(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mozambique, un appel pressant est lancé aux autorités pour qu’elles mettent en place un plafond tarifaire, tout en s’engageant à réduire progressivement les tarifs de base des services de voix, tels que les appels, ainsi que des services de données, sur une période s’étendant de 2026 à 2028.
Cette initiative vise à rendre ces services de communication essentiels plus accessibles aux consommateurs, en particulier dans un pays où l’infrastructure de télécommunications est encore en développement et où de nombreux citoyens peinent à se connecter au monde numérique.
Cette mesure fait partie des recommandations clés issues d’une étude approfondie sur les coûts de prestation des services de télécommunications. Les résultats de cette étude, qui ont été dévoilés la semaine dernière par l’Autorité de régulation des communications (INCM), soulignent l’importance cruciale d’une telle intervention pour stimuler l’accès à la technologie et à l’information.
Réalisée par le cabinet international Axon Group Consulting, cette étude a été menée en étroite collaboration avec l’Autorité de régulation de la concurrence (ARC), témoignant d’un effort concerté pour améliorer le paysage des télécommunications au Mozambique. En instaurant un cadre tarifaire plus juste et en réduisant les coûts, les autorités espèrent non seulement favoriser l’inclusion numérique, mais aussi encourager la concurrence parmi les fournisseurs de services, ce qui pourrait conduire à une amélioration générale de la qualité des services offerts aux utilisateurs.
Selon le régulateur, l’étude met en évidence des possibilités d’ajustement de certains prix et conditions d’offre, des ajustements qui pourraient avoir un impact significatif sur l’efficacité du marché des télécommunications. En effet, en révisant ces prix, on pourrait non seulement renforcer l’inclusion numérique, mais également élargir l’accès des citoyens aux services de télécommunications, ce qui est essentiel dans un monde de plus en plus connecté. L’étude révèle que les tarifs de base des services de voix, SMS et données sont supérieurs aux coûts de prestation, ce qui soulève des questions sur la viabilité économique de ces offres. En revanche, les forfaits proposés à des prix inférieurs semblent attirer une majorité de consommateurs, ce qui témoigne d’un déséquilibre dans la structure tarifaire actuelle. De plus, il est noté que les prix de base des données prépayées dépassent la moyenne africaine de référence, ce qui pourrait dissuader de nombreux utilisateurs potentiels d’accéder à ces services.
Les offres promotionnelles et forfaits, bien qu’ils soient en dessous de cette moyenne, ne suffisent pas à compenser cette disparité. Cette structure tarifaire explique pourquoi plus de 80 % des consommateurs privilégient les forfaits, cherchant ainsi à maximiser leur rapport qualité-prix. Ces recommandations interviennent alors que les autorités mozambicaines cherchent à généraliser l’accès aux services télécoms, dans le cadre de leur ambition de transformation numérique. Or, le prix des services est considéré comme l’un des principaux obstacles à leur adoption, freinant ainsi la capacité du pays à progresser vers une société plus numérisée et connectée. En conséquence, il est impératif que des mesures soient prises pour ajuster ces tarifs et conditions, afin de favoriser un environnement plus inclusif et accessible pour tous les citoyens.
D’ici l’année 2030, le gouvernement mozambicain nourrit de grandes ambitions en matière de connectivité et de technologie, visant à atteindre un impressionnant taux de pénétration mobile de 80 %. Cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large de développement économique et social, où l’accès à la technologie mobile est perçu comme un levier essentiel pour stimuler la croissance et améliorer la qualité de vie des citoyens. En parallèle, l’objectif de garantir une couverture de 95 % du territoire national témoigne d’une volonté claire de réduire la fracture numérique, en s’assurant que même les zones les plus reculées du pays puissent bénéficier des avancées technologiques.
Dans le domaine de l’utilisation d’Internet, l’Union internationale des télécommunications (UIT) fournit des chiffres révélateurs, estimant le taux de pénétration de l’Internet à 21,2 %. Bien que ce chiffre puisse sembler modeste, il représente un potentiel de croissance considérable, surtout lorsque l’on le compare au taux de pénétration de la téléphonie mobile, qui s’élève à 22,3 %. Cette légère différence souligne l’importance croissante de la téléphonie mobile comme porte d’entrée vers le monde numérique, en particulier dans un pays où l’infrastructure Internet fixe peut être limitée.
Notons que le Mozambique se trouve donc à un tournant crucial, où les investissements dans les infrastructures de communication et les politiques publiques favorables pourraient transformer radicalement le paysage technologique et économique du pays dans les années à venir.
Zangouna KONÉ

