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Mali: le trésor public mobilise 44 milliards de FCFA sur le marché financier régional de l’UMOA 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au terme de son émission d’adjudication de bons assimilables du trésor d’une durée de 182 jours et 364 jours, ainsi que d’obligations assimilables du trésor à moyen terme de 3 et 5 ans, le Mali a réussi à lever ce mercredi 7 janvier 2026 sur le marché financier de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA) une somme impressionnante de 44 milliards de FCFA. 

Cette opération financière s’inscrit dans le cadre de la stratégie économique du pays, qui vise à assurer une stabilité budgétaire et à soutenir le développement de ses infrastructures et services publics. Cette levée de fonds a un objectif clairement défini : garantir la couverture des besoins de financement du budget 2026 de l’Etat malien, une tâche cruciale dans un contexte économique mondial incertain. 

Pour atteindre cet objectif, l’émetteur, en l’occurrence le Trésor public malien, a décidé de mettre en adjudication un montant de 40 milliards de FCFA, un choix stratégique qui permet d’attirer des investisseurs institutionnels et privés. Les résultats ont montré un engouement considérable, avec des soumissions globales des investisseurs s’élevant à un total impressionnant de 78,834 milliards de FCFA, témoignant ainsi de la confiance et de l’intérêt des acteurs financiers pour le Mali.

Cependant, il convient de noter qu’il n’y a pas eu de soumissions sur les obligations ayant une maturité de 5 ans, ce qui indique une certaine prudence de la part des investisseurs concernant les engagements à plus long terme. Ce contexte spécifique a ainsi conduit à un taux de couverture du montant mis en adjudication de 197,09%, un chiffre qui dépasse largement les attentes initiales et qui souligne l’attrait du marché malien malgré les incertitudes économiques.Le montant des soumissions qui ont été retenues s’élève à 44 milliards de FCFA, tandis que le montant des soumissions rejetées est de 34,834 milliards de FCFA, ce qui représente une part significative qui n’a pas été acceptée dans le cadre du processus de sélection. En conséquence, cela se traduit par un taux d’absorption qui atteint un impressionnant 55,81%, reflétant ainsi la capacité du marché à absorber une partie non négligeable de ces fonds.
Concernant le rendement moyen pondéré, il est important de noter qu’il a atteint un chiffre de 6,08% pour les bons de trésorerie d’une durée de 182 jours, ce qui indique une rentabilité intéressante pour cet investissement à court terme. De plus, pour les bons de 364 jours, le rendement est encore plus élevé, s’établissant à 7,24%, ce qui montre une attractivité accrue pour les investisseurs cherchant des placements à moyen terme. Enfin, les obligations de 3 ans ont affiché un rendement notable de 8,42%, soulignant ainsi les perspectives de bénéfices à plus long terme qui peuvent séduire les investisseurs désireux de diversifier leurs portefeuilles et d’optimiser leur retour sur investissement.

Le Trésor Public malien a l’intention de procéder au remboursement des bons émis, et cela est prévu pour le premier jour ouvré qui suivra la date d’échéance fixée au 8 juillet 2026, spécifiquement pour ceux ayant une durée de 182 jours. En ce qui concerne les bons d’une durée de 364 jours, la date d’échéance est prévue pour le 6 janvier 2027.

De plus, il est prévu que le Trésor Public effectue le paiement des intérêts par avance, une méthode qui consiste à les précompter sur la valeur nominale des bons eux-mêmes, permettant ainsi aux investisseurs de bénéficier d’un retour sur investissement anticipé. En ce qui concerne le remboursement du capital des obligations, celui-ci sera effectué le premier jour ouvré suivant la date d’échéance, qui est fixée au 8 janvier 2029, offrant ainsi une visibilité claire aux détenteurs d’obligations quant à la date à laquelle ils recevront le capital investi. 

Notons que cette opération s’accompagnera d’un paiement des intérêts qui se réalisera annuellement à un taux de 6,00%, un engageant à des versements réguliers et prévisibles, dès la fin de la première année d’investissement. Cela démontre l’engagement du Trésor Public malien à respecter ses obligations financières tout en rassurant les investisseurs quant à la sécurité et à la rentabilité de leur investissement.

Moussa KONÉ 

UEMOA: le Président Abdoulaye Diop reçu en audience par le ministre Abdourahmane Sarr en charge de l’Economie, du Plan et de la Coopération du Sénégal

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Sénégal, le Président de la Commission de l’UEMOA reçu en audience par le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération . La situation macroéconomique du Sénégal et de l’Union au cœur de la rencontre entre Abdoulaye DIOP et Abdourahmane SARR. Aussi, la situation économique et financière du Sénégal a été évoquée.
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L’audience a eu lieu ce 06 janvier 2026 à Dakar au Cabinet du Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération.

La situation économique et financière du Sénégal a été évoquée.

Les échanges avec le Ministre en charge de l’Economie, membre du Conseil des Ministres Statutaire de l’UEMOA ont également porté sur la situation macroéconomique de l’Union avec une dynamique de croissance qui devrait se poursuivre en 2026, comme l’indique le rapport de la surveillance multilatérale en fin décembre 2025.

Des perspectives en vue de l’approfondissement du processus d’intégration régionale ont aussi fait l’objet d’échanges au cours de la rencontre et ont permis de dégager plusieurs pistes de réflexion à approfondir au sein des instances de l’Union

Au Ghana, les réserves internationales de la Banque Centrale ont atteint un niveau record de 13,8 milliards USD en 2025

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Ghana, la Banque Centrale (BoG) a bouclé l’exercice fiscal de l’année 2025 de manière exceptionnelle et historique, faisant sensation dans le domaine financier. En effet, ses réserves internationales ont atteint un niveau record impressionnant de 13,8 milliards de dollars, équivalant à 7 725,4 milliards de FCFA, ce qui représente une avancée significative et l’une des plus fortes progressions annuelles jamais enregistrées par la banque centrale.

Ce développement remarquable témoigne d’une relance progressive et encourageante de l’économie du pays, marquant ainsi l’amorce d’un redressement macroéconomique après plusieurs années de turbulences financières et d’instabilités.

Selon les données officielles et des sources fiables proches de l’institution financière, les réserves de change ont constamment évolué, passant d’environ 7,4 milliards de dollars en octobre 2024 à 11,4 milliards de dollars en octobre 2025, avant d’atteindre une culminante appréciation à 13,8 milliards de dollars à la fin du mois de décembre. Il est important de noter que si la banque n’avait pas procédé à un remboursement anticipé d’euro-obligations d’un montant de 709 millions de dollars, qui a été effectué en décembre pour le compte du ministère des Finances, la progression aurait même frôlé les 14,2 milliards de dollars, marquant une avancée encore plus impressionnante dans la gestion des ressources financières nationales. Cette situation favorable ne fait qu’affermir la position de la Banque du Ghana sur la scène internationale et réaffirme le potentiel de croissance de l’économie ghanéenne dans les prochaines années.

L’augmentation impressionnante de près de 5 milliards de dollars en une seule année est d’autant plus remarquable compte tenu des nombreuses contraintes externes qui ont pesé sur l’économie et le système financier. En 2025, la Banque du Ghana a dû mobiliser près de 10 milliards de dollars pour respecter une variété d’obligations financières cruciales qui comprennent, entre autres, des paiements aux producteurs indépendants d’électricité, le service de la dette nationale, le règlement de dividendes pour les investisseurs, ainsi que des interventions nécessaires sur le marché des changes pour stabiliser la monnaie locale. Malgré ces sorties de fonds considérables, la trajectoire d’accumulation des réserves de la Banque du Ghana est restée, elle, ardente et résiliente, indiquant un équilibre solide dans sa gestion financière.

Pour les analystes du secteur économique, cette performance exceptionnelle est le reflet d’une gestion beaucoup plus rigoureuse et proactive des flux financiers extérieurs. Cela témoigne également d’une stratégie soigneusement pensée et clairement assumée de reconstitution des marges de manœuvre de la banque centrale, surtout après les défis rencontrés lors de la crise de la dette et du défaut partiel qui a eu lieu au début de cette décennie. Cette approche audacieuse vise à renforcer la stabilité économique du pays tout en se préparant à faire face à des éventualités futures avec une plus grande confiance.

Au cœur de cette dynamique économique et financière complexe figure le programme d’achat d’or sur le marché intérieur, qui est devenu l’un des piliers fondamentaux de la politique monétaire ghanéenne et un levier stratégique pour la stabilité économique du pays. En canalisant une part croissante des recettes aurifères vers les circuits officiels et réglementés, la Banque du Ghana (BoG) a pu renforcer de manière significative ses réserves de devises sans accroître excessivement la pression sur la demande de devises étrangères, ce qui est essentiel dans un contexte où les fluctuations monétaires peuvent avoir des répercussions importantes sur l’économie nationale.

Les institutions internationales, dont le Fonds Monétaire International (FMI), ont déjà souligné l’impact positif de ces mécanismes, tels que les obligations indexées sur l’or, les exportations réglementées d’or et les achats domestiques, sur les entrées de devises, permettant ainsi au Ghana de profiter de sa position privilégiée en tant que grand producteur de ce métal précieux. Dans un contexte mondial marqué par une flambée des cours du métal jaune, le Ghana a su judicieusement transformer son statut de premier producteur d’or d’Afrique en un avantage macroéconomique tangible, renforçant ainsi sa compétitivité sur le marché international et contribuant à la résilience de son économie face aux défis mondiaux.

Cette accumulation record de réserves de change a eu des répercussions directes, significatives et mesurables sur le marché des changes, influençant ainsi l’économie locale. En 2025, le cedi ghanéen, la monnaie nationale du Ghana, s’est apprécié de manière remarquable, dépassant les 40% de hausse face au dollar américain, un fait particulièrement notable lorsque l’on considère le contexte économique mondial, souvent terni par une grande volatilité monétaire. À la fin de cette année mémorable, le taux de change a clôturé autour de 10,45 cedis pour 1 USD sur le marché interbancaire, une performance qui émerveille les économistes et les investisseurs, étant donné les fluctuations habituelles que connaissent les devises dans des environnements aussi imprévisibles.

Des réserves solides et conséquentes renforcent non seulement la capacité de la banque centrale à lisser les chocs de liquidité, mais aussi à offrir une stabilité grandissante à l’économie nationale, en particulier lors des périodes de forte demande saisonnière en devises, souvent liées aux besoins urgents de réapprovisionnement des importateurs ou au rapatriement de dividendes en début d’année, lorsque les entreprises cherchent à transférer des profits à leurs actionnaires. 

La Banque du Ghana (BoG) affirme avec assurance disposer des outils et des stratégies nécessaires pour gérer ces tensions économiques avec efficacité, garantissant ainsi que ses acquis ne soient pas compromis. Cette gestion proactive de la politique monétaire vise à créer un climat de confiance tant pour les consommateurs que pour les investisseurs, contribuant à un cadre économique plus sain et plus résilient.

Sur les marchés financiers, le signal est également positif, ce qui reflète une tendance encourageante pour l’économie du pays. En effet, le niveau actuel des réserves, qui a connu une augmentation significative récemment, joue un rôle crucial dans l’amélioration de la perception de la viabilité extérieure du Ghana. Cet aspect est particulièrement important, car il renforce la confiance des investisseurs et des agences de notation. 

À terme, si cette dynamique se maintient, elle pourrait soutenir une amélioration de la notation souveraine du Ghana, une situation qui est encore fragilisée par les défis liés à la restructuration de la dette, un processus complexe que le pays doit négocier pour assainir ses finances publiques et restaurer sa crédibilité sur la scène internationale.

Zangouna KONE 

UEMOA : l’inflation chute de (-0,5 %) pour le sixième mois consécutif, Selon la Banque Centrale 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Pour le sixième mois consécutif, la zone de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, communément appelée UEMOA, se retrouve plongée dans un contexte déflationniste, ce qui est une tendance peu fréquente dans le cadre de l’économie de cette région. 

En novembre 2025, les chiffres publiés récemment, le 5 janvier, par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), révèlent une inflation qui a chuté à -0,5 % en glissement annuel, marquant ainsi une légère amélioration par rapport au taux de -1,1 % enregistré le mois précédent, en octobre. Ce constat souligne une dynamique de baisse des prix qui semble se renforcer dans la région, surtout après avoir traversé plusieurs années marquées par des tensions inflationnistes conséquentes. 

L’analyse de cette situation met en lumière la détente significative observée sur les prix des produits alimentaires, un secteur particulièrement sensible pour les populations locales. En effet, leur contribution à l’inflation globale a diminué, passant d’un impact de -1 % en octobre à -0,2 % en novembre 2025. 

En d’autres termes, la poursuite de la baisse des prix des denrées de base, qui incluent des aliments essentiels pour la consommation quotidienne, continue à exercer une pression rétrograde sur l’indice général des prix, bien que ce phénomène soit désormais observé à un rythme moins prononcé qu’auparavant. Cette situation soulève des interrogations sur les facteurs sous-jacents à cette déflation et sur les mesures que les autorités économiques pourraient envisager pour stimuler de nouveau la croissance des prix et, par conséquent, consolider la stabilité économique de la région.

Les céréales, les huiles végétales et les légumes frais figurent parmi les produits dont les prix ont le plus reculé, témoignant d’une tendance générale à la baisse dans ce secteur essentiel de l’alimentation. Or, il est important de noter que ces denrées occupent une place centrale dans le panier de consommation des ménages de la région, ce qui amplifie considérablement leur impact sur l’évolution générale des prix observés par les consommateurs. Cette détente des prix reflète à la fois une amélioration significative de l’offre sur le marché, des conditions climatiques plus favorables dans certaines zones agricoles qui ont permis une meilleure récolte, ainsi qu’un reflux des tensions sur les marchés internationaux, ce qui contribue à stabiliser les coûts. 

Cependant, derrière cette moyenne régionale se cachent des situations nationales contrastées qui méritent d’être examinées de plus près. Par exemple, le Niger se distingue par l’une des périodes de déflation les plus longues et marquantes de tout l’Union. L’inflation y est demeurée négative au cours des 8 derniers mois, atteignant un étonnant -7,3% en novembre 2025, soit la plus forte baisse des prix observée dans toute la région. Ce phénomène est particulièrement significatif car il révèle des dynamiques économiques uniques au pays. En effet, le Niger a enregistré une chute considérable des prix du riz, un produit de base au sein des ménages locaux, qui a connu un recul impressionnant de 29,3% au cours du 3e trimestre 2025, soulignant ainsi l’impact de ces fluctuations sur la vie quotidienne des habitants.

Le Burkina Faso et la Guinée-Bissau, deux pays d’Afrique de l’Ouest, se distinguent actuellement par des taux d’inflation qui évoluent dans le négatif, respectivement de -2% et de -1,8%. Cette situation économique particulière indique une baisse des niveaux de prix sur ces territoires. À l’inverse, d’autres nations de la région continuent d’afficher une inflation positive, ce qui souligne les disparités économiques existantes au sein de l’Union. Le Sénégal, par exemple, se trouve en tête avec le taux d’inflation le plus élevé de l’Union, établi à 2,9%. Ce chiffre est suivi par le Bénin, qui enregistre un taux d’inflation de 1,1%, puis par le Mali à 0,6% et le Togo, qui se maintient à un modeste 0,2%. La Côte d’Ivoire, quant à elle, occupe une position intermédiaire en affichant une inflation strictement nulle durant le mois de novembre, ce qui est un indicateur de stabilité générale des prix dans cette économie.

Un autre indicateur essentiel à prendre en compte est l’inflation sous-jacente, qui analyse les tendances fondamentales des prix en excluant les biens de consommation périssables et les fluctuations des coûts de l’énergie, et qui demeure contenue malgré le contexte économique incertain. Pour le mois de novembre 2025, cette inflation sous-jacente a été mesurée à 0,2%, ce qui représente une légère hausse de 0,2 point par rapport au mois précédent d’octobre. Cette progression modeste suggère que, en dehors des facteurs volatils qui peuvent fausser les données, les pressions inflationnistes au sein de l’Union restent relativement faibles, indiquant ainsi une certaine résilience économique face aux fluctuations du marché.

Pour la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), cette configuration actuelle présente une lecture nuancée et complexe de la conjoncture économique régionale. Il est important de prendre en considération que, bien que la déflation puisse offrir un soutien temporaire au pouvoir d’achat des ménages, en rendant les biens et services plus abordables, elle pourrait également refléter une demande intérieure qui demeure encore fragile dans certains pays membres de l’UEMOA. Ce contraste met en lumière les disparités économiques au sein de la zone et souligne l’importance d’une analyse approfondie. 

Notons que le défi majeur qui se posera dans les mois à venir consistera à consolider la reprise économique déjà amorcée tout en prenant soin d’éviter l’instauration d’une déflation durable, qui pourrait devenir particulièrement nuisible. En effet, une telle situation économique n’hésiterait pas à freiner l’investissement, essentiel pour le développement des infrastructures et de la productivité, et à entraver la dynamique de croissance que l’on espère instaurer au sein de l’espace UEMOA, un cadre qui requiert une attention stratégique pour favoriser une prospérité partagée entre ses États membres.

Korotoumou Sylla 

Au Cameroun, AFG Bank contrôle désormais 50 milliards de FCFA de créances sur l’État en 2025

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Arrêté à fin septembre 2025, le dernier rapport de conjoncture sur la dette publique du Cameroun, qui offre une analyse approfondie et actualisée de la situation économique du pays, met en avant la montée en puissance d’AFG Bank dans la gestion du passif intérieur de l’État, soulignant ainsi l’évolution significative de son rôle dans le paysage financier national.

À travers plusieurs opérations de cession de créances, qui consistent à transférer des droits de paiement envers des débiteurs à des investisseurs tiers, la banque fondée par le milliardaire ivoirien Bernard Koné Dossongui s’est progressivement imposée comme l’un des principaux relais financiers mobilisés pour apurer et régulariser des arriérés de paiement, souvent importants, dus par l’administration centrale à des entreprises stratégiques, essentielles pour le développement économique du pays.

Cette dynamique témoigne non seulement de la confiance accrue des investisseurs dans le système bancaire camerounais, mais également de la capacité d’AFG Bank à jouer un rôle clé dans la stabilisation financière de l’État, en facilitant des solutions pragmatiques aux problèmes de liquidité qui affectent la capacité de l’administration à honorer ses engagements envers ses partenaires économiques.

Dans un contexte économique marqué par des pressions intensifiées sur la trésorerie publique, l’État camerounais a pris, en 2025, la décision stratégique de recourir à un mécanisme désormais bien rodé et éprouvé au fil des années, à savoir celui de la cession de créances. Pour les banques impliquées, cette opération revêt une importance cruciale, car elle consiste à racheter directement auprès des fournisseurs de l’État des factures impayées, permettant ainsi de convertir une dette commerciale qui était flottante en une forme de dette bancaire structurée. Cette dernière, insérée dans l’encours de la dette intérieure du pays, se voit ainsi redéfinie.

La Caisse autonome d’amortissement (CAA), en tant qu’organe de régulation et de gestion, classe soigneusement ces opérations dans la catégorie de la dette structurée bancaire, une classification dont l’encours a enregistré une forte progression au cours de l’année 2025. À la fin du mois de septembre de la même année, la dette intérieure de l’administration centrale, en excluant les restes à payer ainsi que la dette flottante, atteint un montant considérable de 4 246 milliards de FCFA, ce qui représente une augmentation significative de 15,5 % par rapport à l’année précédente, traduisant une mobilisation accrue et stratégique des ressources financières domestiques pour faire face aux défis économiques rencontrés.

AFG Bank apparaît non seulement comme un acteur clé, mais aussi comme un partenaire stratégique dans les tableaux détaillés de la dette structurée bancaire, où elle est mentionnée explicitement comme contrepartie de plusieurs conventions de cession de créances qui ont été signées en 2025, marquant ainsi une étape importante dans les transactions financières de cette année. L’analyse approfondie des données relatives à l’encours de la dette intérieure, en excluant les restes à payer, met en exergue trois opérations majeures qui sont directement imputables à l’établissement, et qui représentent un montant cumulé significatif de 50 milliards de FCFA.

Ce portefeuille varié comprend une enveloppe substantielle de 30 milliards de FCFA, qui correspond à la cession de créances détenues par le producteur indépendant d’électricité Globeleq, opération réalisée au travers de ses filiales, DPDC et KPDC, illustrant ainsi l’engagement de l’établissement envers le secteur énergétique. En complément, il convient de noter que 10 milliards de FCFA sont également associés à la reprise des créances du Port autonome de Douala (PAD), un acteur essentiel du secteur portuaire, tandis qu’une tranche identique de 10 milliards de FCFA concerne les engagements financiers de l’opérateur public de télécommunications, Camtel.

Par ailleurs , ces montants, qui sont présents à la fois dans l’encours de la dette structurée et dans les décaissements effectifs, confirment de manière indiscutable une mobilisation concrète et ciblée des fonds, au profit des entités concernées, renforçant ainsi leur capacité à mener à bien leurs opérations et projets respectifs. A elle seule, la banque concentre la quasi-totalité des nouvelles cessions de créances de grande taille enregistrées sur la période, ce qui témoigne de sa position dominante sur le marché financier actuel.

En comparaison, les autres institutions, telles que Société Générale Cameroun, Banque Atlantique Cameroun, CCA Bank et UBA, apparaissent avec des montants de cession nettement inférieurs, ce qui révèle une dissociation significative dans leur stratégie de gestion des créances : elles interviennent principalement sur des encours hérités d’opérations antérieures ou sur des montants unitaires généralement inférieurs à 10 milliards de FCFA par convention.

La concentration des nouvelles opérations autour d’AFG Bank traduit ainsi un positionnement plus offensif sur le refinancement des arriérés de l’État, une démarche qui permet non seulement de dynamiser le cycle de crédit, mais également de réajuster les relations financières entre l’État et ses créanciers. En revanche, d’autres établissements semblent privilégier la gestion de portefeuilles existants, ce qui peut indiquer une approche plus conservatrice et sécurisée face aux fluctuations économiques.

Sur le plan budgétaire, ces opérations accompagnent une recomposition de la dette intérieure. En substituant une dette fournisseur, souvent ancienne et peu lisible, par une dette bancaire à échéancier défini, l’État améliore la visibilité de son passif et soulage la trésorerie de partenaires stratégiques, notamment dans des secteurs cruciaux tels que l’énergie, les télécommunications et la logistique portuaire.

Toutefois, cet arbitrage modifie inévitablement la structure de l’endettement ; la dette structurée représente désormais 26,2 % de l’encours de la dette intérieure, un chiffre qui illustre une tendance significative confirmant un glissement vers des instruments plus formalisés, alors qu’il n’y a que quelques années, ce type de dette avait un poids marginal dans l’ensemble du passif de l’État. Pour AFG Bank, ce mouvement stratégique renforce non seulement l’exposition à la signature souveraine camerounaise, mais également son influence dans le paysage économique national.

En absorbant ces créances significatives, la banque se positionne habilement au cœur du circuit de financement de l’État, adoptant une approche pragmatique et structurée qui repose sur des conventions formalisées et des engagements budgétaires précis. Pour les autorités camerounaises, l’intérêt de cette démarche est double et stratégique : il s’agit à la fois d’éviter l’asphyxie financière des fournisseurs essentiels qui sont cruciaux pour le bon fonctionnement des services publics et de lisser, dans le temps, le remboursement d’arriérés qui pèsent lourdement sur l’exécution budgétaire de l’État.

Au-delà des montants financiers mobilisés, la récurrence d’AFG Bank dans les cessions de créances tout au long de l’année 2025 envoie un signal clair et significatif sur l’évolution de la gestion de la dette intérieure au Cameroun. Cette dynamique illustre le recours croissant à des solutions bancaires adaptées, visant à absorber les rigidités de trésorerie de l’État, particulièrement dans un contexte de discipline budgétaire renforcée et de surveillance accrue des indicateurs d’endettement.

À la fin du mois de septembre 2025, la dette publique du Cameroun s’élevait à un montant impressionnant de 14 591 milliards de FCFA, représentant ainsi 43,9 % du PIB national, un niveau qui, bien qu’encore soutenable, masque une recomposition interne préoccupante du passif, cette fois-ci au profit de la dette bancaire domestique, signalant des ajustements nécessaires pour restaurer l’équilibre économique.

Abdoulaye KONÉ

Cameroun: l’État réduira à 50 % le coût du bornage, de la concession et du morcellement du Foncier en janvier en 2026

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 (CROISSANCE AFRIQUE)-Au Cameroun, dans le cadre de son engagement à améliorer l’efficacité et l’accessibilité des services administratifs, la loi de finances pour l’année 2026 de l’État a introduit une mesure significative visant à réduire de manière substantielle, de moitié pour être précis, les coûts afférents aux travaux topographiques et cadastraux en milieu urbain.

À partir de ce mois, cette nouvelle réglementation stipule que les travaux planimétriques, qui comprennent les services essentiels liés aux bornages d’immatriculation, aux concessions, au morcellement ainsi qu’à la délimitation simple des terrains, seront désormais facturés à un tarif réduit de 2 500 FCFA par are supplémentaire pour toute superficie excédant 5 000 m². Cela constitue une réduction considérable par rapport au tarif précédent, qui était fixé à 5 000 FCFA en 2025, ce qui représente une baisse remarquable de 50 %. Cette initiative vise non seulement à alléger le fardeau financier des particuliers et des entreprises, mais aussi à encourager le développement urbain et à simplifier les processus d’obtention de droits de propriété, contribuant ainsi à une meilleure régulation du secteur immobilier dans le pays.

En revanche, il est important de noter que le coût des travaux altimétriques, qui comprend des éléments essentiels tels que les plans de masse et de situation nécessaires pour les demandes de permis de bâtir, ainsi que les relevés de terrain accompagnés de courbes de niveau et de points côtés, reste pour l’heure inchangé. Ce coût demeure fixé, tout comme il l’était en 2025, à un tarif de 3 500 FCFA par are supplémentaire pour toute superficie qui excède les 1 000 m².

Cette situation souligne le fait que la baisse des frais planimétriques peut être perçue comme une réponse réfléchie et adéquate à la volonté des autorités de soulager les requérants, en particulier dans les zones urbaines, où les pressions financières sont souvent plus lourdes. Après les augmentations significatives et parfois difficiles à gérer mises en place en 2025, le maintien des coûts des travaux altimétriques vise à créer un équilibre nécessaire pour les futurs projets de construction et l’aménagement du territoire.

La mesure en question a pour objectif fondamental d’encourager la régularisation foncière, un processus qui devient de plus en plus crucial alors que la modernisation incessante du secteur cadastral, alliée à l’insécurité foncière persistante dans les zones urbaines, entraîne une augmentation substantielle de la demande ainsi qu’une complexité grandissante des dossiers à traiter. Le géomètre Ghislain Wilfried Evaga Eyebe attire cependant l’attention sur le fait que les lois successives qui ont été adoptées au fil des ans ont considérablement renforcé les exigences relatives au contrôle cadastral.

Par ailleurs, ces réglementations restrictives visent également à interdire les duplications non autorisées de documents techniques sensibles, tels que les plans cadastraux, les tirages et les extraits géodésiques. Ce cadre juridique ambitieux a été instauré avec l’objectif clair de limiter les malversations, de garantir l’intégrité des informations foncières, et surtout de maintenir une traçabilité rigoureuse des prestations fournies. Cette approche minutieuse est essentielle pour instaurer la confiance parmi les acteurs du secteur foncier et favoriser une meilleure organisation dans la gestion des biens immobiliers.

D’après les déclarations de M. Evaga Eyebe, un expert reconnu dans le domaine, l’évolution des dispositions relatives aux travaux topographiques et cadastraux, qui s’étend de l’année 2023 à 2026, illustre une série de réformes progressives qui visent non seulement à moderniser les pratiques actuelles, mais aussi à répondre aux besoins croissants de la population en matière de gestion foncière. Cette transformation significative s’accompagne d’un ajustement minutieux des tarifs, visant à établir un équilibre délicat entre les recettes publiques générées par ces travaux et les charges financières supportées par les requérants, souvent en quête de transparence et de prévisibilité dans les coûts.

Notons qu’un cadre réglementaire renforcé est introduit, qui accorde désormais une place plus prépondérante au contrôle rigoureux, à la qualité intransigeante des travaux cadastraux, ainsi qu’à la traçabilité nécessaire pour garantir l’intégrité de chaque étape du processus foncier. Cela témoigne d’un engagement clair vers une gestion plus équitable et efficace des ressources foncières, essentielle pour le développement durable et la stabilité économique de la région.

Moussa KONE

En Chine, le Secteur Postal en performance fulgurante avec 11,5% en 2025

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(CROISSANCE AFRIQUE)- En Chine, le secteur postal a traité un impressionnant volume de 216,5 milliards de colis en 2025, illustrant ainsi une forte dynamique de croissance avec une augmentation significative de 11,5 % par rapport à l’année précédente.

Cette information révélatrice, qui témoigne de l’évolution rapide du commerce en ligne et de la logistique dans le pays, émane des données détaillées publiées mercredi dernier lors de la conférence nationale sur le travail postal pour l’année 2026. Cette conférence, réunissant des experts du secteur, des responsables gouvernementaux et des acteurs majeurs de la distribution, a mis en lumière non seulement les avancées technologiques qui permettent une telle expansion, mais également les défis à relever pour maintenir cette croissance soutenue dans un environnement en constante mutation.

Le secteur de la livraison express a à lui seul traité un impressionnant total de 199 milliards de colis, marquant ainsi une augmentation significative de 13,7% par rapport à l’année 2024, une année durant laquelle le commerce en ligne avait déjà connu une forte dynamique. Zhao Chongjiu, le chef du Bureau national des postes, a partagé ces révélations fascinantes lors d’une conférence qui a mis en lumière non seulement les chiffres impressionnants, mais également l’importance croissante du secteur dans le développement économique du pays.

Il a déclaré avec fierté que le chiffre d’affaires total du secteur postal avait atteint, en 2025, un montant colossal de 1.800 milliards de yuans, soit l’équivalent d’environ 256,5 milliards de dollars, témoignant d’une hausse de 6,4% par rapport à l’année précédente.

De plus, il a été souligné que les revenus générés par les services de livraison express, essentiels dans notre monde moderne où la rapidité et l’efficacité sont devenues primordiales, ont également progressé de 6,5%, atteignant ainsi 1.500 milliards de yuans, ce qui souligne la résilience et l’adaptabilité de ce secteur face aux défis du marché.

M. Zhao a souligné, avec une certaine conviction, que le secteur avait réussi à maintenir une dynamique de croissance stable et positive, témoignant ainsi d’une résilience face aux défis économiques actuels. Les indicateurs clés, qu’ils soient liés à la production, à l’emploi ou aux investissements, affichent une croissance stable et encourageante, ce qui est particulièrement remarquable dans le contexte incertain que connaissent de nombreuses industries.

Notons que le secteur continue de renforcer son rôle crucial dans la stimulation du développement économique et social, agissant non seulement comme un moteur de croissance, mais aussi comme un catalyseur pour l’innovation et la création d’emplois, contribuant ainsi à l’amélioration du bien-être général de la population. Cette dynamique positive est prometteuse et laisse entrevoir des perspectives d’avenir radieuses pour le secteur et pour l’économie dans son ensemble.

Mariam KONE

‎Au Mali, le projet « Mali Soro Sira » redonne autonomie aux plus vulnérables

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‎(CROISSANCE AFRIQUE)-Dans un contexte de crise multidimensionnelle marqué par les déplacements forcés et la pauvreté, l’initiative Mali Soro Sira, portée par Audace Libre Afrique Mali (ALAM) avec l’appui stratégique de l’Atlas Network, démontre que la liberté économique peut devenir un puissant levier de résilience, d’autonomie et d’espoir pour les populations démunies.


‎Au Mali où une grande partie de la population vit sous le seuil de la pauvreté, les crises sécuritaires et humanitaires ont profondément fragilisé le tissu social. Cela, depuis plus d’une décennie.



‎<< Dans un pays, classé 129/184 selon L’index mondial de liberté économique, la création de supports éducatifs a permis d’ouvrir les débats sur les stéréotypes commerciaux en milieu estudiantin et les sites de déplacés internes >>, estime un responsable de l’ALAM.

‎D’autre part, 42% en 2018, selon la Banque Mondiale vivent sous le seuil de pauvreté dépendait de l’aide extérieure, la clinique économique de Mali Soro Sira a donné remèdes à l’autonomie et à la dignité humaine retrouvée

‎Face à cette situation, l’Audace Libre Afrique Mali (ALAM) a lancé le projet << Mali Soro Sira >>. Il s’agit d’offrir des solutions concrètes aux populations les plus vulnérables, notamment les personnes déplacées internes (PDI)

‎Mise en œuvre dans un environnement marqué par les pénuries de carburant, les restrictions de mobilité et l’insécurité, le projet a fait le pari audacieux d’allier sensibilisation intellectuelle et activités économiques inclusives.

‎A travers des cliniques économiques, des caravanes de débats en plein air et la distribution de supports pédagogiques accessibles, ALAM a touché directement plus de 1200 personnes déplacées internes, ainsi que des étudiants et des femmes commerçantes.



‎L’approche se distingue par sa force d’adaptation culturelle et linguistique. Grâce à la flexibilité de ses partenaires, notamment l’Atlas Network et les acteurs locaux, l’organisation a traduit et contractualisé des textes majeurs de la pensée libérale en les reliant aux valeurs religieuses musulmanes et aux traditions locales.

‎L’objectif était clair : déconstruire une croyance profondément ancrée selon laquelle le commerce et l’initiative privée seraient incompatibles avec la foi, la dignité ou la tradition. Lors des cliniques économiques, les échanges ont permis de montrer que l’autonomie économique peut, au contraire, renforcer la responsabilité individuelle et la cohésion sociale.

‎Les témoignages recueillis illustrent l’impact concret du projet. Hawa Maiga est une déplacée interne. Elle raconte qu’après avoir fui les violences, sa famille vivait dans la dépendance et la mendicité, << A la suite des sessions de Mali Soro Sira, j’ai compris que l’initiative économique pouvait être une source de dignité. En moins d’un mois, la vente quotidienne d’arachide m’a permis de subvenir aux besoins essentiels des enfants sans recourir à l’aumône >>.

‎En plus, un autre exemple marquant : Kadiatou, une jeune étudiante qui a commencé a vendre des repas le soir tout en poursuivant ses études, << Au début, mes parents étaient réticents. Par le temps, ils ont changé de perception après avoir participé aux cliniques économiques, reconnaissant la légitimité morale et sociale de son autonomie financière >>, a-t-elle fait savoir.

‎Par ailleurs, au-delà des chiffres, Mali Soro Sira rappelle que la liberté économique n’est pas un luxe réservé aux pays stables, mais une réponse pragmatique aux situations de crise.
‎En ancrant les idées libérales dans les réalités locales, le projet a procédé au renforcement de la capacité des individus à entreprendre, rester dignes et penser par eux-mêmes dans l’adversité.

‎Par D.Keita

Aide au développement : l’heure de vérité pour l’Afrique

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Par Harouna Niang

Depuis plus de soixante ans, l’Afrique reçoit une aide publique au développement présentée comme un levier essentiel de progrès économique et social. Pourtant, le constat est implacable : malgré des milliards de dollars mobilisés, le continent demeure confronté aux mêmes fragilités structurelles / industrialisation inachevée, chômage massif des jeunes, dépendance extérieure, faiblesse de la base productive.

Il est temps d’ouvrir les yeux : l’aide telle qu’elle est conçue et pratiquée depuis des décennies n’a pas transformé l’Afrique. Elle a souvent permis d’administrer la pauvreté, rarement de la faire disparaître.

Les propos récents de l’économiste camerounais Célestin Monga ont eu le mérite de poser les mots justes sur ce malaise collectif :
« Pleurnicher pour l’aide n’est pas une stratégie de développement. »
Cette phrase dérange parce qu’elle dit une vérité que beaucoup préfèrent taire.

Une illusion entretenue par les chiffres

En 2023, l’ensemble de l’Afrique a reçu moins de 60 milliards de dollars d’aide publique. Cela représente environ 40 dollars par habitant pour plus de 1,4 milliard de personnes.

Dans le même temps, le continent :
• exporte pour plus de 600 milliards de dollars chaque année ;
• perd entre 80 et 100 milliards de dollars par an en flux financiers illicites, évasion fiscale et rapatriement excessif de profits ;
• continue de voir sa valeur ajoutée captée ailleurs dans les chaînes mondiales.

La réalité est crue : l’Afrique perd chaque année bien plus qu’elle ne reçoit. Le problème n’est donc pas l’insuffisance de l’aide, mais la faiblesse structurelle de notre capacité à retenir, transformer et valoriser nos propres richesses.

Quand l’aide remplace la stratégie

Dans beaucoup de pays africains, l’aide est devenue un élément central de l’équilibre budgétaire, notamment dans les secteurs sociaux. Cette dépendance a produit des effets pervers durables.

Depuis les années 1980, sous l’impulsion des programmes d’ajustement structurel, nos États ont été engagés dans des politiques de libéralisation et de privatisation rapides, appliquées sans préparation sérieuse des économies locales ni accompagnement d’un secteur privé encore naissant.

Des entreprises publiques ont été liquidées ou cédées sans stratégie industrielle de remplacement. Les marchés ont été ouverts brutalement à la concurrence internationale. Le résultat ne fut pas l’émergence d’un capitalisme africain fort, mais souvent :
• la désindustrialisation précoce,
• la domination accrue des importations,
• la marginalisation des entrepreneurs locaux,
• et la perte de leviers économiques essentiels pour l’État.

Nous avons hérité d’économies ouvertes mais fragiles, dépendantes de l’extérieur pour produire, consommer et investir.

Le scandale de la dette à deux vitesses

Un autre paradoxe mérite d’être dénoncé avec force.

Lorsqu’ils font face à des crises structurelles (relance industrielle, transition énergétique, choc financier, pandémie ) les pays développés recourent massivement à l’endettement.
Les États-Unis affichent une dette publique dépassant 120 % du PIB, la France plus de 110 %, l’Italie 140 %, le Japon plus de 250 %.

Pour eux, la dette est un outil stratégique.
Pour l’Afrique, elle devient une faute morale.

Dès qu’un pays africain tente d’utiliser l’endettement pour financer :
• des barrages,
• des chemins de fer,
• des ports,
• des zones industrielles,
• des universités technologiques,

il se voit opposer la menace de l’insoutenabilité, la dégradation de sa note financière et la suspension des appuis budgétaires.

Deux poids, deux mesures.
Ce qui est normal ailleurs devient suspect chez nous.
Ce qui est perçu comme investissement au Nord est qualifié d’irresponsabilité au Sud.

Ainsi, on refuse à l’Afrique l’un des principaux instruments qui ont permis aux autres nations de se développer :
le droit d’investir aujourd’hui pour créer la richesse de demain.

Responsabilités africaines : sortir du confort de la dépendance

Il serait malhonnête d’imputer cet échec aux seuls partenaires extérieurs. Les élites africaines portent une responsabilité historique.

Trop souvent, la gestion publique s’est réduite à :
• assurer la survie budgétaire à court terme,
• négocier des appuis d’urgence,
• repousser indéfiniment la question centrale de la transformation productive.

Aucun pays ne s’est développé par l’assistanat.
Tous ceux qui ont réussi (de la Corée du Sud au Vietnam, de la Chine au Maroc ) ont fait le choix :
• de l’investissement massif,
• de l’industrialisation,
• de l’exportation,
• d’un État stratège assumé.

L’Afrique doit rompre avec la tentation de la plainte permanente et entrer dans une culture de la stratégie.

Aux institutions internationales : changer enfin de paradigme

Si l’Afrique doit faire sa révolution mentale, les institutions internationales doivent aussi faire la leur.

Pendant des décennies, le FMI et la Banque mondiale ont promu une vision du développement fondée sur trois dogmes :
libéralisation rapide, privatisation sans filet, discipline budgétaire stricte.

Ces recettes ont peut-être stabilisé certains équilibres comptables, mais elles n’ont pas construit d’économies fortes. On ne développe pas un pays en équilibrant seulement ses comptes. On le développe en créant :
• des entreprises,
• des emplois productifs,
• des chaînes de valeur locales,
• des recettes fiscales durables.

L’aide internationale doit cesser de financer principalement la gestion de la pauvreté pour se concentrer sur la création de richesse :
• infrastructures productives,
• industrialisation,
• innovation,
• montée en gamme des exportations.

L’Afrique n’a pas besoin de compassion institutionnalisée.
Elle a besoin de partenariats économiques exigeants et équitables.

Une prise de conscience panafricaine

Le contexte géopolitique actuel (recomposition des alliances, retrait relatif de certains bailleurs, montée de nouveaux partenaires ) peut devenir une opportunité historique.

Non pas pour remplacer une dépendance par une autre, mais pour repenser entièrement notre modèle de développement.

Le message que l’Afrique doit porter au monde est clair :

Nous ne demandons pas plus d’aide.
Nous demandons plus d’industries.
Nous ne demandons pas plus de dons.
Nous demandons plus de marchés.
Nous ne demandons pas la pitié.
Nous demandons le partenariat.

Conclusion : de l’aide à la dignité économique

L’Afrique n’a jamais manqué de ressources, ni de talents, ni de courage. Ce qui lui a souvent manqué, c’est la liberté stratégique et la volonté collective de rompre avec une économie de la dépendance.

La thèse défendue par Célestin Monga est rude, mais salutaire :
le développement commence le jour où un peuple cesse de croire que son avenir dépend de la générosité des autres.

Il est temps pour l’Afrique de passer :
• de la demande d’aide à l’exigence de justice économique,
• de la gestion de la pauvreté à la construction de la prospérité,
• de la dépendance à la dignité.

C’est à ce prix que l’aide internationale pourra enfin devenir ce qu’elle n’a jamais vraiment été :
un levier de transformation, et non un substitut à la souveraineté économique.
H. Niang

École Supérieure de Passation et Gestion des Marchés Publics au Mali : sortie d’une trentaine de diplômés 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, l’École Supérieure de Passation et Gestion des Marchés Publics (ESPGMP) a orchestré une cérémonie de remise de diplômes aux lauréats de la septième promotion de l’établissement. Cette célébration s’est tenue le mardi 30 décembre 2025 à l’hôtel de l’Amitié.

Cette solennité marquante a compté parmi ses invités M. Alassane Ba, président de l’autorité de régulation des marchés publics et des délégations des services publics, parrain de la promotion, ainsi que M. Yoro Diakité, représentant du président de la cérémonie Ibrahim Diawara, PDG de l’entreprise IBI Groupe. Le directeur de l’école, M. Mathieu Gnoleba, était également présent aux côtés de nombreux diplômés, au nombre de dix-huit, et de leurs invités.

Le thème choisi pour cette cérémonie est : « Réinventer la passation des marchés : mutations, défis et opportunités à l’ère du numérique ». Le directeur de l’ESPGMP a affirmé dans son discours inaugural que cette cérémonie marque un aboutissement et incarne une étape cruciale, celle du passage de la formation spécialisée à l’exercice pleinement assumé de responsabilités professionnelles au cœur de la commande publique. Selon Mathieu Gnoleba, les résultats célébrés aujourd’hui sont le fruit d’un effort collectif qui n’aurait pu être accompli sans l’engagement constant, la rigueur, l’expertise, la disponibilité et le sens de la transmission des enseignants. Il a ensuite souligné que dans nos États, la commande publique représente une part significative des budgets nationaux. Elle conditionne, a-t-il poursuivi, la qualité des infrastructures, l’accès aux services essentiels, l’efficacité des politiques publiques et la confiance des citoyens.

Pour lui, former des experts aguerris en passation et gestion des marchés publics équivaut à investir directement dans l’excellence de l’action publique et dans le développement durable de nos nations. Ainsi, soulignera-t-il, la passation des marchés publics n’est plus simplement un mécanisme administratif destiné à l’exécution des dépenses. Elle se présente désormais comme un levier stratégique de gouvernance publique, de performance économique et de crédibilité institutionnelle.  » La promotion que nous célébrons aujourd’hui s’inscrit dans un contexte particulier, marqué par des transformations profondes des systèmes d’achat publics « , a-t-il précisé. Il a ajouté que la digitalisation, l’exigence accrue de transparence, la gestion des risques, l’analyse des données et la quête de performance publique ne sont plus des choix, mais des impératifs auxquels les professionnels formés dans son établissement sont appelés à répondre avec compétence et discernement.

« Nous traversons une ère de transformation profonde de la fonction des marchés publics, caractérisée par la complexité croissante des projets publics, l’internationalisation des financements, l’exigence accrue de transparence et de responsabilité, ainsi que l’irruption du numérique dans l’ensemble du cycle de la commande publique », a énuméré M. Gnoleba. S’adressant aux diplômés, récipiendaires des diplômes, M. Gnoleba a déclaré aux auditrices et auditeurs : « Ce diplôme que vous vous apprêtez à recevoir n’est pas une fin en soi. En le recevant, vous n’acquérez pas seulement une qualification académique. Vous acceptez une responsabilité professionnelle et citoyenne. Il constitue un engagement, celui de mettre vos compétences au service de l’intérêt général, d’agir avec intégrité et responsabilité, et de contribuer activement à la modernisation des systèmes de marchés publics à l’ère du numérique. »

Prenant la parole, le parrain a souligné que l’Afrique se dote d’une masse critique de spécialistes capables de transformer la gestion de nos ressources publiques. Selon Alassane Bah, la digitalisation de l’E-procurement n’est plus une option futuriste, mais un impératif de transparence, d’efficacité et d’intégration. Pour lui, aucune technologie, aussi avancée soit-elle, ne peut remplacer la conscience humaine. Il a ajouté que les réformes numériques ne valent que par la qualité des femmes et des hommes qui les pilotent. Aux lauréats, Alassane Bah a précisé que ce diplôme est un point de départ. Il leur a rappelé que derrière chaque ligne budgétaire, il y a des écoles, des centres de santé, des routes et de l’eau potable pour les citoyens. « Vous n’êtes pas de simples techniciens, vous êtes des acteurs du développement », a-t-il souligné. Il a poursuivi en recommandant de s’approprier quatre qualités et d’en faire des piliers essentiels pour leur future carrière, à savoir la compétence, l’intégrité, l’engagement et la capacité d’adaptation.

Aliou Badra DOUMBIA