(CROISSANCE AFRIQUE)-Alors qu’en 2019, la major italienne Eni avait pris la décision stratégique de se retirer du négoce d’énergie, estimant que ce segment était en décalage avec ses objectifs à long terme, un retournement de situation s’est produit sept ans plus tard.
Le Mercredi 1er juillet 2026, la compagnie a officiellement annoncé la création d’une coentreprise avec la société Mercuria, un acteur majeur basé en Suisse, marquant ainsi un tournant significatif dans sa stratégie commerciale.
Cette nouvelle entité, fruit d’une collaboration entre deux géants de l’industrie énergétique, a pour ambition de commercialiser des matières premières énergétiques sur les marchés mondiaux, un secteur en pleine mutation et d’une importance cruciale dans le contexte actuel de transition énergétique. Cependant, les détails financiers de cette transaction, notamment la valeur de l’accord, n’ont pas encore été divulgués, laissant place à des interrogations sur l’ampleur de cet engagement. De plus, les emplacements des bureaux régionaux, en dehors du siège genevois, ainsi que le calendrier des approbations réglementaires nécessaires pour la mise en œuvre de cette coentreprise, restent à préciser, ajoutant une couche d’incertitude à ce projet ambitieux.
Ce retour sur le marché du négoce d’énergie intervient à un moment où ce secteur a connu des évolutions majeures depuis le retrait d’Eni. En effet, des concurrents tels que BP, Shell et TotalEnergies ont non seulement maintenu leurs activités, mais ont également développé et renforcé leurs divisions de négoce, s’adaptant aux nouvelles réalités du marché. Au premier trimestre 2026, ces trois compagnies ont ainsi réussi à engranger entre 3,3 et 4,75 milliards de dollars supplémentaires grâce à leurs activités de négoce, témoignant de la vitalité et de la compétitivité croissante de ce secteur. Ce contexte dynamique souligne l’importance pour Eni de se réengager dans ce domaine stratégique, alors que les défis et les opportunités continuent de se multiplier sur la scène énergétique mondiale.
Ce partenaire, c’est Mercuria, une entreprise qui s’est imposée comme un acteur incontournable dans le domaine du négoce d’énergie. Fondée à Genève en 2004, Mercuria a su se hisser parmi les plus grands groupes indépendants de négoce d’énergie au monde, témoignant d’une croissance impressionnante et d’une stratégie audacieuse. En 2025, la société a enregistré un bénéfice net de 1,43 milliard de dollars, selon les données fournies par Inspenet. Ce chiffre, bien qu’en baisse par rapport aux 2,09 milliards de dollars de 2024, aux 2,7 milliards de dollars de 2023 et au record historique de 2,98 milliards de dollars atteint en 2022, selon Bloomberg, souligne les fluctuations inhérentes au marché énergétique mondial.
« Ce partenariat réunit deux organisations hautement complémentaires avec une vision à long terme partagée des marchés énergétiques. En intégrant les flux physiques d’énergie avec des capacités de trading, de logistique et de gestion des risques de premier plan, nous créerons une plateforme plus agile et plus efficace », a déclaré Marco Dunand, PDG de Mercuria. Cette déclaration met en lumière l’ambition de Mercuria et de son partenaire de transformer le paysage énergétique, en tirant parti de leurs forces respectives pour répondre aux défis croissants de l’industrie.
La nouvelle entité, fruit de cette collaboration stratégique, aura son siège à Genève, un choix symbolique qui reflète l’importance de cette ville comme centre névralgique des affaires internationales. Elle fonctionnera de manière autonome, sans être rattachée aux bilans financiers d’Eni ni de Mercuria, ce qui lui permettra d’opérer avec une flexibilité accrue. Cette structure innovante est conçue pour peser sur les marchés mondiaux, en commercialisant une vaste gamme de produits énergétiques, notamment du pétrole brut, du gaz naturel, du GNL, des biocarburants et du gaz de pétrole liquéfié.
Notons qu’en s’appuyant sur des pratiques commerciales durables et des technologies avancées, cette entité vise à se positionner comme un leader dans un secteur en constante évolution, tout en répondant aux exigences croissantes en matière de durabilité et de responsabilité environnementale.
Mariam KONE

