Gabon : un partenariat stratégique de 12 millions pour renforcer le secteur agricole

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Gabon, dans un contexte où l’agriculture et l’élevage jouent un rôle crucial dans l’économie nationale, la Banque pour le commerce et l’entrepreneuriat (BCEG), en collaboration étroite avec le ministère de l’Agriculture, de l’élevage et du développement rural, a officialisé cette semaine un partenariat stratégique significatif. 

Ce partenariat a pour objectif précis de promouvoir et de soutenir le développement de projets agricoles, tout en accordant également une attention particulière à l’aviculture, qui connaît une demande croissante dans le pays. L’accord inclut la mise en œuvre d’une initiative baptisée « Fonds crédit agricole à taux réduit » (CATR), qui est substantiellement doté d’une enveloppe financière impressionnante de 6,8 milliards de francs CFA, ce qui équivaut à environ 12 millions de dollars américains. 

Ce dispositif a été spécialement conçu pour simplifier et faciliter l’accès au financement pour les entrepreneurs et porteurs de projets, leur permettant ainsi de concrétiser efficacement leurs idées et de contribuer à la croissance du secteur agricole au Gabon.

L’initiative, qui s’inscrit dans un cadre stratégique visant à renforcer le secteur agricole, cible en priorité les agriculteurs et les aviculteurs, ces professionnels du terrain qui sont souvent confrontés à des difficultés majeures pour mobiliser les ressources financières et matérielles nécessaires au lancement ou à l’extension de leurs activités. Consciente de ces défis, l’initiative prévoit un mécanisme intégré d’accompagnement des agripreneurs, qui combine habilement diverses formes de soutien, incluant une expertise technique pointue, une structuration financière adaptée, ainsi qu’un financement adéquat, tout en assurant un suivi opérationnel rigoureux des projets mis en place.

Dans le cadre de ce partenariat au service du développement durable et de l’innovation en agriculture, le ministère de l’Agriculture prendra une part active en apportant son expertise précieuse pour évaluer la viabilité des projets qui sont soumis, tout en assurant un encadrement technique de qualité pour les producteurs. Ce processus vise à garantir que chaque projet bénéficie d’un soutien adéquat et d’une formation nécessaire à sa pérennité. De son côté, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest mobilisera ses capacités de financement, ainsi que son ingénierie bancaire sophistiquée, pour accompagner les promoteurs tout au long de leur parcours entrepreneurial. Selon les informations fournies par la direction de la banque, une trentaine de dossiers, représentant une diversité de projets prometteurs, sont déjà en cours d’examen, témoignant ainsi de l’engagement de cette collaboration et du potentiel d’impact positif sur le secteur.

Au-delà de l’accès au crédit, le programme novateur mis en place prévoit également un dispositif d’accompagnement complet et structuré pour les bénéficiaires. Ainsi, la Banque Centrale des États de la Grande Région (BCEG) assurera des formations managériales de haut niveau, visant à renforcer les compétences en gestion et en finance des entrepreneurs locaux. En parallèle, le ministère de l’Agriculture mettra à disposition une cellule spécialisée, composée d’experts chevronnés, chargée de dispenser des formations techniques adaptées aux besoins spécifiques des bénéficiaires, leur permettant ainsi d’acquérir des connaissances pratiques directement applicables à leur activité.

Ce partenariat entre les institutions se déploie dans un contexte stratégique où le Gabon aspire à réorienter sa politique agricole pour augmenter de manière significative la production locale et atteindre l’objectif ambitieux de couvrir plus de 50 % de ses besoins alimentaires. En effet, bien que près de 40 % de la population rurale soit dépendante de l’agriculture pour son subsistance, ce secteur crucial reste marginalisé au sein de l’économie nationale, se traduisant par une contribution au Produit Intérieur Brut (PIB) qui est nettement inférieure à 5 %.

De surcroît, le pays continue d’importer environ 60 % de ses denrées alimentaires de base, y compris des céréales essentielles et divers produits carnés, ce qui accentue la nécessité d’une transformation du secteur agricole. Les autorités gabonaises se fixent donc pour priorité de moderniser et d’industrialiser l’agriculture nationale afin de mieux répondre à la demande intérieure croissante tout en réduisant la dépendance aux importations. L’objectif ultime est également de créer une véritable autonomie alimentaire, favoriser l’emploi local et stimuler la croissance économique durable à long terme.

Korotoumou Sylla 

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