(CROISSANCE AFRIQUE)-À Dakar, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a récemment ouvert les portes de son musée de la monnaie, un événement marquant qui a attiré l’attention des journalistes spécialisés dans l’information économique de toute la région ouest-africaine.
Au cours de cette immersion enrichissante, ces hommes et femmes de médias ont eu l’opportunité d’explorer les racines profondes de l’identité visuelle de la BCEAO, une institution qui représente les huit États membres de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette identité ne prend pas naissance dans les bureaux d’un graphiste moderne, mais plutôt sur les anciennes routes commerciales de l’or, où se mêlent mythes, art akan et réalités institutionnelles.
Dans ce cadre fascinant, Croissance Afrique a choisi de mettre en lumière le célèbre poisson-scie, un symbole monétaire unique qui incarne l’héritage culturel et historique de la région. Ce symbole, riche en significations, invite à une exploration des origines et de la véritable essence de la monnaie dans le contexte ouest-africain. Bien avant l’émergence des billets et des pièces dans l’espace de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA), les échanges commerciaux étaient essentiellement basés sur le troc, utilisant des objets variés tels que les cauris, le sel ou encore la poudre d’or.

Parmi ces objets, un petit poids en bronze, représentant un poisson-scie, a su traverser les âges pour devenir l’un des emblèmes les plus emblématiques de la BCEAO. Ce poids, loin d’être un simple artefact, raconte une histoire de commerce, de culture et d’identité qui continue de résonner dans les pratiques économiques contemporaines de la région. Le guide du Musée de la monnaie souligne avec soin qu’il s’agit d’une figurine représentant le poisson-scie, plutôt que de l’animal dans sa forme naturelle. Cette œuvre artistique, créée par le peuple akan, illustre de manière saisissante la perception que ce groupe avait de cet impressionnant poisson, qui peut atteindre un poids colossal de près de deux tonnes.
Dans la culture akan, le poisson-scie n’est pas seulement un simple animal, mais un puissant symbole de grandeur, de fécondité et de prospérité. Autrefois, ces créatures majestueuses peuplaient les eaux riches et vibrantes du golfe de Guinée, où elles incarnaient la richesse et la puissance économique, étroitement liées au commerce florissant de l’or qui caractérisait cette région. C’est cet héritage culturel et économique qui a influencé le choix de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) lors de sa création. En intégrant le poisson-scie dans son iconographie, l’institution a voulu rappeler les racines monétaires profondes de l’Afrique de l’Ouest, ainsi que l’histoire riche et complexe des échanges commerciaux qui ont précédé l’avènement de la monnaie fiduciaire. C
Notons que ce symbole emblématique figure donc sur les billets et les pièces de l’Union, agissant comme un hommage vibrant aux civilisations qui ont joué un rôle crucial dans l’édification des fondements économiques de la région. Selon les informations fournies par le musée, cette référence ne se limite pas seulement à une simple représentation, mais elle évoque également un profond respect pour l’héritage culturel et les traditions qui continuent d’influencer la vie économique et sociale de l’Afrique de l’Ouest aujourd’hui.
Daouda Bakary KONE

