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Lutte contre le terrorisme au Sahel, une nouvelle coalition pour quoi faire?

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Par spuniknews

À quoi peut-on s’attendre après la décision du sommet de Pau de créer une coalition pour le Sahel sous le commandement intégré de Barkhane et de la Force conjointe du G5 Sahel, ciblant en priorité l’État islamique au Grand Sahel? Sputnik a posé la question à trois analystes africains à la tête, tous trois, d’instituts qu’ils ont créés. Décryptage.

La nouvelle «Coalition pour le Sahel» destinée à lutter plus efficacement contre les attaques terroristes dans cette région grâce à la mise en place d’un commandement conjoint Barkhane/G5 Sahel va-t-elle, enfin, permettre d’endiguer l’avancée de l’État islamique au Grand Sahara* (EIGS)? Très critiqué en Afrique, où le sentiment antifrançais ne diminue pas du fait d’un nombre grandissant de victimes, le sommet de Pau (sud-ouest de la France) qui avait réuni, le 13 janvier dernier, les chefs d’État du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) à la demande d’Emmanuel Macron, a permis de clarifier le maintien d’une présence française au Sahel à un moment où les États-Unis menacent de retirer leurs troupes d’Afrique.

«Les chefs d’État du G5 Sahel ont exprimé le souhait de la poursuite de l’engagement militaire de la France au Sahel et ont plaidé pour un renforcement de la présence internationale à leurs côtés. Ils ont exprimé leur reconnaissance à l’égard de l’appui crucial apporté par les États-Unis et ont exprimé le souhait de sa continuité», précise un communiqué de l’Élysée publié à l’issue du sommet.

Pourtant, le souhait formulé par les dirigeants du G5 Sahel de lutter, ensemble, contre les groupes terroristes qui opèrent dans la bande sahélo-saharienne et dans la région du lac Tchad ainsi que la décision de la France d’envoyer 220 soldats supplémentaires n’ont pas vraiment convaincu leurs opposants.

Au Mali, le député de la Solidarité africaine pour le développement et de l’indépendance (Sadi), Oumar Mariko, le plus virulent, a jugé «inefficace» la notion de commandement commun, rejetant par conséquent en bloc les conclusions du sommet. Au Burkina Faso, le militant panafricaniste Lianhoué Bayala a dénoncé l’«arrogance» et la «condescendance» dont a fait preuve le Président français en convoquant ses pairs de cette façon. Quant au député tchadien de la Plateforme des réformateurs, Romomadoumngar Félix Nialbé, il a à nouveau réclamé plus de renseignement pour l’armée car «les djihadistes sont mieux informés que nos forces de sécurité», a-t-il estimé.

Sur les lieux de l'explosion d'un terroriste-kamikaze au Niger, archives

© AFP 2019 BOUREIMA HAMAPour la députée LREM Sira Sylla, «si l’Afrique sombre dans le terrorisme, l’Europe sombrera aussi»Analyste politique et docteur en économie du développement, Gilles Olakounlé Yabi est le fondateur et président de Wathi, un think tank citoyen de l’Afrique de l’Ouest basé à Dakar (Sénégal). Sceptique au départ sur les résultats de ce sommet, compte tenu du contexte de défiance qui s’est instauré vis-à-vis de la force Barkhane, accusée de soutenir les djihadistes au Nord du Mali, il s’est ravisé. Face à la recrudescence d’attaques meurtrières qui se sont produites récemment dans le Sahel, et notamment dans la région du Liptako Gourma, celle dite des Trois frontières à cheval sur le Burkina Faso, le Mali et le Niger, où les efforts vont désormais se concentrer, il se réjouit qu’une «clarification dans les deux sens» ait pu se produire.

«Le malaise vient essentiellement du fait qu’une puissance étrangère comme la France intervient au Sahel sans que les États concernés n’en voient les retombées en termes de sécurité pour leurs populations comme en matière de développement. D’où la nécessité d’une remobilisation, également, de la part du reste de la communauté internationale en ce qui concerne l’aide financière promise à ces États», fait valoir au micro de Sputnik France le président de Wathi.

Pourquoi, en effet, la présence militaire française au Sahel, qui ne date pas de l’intervention de Serval au nord du Mali en janvier 2013 –comme il le fait remarquer– fait-elle débat aujourd’hui? Malgré les pertes en vies humaines, les 4.500 hommes qui composent la force Barkhane en remplacement de Serval ne sont pas véritablement en danger. Leur nombre, de surcroît, est faible au vu de l’étendue du champ des opérations.

Alors que les populations des pays concernés, elles, continuent de subir les attaques djihadistes récurrentes sur un territoire de plus en plus important, «force est de constater que l’État islamique au Grand Sahara (EIGS)* a gangrené le nord du Burkina Faso et l’ouest du Niger, tout comme le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM)*, lié à Al-Qaïda au Maghreb islamique*, et que cela décrédibilise considérablement Barkhane», déplore Gilles Yabi.

«Ce sont les pressions populaires exercées sur les chefs d’État de la région qui ont changé la donne au Sahel. Les populations en ont assez d’être la cible d’attaques djihadistes. Elles veulent voir des résultats concrets du côté de l’intervention française et un degré de réactivité plus important de la part de leurs forces nationales. La vraie question, c’est celle des capacités militaires des pays de la région», ajoute l’analyste béninois qui vit à Dakar.

Renforcer les capacités des armées nationales

Le fondateur et président de l’Institut Mandela, Paul Kananura, dont le siège est à Paris, est tout à fait sur cette longueur d’onde. En visite au Mali, en décembre dernier, il a pu rencontrer différents acteurs nationaux et internationaux dont le commandement de la Minusma, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali.

Le président de l’institut Mandela Paul Kananura, au Mali, en décembre dernier avec le commandement de la Minusma.

© PHOTO. INSTITUTMANDELALe président de l’institut Mandela Paul Kananura, au Mali, en décembre dernier avec le commandement de la Minusma.

Pour lui, le sommet de Pau non seulement arrive à point nommé sur le plan politique, mais il a également permis de «sortir de la confusion stratégique qui régnait jusqu’à présent du fait de l’accumulation des dispositifs (Serval – Barkhane -Takouba – G5 Sahel – P3S, ndlr) sans véritables résultats tangibles, ni coordination entre eux», fait-il valoir au micro de Sputnik France.

«Manifester contre la présence française et pour le départ de l’opération Barkhane, c’est bien joli mais après on fait quoi? Les leaders des manifestations devraient cesser des manipulations de masse pour répondre à quelques questions essentielles: est-ce que les armées nationales sont capables de combattre le terrorisme? Disposent-elles des unités spéciales et des équipements nécessaires pour cette mission vitale contre les menaces asymétriques? Est-ce que c’est la faute de la France si ces armées ne sont ni formées, ni entraînées, ni équipées et ni capables de faire face à l’ennemi? La puissance est un acte de volonté nationale pour une affirmation de la souveraineté et non une question de manifestation de colère uniquement», s’insurge le président de l’institut Mandela.

Saluant la reconfiguration architecturale, opérationnelle et stratégique voulue par les chefs d’État à Pau afin de rendre plus efficace et plus visible l’action antiterroriste dans cette région, il estime que cette clarification des missions ainsi qu’une meilleure coordination des acteurs antiterroristes présents dans la région s’imposaient. Car «il y a déjà beaucoup d’acteurs (au Sahel) avec chacun sa mission, ses intérêts et son agenda», note-t-il. Mais la décision d’ouvrir la force conjointe du G5 Sahel «aux armées nationales des autres pays volontaires» capables de combattre le terrorisme lui paraît, également, une bonne chose.

«La professionnalisation des forces du G5 Sahel est indispensable pour assurer la compréhension par les états-majors des menaces asymétriques, des besoins opérationnels et des outils nécessaires pour planifier, utiliser et maintenir de manière plus efficace et responsable les capacités en matière de combat», martèle Paul Kananura.

Drapeau de l’organisation djihadiste Etat islamique

© SPUTNIK . ANDREI STENINLe «tribalisme et le favoritisme» dans les armées d’Afrique de l’Ouest favorisent la montée du djihadismeLors de ce sommet, les chefs d’État du G5 Sahel ont salué le lancement, par la France et l’Allemagne, de l’initiative du partenariat pour la stabilité et la sécurité au Sahel (P3S). Ils ont également souhaité une «accélération» et une «amplification» des efforts de formation, d’aguerrissement, de soutien logistique, d’entraînement et d’équipements des armées des pays du G5 Sahel.

Ce deuxième pilier entièrement dédié au «renforcement des capacités militaires des États de la région» s’appuiera sur les efforts déjà engagés par les Nations unies et par les missions de formation de l’Union européenne. Et pourra inclure un accompagnement au déploiement des armées des pays du G5 Sahel avec le soutien de l’Union africaine et de la communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Pour un retour de l’administration des États

Un effort qui, là encore, est le bienvenu pour réconcilier les populations du Sahel avec leurs forces armées et de sécurité. Car, si une «dichotomie existe parfois», à cause d’un manque de comportement républicain de la part des militaires africains, «elle n’est pas inéluctable», selon Kag Sanoussi. Fondateur et président de l’Institut international de gestion des conflits (IIGC), dont le siège est à Lille, devenu expert en gestion «négociationale» des conflits, il effectue de nombreuses missions en Centrafrique ou bien au Togo, son pays d’origine.

Kag Sanoussi, président et fondateur de IIGC (Institut international de gestion des conflits), est un expert de la Centrafrique.

© AFP 2019 IIGCKag Sanoussi, président et fondateur de IIGC (Institut international de gestion des conflits), est un expert de la Centrafrique.

«La Centrafrique a été capable de rebâtir son armée en totale communion avec la population et en osmose avec tous les groupes. Les Français et les Russes sont certes présents, mais, devant, pour livrer les combats, c’est l’armée centrafricaine. Alors pourquoi en serait-il autrement au Sahel?», s’interroge l’expert au micro de Sputnik France.

Même si la maturité des forces du G5 Sahel peut être questionnée, selon le président d’IIGC, il n’en reste pas moins qu’elles gardent l’avantage en ce qui concerne, par exemple, le renseignement humain. C’est d’ailleurs, selon lui, la principale force des troupes africaines «qui peuvent infiltrer l’ennemi à condition d’être formées et accompagnées de façon adéquate», insiste-t-il.

Aussi, s’il est d’accord pour que la France soit une «force d’accompagnement» dans ce processus de réhabilitation des armées nationales, il en appelle à un rétablissement de la tutelle des États nationaux sur l’ensemble des territoires et auprès de toutes les composantes des populations. C’est aussi, selon lui, le meilleur moyen pour résorber les trafics en tous genres, notamment le trafic de drogue dont on sait qu’il contribue grandement à financer le terrorisme.

«La réponse efficace contre le terrorisme est conditionnée à un réveil des citoyens et de la classe politique de manifester une volonté affichée d’en découdre avec les groupes armés djihadistes. Les tensions et tergiversations politiques devraient être rapidement résorbées afin de mobiliser toutes les ressources et énergies nationales pour la lutte contre le terrorisme avec la mise à contribution des populations, partout où c’est possible», affirme Kag Sanoussi.   

Au sommet de Pau, l’engagement a été pris de mettre en place toutes les mesures visant à accélérer un retour de l’administration et des services publics sur l’ensemble des territoires. Les chaînes pénale et judiciaire, essentielles pour le retour de l’État de droit, sont ciblées ainsi que, spécifiquement, la région de Kidal, au nord du Mali où l’État malien n’a pas pu être rétabli depuis la sécession du MNLA.

Dans le cadre du partenariat pour la stabilité et la sécurité au Sahel (P3S), seront également ciblées les interventions des États du G5 Sahel sur la formation et le déploiement et ce, jusqu’au niveau local de personnels en matière d’administration civile, de sécurité intérieure (police, gendarmerie, douanes) et de justice.

Quelles alliances pour le Sahel?

À la question de savoir quels seraient les meilleurs partenariats, sur les plans régional et international, pour lutter plus efficacement contre la dégradation de la situation sécuritaire, nos trois analystes divergent. Pour Gilles Yabi, tout dépend de ce que les États sahéliens eux-mêmes décident. S’ils veulent, par exemple, renforcer en priorité leurs institutions militaires ou civiles, il leur sera plus facile de trouver des partenaires pour le faire.

«La France ainsi que les États-Unis remplissent déjà ce rôle d’assistance militaire et civile, à des degrés divers. D’autres pays peuvent se substituer ou conclure des accords de défense. Mais il faut garder en tête que c’est toujours au niveau des ressources humaines que le bât blesse en Afrique. Particulièrement, le manque de ressources dans les ministères de la Défense comme dans la plupart des administrations publiques. Et ce serait un leurre de croire qu’un partenariat est possible sans qu’il y ait un pilotage préalable des États!», insiste-t-il.

Pour Kag Sanoussi, la CEDEAO a un rôle incontestable à jouer dans la défense du Sahel à condition qu’elle s’en donne les moyens. D’autant que la menace djihadiste, qui s’est focalisée jusqu’à présent sur les États du G5 Sahel, est en train de s’étendre aux États côtiers. L’Algérie, le Maroc, le Sénégal, le Nigeria et l’Afrique du Sud constituent, à ce titre, une «deuxième ceinture», tandis que la Centrafrique, le Cameroun, le Bénin, le Togo et la Côte d’Ivoire, eux, sont déjà menacés. La (nouvelle) coalition pour le Sahel est, selon lui, un «coup de poker» qui peut soit provoquer une recrudescence d’attaques djihadistes, soit un véritable «sursaut» avec la mise en place de moyens beaucoup plus conséquents.

«Jusqu’à présent, toute alliance pour le Sahel était perçue comme profitant surtout à la France. D’où un manque d’implication de la part des autres pays européens afin de ne pas empiéter dans le pré carré français. Cette perception est en train de changer. De nouvelles pistes de coopération militaire et d’accompagnement dans la collecte de renseignements sont en train de s’ouvrir, avec la Chine et la Russie notamment. La France n’en sortira pas forcément perdante car il vaut mieux 50% d’un contrat sur la durée que 90% qui peuvent vous échapper à tout moment», estime pour sa part Kag Sanoussi.

Opération Barkhane, Mali

© AFP 2019 PHILIPPE DESMAZES«Il faut éviter une réincarnation de l’État islamique au Sahara-Sahel!» – ministère russe des Affaires étrangèresPour Paul Kananura, les rumeurs de désengagement des États-Unis au Sahel ouvrent des perspectives de coopération sécuritaire avec la Chine, qui est déjà très présente sur le continent, et la Russie, qui y fait son retour depuis le sommet de Sotchi. «Ces deux puissances ne demandent qu’à occuper le terrain laissé vacant!», avertit-il. L’expérience antiterroriste de la Russie avait d’ailleurs été sollicitée par certains chefs d’État africains, à Sotchi, pour éviter l’accroissement du chaos en Libye et l’instabilité au Sahel.

Aucune mention n’a été faite, toutefois, de savoir si Moscou l’avait à nouveau été lors du sommet de Pau. L’avantage pour les États du G5 Sahel, pourtant, est clair, selon le président de l’institut Mandela. Car les nouveaux soutiens militaires pourraient permettre de «pallier la faiblesse des armées, tout en contribuant à la remise à plat de l’organisation, des objectifs et des actions sécuritaires au Sahel», affirme-t-il.

«Toutefois, l’action militaire, même efficace, ne suffira pas si elle ne s’accompagne pas d’une politique de développement vivable. Car la pauvreté et les injustices sont les premières causes du recrutement des jeunes pour le djihad», insiste par ailleurs l’analyste rwandais.

En juillet 2017, sous l’impulsion de l’Allemagne et de la France, l’Alliance pour le Sahel avait été lancée mais elle est restée déconnectée jusqu’à présent de l’action sécuritaire. En plus d’un recours plus systématique à une programmation conjointe, tenant compte des priorités des pays membres du G5 Sahel, ces derniers ont demandé, à nouveau, la concrétisation des engagements pris en décembre 2018 à la Conférence des donateurs de Nouakchott pour la mise en œuvre du Programme d’investissement prioritaire (PIP) du G5 Sahel.

Un nouveau sommet associant les États du G5 Sahel et la France se tiendra en juin 2020 à Nouakchott, dans le cadre de la présidence mauritanienne du G5 Sahel. D’ici là, le suivi des engagements pris à Pau sera effectué au niveau des ministres des Affaires étrangères et des ministres des Armées et de la Défense, selon le communiqué de l’Élysée.

CFA à ECO : « Macron a réussi à diviser les Etats de la CEDEAO »

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Hier, jeudi à Abuja, les pays anglophones de l’Afrique de l’Ouest ont dénoncé la décision «unilatérale» de remplacer le franc CFA par l’ECO. Une sortie qui pourrait engendrer des divisions au sein des pays membres de l’organisation africaine, selon le politicien sénégalais Thierno Bocoum.

Lors d’une visite en Côte d’Ivoire, le Président français Emmanuel Macron et son homologue ivoirien Alassane Ouattara ont annoncé la fin du franc CFA et son remplacement par l’ECO. Une décision fustigée par les pays anglophones d’Afrique de l’Ouest qui dans un communiqué ont affiché leur opposition à ce changement brusque et « unilatéral »

Pour Thierno Bocoum, cette bisbille entre les Chefs d’Etats africains de la CEDEAO pourrait créer des divisions voire faire éclater l’organisation sous-régionale. Pour lui, « cette posture nous éloigne davantage de l’espoir de l’aboutissement d’une intégration sous-régionale qui avait justifié près de 30 ans de discussions et d’efforts pour la mise sur pied d’une monnaie unique ». « En prenant les devants avec la création de l’ECO sans critères de convergence, avec la garantie de la France et son arrimage à l’Euro, le pacte de la Françafrique a pris le dessus sur les intérêts légitimes des Etats membres de l’Uemoa. Rien n’aurait été possible sans la complicité de nos Chefs d’État en parfaite trahison des aspirations de leurs peuples », déplore le Président du mouvement AGIR.

Le Sénégalais a par ailleurs fustigé l’attitude de la France qui a toujours clamé sa neutralité mais qui en sourdine continue de maintenir les africains dans le Franc CFA.  « En annonçant la future création de la monnaie ECO, le Président Macron a finalement réussi à diviser les Etats de la CEDEAO », fait savoir Thierno, ajoutant que les africains en ont marre de cette Afrique couchée. « La reconstruction sera longue, mais elle est inéluctable », lance-t-il.

Source: Be in WebTV.com

Institut des Sciences Appliquées: 14 laboratoires équipés pour des formations adaptées au besoin réel du marché

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L’institut des Sciences Appliquées (ISA)  est l’un des quatre établissements d’enseignement supérieur de l’Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako (USTTB). Créé en septembre 2011, l’ISA a pour but de booster l’employabilité des jeunes, de développer des compétences destinées aux métiers, tout en favorisant une meilleure insertion socioprofessionnelle.

Situé sur la colline de Badalabougou, l’Institut des Sciences Appliquées et la Faculté des sciences et Techniques (FST) se partagent les infrastructures de l’ex Lycée Badala. L’institut qui est dirigé par le Professeur Mamadou Wélé offre des diplômes de licence professionnelle à l’USTTB. Des formations adaptées, sans cesse, à l’évolution du marché de travail. 70% des enseignements sont donnés sous forme de travaux pratiques (TP) et de travaux dirigés (TD). Et les professionnels sont impliqués à 25% dans les enseignements.

 L’ISA est composé de trois départements : chimie appliquée, génie biologie, génie électrique et informatique. L’institut dispose d’une quinzaine de filières de formation répondant aux besoins de l’économie malienne. Aux dires de Dr Brahima B Traoré, Directeur Général Adjoint de l’ISA, l’institut dispose de 14 laboratoires qui permettent aux étudiants d’effectuer des travaux pratiques et de recherche. A lui seul, le Département du Génie informatique dispose de 07 laboratoires. Le Département du Génie Biologie en possède 03, tandis que le Département de la Chimie appliquée dispose de 04 labos.

80% de taux d’insertion…

Rattaché à l’USTTB, l’ISA n’a pas de budget autonome. Cependant, grâce à des entreprises partenaires, membres de son Conseil d’Administration et impliqués dans l’élaboration et la validation de son programme annuel d’enseignement, l’institut reçoit des appuis budgétaires. Mieux, cette collaboration permet, selon le DGA, d’avoir des stages de qualification et même des emplois pour les jeunes diplômés. Aujourd’hui, assure Dr Brahima B Traoré, environ 80% des diplômés de l’ISA ont un emploi. D’autres sont installés à leurs propres comptes.

Pour le suivi de ses diplômés, l’ISA s’est doté d’une plateforme web qui permet aux anciens étudiants de donner les renseignements sur l’évolution de leur carrière. «Quand on constate que les sortants d’une filière n’arrivent pas à avoir du travail, cette filière est fermée», informe le DGA. L’institut a aussi mis en place un réseau baptisé ALUMNIS, pour la rencontre entre les différentes promotions.

Du Made in ISA…

Grâce à ses laboratoires et à ses programmes de recherche, l’ISA a fabriqué ses propres produits: des jus, des sirops, des croquettes, des fonios précuits. Des produits Made in lSAconfectionnés et vendus, en des occasions, au sein de l’université. Ces produits ne sont pas d’abord sur le marché public. A en croire, le DGA, la production à grande échelle est un projet futuriste.

Mariama Diallo | JSTM.ORG

Le nouvel an chinois qui est l’année de la souris du métal commence le samedi 25 janvier prochain

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Le nouvel an chinois qui est l’année de la souris du métal commence le samedi 25 janvier prochain et s’achèvera le 11 février 2021. Ce passage à la nouvelle année a été l’occasion pour l’ambassadeur de Chine au Mali Zhu Liying et son épouse d’organiser samedi dernier, dans les locaux de la représentation diplomatique, sise à l’Hippodrome, le gala du nouvel an chinois. Une rencontre culturelle traditionnelle de haut niveau à laquelle a pris part l’épouse du chef de l’État, Keïta Aminata Maïga. La cérémonie a aussi enregistré la présence de la ministre de la Culture N’Diaye Ramatoulaye Diallo, de certains membres du gouvernement et de plusieurs invités.

Dans l’horoscope chinois, il y a 12 animaux qui représentent chacun un an. L’année de la souris débutera dans deux semaines. La souris qui est rapide, intelligente et perspicace, représente non seulement le début du cycle de 12 animaux, mais aussi celui du jour. Car, elle représente le temps entre 23 heures et 01 heure 00.

Dans son allocution, le diplomate chinois a rappelé qu’il y a 60 ans, quand l’ancien cycle a commencé, le Mali accédait à l’indépendance. Il a soutenu que son pays et le nôtre ont établi des relations diplomatiques qui sont devenues chaque jour plus solides. Selon Zhu Liying, aujourd’hui 60 ans après, le Mali se trouve sur un nouveau point de départ pour son redressement national, surtout après avoir bien conclu le Dialogue national inclusif. Il soulignera que les relations sino-maliennes se préparent à un nouvel essor également après avoir conclu l’accord sur la «nouvelle Route de la soie ». Pour Zhu Liying, l’année 2020 sera encore plus fructueuse avec notamment la coopération renforcée au sein du G5 Sahel dans la lutte anti-terroriste, le jumelage entre Bamako et Kunming à l’occasion du 100è anniversaire de notre capitale. L’Empire du Milieu, selon son représentant au Mali, travaillera également avec l’ONG ‘’Agir ’’ pour le bien-être de la population.

De son côté, la ministre de la Culture a indiqué que le Mali et la Chine sont deux voisins que la géographie sépare certes, mais que la culture unit et rapproche. « Si nous sommes ici aujourd’hui pour fêter avec vous l’année de la souris du métal, année 4718 qui commence ce samedi 25 janvier 2020 et qui se terminera le 11 février 2021, pour laisser la place au bœuf de métal, c’est pour magnifier cette communauté de valeurs culturelles et cette amitié historique entre les Républiques sœurs de Chine et du Mali et entre les peuples frères des deux pays », a déclaré la ministre de la Culture.

Pour sa part, l’épouse du chef de l’État a souhaité que cette année soit le début de quelque chose de particulier pour le pays. Elle a ensuite remercié le peuple chinois qui a toujours été aux côtés du Mali. Et la première Dame d’adresser une mention spéciale aux militaires chinois qui ont donné leurs vies pour notre pays. C’est par la coupure du gâteau d’anniversaire par l’épouse du chef de l’État que les festivités ont pris fin.

Alou Badra

DOUMBIA

Source : l’Essor

Côte d’Ivoire : Un autre ex-chef de guerre pro-Soro gravement malade après Wattao

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Le commandant Gaoussou Koné dit « Jah Gao », commandant de bataillon de commandement et de soutien (BCS), est malade. Il a été transféré d’urgence depuis le samedi 11 janvier 2020 à Paris pour des soins intensifs.

Que se passe-t-il au sein des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI) et particulièrement ceux issus de l’ex-rébellion de Guillaume Soro ? En effet, Gaoussou Koné dit « Jah Gao », commandant de BCS est depuis le samedi 11 janvier 2020 à Paris pour des soins. En effet, l’époux de Mariam Traoré, serait très mal en point. C’est d’ailleurs ce qui a suscité son évacuation. Il est allé pour des consultations médicale a appris Afrik Soir. Pour l’instant, l’on ignore l’origine du mal dont souffre l’ex-rebelle. La date de son retour est prévue pour le 31 janvier 2020.

A lire aussi : Côte d’Ivoire : « Voici les têtes qui tomberont quand le procès de la rébellion de Soro sera fait »

Qui est Jah Gao ?

Gaoussou Koné fait partie de ceux qui, le 24 décembre 1999, ont participé au coup d’État du général Robert Gueï qui a favorisé la chute du président Henri Konan Bédié. En 2002, il lance l’offensive avec la rébellion des Forces nouvelles . Il devient par la suite le commandant de zone de la zone 9 de Boundiali-Tingrela, au nord-ouest du pays. Après la chute de Laurent Gbagbo en 2011, il devient commandant en second du bataillon des commandos parachutistes à Abobo.

Rappelons que l’évacuation de Jah Gao intervient après celui du colonel-major Issiaka Ouattara dit « Wattao » qui avait été évacué aux États-Unis le vendredi 13 décembre 2019, accompagné de plusieurs membres de sa famille à New York.

A lire aussi:

Celui-ci y est décédé le dimanche 5 janvier 2020 à 20h40 au moment où il était 1h40 à Abidjan. L’ancien commandant de la Garde républicaine souffrait d’un diabète avancé, détecté très tardivement, et était soigné dans un établissement spécialisé de New York.

Karina Fofana

Condamnation du Chef de la MINUSMA après l’attaque de Sinda

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Bamako, le 17 janvier 2020 – Le Représentant spécial du Secrétaire général au Mali (RSSG) et Chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh Annadif, a appris avec consternation qu’au moins 14 civils ont été tués et au moins deux autres blessés, suite à une attaque dirigée hier contre le village de Sinda, commune de Koubewel Koundia, cercle de Douentza dans la région de Mopti.

Cette tuerie aurait eu lieu dans la nuit du 15 au 16 janvier par des hommes armés circulant à bord de motos avec des fusils de chasse. Selon certaines sources, les assaillants auraient également utilisé des armes automatiques. La MINUSMA a déployé sur place une équipe pour s’enquérir des faits.

Le RSSG condamne très fermement cet acte odieux, et propose aux autorités l’appui de la MINUSMA afin d’enquêter sur cette tragédie et traduire ses auteurs en justice.

Le RSSG présente ses sincères condoléances aux familles des victimes, au peuple et au Gouvernement du Mali, et souhaite un prompt rétablissement aux blessés.



Bureau de la Communication Stratégique et de l’information publique
MINUSMA-Info@un.org
http://minusma.unmissions.org

Mali: Moussoudou ARBY DG de la securité publique »le policier n’a pas le droit de contrôler la validité de la vignette sans la présence d’un agent de la mairie »

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Acte 3 du café citoyen de l’AJCAD Mali, c’était ce jeudi 16 janvier 2020 à l’hôtel Laico El Farouk ex Kempesky. Une conférence animée par non moins, le Directeur de la sécurité publique, M. Moussoudou ARBY.


A retenir :
1- le prix de la carte d’identité nationale est de 1 700 FCFA, y compris le prix d’un timbre de 500 FCFA et un autre de 200 FCFA ;
2- le certificat de résidence est gratuit, le citoyen ne doit rien payer ;


3- la carte NINA et la carte consulaire sont aussi valables que la carte d’identité nationale ;
4- en cas d’accident de la circulation routière, il n’y a aucun frais à payer pour que la police fasse le constat ;
5- pour l’acquisition du récépissé d’association, le citoyen ne doit rien payer à la Direction régionale de la Police ou au commissariat qui doit s’occuper de l’enquête de moralité ;


6- en cas de violence, le citoyen ne doit rien payer à la police, c’est-à-dire au commissariat afin que celui-ci intervienne. En termes claires, le citoyen ne doit pas payer le fameux frais de carburant ;
7- le policier n’a pas le droit de contrôler la validité de la vignette sans la présence d’un agent de la mairie ;
8- après chaque infraction, le citoyen doit exiger la quittance avant de payer la contravention ;
9- au cas où le citoyen voyage sans pièce d’identité nationale, il doit tout simplement payer 1 000 FCFA par 24h contre une quittance ;
10 – le certificat de perte est gratuit
11 – etc.
Au cas où un policier se comporte contrairement à ce qui en haut, le citoyen doit aussitôt dénoncer cela à la hiérarchie la plus proche. Aussi, le citoyen peut appeler un de ces numéros verts suivants : 80001115 // 80318011

DBK

Source: Croissanceafrique.com

POINT DE PRESSE DE LA MINUSMA:Plus de 176 millions de FCFA, pour la construction de la paix au pays Dogon

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16 janvier 2020

Porte-parole : Olivier Salgado

Bienvenus à tous au point presse régulier de la MINUSMA. Bonjour aux auditeurs et auditrices de Mikado FM qui nous écoutent et merci pour votre fidélité à nos ondes. Tout d’abord, laissez-moi vous présenter nos meilleurs vœux pour 2020, à vous, mais aussi aux Maliens et à tout le personnel de la MINUSMA œuvrant pour la paix au Mali.

Aujourd’hui je recevrai ici même Monsieur Samba Tall, Directeur RSS-DDR à la MINUSMA.

Direction de la Mission

Conciliation entre la MINUSMA et les communautés des cercles de Bandiagara, Bankass et Koro

Les 9, 10 et 11 janvier, une délégation composée du Ministre Housseïni Amion Guindo, des autorités locales et de représentants de la MINUSMA s’est respectivement rendue dans les cercles de Bandiagara, Bankass et Koro. Cette initiative de paix et de compréhension mutuelle fait suite à une série de blocage par certains de quelques patrouilles de sécurisation de la MINUSMA. Ces rencontres avaient donc pour objectifs de lever certains malentendus et restaurer les relations de confiance et de collaboration qui doivent permettre à la MINUSMA de mener à bien son Mandat. Elles ont permis aux populations ainsi qu’aux différents acteurs de s’exprimer et à la MINUSMA d’expliquer sa présence dans le Centre du pays. À la suite de ces rencontres, les parties se sont engagées à mieux et davantage collaborer pour le retour de la paix et de la sécurité dans les cercles concernées. La MINUSMA rappelle que la protection des civils est la responsabilité souveraine des autorités maliennes au travers de ses Forces de défense et de sécurité. La Force et la Police des Nations unies ont un rôle d’appui et de soutien multiforme permettant d’atteindre les objectifs de protection du Mali.

De retour de sa mission dans le Centre, le Ministre s’est entretenu avec le Chef de la MINUSMA.

Dans cette optique, dès le 14 janvier, la Force de la MINUSMA et les Forces armées maliennes ont pu conduire une patrouille coordonnée dans la région de Bandiagara. D’autres sont prévues dans les jours qui viennent.

Présentation du Rapport du Secrétaire général sur la situation au Mali

Le rapport du Secrétaire général sur la situation au Mali était discuté hier à New York au Conseil de sécurité. Le rapport vous a été communiqué en amont, il est également disponible comme tous les autres rapports sur notre site internet (minusma.unmissions.org)

Hier à New York, l’ONU a réitéré au Conseil de sécurité sa détermination à travailler avec tous ses partenaires pour lutter contre les causes profondes du terrorisme, de l’instabilité et de la violence au Mali et dans la région du Sahel.

« La situation sécuritaire au Mali et dans l’ensemble de la région du Sahel se détériore à un rythme alarmant », a alerté le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix qui présentait le rapport trimestriel.

Pour le Secrétaire général adjoint, le redéploiement des unités reconstituées des Forces de défense et de sécurité maliennes dans le nord du Mali reste une priorité urgente. Le 6 janvier, les autorités maliennes ont entamé le déploiement du premier bataillon reconstitué de Bamako à Kidal via Gao. Il devrait arriver à Kidal d’ici la fin du mois. « Il s’agit d’une étape importante vers la restauration de l’autorité de l’État à travers le pays », a-t-il souligné.

Rencontre du chef de la MINUSMA avec les acteurs du paysage politique malien

Entre le 14 et le 16 janvier, le Chef de la MINUSMA a rencontré les acteurs de la vie politique malienne de la majorité, de l’opposition et du centre, afin d’échanger sur les développements majeurs dans le pays et le Mandat de la MINUSMA. Lors de ces rencontres, M. Annadif a salué la tenue du Dialogue national inclusif (DNI) ainsi que la participation de certains partis politiques et des organisations de la société civile, tout en relevant que les conclusions de ce dialogue engagent le pays à entreprendre des actions concrètes notamment, l’organisation des élections législatives et la révision constitutionnelle. Le Chef de la MINUSMA s’est déclaré disponible pour faciliter toutes discussions de nature à renforcer l’adhésion et la participation de tous les maliens aux échéances à venir.

Rencontre avec le ministre des Affaires étrangères

C’était le 10 janvier. Les discussions entre le Chef de la MINUSMA et M. Tiébilé Dramé ont porté sur les conclusions du dialogue national inclusif, la prochaine session de haut niveau du Comité de suivi de l’Accord (CSA) et la situation dans le Centre du pays.

Session du CSA

Une session de haut niveau du CSA aura lieu dimanche 19 janvier à Bamako. L’objectif de cette rencontre est d’échanger sur les voies et moyens à même de donner une nouvelle impulsion au processus de mise en œuvre de l’Accord pour en accélérer la cadence.

Relations avec les partenaires

Visite d’une délégation finlandaise

Elle a été reçue par Mahamat Saleh Annadif le 9 janvier. Les discussions ont porté sur l’engagement de la Finlande au sein de la MINUSMA. Pour sa part, le Représentant spécial a remercié la Finlande pour son soutien, notamment en termes de police spécialisée. Il a partagé avec la délégation un aperçu du contexte politique et sécuritaire prévalant au Mali. La délégation était conduite par Mme Kirsi Henriksson, Cheffe de mission du Centre de gestion de crise de la Finlande.

Evénements à venir

La MINUSMA organise le 21 janvier une session de plaidoyer de haut niveau sur les Violences sexuelles liées aux conflits auprès du Président du Haut conseil islamique. Les objectifs recherchés sont de conduire un plaidoyer sur les violences sexuelles liées aux conflits avec 100 leaders religieux du Haut Conseil Islamique et d’obtenir son adhésion pour combattre ces violences liées aux conflits et toute autre forme de violation des droits de l’homme. Un cadre d’échange entre le Haut Conseil et la MINUSMA sera également établi pour répondre aux problématiques issues de ces questions. De janvier à octobre 2019, 1 708 cas de violences sexuelles ont été enregistrés dont 734 cas dans un contexte lié au conflit.

Nouvelles du Fonds fiduciaire

Le 10 janvier, la MINUSMA a effectué une mission dans la commune de Madougou, dans le cercle de Koro, dans le cadre d’un projet du Fonds fiduciaire intitulé « Construction de la paix et renforcement des moyens de résilience des populations vulnérables affectées par les conflits du cercle de Koro dans la région de Mopti ». Financé par l’Autriche sur un budget de plus de 176 millions de FCFA, l’objectif de cette mission était de sensibiliser la communauté Dogon sur le retour potentiel des déplacés peuls de Binedama et de Karakinde désireux de retourner à Madougou tout en renforçant la cohésion sociale entre Dogon et Peuls afin d’obtenir une cessation des hostilités entre les deux communautés.

Les 300 participants y compris le maire de la commune de Madougou ainsi que des chefs traditionnels et religieux se sont engagés à cesser les actes de violence à l’égard de la communauté peule qui pourraient conduire à la reprise des hostilités. Ils se sont également engagés à participer à un forum de sur la paix et la cohésion sociale permettant aux Peuls de retourner à Madougou en toute sécurité. Ce projet inclut l’Equipe régionale d’appui à la réconciliation (ERAR) de Mopti et l’ONG locale Initiative malienne pour le développement local (IMADEL).

Appui aux institutions

Projet de loi sur la justice traditionnelle

Du 8 au 9 janvier, la MINUSMA, le ministère de la Justice et des Droits humains et le Projet Justice Mali de l’USAID ont organisé conjointement un atelier sur la consolidation du projet de loi sur le statut des cadis (juges traditionnels) et des autorités traditionnelles dans l’administration de la justice. Cet atelier, qui a réuni plus de 40 participants, principalement des experts juridiques nationaux, visait à consolider le projet de loi pour permettre son adoption dans les meilleurs délais.

Cet atelier s’inscrit dans un processus lancé par le ministère de la Justice en 2017 avec l’appui de la MINUSMA et de l’USAID pour l’élaboration d’une législation qui déterminera le cadre de la revalorisation des autorités de justice traditionnelle, y compris les cadis, conformément à l’article 46 de l’Accord de paix.

Appui aux communautés

Activité civilo-militaire

Le contingent ghanéen de la MINUSMA a participé au nettoyage, le 10 janvier, du monument de la paix situé dans le quartier d’Abaradjou à Tombouctou. Cette activité s’inscrit dans le cadre des préparatifs du Festival du vivre ensemble prévu ce weekend. Elle contribue aussi à la sauvegarde et la promotion de ce symbole de la paix.

Appui aux médias communautaires

Au travers d’un Projet à impact rapide, la MINUSMA a doté la Radio Alghafiat, seule station de Djebock, commune d’Anchawadji (région de Gao) en matériels modernes et neufs pour une valeur de près de 25 millions de FCFA. Cette radio est d’une importance particulière car elle est le seul moyen d’information pour le village. Ce don bénéficiera indirectement aux 29 000 habitants du village de Djebock qui bénéficient maintenant d’un accès régulier à l’information.

Depuis 2014, la MINUSMA a réalisé huit projets à impact rapide en soutien aux radios du réseau de l’URTEL dans les trois cercles de la région de Gao et à Ménaka, dont un en soutien à l’antenne régionale de l’ORTM. Ces projets ont directement bénéficié à 63 radios de l’URTEL ainsi qu’à l’ORTM pour un montant de près de 189 millions de FCFA.

Appui au dialogue intercommunautaire

Résolution pacifique des conflits et mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation

Les 11 et 12 janvier, la MINUSMA a organisé à Tonka et à Goundam (Cercle de Goundam) un atelier de consultation sur les méthodes alternatives de résolution pacifique des conflits. 50 participants appartenant à des organisations de femmes et de jeunes de Tonka et Goundam y ont pris part. Un atelier similaire a été organisé les 6 et 7 janvier à Tombouctou en collaboration avec le Conseil régional de la Jeunesse (CNJ).

Dialogue intercommunautaire entre Idaksahaq et Imajaghane à Ménaka

C’était le 7 janvier à Ménaka. La trentaine de participants a révélé que l’instabilité que connait la région de Ménaka est, entre autres, et selon eux, causés par l’insécurité grandissante, la criminalité, l’insuffisance de la présence de l’état, le chômage des jeunes, la déscolarisation et l’analphabétisme, le communautarisme et les effets négatifs des réseaux sociaux.

Droits de l’homme et Protection

Du 14 au 27 décembre 2019, la MINUSMA a enregistré 19 incidents liés à la sécurité et qui ont eu des répercussions négatives sur la situation des droits de l’homme et de la protection. Ils ont principalement eu lieu dans les régions de Gao, Kidal, Mopti, Ségou et Tombouctou. Ces incidents ont fait 39 morts parmi les civils et de nombreux blessés.

S’agissant des activités de promotion des droits de l’homme :

  • Le 6 janvier à Mopti, la MINUSMA a formé 44 acteurs de la Police nationale, la Garde nationale, la Gendarmerie nationale et la Protection Civile ont été formés sur les concepts de base des droits de l’homme. Dix éléments de la garde nationale avaient bénéficié de cette formation le 2 janvier à Gao, ont été formés sur les concepts de base des droits de l’homme. Le respect des droits de l’homme lors des opérations d’arrestation fait également partie des modules de formation.
  • Le 7 janvier, 23 officiers de police judiciaire de à l’École nationale de police de Bamako ont été sensibilisés aux normes des droits de l’homme avec un accent particulier sur la prévention de la torture.

Appui aux Forces armées maliennes (FAMa)

Au cours des quatre dernières semaines, à la demande des autorités militaires, 39 éléments des FAMa et civils maliens ont été transportés à bord des avions de la Force pour se rendre dans les régions principalement à destination de Gao, Ménaka et Tombouctou à partir de Bamako.

Activités de la Force de la MINUSMA

4 importantes opérations en cours

La Force de la MINUSMA poursuit l’opération Seka, qui vise à renforcer la sécurité, à assurer la protection des populations et à faciliter le redéploiement des institutions de l’État, y compris les Forces de sécurité maliennes dans le cercle d’Ansongo, dans la région de Gao. Plusieurs centaines de Casques bleus ont participé à l’opération. Elle a été menée sous la forme de patrouilles longue distance afin de sécuriser la principale route d’approvisionnement et les infrastructures clés dans la zone située entre Ansongo et la frontière du Niger.

Elle a mis l’accent sur la localité de Labezanga et ses environs et a mis en place plusieurs postes de contrôle pour surveiller la circulation dans la région. Les opérations nocturnes menées dans une région située à 60 kilomètres au sud d’Ansongo et de Katakombé dans la région de Ntilit, ont permis de dissuader les actes criminels et terroristes. Parallèlement, plusieurs activités de sensibilisation sur le Mandat de la MINUSMA ont été menées. Débutée depuis le mois dernier, cette opération durera trois mois.

L’opération Jade qui a également commencé en décembre 2019 dans le même secteur vise à renforcer la sécurité à Ménaka et à Anderamboukane. Elle a pour objectif de rassurer les populations suite au conflit qui a éclaté le 21 décembre 2019 entre groupes armés.

D’autre part, la Force de la MINUSMA poursuit également l’opération Buffalo qui se déroule en coordination avec les FAMa dans les cercles de Koro, Bankass et Bandiagara, dans la région de Mopti. Nos forces déployées dans les bases opérationnelles temporaires (TOB) de ces localités assurent de manière proactive la sécurité, la protection de la population locale et par ce biais facilitent le retour et le redéploiement des Forces de défense et de sécurité maliennes ainsi que les services de l’Etat. Ainsi, la Force a effectué une patrouille coordonnée avec la FAMa dans le village de Sibo, à 22 km au nord-ouest de la ville de Bandiagara, afin de dissuader la présence de groupes armés terroristes, de réduire les affrontements intercommunautaires et de montrer la présence de la MINUSMA et son partenariat positif avec les FAMa.

Au Nord-ouest du pays, l’opération Wiki lancée en décembre, effectue des patrouilles au Nord et au Sud de Goundam. Son objectif est de contrôler les postes de contrôle illégaux et vérifier les convois des groupes armés signataires de l’Accord de paix, dans le cadre de l’opération FARRIER, de plus grande envergure.

Au cours des deux dernières semaines et sur l’ensemble de sa zone d’opération, le Force de la MINUSMA a effectué 1 520 patrouilles (patrouilles de jour et de nuit, de longue et de courte portées). Ces opérations aussi bien terrestres qu’aériennes, contribuent à réduire les violences sur les populations et à ramener le calme dans les zones où les tensions communautaires sont signalées.

Incidents

18 Casques bleus tchadiens ont été blessées, dont plusieurs sérieusement, la semaine dernière dans une attaque à la roquette ou au mortier contre notre camp à Tessalit. Nous leur souhaitons à tous un prompt rétablissement.

Enfin, sachez qu’hier soir, à la demande des FAMa, la MINUSMA a effectué vers 22h30 une évacuation médicale d’urgence d’un de leurs soldats. Un hélicoptère de la MINUSMA et 3 médecins ont été dépêchés à Boulkessi, l’hélicoptère était de retour à 2h du matin, le patient a été transféré à l’hôpital, nous lui souhaitons un complet rétablissement.

Propos introductif de M. Samba Tall

Directeur de la division

Désarmement, la démobilisation et la réinsertion (DDR) et Réforme du secteur de la sécurité (SSR)

Bonjour mesdames et messieurs. Ce début d’année et l’annonce de la reprise des travaux du CSA le dimanche prochain 19 janvier, nous donnent l’opportunité de faire le point sur tout ce qui concerne le processus d’intégration et de DDR au Mali. Comme vous le savez, ce processus simultané d’intégration et de DDR est une résultante de l’Accord de paix. Dans les quatre piliers de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, il y a un pilier qui concerne la défense et la sécurité. Au sein de ce pilier, il a été prévu de mettre en œuvre le désarmement, la démobilisation des combattants, l’intégration de certains d’entre eux dans les services de sécurité de l’Etat et le DDR proprement dit, donc la réinsertion socioéconomique dans des projets individuels ou des projets collectifs.

Ce dont il faut se féliciter aujourd’hui, c’est que tous les organes nationaux qui étaient prévus par cet accord de paix ont été mis en place et sont fonctionnels. Vous avez un Conseil national de Réforme du secteur de la sécurité qui a un Secrétariat exécutif qui s’appelle le Commissariat à la Réforme du secteur de la sécurité. Vous avez la Commission nationale de DDR, vous avez la Commission d’intégration, vous avez la Commission vérité, justice et réconciliation. Je dois préciser que tous ces organes nationaux sont tripartites ou même élargis à la société civile. C’est-à-dire que tous les mouvements signataires de l’Accord de paix ainsi que le gouvernement et la société civile dans certains cas, sont représentés dans tous ces organes qui sont des organes nationaux.

Le rôle de la MINUSMA et d’autres partenaires a été d’aider à la mise en œuvre, à l’installation de ces commissions nationales depuis 2015. Progressivement comme le disait tout à l’heure mon collègue, que ce soit en expertise, en soutien dans la rédaction des textes, en logistique et en fonctionnement au quotidien, tout ça fonctionne à la date d’aujourd’hui. Une fois que ceci a été fait, à partir de l’année 2019, la MINUSMA a soutenu la Commission nationale de DDR pour faire le recensement de tous les combattants des mouvements dans tout le Nord.

Ensuite, comme il y a eu la crise au Centre, cela s’est aussi étendu à ce niveau. Le pré-enregistrement des gens a été fait. Je ne dis pas des combattants. Il y a des gens qui se sont déclarés membres de ces mouvements, qui se sont déclarés combattants. Ils sont à peu près au nombre de 74 000. Au niveau international, le DDR a des standards. Pour faire partie d’un programme de DDR, il faut être membre d’un mouvement signataire de l’Accord de paix, il faut justifier de sa qualité de combattant, il faut venir avec une arme fonctionnelle. C’est ce qu’on appelle les critères d’un DDR. Il y a un document qui a été signé en octobre 2015 par le gouvernement et tous les mouvements signataires qui a bien fixé qui sera considéré comme combattant au Mali. Donc c’est être membre d’un mouvement signataire reconnu, justifier d’une expérience de combattant (il y a des techniques d’interview pour démontrer cela) et venir avec une arme qui fonctionne pour montrer que vous étiez un combattant. Cette vérification est en cours.  Et qu’est ce qui sera fait de ces 74 000 personnes ? Il y en a parmi eux qui ont dit dès le départ, « nous irons dans le DDR ». Le DDR c’est aller dans la vie civile, être réinséré dans un projet socioéconomique.

A l’heure où je vous parle, la CNDDR est en train de s’occuper du cas de ces gens qui dès le départ ont dit, « nous on a une arme, on a la qualité d’un combattant, mais on veut rejoindre la vie civile », donc la CNDRR a signé avec la banque mondiale plusieurs conventions et ils sont en train de travailler sur ça dans les régions. Pour les autres, on va les passer au DDR comme prévu. Quand on les aura désarmés, démobilisés, certains d’entre eux, s’ils remplissent les critères, intégreront les services de sécurité de l’Etat, selon un code défini entre le gouvernement et les mouvements. Les autres vont aller à la réinsertion socioéconomique. Ça aussi a commencé. La première phase de cette intégration a été, d’intégrer les combattants du mécanisme opérationnel de coordination (MOC). Il avait été créé, composé d’un tiers des FAMa, d’un tiers des éléments de la Plateforme et un tiers d’éléments de la CMA.  Et il y avait des unités du MOC à Gao, Kidal et Tombouctou. Tous ces gens qui faisaient partir du MOC, ont été intégrés dans l’armée pour ceux qui remplissent les conditions. C’est bien fixé, ce sont des critères qui ont été bien acceptés.

Pour les militaires qui ont été acceptés, s’ils veulent être officier, ils doivent remplir les mêmes conditions que n’importe quel Malien. Au total, à la date d’aujourd’hui, il y a 1 300 anciens membres du MOC qui ont déjà été intégrés, qui sont partie intégrante de l’armée malienne. Il y a 500 autres toujours membres du MOC qui étaient en retard pour diverses raisons. Il y aura une séance de rattrapage pour ces 500. Ce qui va nous amener à un total initial de 1 800. Donc ceci est la première phase d’intégration.

Les 1 300 qui ont déjà été intégrés, ont été affectés dans des unités qui vont être redéployées. On appelle cela les unités reconstituées des FAMa. Pour faire partie de ces unités reconstituées, il faut avoir fait le processus de DDR en venant d’un mouvement, il faut avoir rempli les critères pour être membre de l’armée et ensuite être redistribué dans les unités comme accepté et redéployé. Donc, le processus ne s’est jamais arrêté.

Il est prévu de redéployer initialement une unité à Gao, une à Tombouctou et une à Kidal. La priorité étant Kidal. Donc, la première unité de l’armée reconstituée qui sera redéployée le sera à Kidal. L’état-major des armées et les mouvements ont beaucoup travaillé avec nous sur ce plan de redéploiement de ces premières unités. Nous soutenons l’état-major général. Une partie de ces éléments sont déjà à Gao. L’état-major doit finaliser toutes ces étapes et les redéployer.

Notre intervention dans tout cela en tant que MINUSMA est de soutenir tout ce qui est mouvement de ces combattants, tout ce qui est hébergement dans les camps donc tout le soutien logistique que l’Etat-major nous demandera. Nous avons travaillé dessus. Le camp de Kidal a été réfectionné, nous avons déjà un élément de la MINUSMA qui est dans ce camp. Il sera donc prochainement rejoint par cette unité reconstituée dès que l’état-major général des armées et le ministère de la Défense vont donner leur feu vert.

Ce bataillon reconstitué, son rôle est premièrement d’assurer la protection du Gouverneur à Kidal. Le Gouverneur, c’est l’élément numéro un du Gouvernement à Kidal. Il va être protégé, sa sécurité sera assurée par ce bataillon reconstitué. Les autorités intérimaires, leur sécurité aussi sera assurée par ce bataillon ainsi que la sécurité du camp des FAMa qui est l’ancien camp du MOC. Ensuite, ils vont participer à la sécurité globale de Kidal grâce à des patrouilles conjointes avec la MINUSMA.

Ce bataillon, une fois pleinement opérationnel, soutiendra le processus de DDR-Intégration dans toute la région de Kidal. Il en sera de même après pour Gao, Tombouctou et Ménaka. C’est un processus qui est en cours qui doit commencer par Kidal. Pour l’instant tout est fin prêt pour le faire, il ne reste que le feu vert de l’état-major et du ministère de la Défense.

Je vous remercie

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Ms. Yaye Nabo SENE

Public Information Officer

Strategic Communication and Public Information Division (SCPID)

United Nations Multidimensional Integrated  Stabilization Mission in Mali (MINUSMA)

+223 94 95 06 71 | WhatsApp: +223 77 07 29 07 | Intermission: 145-6034 | seney@un.org

https://minusma.unmissions.org/

Rentrée solennelle 2020 de la JCI Mali : l’édition se tient à Kati du 17 au 19 janvier

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Pour la première fois dans l’histoire de la Jeune Chambre Internationale du Mali, cette manifestation nationale se déroule en dehors de Bamako. Et c’est Kati, une garnison située à quelques kilomètres de la capitale qui est à l’honneur de l’abriter.


En prélude à la tenue de la 25ème Rentrée solennelle, le président national, Moustapha Sanogo a animé une conférence de presse, le mercredi 15 janvier 2020, au siège de l’Organisation en face du 5ème arrondissement. Au cours de cette conférence, il a expliqué et évoqué aux hommes de medias respectivement, la Rentrée solennelle et les grands chantiers du mandat 2020. Moustapha a ensuite rappelé l’historique de la Jeune chambre internationale.


Le président était entouré pour la circonstance d’Ahmed A. Traoré, vice-président national assigné à la zone 1, Mamadou Coulibaly, chargé de manifestations nationales et internationales et Pinda Garantigui Keita, présidente 2020 de la JCI Kati. L’organisation de cette édition est confiée à la JCI Kati. Selon le conférencier Sanogo, la rentrée solennelle est l’une des trois principales manifestations nationales de la JCI Mali. Elle se tient chaque année à une date adoptée lors de la convention nationale (3ème manifestation nationale). C’est une rencontre qui permet de lancer officiellement les activités du mandat en cours. Cette édition qui se tient pour la première fois en dehors de Bamako regroupera plus de 500 jeunes citoyens actifs des organisations locales de Kayes à Kidal via Bamako.

Les grands chantiers du mandat 2020

Le Mali traverse des moments difficiles. Pour le président national, il est de leur devoir en tant que membres de la Jeune Chambre Internationale de montrer la voie vers la stabilité à travers la cohésion sociale, d’être cette organisation qui unit tous les secteurs de la société pour la promotion de la paix et la citoyenneté active au Mali afin de créer un impact durable. Pour ce faire, exprime-t-il, le comité directeur national a placé le mandat 2020 sous le signe « Engagement citoyen et synergie d’actions, facteurs de cohésion sociale au Mali ».
Cela amène le mouvement à travailler sur sept priorités notamment, mettre l’accent sur le développement et le renforcement des capacités des membres de la JCI Mali et d’autres associations de jeunesse ; amener les membres de la JCI Mali à vivre selon les valeurs JCI ; promouvoir davantage le cadre JCI du Citoyen Actif dans nos organisations et auprès de nos partenaires ; trouver un site pour abriter le siège de la JCI Mali ; célébrer les 25 ans de la JCI Mali ; participer aux grands débats de la nation et repositionner JCI Mali auprès des partenaires et institutions.
Membre originaire de la Jeune Chambre Internationale Kati, le président national 2020, Moustapha Sanogo, selon ses collaborateurs, est un leader très modeste et engagé pour le bien être de sa communauté. Homme dynamique qui aime le travail bien fait, le natif de Kati a un grand défi à relever cette année, sachant que cette organisation traverse une crise depuis avril 2018.
Drissa Keita

Cedeao : les pays anglophones rejettent la monnaie « Eco » version Ouattara

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Les Ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales de cinq pays anglophones d’Afrique de l’Ouest et la Guinée réunis à Abuja ont rejeté ce jeudi la nouvelle monnaie commune de l’espace Cédéao prônée par le président ivoirien Alassane Ouattara le 21 décembre dernier. Ces pays anglophones d’Afrique de l’Ouest t la Guinée dénoncent la décision «unilatérale» de renommer le franc CFA en «eco» en marge d’une réunion tenue jeudi 16 janvier au Nigeria. Les six pays de la Zone monétaire ouest-africaine (WAMZ) ont «noté avec préoccupation la déclaration visant à renommer unilatéralement le franc CFA en eco d’ici juillet 2020». Les ministres des finances et gouverneurs des banques centrales des six pays anglophones de la CEDEAO estiment dans un communiqué que «cette action n’est pas conforme aux décisions» de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) en vue de «l’adoption de l’eco comme nom de la monnaie unique» de toute la région.

La WAMZ est composée du Nigeria, du Ghana, du Liberia, de la Sierra Leone, de la Gambie et de la Guinée (Conakry), qui ne fait pas partie de la zone CFA. Ils « réitèrent l’importance pour tous les membres de la Cédéao d’adhérer aux décisions de l’autorité des chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao concernant la mise en oeuvre de la feuille de route révisée du programme de monnaie unique« . Un sommet réunissant les chefs d’Etat de la WAMZ est prévu « bientôt » pour décider de la conduite à venir, précise le communiqué final.

Cette information relance le débat autour d’une monnaie sensée unir les 15 pays de la CEDEAO dès 2020. Une décision qui tranche aussi avec l’enthousiasme affiché il y a quelques semaines par le Ghana et son président Nana Akufo-Addo. Ce dernier avait même fait montre d’empressement en disant « au Ghana, nous sommes déterminés à faire tout ce que nous pouvons pour rejoindre les États membres de l’UEMOA dans l’utilisation de l’Éco, car, selon nous, cela aidera à éliminer les barrières commerciales et monétaires » avait-il déclaré. Quant à la première économie de la région, le Nigeria a toujours affiché une certaine prudence. Plusieurs économistes et experts ont argumenté auprès du gouvernement nigérian afin qu’il prenne le leadership dans l’adoption de la monnaie commune ouest-africaine.

Huit pays francophones d’Afrique de l’Ouest, qui utilisent le franc CFA, avaient annoncé fin décembre leur décision de remplacer leur monnaie commune par l’ »eco » et de rompre ainsi les liens très controversés avec la France, ancienne puissance coloniale, qui accueillait notamment la moitié de leurs réserves de changes en échange de la convertibilité du CFA avec l’euro. L’annonce surprise avait été faite par le président ivoirien Alassane Ouattara lors d’une visite à Noël de son homologue français Emmanuel Macron, dont il est le principal allié politique dans la région, au lendemain d’un sommet de la Cédéao qui avait encouragé les efforts visant à mettre en place une monnaie unique ouest-africaine d’ici à juillet.