(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, le gouvernement a franchi une étape significative en fixant le prix d’achat subventionné du kilogramme de coton graine de premier choix à 300 F CFA. Cette décision s’inscrit dans un effort plus large pour soutenir les agriculteurs et stimuler la production locale.
Par ailleurs, le prix d’achat subventionné du sac de 50 kilogrammes d’engrais minéraux a été arrêté à 15 000 F CFA, tandis que celui du sac de 50 kilogrammes d’engrais organiques est maintenu à un tarif accessible de 3 000 F CFA. Ces mesures ont été annoncées lors de la 16ème édition du conseil supérieur de l’agriculture, qui s’est tenu dans le cadre prestigieux du Palais de Koulouba, un lieu symbolique pour les décisions politiques et économiques du pays.
Dans le même élan, le prix d’achat d’un kilogramme de semence de maïs hybride a été fixé à 1 500 F CFA, un choix stratégique pour encourager l’adoption de variétés de maïs plus productives et résistantes. Enfin, le prix d’achat d’un kilogramme de biostimulant OVALIS a été arrêté à 17 500 F CFA, soulignant l’importance croissante des technologies agricoles innovantes dans l’optimisation des rendements. Le Chef de l’État a également recommandé le maintien de l’affectation de 10 % des graines de coton aux huileries agréées, destinées à l’alimentation du bétail et des bœufs de labour, une initiative qui vise à renforcer la chaîne de valeur agroalimentaire tout en soutenant les éleveurs.
Prenant la parole à cette occasion, le ministre de l’Agriculture a rappelé que, malgré les difficultés rencontrées au cours de la précédente campagne, notamment les aléas climatiques et les défis logistiques, le gouvernement reste déterminé à soutenir le secteur agricole. Il a souligné l’importance de ces mesures pour garantir la sécurité alimentaire et améliorer les conditions de vie des agriculteurs maliens, tout en appelant à une mobilisation collective pour surmonter les obstacles et assurer une croissance durable du secteur.
Au nom de la profession agricole, le Président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), M. Sanoussy Bouya SYLLA, a pris la parole avec une profonde gratitude pour exprimer sa reconnaissance envers les plus hautes autorités du pays. Il a souligné les appuis multiformes et significatifs qui ont été accordés au monde rural au cours des cinq dernières années, des efforts qui ont eu un impact tangible sur la vie des agriculteurs et des éleveurs. Parmi les réalisations notables, il a cité la récupération et la sécurisation des terres agricoles de Samanko, un projet qui a permis de redonner vie à des terres autrefois négligées, favorisant ainsi une meilleure productivité. Il a également mentionné la subvention des tracteurs, une initiative qui a facilité l’accès à des équipements modernes pour les agriculteurs, augmentant leur efficacité et leur rendement.
De plus, l’octroi d’un quota de 10 % de graines de coton aux éleveurs et producteurs a été mis en avant comme une mesure essentielle pour soutenir la filière cotonnière, tout en renforçant les liens entre l’élevage et l’agriculture. La détaxation des aliments destinés à l’aviculture et à la pisciculture a également été saluée, car elle contribue à réduire les coûts de production et à améliorer la sécurité alimentaire. M. SYLLA a également évoqué la criminalisation du vol de bétail, une décision qui vise à protéger les éleveurs et à sécuriser leurs biens, ainsi que l’achat institutionnel de 26 030 tonnes de riz directement auprès des producteurs, une démarche qui valorise le travail des agriculteurs locaux et assure une meilleure distribution des ressources.
Tout en saluant ces avancées significatives, il a attiré l’attention sur certaines préoccupations persistantes qui méritent d’être abordées. Il a notamment souligné les difficultés rencontrées par les aviculteurs pour l’acheminement des poussins d’un jour, un problème logistique qui peut compromettre la viabilité de leurs exploitations. Les prévisions d’un hivernage déficitaire annoncées par Mali Météo ajoutent une couche d’incertitude qui pourrait affecter les récoltes et, par conséquent, la sécurité alimentaire du pays. Enfin, il a insisté sur la nécessité d’opérationnaliser le Fonds national pour l’agriculture, un outil crucial pour soutenir les initiatives agricoles et garantir un développement durable du secteur. Ces préoccupations, bien que préoccupantes, soulignent l’importance d’un dialogue continu entre les agriculteurs et les autorités pour assurer un avenir prospère pour l’agriculture malienne.
Réaffirmant avec force la volonté des autorités de faire de l’agriculture un levier majeur de développement économique, le Général d’Armée Assimi GOÏTA a souligné que cette ambition repose sur une stratégie bien définie visant à développer les chaînes de valeur agricoles à travers les agropoles. Cette initiative s’inscrit parfaitement dans le cadre de la Vision « Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », qui aspire à un avenir prospère pour le pays, ainsi que dans la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033). Dans cette optique, et afin de soutenir durablement les producteurs tout en renforçant les interventions en faveur des filières stratégiques, le Président du Conseil supérieur de l’agriculture a annoncé une série de mesures innovantes et adaptées, qui seront mises en œuvre lors de la campagne agricole 2026.
Notons qu’il est également important de noter qu’il a exprimé sa reconnaissance envers l’engagement indéfectible des exploitantes et exploitants agricoles, dont les efforts acharnés jouent un rôle déterminant dans la résilience et la modernisation du secteur agricole. « C’est grâce à leur courage, à leur résilience et à leur détermination que nous relevons progressivement le défi de la transformation de notre agriculture », a-t-il déclaré, mettant en lumière l’importance de leur contribution dans la quête d’une agriculture durable et compétitive. Pour rappel, ces acteurs clés, souvent confrontés à des défis multiples, continuent de faire preuve d’une créativité et d’une ingéniosité remarquables, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire et à la prospérité économique du Mali.
Daouda Bakary KONÉ

