(CROISSANCE AFRIQUE)-À Ouagadougou, Mme Lénaboua Coulibaly, la dynamique chef de la division des mines et hydrocarbures de la Commission de l’UEMOA. Elle a animé un panel captivant consacré à la présentation du Livre blanc de la filière Engrais-Phosphate, un document essentiel qui vise à éclairer les enjeux et les perspectives de cette filière au sein de l’Union d’ici 2030.
Lors de cette rencontre, Lénaboua Coulibaly a souligné avec force que la filière phosphates-engrais de l’Afrique de l’Ouest se trouve à un tournant critique, confrontée à des défis majeurs qui exigent une réinvention profonde. Elle a mis en lumière des problématiques préoccupantes, telles qu’une « consommation d’engrais extrêmement faible, qui est directement corrélée à une productivité agricole tout aussi faible, atteignant seulement 13 kg/ha, alors que la moyenne mondiale s’élève à 143 kg/ha ». Cette disparité alarmante témoigne d’un besoin urgent d’innovation et d’adaptation dans les pratiques agricoles de la région.
De plus, elle a expliqué que « l’offre d’engrais sur le marché n’est pas toujours en adéquation avec les besoins spécifiques des sols et des cultures, ce qui complique davantage la situation ». Pour lui, « La dépendance structurelle aux importations d’engrais fragilise non seulement l’économie agricole ouest-africaine, mais elle expose également les agriculteurs à des fluctuations de prix et à des ruptures d’approvisionnement ». Lénaboua a également évoqué la « faible intégration régionale du marché des engrais, un obstacle qui empêche une collaboration efficace entre les pays de l’UEMOA pour développer une stratégie commune ».

Elle a ensuite mis en avant le potentiel inexploité en phosphates au sein de l’espace UEMOA, qui reste largement sous-évalué. Avec 50 millions de tonnes de phosphates certifiées et environ 5 milliards de tonnes non certifiées, il existe une opportunité énorme pour transformer cette ressource en un levier de développement durable. Aussi, Mme Lénaboua Coulibaly a ainsi appelé à une mobilisation collective pour valoriser cette richesse, soulignant que le développement d’une filière d’engrais phosphatés pourrait non seulement améliorer la productivité agricole, mais aussi renforcer la sécurité alimentaire et la résilience économique de la région.
Période de mise en œuvre: 2026-2030
Pour Contribuer à la compétitivité de la filière phosphates-engrais avec deux objectifs spécifiques , Mme Lénaboua Coulibaly affirmé mis l’accent l’Accroissement de la production d’engrais dans l’espace UEMOA; Amélioration de la consommation d’engrais au niveau des producteurs avec budget: 1 452,5 milliards FCFA dont 1190,9 milliards de FCFA attendus du secteur privé et 239,5 des Etats membres »

Au titre des dispositifs de mise en œuvre, Mme Lénaboua Coulibaly a souligné avec conviction que « Les Etats membres auront un rôle très important à jouer, notamment au niveau des investissements dans les infrastructures stratégiques, la caractérisation des réserves, la recherche et la formation des acteurs. » Elle a précisé que la Commission de l’UEMOA, consciente des enjeux cruciaux auxquels la région est confrontée, adoptera pour sa part des programmes filières adaptés aux besoins spécifiques de chaque pays membre. Ces programmes visent à renforcer la coopération entre les Etats, à optimiser les ressources disponibles et à garantir un développement harmonieux des secteurs économiques clés.
Concernant les diagnostics envisagés par la commission de l’UEMOA, Lénaboua a indiqué que « La filière phosphates-engrais de l’Afrique de l’Ouest fait face à des défis majeurs qui l’obligent à se réinventer. » Elle a mis en lumière plusieurs enjeux pressants, parmi lesquels une très faible consommation d’engrais, qui est corrélée à une faible productivité agricole, affichant un triste chiffre de 13 Kg/ha, alors que la moyenne mondiale s’élève à 143 kg/ha. Cette situation alarmante souligne l’urgence d’adapter l’offre d’engrais, qui n’est pas toujours en adéquation avec les besoins spécifiques des sols et des cultures. Il est donc impératif d’initier des recherches approfondies pour développer des solutions innovantes et durables, qui permettront non seulement d’améliorer la productivité agricole, mais aussi de garantir la sécurité alimentaire dans la région. La formation des acteurs du secteur, qu’il s’agisse des agriculteurs, des distributeurs ou des chercheurs, est également essentielle pour assurer une mise en œuvre efficace des stratégies adoptées.

« La dépendance structurelle aux importations d’engrais fragilise l’ensemble de l’économie agricole ouest-africaine; La faible intégration au niveau régional du marché des engrais; Le riche potentiel en phosphates de l’espace UEMOA très peu valorisé (50 millions de tonnes de phosphates certifiées et environ 5 milliards de tonnes non certifiées). L’essentiel de ces phosphates sont exportés bruts », a-t-elle souligné.
Sur ce sujet crucial, la commission de l’UEMOA a élaboré une vision ambitieuse et stratégique en vue de l’horizon 2040, visant à transformer le paysage agricole de la région. Pour atteindre cet objectif, il est impératif de « Bâtir une filière intégrée, à l’échelle de l’UEMOA, de production d’engrais sur mesure, au service de la sécurité alimentaire et de la productivité agricole en Afrique de l’Ouest. » Cette initiative ne se limite pas simplement à la production d’engrais, mais implique également une réflexion approfondie sur les besoins spécifiques des agriculteurs de la région, afin de développer des solutions adaptées qui répondent à la diversité des cultures et des sols.
Il s’agira pour l’espace UEMOA d’aller vers une spécialisation régionale, favorisant ainsi une agriculture plus productive, capable de répondre aux défis contemporains tels que le changement climatique et la croissance démographique. En se concentrant sur la fourniture d’engrais phosphatés sur mesure pour le marché régional, la commission vise à renforcer l’autosuffisance alimentaire et à réduire la dépendance vis-à-vis des importations d’engrais, souvent coûteuses et peu adaptées aux réalités locales.

Notons que l »objectif visé est l’interconnexion entre l’industrie des engrais, la productivité agricole et la sécurité alimentaire, créant ainsi un écosystème où chaque acteur, des producteurs aux distributeurs, joue un rôle clé dans la chaîne de valeur. Cette approche intégrée permettra non seulement d’augmenter les rendements agricoles, mais aussi de garantir une sécurité alimentaire durable pour les populations de l’UEMOA, tout en stimulant l’économie locale et en créant des emplois dans le secteur agricole. En somme, cette vision pour 2040 représente une opportunité unique de transformer l’agriculture en Afrique de l’Ouest, en la rendant plus résiliente, durable et prospère.
Daouda Bakary KONÉ envoyé Ouagadougou

