(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, le premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a présidé, le jeudi dernier, la 11e Session Ordinaire du Conseil d’Administration de l’Agence de Gestion du Fonds d’Accès Universel (AGEFAU). Cette rencontre, véritable cadre de gouvernance et de pilotage stratégique, a constitué une occasion précieuse pour examiner en profondeur les points essentiels relatifs à la continuité et à l’efficacité des missions de l’Agence, qui joue un rôle crucial dans l’amélioration de l’accès universel aux services essentiels pour les populations maliennes.
A l’issue des travaux, le rapport financier récemment présenté au Conseil a suscité une attention particulière en raison de son analyse approfondie et de la mise en lumière d’une exécution budgétaire contrastée, révélant des dynamiques financières complexes au sein de l’Agence. En ce qui concerne les recettes, l’Agence a réussi à mobiliser un montant impressionnant de 23, 178 milliards de F CFA, ce qui représente 56 % des prévisions initiales qui avaient été fixées à 41, 151 milliards de F CFA. Cette mobilisation témoigne d’efforts notables pour atteindre les objectifs financiers, mais soulève également des questions sur les facteurs ayant conduit à cette performance.En revanche, la situation des dépenses exécutées est beaucoup plus préoccupante, s’élevant à seulement 3,188 milliards de F CFA, ce qui ne représente qu’un modeste 8 % du budget annuel. Ce chiffre alarmant indique une faible absorption des crédits disponibles, suggérant que de nombreux projets prévus n’ont pas pu être financés comme initialement prévu. Cette disparité entre les recettes et les dépenses pourrait avoir des répercussions significatives sur la capacité de l’Agence à mener à bien ses missions et à respecter ses engagements.
Face à ces contraintes budgétaires, un budget rectifié a été élaboré et adopté, marquant une étape cruciale dans la gestion financière de l’Agence. Ce nouveau budget s’établit désormais à 27, 886 milliards F CFA, représentant une réduction significative de 32 % par rapport aux prévisions initiales de 41 151 471 000 F CFA. Il est essentiel de noter que ce réaménagement budgétaire ne doit pas être interprété comme un recul, mais plutôt comme un ajustement stratégique réfléchi. Ce dernier vise à étaler le financement des projets sur les exercices 2026 et 2027, garantissant ainsi une régularité dans le déroulement des deux sessions ordinaires réglementaires. En outre, cette approche permet d’assurer l’atteinte progressive des objectifs fixés, tout en tenant compte des réalités économiques et des besoins urgents de l’Agence. Ce rapport, en somme, illustre non seulement les défis financiers rencontrés, mais aussi la résilience et la capacité d’adaptation de l’Agence face à des circonstances changeantes.
Après l’adoption de l’ordre du jour, le Conseil s’est prononcé sur plusieurs points essentiels, marquant ainsi une avancée significative dans la gestion des affaires de l’AGEFAU. Il a d’abord procédé à la validation du procès-verbal de la 10e session ordinaire, consolidant ainsi la continuité des travaux et assurant un suivi rigoureux des décisions antérieures. Ensuite, les membres ont examiné et adopté le rapport du Commissaire aux comptes relatif à l’exercice 2024, garantissant la transparence et la régularité des opérations financières, un aspect fondamental pour renforcer la confiance des partenaires et des bénéficiaires. Aussi, le Conseil a également étudié et approuvé le programme d’activités révisé pour l’année 2026, qui définit les priorités et les actions stratégiques de l’Agence. Ce programme, élaboré avec soin, vise à répondre aux défis actuels en matière d’accès aux services de base, en mettant l’accent sur l’inclusion et l’équité. Dans la même dynamique, il a validé des initiatives novatrices qui permettront de mieux répondre aux besoins des populations, tout en s’assurant que les ressources sont utilisées de manière optimale pour maximiser l’impact des interventions de l’AGEFAU. Cette session a donc été un moment clé pour renforcer les fondations de l’Agence et tracer une voie claire vers un avenir où l’accès universel devient une réalité tangible pour tous les Maliens.
Notons que le rapport présenté au Conseil a mis en évidence plusieurs difficultés majeures rencontrées au cours du premier semestre 2026. En premier lieu, l’Agence a souffert de l’absence initiale d’un manuel de procédures administratives, financières et comptables, un outil pourtant indispensable à la bonne gouvernance. Ce document, désormais approuvé, vient combler une lacune qui avait fragilisé la gestion interne. Par ailleurs, des retards significatifs ont été enregistrés dans l’approbation du budget, ainsi que dans la validation de certaines études techniques, notamment celles relatives aux projets de construction d’infrastructures. Ces lenteurs ont eu pour effet de ralentir la mise en œuvre des activités programmées. Les contraintes sécuritaires persistantes dans certaines zones d’intervention ont constitué un frein supplémentaire, limitant l’exécution des projets et compliquant l’accès aux populations bénéficiaires.
Daouda Bakary KONE

