(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Togo, un événement financier majeur se déroulera le 17 août 2026, marquant une étape significative pour l’État et les investisseurs. Ce jour-là, l’État procédera au paiement des profits semestriels ainsi qu’au remboursement du capital de son emprunt obligataire islamique, connu sous le nom de « Sukuk Etat du Togo 6,50 % 2016-2026 ».
Ce remboursement s’élève à un montant total impressionnant de 10,957 milliards FCFA, une somme qui témoigne de l’engagement de l’État envers ses obligations financières. Cette information a été communiquée par la Direction générale de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), l’institution où cet emprunt est coté, soulignant l’importance de cette opération sur le marché financier.
Les dirigeants de la BRVM ont précisé qu’il s’agit du dernier remboursement du capital pour ce titre, ce qui signifie que les investisseurs doivent se préparer à la suspension de la cotation du Sukuk Etat du Togo 6,50 % 2016-2026 à partir du vendredi 14 août 2026. Cette suspension marque la fin d’un cycle pour cet emprunt islamique, qui a été lancé sur le marché financier de l’UEMOA entre le 20 juillet et le 10 août 2016, avec un montant initial de 150 milliards FCFA. Ce type d’emprunt, conforme aux principes de la finance islamique, a permis à l’État de mobiliser des fonds tout en respectant les préceptes religieux, offrant ainsi une alternative intéressante pour les investisseurs soucieux de l’éthique dans leurs placements
La conclusion de cette opération soulève des questions cruciales et pressantes concernant les futures initiatives de financement de l’État, ainsi que sur les stratégies que celui-ci mettra en œuvre pour continuer à attirer des investisseurs dans un contexte économique en constante évolution. En effet, alors que les marchés financiers sont soumis à des fluctuations imprévisibles et que la confiance des investisseurs peut varier, il devient essentiel pour l’État de développer des approches innovantes et adaptées pour garantir un flux de capitaux stable et soutenu.
À l’époque, les autorités togolaises avaient pour objectif de financer certains de leurs projets de développement économique et social, visant à améliorer les infrastructures, à stimuler la croissance et à renforcer le bien-être des citoyens. Ces projets, qui incluent des initiatives dans des secteurs clés tels que l’éducation, la santé et les infrastructures routières, nécessitent des investissements substantiels, rendant ainsi le rôle des investisseurs privés et des souscripteurs encore plus vital.
Pour attirer ces investisseurs et souscripteurs, l’émetteur avait fixé une marge de profit de 6,50%, une offre qui, bien que compétitive, devait être soigneusement évaluée par les potentiels investisseurs dans le cadre de leurs stratégies d’investissement. L’emprunt, dont la durée était prévue pour 10 ans, allant de 2016 à 2026, représentait un engagement à long terme, et le remboursement, qui devait avoir lieu semestriellement, offrait une certaine prévisibilité financière tant pour l’État que pour les investisseurs.
Notons que l’opération avait été structurée autour d’un Fonds commun de titrisation de créances (FCTC), un instrument financier qui permet de regrouper des créances et de les transformer en titres négociables. Ce fonds avait émis 15 millions de parts d’une valeur nominale de 10 000 FCFA chacune, permettant ainsi de mobiliser des ressources financières importantes tout en diversifiant les risques associés à l’investissement. Cette approche novatrice visait non seulement à attirer des capitaux, mais aussi à créer un environnement favorable à la croissance économique durable au Togo, tout en renforçant la confiance des investisseurs dans les initiatives de financement public.
Mariam Koné

