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Mali : Le siège du G5 Sahel va quitter Badalabougou

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Suite au massacre de 35 civils à Sobane Da, au centre du  pays, le ministre de la Sécurité était, jeudi 13 juin, devant les députés pour éclairer leur lanterne.Il était accompagné de ses collègues de l’Administration territoriale, Boubacar Alpha Bah, et de la communication, Yaya Sangaré, Porte-parole du gouvernement.

Les questions portaient essentiellement sur les massacres perpétrés au centre et l’état des enquêtes judiciaires engagées; l’accord de coopération militaire entre le Mali et la France, le rôle de la Minusma et des autres forces étrangères engagées aux côtés du Mali dans la lutte contre le terrorisme.

En réponse aux questions des députés, le ministre Salif Traoré a souligné que les forces armées et de sécurité sont en train de monter en puissance mais sont surchargées. Selon lui, le Mali a des avions mais pas en nombre suffisant, ce qui oblige souvent l’armée malienne à solliciter le concours des Français pour l’évacuation des blessés par voie aérienne.

Le ministre Traoré indique que la stratégie sécuritaire du gouvernement est bâtie sur 4 piliers : la défense–sécurité, la gouvernance, le développement et la communication. Parlant de la Minusma, il dira que le gouvernement est favorable au renouvellement de son mandat. Et pour le siège de la force conjointe du G5 Sahel, il a fait savoir que le ministre de la Défense est à pied d’œuvre pour trouver un local dans une structure militaire, hors du quartier de Badalabougou dont les populations exigent son départ.

S’agissant du dialogue avec les terroristes, le ministre déclare que cela n’est pas à l’ordre du jour.

D’après lui, beaucoup pensent que les auteurs des exactions au centre du pays ne sont pas des Maliens. Mais lui, il est formel : les exactions sont bien l’œuvre des Maliens instrumentalisés. Et les terroristes attisent ce feu en exacerbant les petits griefs entre les communautés pour provoquer des affrontements.

Par ailleurs, le Ministre rappelle qu’après le massacre d’Ogossagou, plus de 200 personnes, tous des Maliens, ont été interpellées et 70 mises aux arrêts. Pour le cas de Sobane-Da, il  précise que le ministre de la Défense et le chef d’état-major des armées sont sur le terrain pour chercher à comprendre ce qui s’est passé afin d’en tirer les conséquences.

Salif Traoré a enfin assuré aux députés que les enquêtes sont en cours pour traquer les auteurs de ces crimes audieux et les traduire devant la justice.

Alassane CISSE

Source : Le Procès Verbal

MALI: JOURNEE DU PAYSAN, LA FILIÈRE MAÏS EN VEDETTE

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Le thème de l’événement porte sur la promotion de cette céréale dont la production connaît une forte progression. Les prévisions pour la campagne qui démarre s’élèvent à 3,9 millions de tonnes. L’excédent de production pourrait générer, pour les producteurs, des revenus bruts d’environ 251 milliards de FCFA. Le ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar, a donné hier à Bougouni le coup d’envoi des rencontres préparatoires de la 15è édition de la Journée du paysan, dont le thème est “promotion et valorisation de la filière maïs”. C’était en présence du président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali, Bakary Togola, du secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Agriculture, chargé de l’Aménagement et de l’Équipement rural, Adama Sangaré. (

Source: (L’Essor)

Le Gabon lance une nouvelle compagnie de transports urbains en août prochain

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( Le Nouveau Gabon) – Une nouvelle compagnie publique de transports urbains dénommée Trans-Urb sera lancée mi-août 2019 à Libreville.

Avec un parc roulant initial de 300 bus et une perspective de 500 emplois au démarrage, le projet de mise en circulation de cette compagnie est en préparation depuis quelques mois. Sa création et son adoption ont été faites en conseil des ministres le 13 juin au palais du bord de mer.

Le lancement de Trans-Urb viendra en appui à la Société gabonaise de transports. Elle permettra la diversification et l’amélioration de l’offre de transports urbains dans la capitale gabonaise. Ce qui devrait résoudre les problèmes de mobilité des populations des communes de Libreville, Akanda, Owendo et Ntoum.

PcA

Le Gabon se dote d’un plan en cinq axes pour relancer les activités de la Société équatoriale des mines

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( Le Nouveau Gabon) – Nommé directeur général de la Société équatoriale des mines (SEM) le 26 février 2019, Ismaël Ondias Souna (photo) vient de concevoir un plan d’actions en vue de la relance des activités de cette société.

Ce plan a été récemment présenté au ministre des Mines, de l’Énergie et des Ressources hydrauliques, Tony Ondo Mba. Bâti autour de cinq axes de développement stratégiques (ADS), il devra permettre une meilleure valorisation des ressources minières du pays et constituera un moyen de lutte contre l’exploitation illicite des ressources.

Le premier axe concerne la restructuration juridique de la SEM, le deuxième, l’organisation de la filière, le renforcement du rôle de la SEM dans la petite mine est le troisième axe. Le quatrième consistera à recentrer les activités et les missions de la SEM dans les activités de carrières et de granulats tandis que le cinquième et dernier axe visera la réduction du niveau d’endettement de la SEM.

Selon les explications d’Ismaël Ondias Souna, « ce projet, très ambitieux, repose sur une meilleure application des textes existants de même que sur une approche innovante de partage de production entre l’opérateur national et les différents partenaires privés ».

Stéphane Billé

Francesco De Musso (BGFI Bank) : «Les banques doivent étendre leur maillage et être plus proches de leur client »

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( Le Nouveau Gabon) – Dans un entretien accordé à notre rédaction au lendemain de sa participation au Forum Afrique 2019, le 8 février 2019 à Paris, le Directeur général de BGFIBank Europe, hub européen du groupe, Francesco De Musso (photo), s’exprime sur  les grands enjeux de cette rencontre ainsi que sur les mutations en cours dans le secteur bancaire en Afrique.

M. Francesco De Mussoquels étaient les grands enjeux du Forum Afrique 2019, organisé récemment à Paris, par « Le Moci » en partenariat avec le Conseil des investisseurs français en Afrique et la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, auquel vous avez pris une part active ?

M. Francesco De Musso: Ce dernier Forum Afrique avait pour objectif de mieux appréhender les transformations en cours en Afrique, au-delà des évolutions conjoncturelles, tant économiques que politiques. Les 1000 participants présents ont ainsi eu l’opportunité d’échanger sur plusieurs thématiques autour des nouveaux modèles économiques et des nouvelles solutions de financement en Afrique.

Au terme de cette conférence, quelle situation se dégage du secteur bancaire africain aujourd’hui ?

Après une période d’émergence et de forte croissance des acteurs bancaires panafricains, on note aujourd’hui une période de stabilisation, essentiellement liée aux évolutions réglementaires. La mise en œuvre des exigences Bâle II et III impose cette phase de transition pour les différents acteurs bancaires. Cela passe entre autres par le renforcement des fonds propres, la mise en œuvre de politiques d’appétence et de gestion des risques adaptées au business model et le durcissement des politiques de provisionnement.

Comment le secteur bancaire peut-il réellement contribuer à la transformation de l’Afrique ?

Le secteur bancaire est l’acteur principal du financement des économies africaines. La transformation est le premier ADN d’une banque qui a vocation à collecter des dépôts pour les prêter aux acteurs économiques qui en ont besoin. Pour mieux accompagner les économies, les banques doivent étendre leur maillage et être plus proches de leur client notamment pour sortir les champions de demain de l’informel. Être proche de nos clients constitue un enjeu majeur. C’est en ce sens que les initiatives comme le digital prennent tout leur sens car elles permettent de financiariser une clientèle plus large à moindre coût.

On note de plus en plus en résurgence des groupes bancaires africains, contre un retrait progressif des grandes banques classiques occidentales. A quoi est due cette situation ?

L’essor des banques africaines résulte directement des limites liées au business model des banques occidentales qui n’ont pas toujours été en mesure de s’adapter aux spécificités économiques locales. Il est une évidence sur nos marchés : on ne prête pas partout, aux mêmes conditions, et encore moins aux mêmes clients. Les banques africaines ont pour la plupart émergé grâce à la connaissance de leurs marchés.

Vous soutenez que « la transformation du continent dépend essentiellement des financements que le secteur bancaire africain est en mesure d’octroyer ». Pourtant on reproche aux banques de ne pas soutenir le financement à long terme. Cela ne constitue-t-il pas une chose et en même temps son contraire ?

Ces deux idées sont clairement liées car elles reposent sur la capacité des banques à financer les économies. Toutes les mesures susceptibles de renforcer la solidité des banques et leur capacité à financer au plus près les besoins des particuliers et des entreprises sont à encourager.

Le long terme est un point sur lequel nos économies sont fortement pénalisées en raison notamment de la faible profondeur des marchés financiers. Pour financer à long terme, il faut surtout mobiliser des ressources à long terme. Par exemple, les marchés financiers pourraient offrir des perspectives rentables aux investisseurs, et par conséquent, permettre au secteur bancaire de lever une épargne longue capable de transformer durablement le continent.

Est-ce le cas avec votre Groupe BGFIBank ?

Le groupe BGFIBank est un acteur financier né sur le continent africain pour servir les acteurs économiques présents en Afrique. BGFIBank est au service du financement des économies africaines et notre approche ne peut se concevoir autrement qu’en intégrant le respect des normes internationales. Notre force repose dans la prise en compte dans notre business model, des spécificités économiques locales de chacune de nos implantations. Notre ambition est d’être un groupe financier africain pour tout le monde.

L’arrivée des nouveaux instruments tels que le mobile banking sur le secteur ne va-t-elle pas impacter les performances du secteur bancaire africain ?

Le mobile banking représente un canal majeur pour accroître l’inclusion financière. Il vient en complément et non en opposition au secteur bancaire car il permet de toucher une autre clientèle et de répondre à des besoins nouveaux. Toutes les banques aujourd’hui disposent de solutions de mobile banking adaptées à leur clientèle. Dans le cas de BGFIBank, notre solution BGFIMobile nous a permis de renforcer notre base clientèle et de servir au plus près, plus vite et à moindre coût nos clients. Cette offre est venue enrichir un éventail de produits que nous offrions déjà aux clients. Le mobile banking est un exemple d’innovation technologique bien adapté aux services financiers, d’où son succès.

Quel est votre avis sur le financement participatif ? Constitue-t-il une alternative pour le financement du développement du continent ?

 Le financement participatif ou « crowdfunding » est déjà une alternative au financement traditionnel dans nos économies. Il existe depuis fort longtemps sous forme de tontine ou de financement communautaire. Les effets du financement participatif sont remarquables pour lutter contre la pauvreté et sortir certaines communautés de l’exclusion sociale. Toutefois, il reste encore limité en termes de volume : cela représente moins de 150 millions de dollars par an, ce qui est faible en comparaison avec les financements octroyés par les banques.

Au sujet de la filiale que vous dirigez, que peut-on retenir de l’année 2018, et du premier trimestre en cours ?

BGFIBank Europe est un établissement de crédit spécialisé, basé à Paris. Nous sommes le hub du groupe pour ses opérations internationales. Depuis 2 ans, notre filiale est au cœur d’un processus de transformation à tous les niveaux : commercial, humain, organisationnel et prévisionnel.

2018 aura été une année record pour la filiale, tant en termes d’activité que de rentabilité, depuis sa création en 2009. Notre produit net bancaire est en croissance de 26% sur la période. Nous avons étendu notre couverture géographique sur le continent et mis l’accent sur la diversification des acteurs que nous accompagnons. Quant au premier trimestre 2019, il s’inscrit dans la continuité de l’année achevée avec une rentabilité attendue au-delà de 50%. Nous restons confiants sur les perspectives à venir.

Propos recueillis par Stéphane Billé

Le Togo va adhérer à la convention de Londres visant à faciliter le trafic maritime international

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(Togo First) – Le gouvernement togolais, réuni mercredi 15 mai en Conseil des Ministres, a autorisé l’adhésion du pays à la Convention signée le 9 avril 1965 à Londres et visant à faciliter le trafic maritime international.

L’objectif principal de ce texte, indique le communiqué du conseil des ministres, est de rendre plus accessibles les transports maritimes par la simplification des formalités, les documents requis et les procédures liées à l’arrivée, au séjour et au départ des navires effectuant des voyages internationaux.

L’adhésion du Togo à cette convention devrait permettre de simplifier les formalités administratives dans le domaine des transports maritimes et de renforcer son attractivité.

Elle a en outre vocation à favoriser au profit du pays, la mobilisation de plus de partenaires dans la mise en œuvre du Plan national de développement (PND 2018-2022).  

Dans l’Axe stratégique n°1 du PND, le pays ambitionne en effet d’être un hub logistique d’excellence et un centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région.

Notons que le Togo bénéficie d’une bonne position géographique et son port en eaux profondes offre des potentialités de développement.

Séna Akoda

Au Togo, les chambres régionales d’agriculture connaissent une mutation

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(Togo First) – Au Togo, les chambres régionales d’agriculture, organes locaux en charge de promouvoir et représenter le secteur, font l’objet de modification de la part du gouvernement.

Ainsi, d’une part, il est instauré des cotisations pour les ressortissants de chaque Chambre régionale. D’autre part, le Bureau national des chambres régionales d’agriculture (BN-CRA), chapeautant l’ensemble des démembrements, devient Conseil permanent des chambres d’agricultures du Togo (CPCAT).

La décision, adoptée par décret en conseil de ministres ce mercredi 20 mars 2019, vise, selon le communiqué, « à renforcer la crédibilité de la représentativité ainsi que la légitimité des procédures dans les instances de prise de décision ».

Il s’agit également de rendre ces structures « plus fonctionnelles et plus efficaces », et de permettre aux acteurs agricoles de chaque localité de mieux se les approprier.

Pour rappel, les Chambres régionales d’agriculture, organisations locales au niveau des villages et des cantons, ont été mises en place au Togo depuis 1997. Avec notamment pour objectif de servir de représentation auprès des pouvoirs publics, dans le cadre de problématiques agricoles.

Ayi Renaud Dossavi

1er forum Togo-Ue : plus de 852 milliards FCFA de promesses fermes

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Togo First) – Les rideaux sont tombés ce vendredi 14 juin 2019 sur le tout premier forum économique Togo-Ue, avec des notes de satisfaction.

La cérémonie de clôture présidée par le Premier ministre Komi Selom Klassou s’est tenue en présence de Bruno Hanses, Représentant de la Cheffe de la délégation de l’UE au Togo, Cristina Martins Barreira et de nombreuses personnalités.

Ce premier rendez-vous d’affaires avec l’Europe des 28 a été l’occasion d’échanges, de panels de haut niveau, de présentations de projets, de réseautage, et de rencontre B2B. Près de 70 conférenciers ont animé plusieurs panels sur des thématiques diverses, allant du développement inclusif à l’importance des partenaires au développement, en passant par l’agriculture, l’énergie, la transformation manufacturière, l’accès au financement, ou encore les infrastructures.

Selon le Premier ministre, la moisson a été des meilleures pour la partie togolaise. A l’heure de dresser le bilan des retombées, on annonce plus d’1,3 milliards d’euros, soit environ 852 milliards FCFA de promesses fermes faites par les investisseurs européens. Une bouffée d’oxygène pour le PND dont 65% des investissements (5 milliards $) reposent sur le secteur privé.

«Le processus d’émergence est bel et bien enclenché au Togo et est en cours de réalisation », s’est félicité le Chef du Gouvernement.

Pour Germain Meba, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo, « Ce Forum économique qui s’achève, est le parfait exemple du partenariat économique qui gagne, soutenu par une Coopération internationale »

« Maintenant, il s’agit de tirer le meilleur profit de ce forum et de travailler ensemble… L’UE est prête à intensifier son soutien », déclarera à sa suite, Bruno Hanses, qui appelle Lomé à « poursuivre sans relâche la politique des réformes ».

« Le Togo a besoin d’être accompagné dans sa marche vers le progrès »,conclura Komi Selom Klassou, un appel de pied « aux opérateurs économiques du Togo comme d’ailleurs ». Une consultation avec la partie européenne est prévue « très bientôt » afin de plancher sur les premières conclusions de ce forum. L’objectif est de déboucher sur un plan d’accompagnement sur la période 2021-2025. Quant au prochain forum Togo-Ue, aucune date n’a encore été communiquée.

Annoncé à 11 570 FCFA, le terminal Sanza, smartphone le moins cher au monde, coûte finalement 13 900 FCFA au Cameroun

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(Investir au Cameroun) – Courant mai 2019, la filiale camerounaise du groupe français des télécoms Orange a lancé la commercialisation de Sanza, présenté comme étant le smartphone le moins cher au monde. Orange Cameroun matérialise ainsi une annonce faite par le groupe au cours du Mobile World Congress, tenu en février 2019 à Barcelone, en Espagne.

Seulement, contrairement à l’annonce faite au cours de cette grand-messe du mobile, Sanza ne coûte pas 11 570 FCFA sur le territoire camerounais. Ce smartphone est disponible dans les points de vente d’Orange Cameroun au prix de 13 900 FCFA.

« Le prix de 11 570 FCFA annoncé au départ est le prix à la production. Le prix dans les points de vente Orange Cameroun intègre les coûts du transport et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) », explique-t-on chez le numéro de la téléphonie mobile au Cameroun.

« J’ai la conviction que ce mobile 3G et bientôt 4G, est un levier puissant pour développer l’accès à internet pour tous en Afrique », confiait Alioune Ndiaye, le directeur général d’Orange Moyen-Orient et Afrique (MEA)à l’occasion du Mobile World Congress de Barcelone.

Sommet tripartite secret de Jérusalem

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ikolaï Patrouchev et John Bolton se rencontreront à Jérusalem, en présence de Meir Ben-Shabbat.

Un sommet des conseillers nationaux de sécurité états-unien, israélien et russe a été annoncé à Jérusalem. Il s’agit de démêler l’imbroglio autour de l’Axe de la Résistance, de garantir la sécurité de tous les États du Moyen-Orient et une suzeraineté partagée des États-Unis et de la Russie sur tous les acteurs, dont Israël.

Un sommet des trois conseillers nationaux de Sécurité états-unien, israélien et russe se tiendra en juin 2019 à Jérusalem. Cet événement inédit a déjà donné lieu à des « révélations » et à des « démentis » sur ce qui devait y être discuté. La presque totalité des commentateurs glose à partir d’idées fausses que tous reprennent en chœur. Nous devons les rectifier avant d’évaluer ce qui est en jeu dans ce sommet.

Le jeu des Grandes puissances dans la région

Durant la Guerre froide, la stratégie états-unienne d’endiguement (containement) est parvenue à repousser l’influence soviétique au Moyen-Orient. Après l’effondrement de l’URSS, la Russie a quitté cette région et n’y est revenue que lors de la guerre occidentale contre la Syrie.

La Russie est présente au Levant (sauf durant la période 1991-2011) depuis la tsarine Catherine II qui, à la demande des habitants, envoya sa flotte défendre Beyrouth. Sa politique vise d’abord à protéger le berceau du christianisme (qui est Damas et non pas Jérusalem), fondement de la culture russe. Ce faisant, la Russie a étendu son influence en Méditerranée orientale et est parvenue aux eaux chaudes de l’Océan indien.

En 2011, la Russie a été le seul État à distinguer les révolutions colorées du Maghreb (les « printemps arabes ») des guerres contre la Libye et contre la Syrie. Les Occidentaux, qui ont leur propre interprétation de ces événements, n’ont toujours pas fait l’effort de comprendre leur lecture par la Russie. Il ne s’agit pas ici de déterminer qui a raison et/ou qui a tort —c’est un autre sujet [1]—, mais d’admettre qu’il existe deux narrations totalement différentes des faits. Il est à noter que les Occidentaux conviennent que Moscou n’a pas digéré la manière dont ils ont violé la résolution visant à protéger les populations civiles en Libye. Ils reconnaissent ainsi que ce ne sont pas les Russes, mais l’impérialisme occidental, qui a créé le problème que nous affrontons aujourd’hui.

Sur la base de sa propre analyse, la Russie a commencé à opposer son veto aux résolutions occidentales sur la Syrie au Conseil de sécurité. Simultanément, elle a, à la demande syrienne, mené des négociations avec Damas en vue de déployer des troupes de maintien de la paix de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) en Syrie. En définitive, Washington et Moscou se sont rencontrés à Genève, en présence des nations occidentales et en l’absence des acteurs moyen-orientaux, pour acter une suzeraineté partagée sur le Moyen-Orient. C’était en juin 2012. Ces noces n’ont duré que quelques jours. Elles furent brisées par la France, agissant pour le compte de la secrétaire d’État Hillary Clinton.

7 ans plus tard, Moscou réclame son dû. En effet, c’est la Russie —et non pas l’OTSC— qui s’est déployée militairement en Syrie et, aux côtés de l’armée syrienne et du Hezbollah, a vaincu les jihadistes —et absolument pas Washington et ses alliés qui, au contraire, les ont armés [2]—. Elle le réclame à Jérusalem car un million de russophones sont citoyens israéliens et que l’un d’entre eux, Avigdor Lieberman, vient de faire chuter deux fois de suite le gouvernement Netanyahu [3].

Cette évolution est difficile à admettre pour ceux qui en sont restés à l’alliance États-Unis/Israël qui caractérisait l’ère Bush Jr. Pourtant, les autorités israéliennes se sont rendu bien plus de fois à Moscou qu’à Washington depuis la défaite de Daesh.

Le jeu des puissances régionales face à Israël

Il existe un allant-de-soi selon lequel les forces de l’« Axe de la Résistance » (Palestine-Liban-Syrie-Iraq-Iran) seraient dévouées à l’anéantissement des Israéliens comme les nazis le furent à celui des juifs. C’est un copier-coller grotesque.

En réalité, le Hezbollah est originellement un réseau de Résistance chiite à l’occupation israélienne du Liban. Il a successivement été armé par la Syrie puis, après le retrait de la force syrienne de maintien de la paix au Liban en 2005, par l’Iran. Il n’a jamais eu comme objectif de « jeter les juifs à la mer », mais au contraire, il ne cesse d’affirmer son intention d’établir l’égalité en Droit pour tous. L’occupation israélienne du Liban fut une réalité allant bien au-delà de la volonté du gouvernement israélien qui fut dépassé par l’initiative de prendre Beyrouth du général Ariel Sharon. C’est aussi le fait de la Collaboration de milices chrétiennes et druzes libanaises, dont celles de Samir Geagea et de Walid Joumblatt.

Identiquement, la Syrie a réagi à l’expansionnisme israélien d’abord en se défendant, puis en se portant au secours des populations palestiniennes. Ceci est parfaitement légitime, sachant que la Palestine et la Syrie actuelles formaient une seule entité politique avant la Première Guerre mondiale [4]. Nul ne conteste, pas même les États-Unis, qu’Israël n’a cessé depuis soixante-dix ans de grignoter des territoires à ses voisins et continue de le faire.

Dès le début de la Guerre froide, les États-Unis, tout à leur politique d’endiguement des Soviétiques, avaient parfaitement conscience de cet expansionnisme israélien qui bouleversait la stabilité de la région. Ils armèrent la Syrie pour qu’elle puisse lui résister —pas l’attaquer— et armèrent identiquement d’autres forces, dont l’Iraq [5] . C’est le secrétaire d’État états-unien, John Foster Dulles, et lui seul, qui créa l’« Axe de la Résistance ». Il s’assurait ainsi que la Syrie et l’Iraq ne se tourneraient pas vers l’Union soviétique pour se défendre et obtenir son assistance militaire.

L’administration de Dwight Eisenhower savait qu’Israël était le fruit de la volonté de Woodrow Wilson et David Llyod George [6], mais il le considérait comme un cheval fou qu’il fallait à la fois protéger et dompter.

Washington se rallia donc aux idées britanniques : le traité d’assistance militaire entre Damas et Téhéran puis, en 1958, le Pacte de Bagdad permettant la création du CenTO (équivalent régional de l’Otan). Le contexte s’est modifié et les acteurs ont changé, mais pas leur mobile.

Le cas de l’Iran est le principal problème aujourd’hui. En effet, la majorité de ses dirigeants n’aborde pas cette question de manière politique, mais religieuse. Une prophétie chiite assure que les juifs reformeront un État en Palestine, mais qu’il sera rapidement détruit. Le Guide la Révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, tient ce texte pour canonique. Il égrène ce compte à rebours et a ainsi affirmé qu’Israël aura disparu dans 6 ans (en 2025).

La crispation des positions, en Iran autour de cette prophétie et en Israël autour de la loi « Israël, État-nation du peuple juif » (2018), est la source de la continuation de ce conflit qu’un peu d’intelligence permettrait de débloquer. C’est ce que Donald Trump et Jared Kushner ont essayé de faire et c’est là qu’ils ont échoué : si le développement économique peut effacer la question des réparations, aucune avancée ne sera possible sans faire évoluer les représentations du monde qu’ont les juifs, les arabes et les perses.

Qu’est-ce que l’« Axe de la Résistance » ?

Les responsables religieux iraniens utilisent souvent l’expression « Axe de la Résistance » pour désigner l’alliance face à Israël. Cependant aucun traité ne formalise cet axe. Jamais ses dirigeants n’ont tenu de sommet pour se concerter.

Depuis l’invasion états-unienne de l’Iraq, en 2003, les forces de cet axe se sont lentement divisées de sorte qu’aujourd’hui, ses conflits internes sont plus importants que son combat externe.

En 2003, le chef religieux iraquien chiite Mohammad Sadeq al-Sadr était assassiné. À tort ou à raison, ses partisans en tinrent pour responsable le Grand ayatollah Ali al-Sistani. Celui-ci est un iranien vivant en Iraq où il dirige les séminaires chiites. Progressivement la communauté chiite iraquienne se divisa entre les pro-Iraniens d’al-Sistani et les pro-arabes du fils du défunt, Moqtada al-Sadr. Celui-ci coupa successivement avec Damas, puis avec Téhéran en 2017, et se rendit à Riyad auprès du prince Mohamed ben Salmane.

En 2006, profitant de sa victoire électorale locale lors des élections législatives dans les Territoires palestiniens, le Hamas réalisa un coup d’État contre le Fatah et se proclama autonome dans la Bande de Gaza [7]. En 2012, sa direction politique, qui vivait en exil à Damas, se transporta soudainement à Doha, alors que le Qatar finançait les jihadiste contre la Syrie. Le Hamas se déclara « Branche palestinienne des Frères musulmans », un parti politique interdit en Syrie. Ses hommes et des agents du Mossad israélien entrèrent dans la ville syrienne de Yarmouk pour y assassiner leurs rivaux marxistes du FPLP-Commandement général. L’armée syrienne encercla la ville et le président palestinien Mahmoud Abbas l’assura de son soutien.

Il est absurde pour les Occidentaux de vouloir détruire l’« Axe de la Résistance », qu’ils ont voulu et aidé à créer, uniquement parce qu’ils en ont perdu le contrôle. Il leur suffit d’attendre, celui-ci se délite tout seul.

Les Iraniens sont des amis fidèles, cependant ils ont culturellement tendance à embarquer leurs amis dans leurs affaires. Jamais les Syriens n’expulseront les Iraniens qui les protègent de l’expansionnisme israélien et à qui ils doivent d’avoir tenu au début de la guerre (2011-14). Mais si les Iraniens étaient de réels amis des Syriens, ils se retireraient militairement de ce pays au profit de la Russie, de sorte que les États-Unis puissent reconnaître la légitimité du gouvernement de Bachar el-Assad. Au lieu de quoi, ils utilisent la présence de leurs troupes pour provoquer Israël et tirer des roquettes sur son territoire depuis la Syrie.

Les trois conseillers nationaux de Sécurité

John Bolton (USA), Meir Ben-Shabbat (Israël) et Nikolaï Patrouchev (Russie), les trois conseillers nationaux de Sécurité, ont les mêmes fonctions, mais pas les mêmes expériences.

Bolton est persuadé de la supériorité ontologique de son pays sur tous les autres. Il a une expérience des relations internationales qu’il a acquise d’abord durant les négociations de désarmement et surtout lorsqu’il était ambassadeur au Conseil de sécurité (2005-06). Bien qu’il prenne des initiatives flamboyantes, il est tout à fait capable de reculer lorsqu’il pense avoir tort. C’est d’ailleurs parce qu’il a la capacité d’encaisser personnellement les erreurs de son camp que le président Trump l’a conservé à ce poste.

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Meir Ben-Shabbat

Meir Ben-Shabbat est un homme de foi, persuadé, quant à lui, d’appartenir à un peuple élu, mais maudit. Ce n’est pas un diplomate, mais un expert du contre-espionnage. Cependant lorsqu’il dirigeait le Shin Bet, il a manifesté une réelle finesse à la fois pour lutter contre le Hamas, pour le manipuler et éventuellement pour négocier avec lui. Son excellente connaissance des multiples forces du Moyen-Orient lui permet instantanément de saisir ce qui peut durer et ce qui ne sera qu’éphémère.

Enfin Nikolaï Patrouchev est un seigneur de la haute-fonction publique russe. Il est certainement celui des trois qui la plus haute vision de l’échiquier mondial. Lorsqu’il a succédé à Vladimir Poutine à la tête du FSB, il a dû affronter des tentatives de débauchage de ses directeurs par les États-Unis et par Israël. En définitive, après des années de turbulence, il a repris en main cette machine. Puis, il a affronté la déstabilisation de l’Ukraine par les États-Unis et l’Union européenne, qui s’est finalement soldée par l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie. Il ne négociera pas un dossier contre un autre, mais veillera au contraire à ce que toutes les décisions soient cohérentes.

Ces trois stratèges vont devoir définir les contours d’une distribution des cartes que, par la suite, des diplomates devront négocier. Leur rôle est d’imaginer un accord viable sur le long terme, tandis que celui des diplomates sera de compenser les pertes des perdants pour leur rendre cet accord acceptable.Thierry Meyssan