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Mali: le Général Assimi Goïta a inauguré la deuxième Mine de Lithium de Bougouni

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, dans un événement d’une grande importance pour l’avenir économique et industriel du pays, le président de transition, le général Assimi Goïta, a procédé à la cérémonie d’inauguration officielle de la nouvelle mine de lithium, un projet d’envergure situé dans le village de Gouaala, dans la région de, le lundi 03 octobre 2025.

Cet événement capital, attendu par la communauté locale et les acteurs économiques nationaux, marque le commencement d’une exploitation minière qui, selon les prévisions et les paramètres techniques, s’étendra sur une durée impressionnante de 11 ans. Ce site minier prometteur renferme environ 19,8 millions de tonnes de minerai, ce qui constitue une ressource significative dans le domaine des minerais pour le pays. Avec une teneur moyenne mesurée à 1,07 % en oxyde de lithium (Li₂O), cette mine représente une opportunité exceptionnelle pour renforcer l’économie du Mali et soutenir les industries technologiques et énergétiques qui dépendent fortement du lithium, matériau crucial pour les batteries rechargeables et autres technologies avancées.

En outre, le Projet de Lithium de Bougouni, piloté et développé par Les Mines de Lithium de Bougouni SA (LMLB SA), constitue une initiative stratégique cruciale ayant pour objectif de positionner de manière durable et significative le Mali comme l’un des acteurs clés et influents sur la scène mondiale du marché du lithium. Ce projet s’appuie sur une récupération métallurgique ambitieuse de 65,8 %, ce qui permet de projeter une production globale impressionnante de 2,44 millions de tonnes de concentré de spodumène. Cela se traduit, plus précisément, par une production annuelle de 125 000 tonnes lors de la Phase 1 initiale, suivie de 240 000 tonnes par an lors de la Phase 2.

Ainsi, ces chiffres illustrent non seulement la performance économique notable, mais également la rentabilité exceptionnelle attendue de ce projet. Les projections financières associées confirment de manière convaincante la viabilité économique ainsi que la solidité robuste du projet dans son ensemble, selon une note détaillée publiée par la société qui exploite le gisement minier de lithium à Bougouni.

Dans les détails, l’État du Mali et ses partenaires estiment que « Les coûts d’exploitation totaux sont évalués à 1,41 milliard de dollars américains, soit un coût moyen de 576 USD par tonne de concentré produit. Ce montant reflète les dépenses nécessaires pour extraire et traiter les ressources minières, en tenant compte des divers processus impliqués, depuis l’extraction brute jusqu’à l’acheminement final du produit concentré.

Par ailleurs, les revenus cumulés sur la durée de vie de la mine devraient atteindre 2,25 milliards USD, ce qui se traduit par une activité économique significative et soutenue sur le long terme. Cette rentabilité devrait générer un EBITDA (Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization, soit en français : Résultat avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) impressionnant de 821,5 millions USD. Cela montre une performance opérationnelle solide avant la prise en compte des dépenses financières et fiscales additionnelles.

En outre, un résultat net après impôts (NPAT) de 374,8 millions USD est anticipé », ont-ils estimé à Croissance Afrique, soulignant ainsi une rentabilité nette appréciable qui renforcera une fois de plus l’attrait économique du projet dans la région. En ce qui concerne plus spécifiquement la valeur actuelle nette (VAN) après impôts, la société Kodals Minerals et ses divers partenaires expliquent en détail que cette valeur, qui a été méticuleusement calculée à un taux d’actualisation de 10 %, atteint la somme considérable de 109,1 millions USD. Cela reflète l’importance économique du projet en termes de rentabilité à long terme.

Toutefois, a part de l’État malien dans les flux financiers résultant de ce projet ambitieux est estimée à un montant significatif de 254,9 millions USD. Cette somme substantielle comprend 67,5 millions USD de redevances et 187,4 millions USD provenant d’impôts sur les sociétés, ce qui illustre l’impact fiscal positif pour le pays et contribue à ses ressources financières.

Quant aux aspects liés à l’impact socio-économique et au développement durable, le gouvernement malien estime que ce projet prometteur produira une dynamique économique bénéfique, générant plus de 500 emplois directs et indirects durant la première phase. Lorsque la capacité maximale sera atteinte, ce chiffre devrait augmenter pour atteindre environ 800 emplois, fournissant ainsi des opportunités d’emploi significatives à la population locale. Par ailleurs, LMLB SA, le promoteur, positionne résolument la responsabilité sociétale et environnementale comme un élément central de sa stratégie globale, soulignant l’engagement envers des pratiques durables et responsables.

Selon eux, il est estimé qu’une somme considérable de plus de 317 millions de francs CFA a été allouée jusqu’à présent dans des initiatives destinées à soutenir et développer les communautés locales. Ces initiatives comprennent un large éventail de projets essentiels tels que la construction et la réhabilitation d’infrastructures routières, un élément clé pour améliorer la mobilité et l’accessibilité des zones concernées.

Cependant, la réouverture et le soutien des écoles permettent d’assurer un accès à l’éducation, favorisant ainsi le développement intellectuel et professionnel des générations futures. L’appui aux activités agricoles et sanitaires joue un rôle fondamental dans le renforcement de la sécurité alimentaire et de la santé publique, tandis que les campagnes de sensibilisation sur la sécurité, la santé et l’environnement visent à instaurer une culture de prévention et de responsabilité citoyenne. 

De plus, à ces actions déjà significatives s’ajoutent des compensations foncières d’un montant total de 446 millions de francs CFA. Un engagement annuel additionnel de 72,5 millions de francs CFA a aussi été consacré spécifiquement au Plan de Développement Communautaire (PDC), soulignant ainsi le dévouement continu envers l’amélioration des conditions de vie locales.

Pour garantir que ces projets sont exécutés de manière efficace et juste, des comités communautaires ont été établis. Leur rôle est essentiel pour assurer la transparence lors des processus de recrutement, le suivi scrupuleux des impacts environnementaux et le maintien d’une bonne gouvernance locale du projet. C’est ce qu’a expliqué la société et ses partenaires, en soulignant l’importance de ces mesures pour garantir le succès durable de leurs initiatives au sein des communautés impliquées.

Dans le cadre de son engagement envers le développement et la promotion du contenu local, la société a investi, sur la période s’étendant de janvier 2024 jusqu’à aujourd’hui, une somme colossale de 24 031 063 987,07 FCFA dans l’acquisition de biens et de services fournis par des entreprises locales. Cet effort financier s’inscrit dans une démarche stratégique visant à renforcer l’économie locale et à soutenir les acteurs économiques nationaux.

Parallèlement à cet investissement significatif, l’entreprise a également contribué au budget de l’État en versant une somme de 3,857 milliards FCFA sous forme d’impôts, de taxes variées et de droits de douane. Cette contribution fiscale illustre l’engagement de la société à participer activement au développement économique du pays en respectant ses obligations fiscales et en soutenant les infrastructures publiques.

Dans le cadre de son engagement envers le développement et la promotion du contenu local, la société a investi, sur la période s’étendant de janvier 2024 jusqu’à aujourd’hui, une somme colossale de 24 031 063 987,07 FCFA dans l’acquisition de biens et de services fournis par des entreprises locales.

Cet effort financier s’inscrit dans une démarche stratégique visant à renforcer l’économie locale et à soutenir les acteurs économiques nationaux. Parallèlement à cet investissement significatif, l’entreprise a également contribué au budget de l’État en versant une somme de 3,857 milliards FCFA sous forme d’impôts, de taxes variées et de droits de douane. Cette contribution fiscale illustre l’engagement de la société à participer activement au développement économique du pays en respectant ses obligations fiscales et en soutenant les infrastructures publiques.

Daouda Bakary KONÉ /Envoyé Spécial à Bougouni

Au Nigeria, l’État négocie 567 milliards de FCFA de prêt auprès de la Banque Mondiale

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Nigeria, le gouvernement, faisant face à des défis économiques complexes, s’active à préparer une nouvelle étape cruciale de sa stratégie de relance économique. Dans cette optique, le gouvernement fédéral a entamé des discussions avancées avec la prestigieuse institution qu’est la Banque mondiale, dans le but d’obtenir un financement substantiel d’un milliard de dollars, soit l’équivalent de 567 milliards FCFA.

. Ce financement est spécifiquement destiné à dynamiser plusieurs secteurs clés : il vise à stimuler la création d’emplois essentiels dans un pays à forte densité démographique, à favoriser une diversification économique toujours plus nécessaire et à encourager les investissements privés, source de croissance et de prospérité.

Ce vaste programme, baptisé Nigeria Actions for Investment and Jobs Acceleration (P512892), s’inscrit dans la lignée des opérations de financement des politiques de développement (DPF), un instrument essentiel du partenariat continu et stratégique qui existe entre la Banque mondiale et les autorités d’Abuja. Dans le cadre de ces ambitions, le projet est prêt à être présenté au conseil d’administration de la Banque mondiale le 16 décembre prochain. Le financement proposé par la Banque mondiale repose sur une architecture double : il comprendra 500 millions de dollars en crédit concessionnel de l’Association internationale de développement (IDA), permettant au pays de bénéficier de conditions financières favorables, ainsi qu’un autre volet de 500 millions de dollars de prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), visant à soutenir des projets d’infrastructure essentiels pour la stabilisation et le développement de l’économie nigériane.

Si l’approbation est obtenue, ce prêt représentera le second appui financier le plus significatif offert par l’une des principales institutions de Bretton Woods au Nigeria durant la présidence de Tinubu. Cela vient après le programme RESET, d’une valeur de 1,5 milliard de dollars, qui a été officiellement approuvé en juin 2024. Ce dernier programme avait pour objectif initial de soutenir les réformes visant à stabiliser l’économie nigériane tout en initiant des transformations structurelles cruciales pour le pays. Avec ce nouveau programme de soutien, une étape stratégique est franchie alors que le Nigeria s’efforce de sortir de la phase de stabilisation macroéconomique. Cette phase avait débuté suite à d’importantes réformes telles que la suppression controversée des subventions sur les carburants et l’unification complexe mais nécessaire du taux de change. Désormais, l’accent est mis sur le lancement d’une croissance durable et résiliente, principalement stimulée par l’amélioration et l’expansion des capacités du secteur privé, élément central du développement économique futur envisagé.

Abdoulaye KONÉ

Air Burkina réceptionne un nouvel avion de type Embraer 190

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Le jeudi 30 octobre 2025, un événement marquant s’est déroulé à l’aéroport international Thomas Sankara de Ouagadougou : Air Burkina a accueilli un nouvel avion de type Embraer 190. 

Cet appareil, qui vient s’ajouter à la flotte existante de la compagnie, contribue à élever le nombre total d’avions opérés par Air Burkina à quatre. Avant cette importante livraison, Air Burkina possédait déjà deux Embraer 195—dont l’un avait été acquis l’année précédente—ainsi qu’un Embraer 175, ce qui témoigne de l’évolution continue de sa flotte pour répondre aux besoins croissants de sa clientèle.

Avec une capacité permettant d’accueillir environ 98 passagers, ce nouvel avion sera utilisé tant pour les vols sur le réseau intérieur que pour les dessertes régionales. Air Burkina a de grands projets pour ce nouvel appareil, car elle prévoit de renforcer ses opérations entre Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, tout en renforçant sa présence sur plusieurs routes africaines stratégiques. Les destinations incluent des villes essentielles telles qu’Abidjan, Bamako, Accra, Lomé, Niamey et Cotonou.

Par ailleurs, ces villes montrent bien que la compagnie ne se contente pas de répondre à la demande domestique, mais qu’elle entend continuer à jouer un rôle clé dans la région en maintenant sa position en tant que transporteur de référence pour l’Afrique de l’Ouest. À travers cet investissement stratégique, Air Burkina démontre son engagement envers sa clientèle et son ambition de dynamiser le secteur aérien régional en offrant des services améliorés et une connectivité accrue.

Le ministre d’État chargé de la Mobilité, Émile Zerbo, présent lors de la cérémonie d’accueil, a salué cette acquisition comme un signe tangible de la résilience et de la détermination du pays à redonner à sa compagnie nationale toute sa place dans le ciel africain. Dans ses propos, il a souligné combien l’implication de l’État dans ce projet était cruciale pour le futur de l’aviation civile au Burkina Faso. 

Le choix du modèle Embraer 190 traduit cette ambition, car il s’agit d’un appareil reconnu pour sa fiabilité, son confort et sa consommation maîtrisée, parfaitement adapté aux trajets de courte et moyenne distance qui composent le réseau d’Air Burkina. Ce modèle représente également une évolution technologique significative qui permet de réduire l’empreinte écologique des voyages, un aspect devenu essentiel dans les industries aujourd’hui.

Après plusieurs années marquées par des difficultés économiques et des obstacles opérationnels, tels que l’augmentation des coûts de maintenance et les fluctuations du prix du carburant, la compagnie reprend progressivement son envol. L’arrivée de ce deuxième avion renforce sa capacité opérationnelle, permettant d’accroître la fréquence des vols et de proposer des horaires plus flexibles aux passagers, tout en symbolisant une reprise solide pour un acteur historique du transport aérien dans la sous-région.

Notons qu’Air Burkina, plus que jamais, veut redevenir un pont aérien fiable entre les capitales ouest-africaines et offrir aux passagers une alternative nationale crédible, sûre et régulière, en garantissant des services adaptés aux besoins variés de ses clients, allant des voyageurs d’affaires aux familles en quête de vacances.

Mariam KONÉ

Garder le gouvernement propre selon le Singapour: la croisade de Lee Kuan Yew contre la corruption

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Lorsque le Parti d’Action du Peuple (PAP) prit le pouvoir en 1959, Lee Kuan Yew et son équipe s’étaient fixé une mission claire : bâtir un gouvernement propre, discipliné et incorruptible.

Ils avaient été profondément écœurés par ce qu’ils voyaient ailleurs en Asie : des héros de l’indépendance transformés en prédateurs, des États ruinés par la cupidité, et des peuples trahis par leurs propres dirigeants.

« Nous étions déterminés à ne jamais devenir comme eux », écrira plus tard Lee Kuan Yew. Dès le premier jour, la bataille contre la corruption fut donc considérée comme un combat existentiel — non seulement pour l’économie, mais pour l’âme même de la nation.

Des symboles forts et une équipe exemplaire

Le 5 juin 1959, jour de leur prestation de serment, tous les ministres du nouveau gouvernement portaient des chemises et pantalons blancs, symboles de pureté et d’intégrité. Ce n’était pas un détail vestimentaire, mais une déclaration politique. « Nous voulions signifier au peuple que notre gouvernement serait honnête dans la gestion de l’argent public et dans sa conduite personnelle. »

Lee Kuan Yew avait choisi des ministres éduqués, compétents et financièrement indépendants. Ils savaient qu’ils pouvaient quitter le pouvoir sans craindre la pauvreté. Beaucoup d’entre eux avaient des épouses travaillant, ce qui leur donnait une liberté d’esprit rare dans la région. Cela créa une culture d’indépendance morale : personne n’avait besoin de “mettre de côté pour l’avenir”. Le service public était un honneur, pas un moyen d’enrichissement.

Chaque dollar public doit arriver au peuple

Dès l’installation du gouvernement, Lee Kuan Yew posa une règle simple : « Chaque dollar collecté doit arriver au bénéficiaire final sans qu’un seul centime ne soit siphonné en chemin. ». Il savait que les tentations étaient multiples — dans les douanes, la police, les services hospitaliers, les marchés. À cette époque, il n’était pas rare qu’en Asie du Sud-Est, un voyageur doive glisser quelques billets pour passer les contrôles, ou qu’un malade doive payer pour être admis à l’hôpital.

Mais pour Lee Kuan Yew, tolérer la petite corruption, c’était ouvrir la porte à la grande.

Il décida donc de simplifier les procédures administratives, de réduire la discrétion des fonctionnaires et de renforcer les mécanismes de contrôle. Le rôle clé du Bureau d’Enquête sur les Pratiques Corruptives (CPIB). Créé en 1952 par les Britanniques, le CPIB (Corrupt Practices Investigation Bureau) fut transformé en véritable bras armé de la probité. Sous Lee Kuan Yew, il fut placé directement sous l’autorité du Premier ministre et doté de pouvoirs étendus : Perquisitions, arrestations, accès aux comptes bancaires des suspects et de leurs familles, possibilité d’enquêter sur tout ministre ou haut fonctionnaire. En 1960, la loi fut révisée pour inclure dans la définition de la corruption toute forme d’avantage de valeur, pas seulement l’argent. Désormais, vivre au-dessus de ses moyens devenait une preuve suffisante pour ouvrir une enquête.

Cette approche radicale fit du CPIB une institution redoutée, respectée et incorruptible. « L’odeur d’une vie au-dessus de ses moyens suffisait à attirer l’attention du CPIB », rappelait Lee Kuan Yew.

La loi s’applique à tous, sans peur ni faveur

Ce principe fut mis à l’épreuve à plusieurs reprises. Entre les années 1960 et 1980, plusieurs ministres et hauts responsables furent arrêtés, condamnés ou contraints de démissionner.

Même les compagnons de route de Lee Kuan Yew n’échappaient pas à la rigueur du système. L’un d’entre eux, convaincu de corruption, choisit même de mettre fin à ses jours plutôt que d’affronter la honte publique. Cet épisode tragique montra à quel point la culture de l’honneur et de la responsabilité était devenue forte : il valait mieux mourir que déshonorer le pays.

« Il est facile de commencer avec de bonnes intentions, mais difficile de s’y tenir si les dirigeants ne sont pas assez forts pour sanctionner sans exception. » 

 Lee Kuan Yew. Des élections propres, sans argent sale

Lee Kuan Yew comprit très tôt que la corruption politique commence souvent par le coût excessif des élections.

Dans d’autres pays, les candidats dépensaient des millions pour acheter des voix — ils devaient ensuite “récupérer” leur argent une fois élus.

À Singapour, la loi interdit rapidement les dépenses électorales excessives, les cadeaux aux électeurs, et même le transport organisé vers les bureaux de vote.

Le PAP gagna et regagna les élections non pas en achetant des consciences, mais en livrant des résultats tangibles :

des emplois, des écoles, des hôpitaux, des logements. « Nous avons gagné les cœurs des citoyens en leur donnant un toit, pas de l’argent. ». Payer les dirigeants à leur juste valeur

L’un des points les plus controversés de la gouvernance de Lee Kuan Yew fut la rémunération des ministres et hauts fonctionnaires. Il affirma que pour maintenir un gouvernement propre, il fallait payer les dirigeants à la hauteur de leurs responsabilités et compétences.

Dans les années 1990, le gouvernement adopta une formule salariale transparente : les salaires des ministres et hauts fonctionnaires furent indexés sur les revenus moyens du secteur privé (environ deux tiers du niveau du privé). Cette politique suscita des critiques, mais elle permit à Singapour de recruter les meilleurs talents sans créer de tentation de corruption.

« Un ministre sous-payé finit par coûter plus cher au pays. » — Lee Kuan Yew

Un système impitoyable, même envers ses fondateurs.Lee Kuan Yew appliqua à lui-même et à sa famille les mêmes standards. Lorsqu’une controverse éclata sur l’achat d’un bien immobilier par son épouse et son fils, il demanda une enquête publique. Résultat : aucune faute trouvée, mais il décida tout de même de verser l’équivalent du rabais reçu au Trésor public, puis à des œuvres de charité.

« Le fait que le système ait pu enquêter sur moi prouvait qu’il fonctionnait : personne n’est au-dessus de la loi. ». Les résultats : une réputation mondiale et une leçon durable. À la fin des années 1990, Singapour était classée parmi les pays les moins corrompus au monde, devant le Japon, Hong Kong et Taiwan.

Pendant la crise financière asiatique de 1997, Singapour fut épargnée, car il n’y avait ni favoritisme ni collusion politique dans les banques et les marchés publics. Lee Kuan Yew avait réussi ce que peu de dirigeants asiatiques ont accompli : bâtir un État où la propreté du gouvernement est devenue une norme culturelle.

Conclusion : l’intégrité comme fondement du progrès

Ce chapitre de From Third World to First montre que la lutte contre la corruption ne dépend pas de slogans, mais d’un système cohérent : un leadership exemplaire, des institutions fortes, des lois sévères, une rémunération juste, et une culture de transparence publique.

« Ce n’est pas la peur de la punition qui garde un gouvernement propre, mais la conviction profonde que trahir la confiance du peuple, c’est trahir soi-même. » — Lee Kuan Yew.

Leçon pour nous aujourd’hui

La propreté d’un État ne se décrète pas. Elle se construit, jour après jour, par la cohérence entre les mots et les actes.

Singapour nous rappelle que le vrai développement commence par la gouvernance morale : là où chaque citoyen, du ministre au fonctionnaire, comprend que l’honneur vaut plus que l’argent.

Alf Sidibé 

Source: Lydmali.com

« Financer l’Afrique, un impératif stratégique », par Boubacar KEBA DAFFE

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(CROISSANCE AFRIQUE)-L’Afrique ne manque ni d’ambition, ni d’idées. Elle regorge d’entrepreneurs, de porteurs de projets, de talents exceptionnels qui bâtissent l’avenir du continent. Ce que l’Afrique manque cruellement, c’est l’accès au financement. Et ce n’est pas une fatalité : c’est un dysfonctionnement que nous avons le devoir collectif de corriger.

Aujourd’hui, moins de 10 % des PME africaines ont accès à un financement formel. Pourtant, ce sont elles qui créent 80 % des emplois. Pendant que les banques imposent des garanties inaccessibles, les projets innovants meurent dans les tiroirs. Pendant que les bailleurs étrangers hésitent, des opportunités économiques et sociales s’éteignent.

Pourquoi ce blocage ? Parce que notre système financier est inadapté à notre réalité économique. Parce que les investisseurs perçoivent l’Afrique comme un risque, alors qu’elle est une opportunité. Parce que nous n’avons pas su bâtir un écosystème de financement africain, audacieux et structuré.

Mais il y a des solutions. Et je veux ici vous partager trois propositions concrètes :

  1. Construire des véhicules de financement africains : Des fonds d’investissement panafricains capables de mutualiser les risques, d’accompagner les PME sur le long terme et de catalyser les financements privés. L’Afrique doit investir en Afrique.
  2. Renforcer les capacités d’ingénierie financière : Trop de projets échouent faute de structuration solide. Il faut des cabinets africains spécialisés – comme DAFFE CONSULTING – pour transformer les idées en dossiers bancables, parler le langage des investisseurs, et bâtir des modèles viables.
  3. Digitaliser et démocratiser l’accès au capital : Le financement participatif, les plateformes d’impact, les monnaies digitales peuvent révolutionner l’accès aux ressources. L’innovation financière est notre levier pour inclure les exclus du système classique.

L’avenir de l’Afrique se finance. Et nous n’avons pas le luxe d’attendre. Il est temps d’agir, de créer nos propres mécanismes, de faire confiance à nos entrepreneurs. DAFFE CONSULTING est prêt. Et nous tendons la main à tous ceux qui veulent co-construire une finance utile, inclusive et souveraine.

Parce qu’un continent qui se finance, c’est un continent qui se libère.

Boubacar KEBA DAFFE
FONDATEUR & DIRECTEUR GÉNÉRAL DAFFE CONSULTING

Mali: Baraka Petroleum dément formellement les allégations et les fakenews attribuées à ses activités

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COMMUNIQUÉ OFFICIEL
Baraka Petroleum – Direction Générale

Suite à certaines publications circulant sur les réseaux sociaux, il a été affirmé que plusieurs stations de notre société seraient fermées, entraînant des mises en chômage technique. La Direction Générale de Baraka Petroleum tient à démentir formellement ces informations.

Nous confirmons que toutes nos stations sont pleinement opérationnelles, et aucun arrêt d’activité n’est prévu, ni à Bamako, ni ailleurs sur le territoire national. Nos équipes continuent d’assurer la disponibilité de nos produits et services conformément à nos engagements envers nos clients et partenaires.

Baraka Petroleum réaffirme son engagement à soutenir le développement économique et la stabilité du pays, et remercie ses collaborateurs ainsi que le grand public pour leur confiance et leur soutien constants.

Pour tout renseignement complémentaire, merci de contacter notre service communication à 62 00 93 61.

Direction Générale
Baraka Petroleum

Secteur Minier : le Mali va inaugurer sa deuxième Mine de Lithium ce lundi à hauteur de 65 millions de dollars à Bougouni

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, un événement d’une grande envergure est sur le point de se dérouler sous les auspices du président de la transition, le Général Assimi Goïta. En effet, celui-ci s’apprête à inaugurer officiellement la deuxième mine de lithium de Bougouni, désormais exploitée par la société minière nommée « Les Mines de Lithium de Bougouni SA (LMLB SA) ». Cette inauguration, prévue pour le lundi 3 novembre 2025, représente une étape cruciale dans le développement économique de la région de Bougouni, avec des investissements qui s’élèvent à (environ 65 millions USD) près de (37 milliards de FCFA). 

En tant que filiale malienne, LMLB SA appartient entièrement à la société Kodal Mining UK Ltd («KMUK»), qui est elle-même détenue par deux importants actionnaires : Xinmao Investment Co. Limited («Xinmao») et Kodal Minerals ple («Kodal»), basée au Royaume-Uni. Selon un rapport technique récemment publié par les autorités au Mali, la société Xinmao Investment se présente comme une filiale britannique entièrement dominée par Hainan Mining Co. Limited («Hainan»), qui fait partie de l’ensemble plus vaste connu sous le nom de Groupe Hainan. 

Ce dernier est à son tour rattaché à Fosun International Limited («Fosun»), ce qui en fait la plateforme industrielle centrale pour les opérations minières et les ressources naturelles au sein de l’empire économique de Fosun. Cette expansion minière revêt une importance stratégique majeure pour le Mali, en renforçant son rôle dans le marché international du lithium, un matériau essentiel pour la fabrication de batteries dans le cadre de la transition énergétique mondiale.

Le document a précisé qu' »En novembre 2023, KMUK a reçu une somme importante de 100 millions de dollars (environ 56,400 milliards de FCFA)résultant d’une transaction financière sécurisée par Hainan, ce qui a permis à Hainan d’acquérir une participation majoritaire de 51% dans KMUK. Cet investissement en capital conséquent a été exclusivement dédié à soutenir le financement nécessaire pour la construction de la Phase 1 du développement ambitieux de ce projet », précise-t-il avec insistance. 

Dans le cadre de ces détails financiers et structurels, les sources fiables confirment à Croissance Afrique et estiment que « le capital social de LMLB SA est actuellement et stratégiquement réparti avec 65% détenus par Kodal Mining UK Limited et 35% par l’État du Mali, ce parcours incluant également des investisseurs nationaux qui jouent un rôle significatif. Sur le plan technique, il est important de souligner que le projet ambitieux a été méthodiquement conçu pour être divisé en deux phases distinctes d’exploitation. Notamment, la Société a brillamment mené à terme la construction de la Phase 1 du Projet de Lithium de Bougouni (PLB), marquant ainsi une étape cruciale, au cours du premier trimestre de l’année 2025. »

En outre, un aperçu détaillé est dédié au développement qui aborde en profondeur la constitution du projet minier de Bougouni. Selon les explications fournies par les autorités minières compétentes, « le projet ambitieux de cette deuxième Mine de Lithium » englobe trois gisements principaux : N’gouanala, Sogola-Baoulé et Boumou, chacun présentant des caractéristiques minéralogiques distinctes. Ces différences notables sont cruciales car elles déterminent les schémas de traitement spécifiques qui devront être mis en place pour une exploitation optimale.

Ainsi, les sources officielles du gouvernement malien précisent que « l’investissement pour cette phase initiale du projet est estimé à 65 millions de dollars « . Cette somme considérable est destinée principalement à l’exploitation intensive du gisement de N’gouanala, reconnu pour ses ressources en spodumène grossier, qui sont particulièrement riches. Ce projet prometteur représente une étape significative dans l’exploitation minière régionale, avec des retombées économiques et industrielles potentielles pour la région et le pays.

Le document, dont Croissance Afrique a pris connaissance, précise que le traitement du minerai de la deuxième mine de Bougouni « est réalisé par séparation par milieu dense (SMD), sur une période prévue s’étalant de 3 à 4 ans, notamment entre 2024 et 2027. Cette opération, dotée d’une capacité annuelle de 1,2 million de tonnes, vise à produire environ 770 297 tonnes de concentré de spodumène. 

Parmi ces tonnes, 500 694 seront extraites au cours de la première phase grâce au procédé SMD. Quant aux 269 603 tonnes restantes, qui proviennent des résidus, elles seront traitées ultérieurement par l’unité de flottation dédiée, prévue pour être opérationnelle lors de la phase 2. » Par conséquent, l’objectif de la Société est de maintenir et prolonger ses activités à Bougouni, à travers un programme actif et continu de forage d’exploration et de développement. Ce programme ambitionne d’assurer la pérennité des opérations à long terme dans la région.

 Parmi les éléments clés de l’opération SMD de la Phase I, on relève notamment que « l’opération minière se déroule en exploitation à ciel ouvert, mettant en œuvre des méthodes de forage et de dynamitage, appuyées par l’utilisation de camions ». Ces opérations s’inscrivent dans une stratégie globale visant à optimiser et maximiser l’extraction des ressources disponibles tout en respectant les standards de sécurité et d’efficacité industrielle.

Ce pendant, l’usine SMD située dans la région de Bougouni repose sur une prévision initiale quant à la durée de vie de la mine, qui est estimée à environ quatre ans. Pendant cette période, elle se concentre sur le traitement du matériau extrait du gisement de N’gouanala. Par la suite, une nouvelle usine de flottation prendra le relais pour traiter les minerais restants, prolongeant ainsi l’exploitation minière pendant environ six années supplémentaires au minimum, en raison du fait que le gisement de Boumou continue de révéler davantage de ressources.

Notons que l’étape de construction et de mise en service de l’usine est estimée à douze mois, comparativement aux vingt-deux à vingt-quatre mois nécessaires pour la mise en place de l’usine de flottation de la Phase 2. En ce qui concerne l’énergie, l’alimentation sur le site est générée au diesel et s’accompagne d’un réseau de distribution de basse tension. 

Pour rappel, la charge énergétique installée pour ce projet particulier est évaluée à 6 MW, avec une demande moyenne continue qui atteint les 3,5 MW. Ces détails témoignent de l’ampleur et de la complexité de l’entreprise, nécessitant une planification minutieuse et un approvisionnement énergétique stable pour soutenir les opérations continues.

Daouda Bakary KONÉ /Envoyé Spécial à Bougouni

Au Mali, le tribunal d’arbitrage de la Banque mondiale rejette la demande d’expédition de Barrick Mining 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, le tribunal d’arbitrage de la Banque mondiale a annoncé officiellement avoir rejeté la demande d’expédition de la société Barrick Mining dans l’affaire malienne, un dossier qui a suscité beaucoup d’intérêt et d’attention au niveau international. Cette demande spécifique, formulée par la société minière Barrick Mining, avait pour objectif d’accélérer le processus d’arbitrage international engagé contre l’État du Mali. 

Cependant, en fin de semaine, deux sources bien informées et proches de ce dossier complexe ont indiqué à l’agence de Croissance Afrique que cette tentative d’accélération n’a pas été acceptée, maintenant ainsi le cours ordinaire de la procédure. Cette décision est illustrative des complexités et des défis inhérents aux procédures d’arbitrage international, notamment lorsqu’elles impliquent des acteurs majeurs de l’industrie minière et des États souverains.

Ainsi, le gouvernement malien de ce pays d’Afrique de l’Ouest, reconnaissant l’importance stratégique de ses ressources naturelles, est activement engagé, depuis l’année 2023, dans d’intenses et ardues négociations avec la société minière Barrick afin de discuter et de planifier la mise en œuvre d’un nouveau code minier. Ce code propose une augmentation significative des taxes associées à l’extraction des ressources et accorde une part plus importante des bénéfices générés par les mines d’or à l’État, renforçant ainsi la souveraineté économique du pays. 

En réponse à cette initiative, Barrick Mining a pris la décision de recourir à une action légale et a engagé une procédure d’arbitrage auprès du tribunal d’arbitrage international de la Banque mondiale, connu sous le nom de CIRDI, en décembre 2024, soulignant ainsi les tensions économiques et politiques entourant ces négociations cruciales pour l’avenir minier du Mali.

Par ailleurs, la société espérait vivement que le Centre International pour le Règlement des Différends relatifs aux Investissements (CIRDI) intervienne en toute urgence pour traiter plusieurs préoccupations critiques. Ces préoccupations incluaient la détention continue de quatre de ses employés, un problème majeur affectant directement le fonctionnement de l’entreprise et soulevant des questions de droits humains et de procédures légales. À cela s’ajoutait la nomination d’un administrateur provisoire destiné à gérer le complexe minier de Loulo-Gounkoto. 

Cette mesure devenait nécessaire après que Barrick ait pris la décision de suspendre temporairement ses activités dans cette région, en raison d’un différend persistant qui compromet le progrès et la rentabilité des opérations. En outre, la société était préoccupée par l’échéance imminente de la licence de la mine de Loulo, prévue pour 2026, ce qui ajoutait une pression supplémentaire pour trouver des solutions diplomatiques et administratives à long terme.

Malgré ces préoccupations urgentes, la demande a été refusée cette semaine, comme l’ont confirmé deux sources proches du dossier. Le CIRDI a annoncé sur son site web avoir émis une ordonnance mercredi concernant des « mesures provisoires ». Cependant, aucun détail supplémentaire n’a été fourni, laissant de nombreuses questions en suspens pour toutes les parties impliquées.

De son côté, Barrick Mining a choisi de ne pas commenter cette situation complexe. De même, les demandes de commentaires adressées au CIRDI et au ministère malien des Mines n’ont pas reçu de réponse, illustrant la complexité et la sensibilité de ces affaires en cours.

Moussa KONÉ 

Afrique : le sommet de Luanda débloque 18 milliards de dollars pour les infrastructures africaines

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Luanda, Angola, 30 octobre 2025 – Le IIIe Sommet sur le financement du développement des infrastructures en Afrique s’est achevé, les investisseurs s’étant engagés à investir 18 milliards de dollars américains dans le développement des infrastructures africaines.


Co-organisée par la Commission de l’Union africaine (CUA) et l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD) sous le thème « Capital, corridors, commerce : investir dans les infrastructures pour la ZLECAf et la prospérité partagée », cette conférence de trois jours a réuni à Luanda 2 000 chefs d’État africains, investisseurs et partenaires de développement. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est un accord commercial qui vise à créer un marché continental unique et intégré pour les biens et les services sur un marché africain combiné de 1,4 milliard de personnes.


Dans le cadre d’une initiative officiellement saluée par les chefs d’État de l’UA dans la déclaration officielle du sommet, les 18 Md USD seront consacrés à 38 projets bancables et à 11 projets relevant du plan directeur de l’Union africaine (UA) pour l’intégration régionale et continentale des infrastructures, le Programme pour le développement des infrastructures en Afrique (PIDA).


En clôturant la conférence aujourd’hui, Nardos Bekele-Thomas, DG de l’AUDA-NEPAD, a déclaré : « Ce sommet a corrigé un déséquilibre de longue date. Pendant trop longtemps, l’immense puissance financière de l’Afrique, nos économies, notre richesse souveraine, notre capital institutionnel, ont été passifs dans l’histoire de notre propre développement. Espérons que ce chapitre soit désormais clos. »


La commissaire de l’UA chargé des infrastructures et de l’énergie, Lerato Mataboge, a déclaré : « Luanda a une fois de plus fait preuve d’un esprit de leadership panafricain, d’une détermination visionnaire et d’une volonté commune. Les chefs d’État et de gouvernement continueront à nous rappeler que l’Afrique peut et va planifier, financer et jeter les bases de sa propre prospérité. »


Le financement du développement des infrastructures en Afrique repose essentiellement sur un changement structurel majeur visant à débloquer les capitaux nécessaires. Tout en reconnaissant les progrès récents en matière de développement des infrastructures, les dirigeants ont exprimé leur inquiétude face à la « persistance d’un déficit considérable en matière de financement et d’infrastructures », dû en grande partie à une pénurie chronique de projets bancables.


Pour remédier à cette situation, ils se sont engagés à transformer structurellement leur approche du financement afin de remédier à la « défaillance du marché » dans le financement de la préparation de projets à haut risque et à un stade précoce. Cette nouvelle orientation vise à créer un pipeline solide et continu de projets viables qui attirent des investissements nationaux et internationaux à grande échelle.


« Les infrastructures transfrontalières ne progressent que lorsque les États souverains agissent de concert », a déclaré Mme Bekele-Thomas, remerciant les chefs d’État pour leurs engagements, lors du sommet, en faveur de « politiques, permis, garanties et gouvernance qui rendent nos projets de pipelines investissables ».

Fondamentalement, la déclaration engage les pays africains à mettre en œuvre des réformes politiques visant à tirer parti du capital institutionnel national (actifs de sécurité sociale, fonds souverains et fonds d’assurance) par le biais du programme « 5 % Agenda » de l’AUDA-NEPAD, une initiative qui encourage les investisseurs institutionnels africains, tels que les fonds de pension et les compagnies d’assurance, à allouer 5 % de leurs actifs sous gestion à des projets d’infrastructure africains.


Mme Bekele-Thomas a assuré aux institutions financières de développement, aux investisseurs institutionnels et au secteur privé que « notre message est simple : nous répondrons à votre discipline fiduciaire par une réglementation claire et une préparation de projets à grande échelle ».
Selon Mme Bekele-Thomas, le sommet a atteint les trois objectifs de l’AUDA-NEPAD : des accords ont été conclus, des engagements en matière de gouvernance ont été pris et des capitaux publics, souverains et privés africains ont été mobilisés dans le but de combler le déficit estimé en matière d’infrastructures sur le continent. On estime que les 54 pays du continent devront dépenser entre 130 et 170 milliards de dollars par an en infrastructures dans un avenir prévisible.


Les salles de négociation du sommet ont été son moteur, a déclaré Mme Bekele-Thomas. Elles ont permis de discuter d’opportunités d’investissement représentant un montant total de 43,9 Md USD. Sur ce montant, 25 Md USD ont été consacrés à des corridors de transport et des réseaux logistiques essentiels, 15 Md USD à des interconnexions électriques et à des projets de production d’électricité, 2,7 Md USD à des projets de sécurité hydrique et 1,2 Md USD à des infrastructures numériques.


La tâche de l’AUDA-NEPAD consistait à « transformer cette quantité en résultats concrets », a-t-elle déclaré.


Treize projets prioritaires du PIDA ont déjà été sélectionnés et l’AUDA-NEPAD, en collaboration avec l’Alliance des institutions financières multilatérales africaines, présentera un plan visant à accélérer leur mise en œuvre lors du Forum africain sur l’investissement qui se tiendra au Maroc en décembre 2025, a déclaré Mme Bekele-Thomas.


Dans la déclaration du sommet, les dirigeants de l’UA ont réaffirmé avec force leur soutien à l’approche du corridor économique intégré, en donnant la priorité à des plateformes globales qui combinent une logistique efficace grâce à l’accélération des autoroutes transafricaines et du réseau ferroviaire intégré africain, une énergie fiable grâce à la mise en œuvre du marché unique africain de l’électricité et de son plan directeur pour le système électrique continental, et des réseaux numériques à haut débit avec des pôles industriels.

Mme Bekele-Thomas a déclaré que l’UA et l’AUDA-NEPAD « prendraient des mesures concrètes » pour institutionnaliser l’approche par corridor en matière d’investissements dans les infrastructures, car celle-ci s’était avérée efficace. L’AUDA-NEPAD mettrait également en place un comité de suivi du PIDA afin de créer un système pratique de responsabilité entre pairs pour les projets.


Afin d’inciter à une action urgente, deux « mesures immédiates et concrètes » seraient prises. La première consisterait en une initiative présidentielle revitalisée en faveur des champions des infrastructures (visant à éliminer les goulets d’étranglement dans les programmes d’infrastructures transfrontaliers et à garantir la réalisation en temps voulu des projets transfrontaliers) ; la seconde serait une stratégie unifiée en matière de capitaux que l’AUDA-NEPAD présenterait pour approbation officielle par les chefs d’État lors d’un sommet de l’UA en février 2026.


« C’est ainsi que nous institutionnaliserons notre élan et veillerons à ce que les promesses faites se concrétisent en projets réalisés », a déclaré Mme Bekele-Thomas. La déclaration du Sommet exhorte les banques multilatérales de développement et les partenaires internationaux à assouplir les conditions de financement, appelant notamment à la mise en place de mécanismes visant à explorer la restructuration de la dette et la réaffectation des droits de tirage spéciaux afin de libérer des marges budgétaires pour les dépenses d’infrastructure. Cet engagement unifié marque le passage de la volonté politique à une action coordonnée et concrète, et charge la CUA et l’AUDA-NEPAD d’élaborer une feuille de route pour la mise en œuvre immédiate des objectifs ambitieux de la déclaration.


La déclaration du sommet a représenté « la volonté commune de l’Afrique de mettre en œuvre des projets bancables qui changent des vies », a déclaré Mme Mataboge.

« Nous quittons donc Luanda non seulement inspirés, mais aussi mobilisés. Nous poursuivrons dans l’esprit de collaboration qui a caractérisé ce sommet et nous transformerons chaque engagement en une voie à suivre, chaque vision en un projet viable et chaque poignée de main en une relation durable », a déclaré Mme Mataboge.

Marché Régional des Titres Publics : « la performance du Mali confirme la solidité de sa signature souveraine »

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Marché régional des titres publics : la performance du Mali confirme la solidité de sa signature souveraine et la confiance des investisseurs

  1. Contexte général

En dépit d’un contexte économique difficile marqué par une crise prolongée du carburant qui affecte la mobilité et la production dans plusieurs secteurs, le Mali a réalisé, le 29 octobre 2025, une performance remarquable sur le marché régional UMOA-Titres.

L’État malien a réussi à mobiliser 30,05 milliards FCFA (46,5 millions d’euros) à travers une émission simultanée de Bons et Obligations Assimilables du Trésor (BAT/OAT). L’opération, qui visait initialement 30 milliards FCFA, a enregistré 30,86 milliards FCFA de soumissions, soit un taux de couverture de 102,87 %, et un taux d’absorption final de 97,4 %.

Cette réussite, survenue dans un contexte économique régional contrasté, traduit la résilience financière du Mali et la confiance constante des investisseurs régionaux et nationaux dans la capacité de l’État à honorer ses engagements.

  1. Structure et caractéristiques de l’émission

La levée a été structurée autour de quatre instruments financiers complémentaires, alliant des maturités courtes et longues afin de concilier la gestion prudente de la trésorerie avec le financement à moyen et long terme des besoins budgétaires.

Ainsi, un Bon du Trésor (BAT) à 364 jours a mobilisé 14,46 milliards FCFA pour un taux marginal de 7,2 % et un rendement moyen pondéré de 7,63 %.
Une Obligation Assimilable du Trésor (OAT) d’une durée de 3 ans a recueilli 9,1 milliards FCFA, avec un prix marginal de 9 200 FCFA et un rendement moyen pondéré de 8,95 %.
Une autre OAT à 5 ans a permis de lever 3,24 milliards FCFA, à un prix marginal de 9 500 FCFA pour un rendement de 7,01 %.
Enfin, une OAT à 7 ans, également souscrite à hauteur de 3,24 milliards FCFA, a enregistré un rendement moyen pondéré de 6,95 %.

Ces différentes maturités démontrent la volonté du Mali de répartir la charge de remboursement dans le temps et de diversifier son profil de dette en alliant souplesse et soutenabilité.

  1. Les avantages économiques de l’opération

3.1. Un renforcement immédiat de la liquidité nationale

Cette émission a permis de répondre aux besoins de trésorerie de l’État sans recourir à des financements extérieurs soumis à conditionnalités. C’est un instrument de souveraineté budgétaire, qui renforce la capacité de l’État à faire face à ses engagements internes dans un contexte de tension sur les ressources publiques.

3.2. Une marque de confiance du marché financier régional

Le taux de couverture supérieur à 100 % et la forte participation des investisseurs nationaux (77,13 %) confirment la solidité de la signature souveraine du Mali. Les banques, assurances et caisses de retraite locales ont manifesté un intérêt significatif, preuve d’une stabilité macroéconomique perçue positivement malgré la conjoncture énergétique.

3.3. Une détente des rendements exigés

Les rendements moyens (entre 6,95 % et 8,95 % selon les maturités) se situent en deçà de la courbe des taux observée la semaine précédente, ce qui traduit une baisse du coût du risque et une meilleure perception de la solvabilité du pays sur le marché UMOA-Titres.

3.4. Une consolidation de l’intégration régionale

L’opération renforce la dynamique de financement endogène au sein de l’Union Monétaire Ouest-Africaine. Elle illustre la possibilité, pour les États membres, de financer leur développement à travers l’épargne régionale, consolidant ainsi la solidarité monétaire et financière au sein de la zone.

  1. Les risques et limites à surveiller

4.1. Le risque de refinancement

Une part importante de la levée (près de la moitié) repose sur des titres à court terme. Cela expose le Trésor à un risque de refinancement fréquent, d’autant plus sensible dans un environnement régional soumis à des aléas de liquidité.

4.2. Le coût élevé du service de la dette

Même si les taux sont en légère baisse, ils demeurent supérieurs à 7 % en moyenne. Dans un contexte de faible mobilisation fiscale, la charge d’intérêts peut réduire la capacité de l’État à financer des investissements productifs.

4.3. L’effet d’éviction du secteur privé

La forte souscription des institutions financières nationales peut entraîner un effet d’éviction, l’épargne nationale se dirigeant prioritairement vers la dette souveraine, au détriment du financement des entreprises locales.

4.4. La dépendance aux conditions régionales

Le marché UMOA-Titres reste sensible à la politique monétaire de la BCEAO et aux chocs macroéconomiques. Une hausse future des taux directeurs pourrait renchérir le coût du refinancement et peser sur la soutenabilité de la dette.

  1. Lecture stratégique et interpellations

5.1. Un indicateur clair de confiance

Le succès de cette levée de fonds, en pleine crise énergétique, est un signal fort de confiance adressé au gouvernement malien. Il confirme la crédibilité institutionnelle du Trésor et la maturité du système financier national.
Les investisseurs jugent le risque malien maîtrisé et les perspectives encourageantes, malgré les contraintes structurelles.

5.2. Une exigence accrue de bonne gouvernance

Cette confiance doit être entretenue par une gestion rigoureuse, transparente et productive des ressources mobilisées. Les montants levés doivent prioritairement être orientés vers des projets à fort rendement économique et social, capables de générer les ressources nécessaires au remboursement futur.

5.3. Un levier de souveraineté financière

Cette réussite démontre la capacité du Mali à mobiliser son propre financement au sein de la région. Cependant, la souveraineté financière n’a de sens que si elle se traduit par une souveraineté productive : il s’agit désormais de transformer la dette en moteur de croissance réelle.

  1. Conclusion

La performance du Mali sur le marché régional des titres publics illustre la résilience de son économie et la solidité de sa signature souveraine.
La confiance des investisseurs, tant nationaux que régionaux, s’explique par la stabilité de la gestion budgétaire, la maturité des institutions financières et la volonté affichée de respecter les engagements.

Toutefois, ce succès appelle à la vigilance. Le recours répété à la dette doit s’accompagner d’une vision de long terme, visant à réduire la dépendance budgétaire et à stimuler la production nationale.
Le véritable défi réside désormais dans la transformation de cette confiance financière en dynamique productive, créatrice d’emplois, de revenus et de stabilité durable.

Rédigé par :
Harouna Niang
Ancien Ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements du Mali