(CROISSANCE AFRIQUE)-Au niveau de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), durant le mois de novembre 2025, les exportations de biens en provenance du Sénégal sont évaluées à 58,8 milliards de francs CFA, une somme qui contraste fortement avec les 163,5 milliards enregistrés le mois précédent, indiquant ainsi un net repli des expéditions vers la zone sous-régionale.
Cette information, significative à bien des égards, est rapportée par la Direction de la prévention et des études économiques (Dpee) dans son « Point mensuel de conjoncture » publié en janvier 2026, un document qui offre une analyse approfondie des tendances économiques et commerciales actuelles.
La Dpee souligne de manière explicite que ces exportations représentent désormais 18,2 % de la valeur totale des exportations de biens, ce qui constitue une diminution notable de 5,6 points de pourcentage par rapport à octobre 2025, période qui avait vu des performances nettement plus optimistes.
Cette baisse, relevant d’une conjoncture économique complexe, appelle à une réflexion sur les dynamiques d’échange à l’intérieur de l’espace Uemoa et les défis que le Sénégal pourrait rencontrer face à des marchés de plus en plus concurrentiels. Au sein de l’Union, il est précisé que le Mali demeure le premier client du Sénégal, avec une part d’importation estimée à 73,6 %, bien que cette proportion soit en baisse par rapport à 88,3 % un mois plus tôt.
Ce changement indique non seulement une façon de plus grande diversification des débouchés régionaux, mais également la nécessité pour le Sénégal de réévaluer et peut-être d’ajuster ses stratégies commerciales afin de renforcer ses relations économiques avec d’autres pays membres de l’Uemoa, élargissant ainsi les possibilités d’exportation afin de soutenir sa croissance économique à long terme.
Par ailleurs, la structure des exportations vers ce pays a connu une évolution significative au fil du temps, reflétant des dynamiques économiques en mutation. Les produits pétroliers, qui constituaient l’essentiel des ventes le mois précédent avec une part dominante de 80,5 %, ne représentent désormais plus que 32,3 %.
Notons que ce changement notable dans les chiffres indique non seulement une réduction de la dépendance à l’égard des hydrocarbures, mais aussi un revirement dans l’orientation sectorielle des exportations, suggérant une diversification potentielle vers d’autres segments de marché ou produits qui pourraient jouer un rôle crucial dans la croissance économique à long terme.
Korotoumou Sylla

