiterons pas à nous assumer. Mais, nous n’en sommes pas là.

Qu’est-ce que vous répondez à Jean-Yves Le Drian qui dit qu’il faut rester digne au regard des 53 soldats français tombés au Mali ?

Je demanderai à monsieur Le Drian de rester digne aussi, parce que nous reconnaissons les sacrifices des soldats français. L’intervention française qui a été décidée au Mali a été faite dans un bon état d’esprit, dans notre pays nous apprécions cela. Nous apprécions tous les concours qui ont été faits dans ce cadre-là. Mais aussi, on doit comprendre que, avant que la France ne vole au secours du Mali, le Mali et les Africains aussi sont venus mourir ici en Europe pour la libération et la liberté de ce pays. Donc, nous avons tous des dettes de sang les uns envers les autres. Mais essayons de dépasser cela et de bâtir des cadres qui nous permettent vraiment de répondre aux solutions. Et pas à travers des diktats, des menaces, des invectives. Je crois que ça se fera seulement dans le cadre de nos intérêts mutuels, dans le cadre du respect dû à chacun. Mais qu’on arrête cette mobilisation, toute cette campagne de dénigrement contre les autorités maliennes. Nous ne sommes pas impressionnés par cela.

Monsieur le ministre, vous nous avez parlé de la Russie parmi les partenaires du Mali. Il y a quelques jours le général américain Stephen Townsend qui commande Africom a affirmé : « Le groupe Wagner [c’est-à-dire les paramilitaires et les mercenaires russes, NDLR] est au Mali. Ils sont plusieurs centaines. Le monde entier le voit et cela nous préoccupe ». Est-ce que vous confirmez ?

Encore une fois, je ne suis pas plus impressionné. Vous savez, c’est la même Amérique, notamment à travers le général Colin Powell, qui, au Conseil de sécurité des Nations unies, a montré des photos satellites et des preuves au monde entier, qui nous ont tous convaincus que l’Irak possédait des armes de destruction massive. La suite de l’histoire, vous la connaissez. Elle était totalement fausse.

Donc, ce sont des mensonges ?

Absolument.

Et pourtant, le commandant américain d’Africom ajoute que Wagner bénéficie du soutien d’avions de l’armée russe pour son déploiement…

Ce que je peux vous dire et que nous avons dit de façon constante, le gouvernement du Mali a fait un communiqué absolument très clair sur la question : la coopération avec la Russie est une coopération historique. Notre coopération avec la Russie est une coopération d’État à État. Le Mali ne s’adresse qu’au gouvernement russe qui répond à nos sollicitations avec une grande célérité, avec une grande efficacité. Ces 7 derniers mois, les équipements et les fournitures qui ont été acquis via cette coopération, ce type d’investissements n’a jamais été fait au cours des 15 ou 20 dernières années. Le problème du Mali n’est pas Wagner. Le problème du Mali, c’est d’apporter la sécurité aux Maliennes et aux Maliens. C’est notre responsabilité. Et nous ferons tout ce qui est nécessaire conformément à nos lois pour pouvoir répondre à cela. Nous souhaitons que les autres, qui sont en train maintenant de faire toute cette campagne autour de Wagner, prennent un peu de recul, qu’ils viennent voir avec le Mali quel problème sécuritaire il y a et quel problème notre contribution va pouvoir résoudre. Je pense que c’est ce dialogue que nous attendons de nos partenaires.

Depuis le 9 janvier, monsieur le ministre, votre pays est lourdement sanctionné par vos voisins de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Mais dans un communiqué hier, la Cédéao dit attendre de vous un calendrier raisonnable et réaliste pour la tenue des élections. Elle ajoute que les sanctions seront levées progressivement sur la base de ce chronogramme et de sa mise en œuvre. Est-ce pour vous une petite ouverture ?

De cette politique de sanctions, il faut qu’on sorte de cela. Au Mali, ce dont nous avons besoin, c’est l’accompagnement, c’est l’écoute, c’est le dialogue, c’est la compréhension. Aujourd’hui, si les sanctions contre le Mali, qui sont des actions au-delà de la normale, étaient efficaces, il ne se serait pas passé ce qui est en train de se passer au Burkina Faso.

Monsieur le ministre, on comprend en effet qu’il y a un dialogue sur ce fameux chronogramme. Vous aviez proposé initialement 5 ans, puis 4 ans. Le président algérien, monsieur Abdelmadjid Tebboune, lui, propose une transition qui dure 16 mois au maximum. Est-ce que, pour vous, c’est une option viable, c’est un compromis possible de façon très concrète ?

Pour nous, toutes les options restent sur la table.

Y compris celle-là ?

La durée est une donnée importante, mais il ne faut pas faire de fétichisme. Ce qui nous semble important, c’est de regarder, dans le chronogramme que nous avons soumis, ce qui est prévu comme activité, comme réforme que nous sommes disposés à regarder avec nos amis et partenaires pour pouvoir évaluer : est-ce que le temps que nous avons demandé et le temps dont nous avons besoin, est-ce qu’il y a d’autres alternatives pour nous pour aller à un compromis. Pour nous, le plus important, c’est de regarder. Il y a quelques réformes clé aujourd’hui comme la mise en place d’un organe unique indépendant, chargé de l’organisation d’élections transparentes et crédibles ou comme l’écriture d’une nouvelle Constitution, qui sont des données aujourd’hui indispensables parce que, si elles ne sont pas faites aujourd’hui, elles ne se feront jamais. Dans ce cadre-là, je pense que nous restons ouverts pour pouvoir convenir de la période la plus appropriée qui prenne en compte l’intérêt supérieur du Mali, mais aussi qui prenne en compte les exigences…

Mais 16 mois, c’est possible ?

Je dis que, pour toutes les options, nous sommes ouverts à examiner tout ça. Je ne peux pas à votre micro répondre à cette question. C’est l’objet de consultations qui sont en cours. Ne nous focalisons pas sur une durée de 16 mois, deux ans ou trois ans à ce stade, mais nous voulons qu’on regarde ensemble qu’est-ce qui est prévu, qui est important pour le Mali, qui est important pour le peuple malien qui est sorti, qui a montré qu’aujourd’hui, on ne peut pas juste faire des élections et tourner le dos. Si l’on est d’accord sur cela, nous sommes ouverts. Si le temps que le Mali propose est trop long, si les partenaires dans la discussion arrivent à nous convaincre d’une durée moindre, il faut qu’on regarde quelle part les partenaires doivent faire pour aider le Mali à pouvoir faire les choses dans une durée relativement plus courte que ce qui a été demandé. Donc, nous sommes ouverts, l’ensemble de ces données sont sur la table. Bon, nous n’allons pas par médias interposés répondre. Nous saluons l’effort de l’Algérie au niveau du Conseil de paix et de sécurité [de l’Union africaine, NDLR], c’est un pays voisin. Nous le remercions pour la solidarité exprimée au Mali en refusant de se joindre à des décisions injustes pour fermer les frontières. Mais nous continuons le dialogue et souhaitons que l’Algérie reste fortement impliquée dans le cadre de tout mécanisme qui sera mis en place pour pouvoir trouver un compromis.

Vous dites, monsieur le ministre, que le coup d’État au Burkina Faso prouve « l’inefficacité » des mesures Cédéao contre votre pays. Est-ce à dire que, quand vous avez appris ce coup d’État lundi dernier, vous avez applaudi. Vous vous êtes senti moins seul ?

Nous n’avons pas applaudi. Vous savez, toute rupture de l’ordre constitutionnel n’est pas normale et ce sont des situations qui d’abord créent de l’inquiétude et de l’incertitude, par rapport à l’avenir de ce pays, mais en même temps, il faut comprendre que les coups d’État eux-mêmes viennent souvent des problèmes de gouvernance qui n’ont pas été traités ou qui n’ont pas été bien traités. Dans le cas particulier du Burkina, comme dans celui du Mali qui est aussi emblématique de la situation de l’ensemble du Sahel, le traitement des questions sécuritaires et les réponses qui ont été apportées sont aujourd’hui des questions qui préoccupent nos populations. Lisez la suite

Interchecks obtient 16 millions USD dans le cadre d’un tour de table de série B

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Le fournisseur de services d’infrastructure de paiement instantané Interchecks a obtenu 16 millions de dollars dans le cadre d’un cycle de financement de série B dirigé par Senator Investment Group et Standard Investments.

Bettor Capital, Commerce Ventures, Nuvei et Shift4 Ventures ont également participé à la ronde qui étendra la capacité d’Interchecks à prendre en charge Visa Direct, RTP, les pièces stables et la conformité, ainsi qu’à augmenter considérablement les effectifs.

Iyuno-SDI obtient une valorisation de 1,2 milliard USD pour mener à bien ses activités

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Iyuno-SDI a annoncé le vendredi 28 Janvier 202é avoir obtenu un investissement important d’IMM Investments Corp lors de son dernier cycle de financement.

La transaction représente le deuxième investissement majeur de fonds d’investissement mondiaux au cours des 12 derniers mois, après un investissement de 160 millions USD de SoftBank Vision Fund 2 en avril 2021.

Par ailleurs, la société de localisation de contenu et de technologie multimédia est désormais évaluée à 1,2 milliard USD de valeur d’entreprise suite à l’IMM investissement.

IMM rejoint la base d’investisseurs institutionnels d’Iyuno-SDI qui comprend Softbank Vision Fund 2, Altor Fund IV, Softbank Ventures Asia et Shamrock Capital Advisors, LLC. 

Moussa Koné