Il aimait son pays et il aimait l’armée.
Il aimait sa famille et il aimait les humains.
A l’image du Mali, il paraissait si fragile avec sa frêle silhouette, Et pourtant tellement fort et endurcit par les difficultés de la vie.
Humble, Sadio Camara l’était, discret il était aussi.
Homme d’action, il n’a jamais aimé occuper le devant de la scène.
En cela, il incarnait un vrai leader qui préférait mettre les autres devant quand ça allait, et prendre les commandes lorsque la tempête soufflait.
Parti si tôt et si jeune, il n’a jamais été aussi présent dans nos cœurs et dans nos esprits.
En effet, on croit que la mort est une absence, quand elle est une présence discrète. On croit qu’elle crée une infinie distance, alors qu’elle supprime toute distance, en ramenant à l’esprit ce qui se localisait dans la chair.
Pour paraphraser Henri Scott Holland, en ce jour triste, Sadio nous aurait dit :
« Ne pleurez pas si vous m’aimez, je suis seulement passé dans la pièce à côté. Pourquoi serais-je hors de votre pensée simplement parce que je suis hors de votre vue ? ».
Mon général, vous êtes parti, parti rejoindre les étoiles au moment où le Mali avait le plus besoin de vous. Je me surprends, depuis votre départ, à contempler les étoiles, dans le secret espoir d’avoir un signe de votre part. Juste une lueur dans ce ciel noir, dans cette immensité si sombre…
Mon général, vous êtes parti avant nous, bien trop tôt, bien trop vite… Votre disparition nous rappelle comme une évidence que nous sommes finalement bien peu de choses.
Le Mali, auquel vous avez tout donné, ne vous oubliera jamais et restera débout droit dans ses bottes !
Salif Sanogo

