(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, un tournant significatif se dessine dans la gestion des finances publiques, alors que les autorités s’engagent à renforcer leurs ambitions budgétaires pour l’année 2026. Lors d’une réunion cruciale du conseil des ministres, tenue le 3 juillet dans la capitale animée de Bamako, les responsables gouvernementaux ont pris la décision d’adopter un projet de loi visant à modifier la loi de finances pour 2026.
Cette initiative audacieuse se traduit par une augmentation substantielle des dépenses budgétaires, qui passeront de 3 578,21 milliards FCFA à 3 993,31 milliards FCFA. Cela représente une hausse impressionnante de 415,103 milliards FCFA, soit une progression de 11,6 %. Cette révision budgétaire ne se limite pas à des chiffres; elle incarne la volonté déterminée du gouvernement de s’adapter aux nouvelles réalités économiques et sécuritaires qui prévalent dans le pays.
En effet, face à des défis croissants, notamment en matière de sécurité nationale, le gouvernement cherche à renforcer son soutien à des secteurs jugés stratégiques. Parmi ceux-ci, la sécurité nationale occupe une place centrale, reflétant l’urgence de protéger les citoyens et de maintenir l’ordre public. Parallèlement, l’industrie cotonnière, pilier de l’économie malienne, bénéficie d’une attention particulière, tout comme le secteur minier, qui représente une source essentielle de revenus pour le pays. Cette approche globale vise à assurer non seulement la stabilité économique, mais aussi à favoriser un développement durable et inclusif pour l’ensemble de la population malienne.
Le collectif budgétaire repose également sur une amélioration sensible des recettes publiques, un facteur crucial pour la santé économique d’un pays. Ainsi, les recettes budgétaires rectifiées atteignent désormais un impressionnant total de 3 372,89 milliards FCFA, un chiffre qui surpasse de manière significative les 3 057,79 milliards FCFA prévus dans la loi de finances initiale. Cette différence, soit une hausse de 315,1 milliards FCFA, représente une progression notable de 10,3%, témoignant d’une dynamique positive dans la gestion des finances publiques.
Cette augmentation des recettes est principalement liée à l’amélioration du rendement de la Taxe Ad Valorem, qui a montré une efficacité accrue dans sa collecte, ainsi qu’à l’inscription de nouvelles contributions destinées aux Fonds miniers. Ces fonds, désormais érigés en comptes spéciaux du Trésor, constituent une source de financement essentielle pour le gouvernement. En intégrant ces nouvelles ressources dans le budget, l’État se dote de marges de manœuvre supplémentaires pour financer ses priorités, tout en consolidant les recettes de l’État, ce qui est fondamental pour le développement des infrastructures et des services publics.
La sécurité, au cœur des nouvelles dépenses, devient une priorité indiscutable dans ce contexte budgétaire. L’essentiel des crédits additionnels sera orienté vers le renforcement des opérations de sécurisation du territoire national. Dans un environnement où les défis sécuritaires demeurent pressants, les autorités de transition sont conscientes de l’importance d’allouer des ressources adéquates pour faire face à ces enjeux. Ainsi, ces nouvelles allocations budgétaires visent non seulement à protéger les citoyens, mais aussi à instaurer un climat de confiance propice au développement économique et social. La loi de finances, en intégrant ces priorités, reflète une volonté claire de répondre aux attentes des populations tout en garantissant la stabilité du pays.
L’augmentation des dépenses entraîne un élargissement significatif du déficit budgétaire prévisionnel, désormais estimé à 620,42 milliards FCFA, une augmentation notable par rapport aux 520,42 milliards FCFA initialement prévus dans la loi de finances. Cette hausse de 100 milliards FCFA soulève des questions cruciales sur la gestion des finances publiques et les priorités gouvernementales. Pour le gouvernement, ce déficit est perçu comme un élément nécessaire, compatible avec les besoins d’investissement de l’État, et il est justifié par les objectifs de financement des politiques publiques qui visent à soutenir la croissance économique, à renforcer la sécurité et à préserver la stabilité économique du pays.
À travers cette révision budgétaire, les autorités maliennes cherchent à adapter les finances publiques à l’évolution de la conjoncture nationale, qui est marquée par des défis variés, notamment des tensions sociales, des enjeux sécuritaires et des besoins croissants en infrastructures. En mettant l’accent sur les secteurs jugés essentiels au développement du pays, comme l’éducation, la santé, et les infrastructures, le gouvernement espère non seulement stimuler la croissance économique, mais aussi créer un environnement propice à l’investissement et à l’innovation. Cette démarche vise à assurer un équilibre entre les impératifs de court terme et les objectifs de développement durable à long terme, tout en tenant compte des réalités économiques et sociales qui prévalent actuellement au Mali.
Daouda Bakary KONÉ

