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Mali : l’ambassade des États-Unis alerte sur le risque d’une attaque terroriste à Bamako.

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 L’ambassade des États-Unis au Mali a informé le jeudi 16 juin 2022 ses citoyens américains qu’une attaque terroriste à Bamako pourrait être planifiée visant les bureaux du gouvernement malien, l’aéroport ou les lieux fréquentés par les Occidentaux, y compris les installations diplomatiques, les hôtels et les restaurants.

Dans une note publiée sur sa page Facebook, l’ambassade des États-Unis a pris des mesures supplémentaires en réponse aux menaces de sécurité en cours : « Un couvre-feu a été mis en place, pour les employés de l’Ambassade à partir de 23 h 00 à 5 h 00 tous les jours. Les déplacements des employés à Bamako peuvent être limités.»

L’ambassade a également indiqué les actions à entreprendre : « Continuer à faire preuve de vigilance au Mali. Restez vigilant dans les endroits fréquentés par les touristes occidentaux. Passez en revue vos plans de sécurité personnels. Gardez un profil bas. Soyez conscient de votre environnement. Gardez un moyen de communication (téléphone cellulaire, etc.) chargé et avec vous en tout temps. Surveillez les médias locaux pour les mises à jour.» 

Faut-il signaler que la dernière fois que l’ambassade des États-Unis au Mali a alerté ses citoyens sur une attaque au Mali que quelques jours après, il y a eu une tentative de coup d’État.

Asseko Ambassagou

Mali: le ministre Alousséni SANOU par rapport au lancement des travaux du dénombrement du cinquième Recensement Général de la Population et de l’Habitat

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(Communiqué)-Déclaration du ministre de l’Economie et des Finances M. Alousseni SANOU relative au lancement des travaux du dénombrement du cinquième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH5)

– Chers compatriotes.

Le Gouvernement a lancé, depuis plusieurs mois, à travers le Ministère de l’Economie et des Finances, les activités du Cinquième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH5).

Dans ce cadre, j’ai l’honneur de vous informer du démarrage des travaux de terrain pour le dénombrement général de la Population et de l’Habitat à compter de ce mercredi 15 juin 2022.

La réalisation de cette opération nécessite, au-delà de la mobilisation d’importantes ressources, une bonne planification des activités sur tout le territoire préalablement découpé en zones de dénombrement.

Aussi, 26 327 Agents recenseurs, 4 504 Chefs d’équipes et 866 Contrôleurs TIC seront engagés sur le terrain auprès des ménages. Ces équipes seront encadrées par les Cadres et Responsables de l’Institut National de la Statistique, des autres structures du Système Statistique National, des Directions Régionales et des Services Locaux de la Planification, de la Statistique et de l’Informatique, de l’Aménagement du Territoire et de la Population.

Le Gouvernement les engage à se mobiliser pour la réussite de cette opération notamment par la collecte et l’acheminement de données reflétant fidèlement les réalités socio démographiques de notre pays.

– Chers compatriotes

Durant les trois prochaines semaines, les Agents recenseurs et les chefs d’équipe, chargés de collecter des informations sur les caractéristiques socioéconomiques, démographiques et culturelles de la population passeront dans vos familles respectives.

Je vous invite à les réserver un accueil chaleureux et à leur fournir les informations demandées qui concernent plusieurs aspects de la vie notamment l’état civil, l’éducation, la santé, l’emploi, la mobilité et les caractéristiques de l’habitat.

Conscient de l’importance de cette opération, le Gouvernement du Mali, a pris toutes les dispositions nécessaires pour relever le défi. Dans ce cadre, l’Etat a obtenu l’accompagnement de certains Partenaires Techniques et Financiers dont nous saluons, ici, l’engagement.

– Mesdames/Messieurs.

Pour la réussite de cette opération, nous voudrions compter sur :

+ L’engagement des chefs de quartiers dans nos villes et les chefs de villages et de fractions, en vue d’une meilleure orientation des Agents recenseurs déployés dans leurs localités ;

+ Le dévouement des autorités administratives et municipales (Gouverneurs, Préfets, Sous-préfet, maires), pour la coordination des opérations dans leurs circonscriptions ;

+ L’accompagnement habituel des forces de défenses et de sécurité en vue de la protection et de la sécurisation de cette opération.

– Maliennes et Maliens, Ressortissantes et Ressortissants d’autres pays vivant sur le territoire malien.

Ce Recensement nous concerne tous. Facilitons la tâche aux Agents Recenseurs en leur réservant un accueil chaleureux et en répondant clairement aux questions.

Ces Agents Recenseurs mènent une mission de service public. Chacun de nous doit contribuer à sa réussite.

Aidez-nous à vous recenser pour le développement du Mali !

Je vous remercie!

Bamako le 14 juin 2022.

Afreximbank a reçu le Prix ​​​​ »Deal of the Year – Debt » décerné par le magazine African Banker pour 2022 sous le girond d’une émission senior de 750 millions d’euros de la Banque de l’industrie du Nigéria

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(CROISSANCE AFRIQUE)-La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a annoncé que l’émission de billets de participation senior de 750 millions d’euros de la Banque de l’industrie (BoI) du Nigéria , pour laquelle la division Conseil et marchés de capitaux (ACMA) d’Afreximbank a agi en tant que coordinateur mondial et teneur de livre actif, a reçu le Prix ​​​​ »Deal of the Year – Debt » décerné par le magazine African Banker pour 2022. Ce prix reflète une reconnaissance claire du premier succès de BoI sur le marché des capitaux ainsi que des capacités d’exécution croissantes d’Afreximbank.

En février 2022, la division ACMA d’Afreximbank a agi en tant que coordinateur mondial et teneur de livre actif auprès de la Bank of Industry du Nigéria pour son émission de billets de participation senior 144A/RegS de 750 millions d’euros à 5 ans, garantie par le gouvernement fédéral du Nigéria. Afreximbank a soutenu BoI dans son incursion sur le marché des capitaux afin de diversifier ses sources de financement et de continuer à développer les secteurs réels du Nigéria, y compris les petites et moyennes entreprises (PME). La transaction obligataire a été sursouscrite 1,5 fois par des investisseurs internationaux de grande qualité d’Europe, du Royaume-Uni, des États-Unis, du Moyen-Orient et d’Afrique. Bank of Industry est la plus ancienne et la plus grande institution de financement du développement (IFD) du Nigéria et appartient au ministère des Finances et à la Banque centrale du Nigéria.

M. Kayode Pitan, directeur général/PDG de la Banque de l’industrie, a commenté : « BOI est ravi de recevoir ce prix. Nous sommes particulièrement ravis d’avoir fait nos débuts sur le marché des euro-obligations en travaillant en étroite collaboration avec notre partenaire IFD de longue date, Afreximbank, qui a été notre coordinateur mondial de confiance et précieux. La note senior de 750 millions d’euros renforcera notre capacité à soutenir les industries locales, les MPME, nos femmes et nos jeunes entrepreneurs à croître et à prospérer dans l’accomplissement de notre mandat.

La 16 ème édition de la cérémonie de gala des African Banker Awards s’est déroulée à Accra, au Ghana, le 25 mai. Plus de 300 professionnels des services bancaires et financiers se sont joints à la cérémonie de gala pour dévoiler les lauréats des African Banker Awards 2022.

(Tribune): Changer de Paradigme en matière de politique d’emplois « pour un  Etat providence  stratège » – (Par Magaye GAYE, Economiste International )

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Magaye GAYE est un Economiste International et Professeur à l’Institut Supérieur de Gestion de Paris. Dans un contexte de forte turbulence mondiale, le dernier rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT)  intitulé  emploi et questions sociales dans le monde tendances 2022 anticipe un nombre de chômeurs pour 2022 estimé à 207 millions, contre 186 millions en 2019.

La situation devrait s’empirer notamment en Afrique dont la croissance projetée en 2022 a été réévaluée par le FMI de 4,5% à 3,8% avec une inflation à deux chiffres à  12,2 %.

L’ampleur du fléau devrait amener les gouvernants du monde entier à changer de paradigme afin de trouver de nouvelles pistes de solutions innovantes qui cadrent avec un contexte de  faible croissance économique et de forte inflation.

Il est temps de revisiter et remettre en cause certaines idées reçues sur le chômage en Afrique

Contrairement aux idées reçues, la valeur travail est une déterminante importante dans le subconscient des africains. Ce constat est confirmé par l’expérience vécue quotidiennement dans les principaux lieux de travail informels. Il en résulte qu’une écrasante majorité de la population active, consciente de ses responsabilités sociales et familiales, s’adonne à des travaux parfois pénibles et peu rémunérateurs pour exister socialement. Les revenus tirés de ces activités sont globalement intéressants et peuvent quotidiennement osciller entre 3 000 FCFA (environ 4,6 euro) et 15 000 FCFA (environ 22,8 euro). Ces niveaux de rémunération, rapportés mensuellement, apparaissent plus consistants que le traitement perçu par certaines catégories de fonctionnaires. Je me souviens aussi d’un diplômé de l’enseigne​ment​ supérieur reconverti en marchand ambulant qui déclarait dans un reportage de télévision avoir décliné un emploi formel privé qui lui proposait un salaire mensuel de 150 000 FCFA ( environ 229 euro) parce que le secteur informel lui en procurait 3 fois plus. Au regard de ces constats, attester, comme l’ont fait certaines organisations internationales comme la FAO que «jusqu’à 82% des travailleurs africains sont des travailleurs pauvres », ou que plus de 70 % des jeunes Africains en moyenne vivent avec moins de 2 dollars par jour (selon les perspectives économiques pour l’Afrique) semble relever de conclusions hâtives. Les emplois du secteur informel ne sont pas forcément de moindre qualité que les opportunités offertes par le secteur formel. Ce sont des occupations non contraignantes, peu stressantes, socialement bien acceptées par les africains, permettant d’allier plusieurs besognes à la fois. Il peut toutefois être admis que des efforts pourraient être faits dans le domaine de la couverture de risques comme les maladies, en organisant par exemple des systèmes d’assurance basés sur des cotisations interprofessionnelles.

Il est grand temps de revisiter certains postulats et certitudes infondés nourris par certains cercles de réflexion occidentaux dans le cadre du traitement de la problématique du chômage en Afrique. Le phénomène doit en effet être appréhendé à l’aune de critères propres à l’organisation sociétale de la société africaine : solidarité entre membres, absence de formalisme des structures organisationnelles, prépondérance de la tradition orale, importance du secteur informel, rôle significatif de la progéniture dans les problématiques d’assurance. En outre, contrairement aux méthodes retenues par certaines écoles qui estiment le taux de chômage en Afrique Subsaharienne à 35 voire 40%, la mesure du chômage doit absolument prendre en compte les activités économiques indépendantes et familiales destinées à l’autoconsommation mais aussi les travailleurs du secteur informel. Il est grand temps de lever toutes les ambiguïtés qui entourent la problématique du chômage. Être sans travail ne signifie pas uniquement être sans travail salarié ni sans travail déclaré. Dès lors, toute activité licite, en mesure d’assurer la promotion de la condition humaine devrait être prise en compte dans les réflexions. Il est tout aussi important de ne pas appréhender la question du chômage en Afrique avec une grille de lecture occidentale qui met généralement en avant des considérations de formalisme. Nous proposons  que  le concept de « travail » soit de plus en plus usité en lieu et place de la notion d’emploi qui renvoie inconsciemment à l’emploi salarié. Dans un continent comme l’Afrique où tout reste à faire et où des secteurs entiers sont à valoriser, il est difficile d’admettre l’existence de chômeurs.

Les pays africains peuvent mieux faire en matière d’emploi

Un constat préalable : le secteur privé formel n’est certainement pas la solution à court terme

De plus en plus de réflexions économiques touchant le continent africain considèrent le secteur privé formel comme le moteur de la croissance économique et un gros vecteur de création d’emplois. S’il est vrai qu’en Europe, en Asie et en Amérique, des Petites et Moyennes Entreprises dynamiques et innovantes ont par le passé contribué activement à l’essor économique, le contexte semble tout à fait différent en Afrique. Comparaison n’est pas raison. En effet, l’environnement des affaires sur le Continent en général et sur la partie subsaharienne en particulier est loin d’être attractif ; le rapport « Doing Business » de la Banque mondiale l’avait toujours confirmé durant son  existence. A cela s’ajoutent des contraintes structurelles : faibles capacités entrepreneuriales, insuffisance de l’offre de financement, coût des facteurs élevés, capacités managériales insuffisantes et forte concurrence du reste du monde, mondialisation oblige. Au regard de la durée de vie relativement courte des entreprises créées dans la sous région et des nombreuses fermetures constatées, et en tenant compte de la profondeur des réformes à engager pour rendre l’entreprise africaine compétitive, il semble illusoire de laisser croire que le secteur privé formel constitue le principal moteur de création d’emplois dans un futur proche.

Renforcer les responsabilités de l’Etat en matière de création d’emplois : passer d’un État spectateur à un Etat acteur

L’Etat est aujourd’hui la structure la mieux organisée sur l’échiquier socio-économique de la plupart des Etats subsahariens. Il dispose notamment en effet, de moyens budgétaires relativement importants, de nombreux experts chevronnés, des pouvoirs législatifs et de contrainte (gendarmerie, armée, police etc.. ) et d’une organisation administrative plus ou moins décentralisée.

Les anciennes puissances occupantes en partant ont laissé en héritage un très mauvais modèle économique consistant à laisser entre les ​ »​mains » de l’État indépendant tous les leviers économiques, sécuritaires, budgétaires, d’aménagement du territoire et à lui demander paradoxalement de ne jamais s’immiscer dans la conduite des activités économiques. Cette hérésie n’a jamais été corrigée.

Dans un contexte de secteur privé formel faible exacerbé en ce qui concerne les pays de la zone franc par une monnaie forte arrimée à l’euro, ce facteur est l’un des principaux obstacles au développement de nombreux pays africains.

Paradoxalement,  en Europe on note des participations publiques dans des banques, des    compagnies d’assurance, des sociétés intervenant dans le logement, l’immobilier et la construction, et de nombreux secteurs industriels: automobile, défense et aéronautique, parapétrolier, technologies de pointe, santé, etc. Des exemples types sont la Ratp, la Sncf, Elf, Renault, Rhône poulenc aidés par le Gouvernement Français depuis des années. 

Je sais par avance que des Cadres comme nous formés dans les universités occidentales et formatés à l’idée que « l’État doit rester uniquement dans son rôle d’organisateur global du système  » vont être très surpris par mes positions. Mais je les ai toujours assumées.

Même s’il est unanimement reconnu de nos jours que l’Etat ne peut pas donner à tous de l’emploi, ce dernier devrait s’investir significativement dans le champ économique en contribuant activement à la création d’entreprises stratégiques et en valorisant les emplois d’utilité publique. Le temps est venu de passer d’un statut d’Etat entraîneur à celui d’Etat Capitaine ou encore d’un Etat spectateur à un Etat acteur. La crise sanitaire  et celle russo-ukrainienne semblent renforcer cette tendance vers  l’Etat providence stratège. La faiblesse structurelle du secteur privé notée ci-dessus etune analyse lucide du contexte économique international difficile commande un tel changement stratégique. En effet, le principal partenaire des pays de l’Afrique Subsaharienne, à savoir l’Europe, traverse actuellement une crise économique et financière dont l’ampleur impactera l’aide au développement et les flux de capitaux. La mondialisation de l’économie crée plus de distorsions en termes de compétitivité que d’opportunités à saisir. L’Etat doit, pour une fois, prendre ses responsabilités historiques en s’investissant plus et mieux dans la conduite des politiques économiques, s’il ambitionne de remplir correctement ses missions.

En revisitant l’histoire, on se rend compte que des nations pas des moindres (Etats Unis, Corée du Sud, Indonésie, Taiwan, Singapour, Hong Kong, Brésil, Danemark, France, Irlande) ont effectivement tenté une telle expérience. Rappelons que Roosevelt avec sa politique interventionniste du New Deal a beaucoup contribué à l’endiguement des effets néfastes de la grande dépression des années 29. De nombreux programmes visant à créer des emplois furent ainsi lancés dès 1933, comme celui des grands travaux, le Civilian Conservation Corps qui permit de recruter plus de 2 500 000 jeunes pour un salaire modique mensuel de 30 dollars dans des travaux de reboisement, de lutte contre l’érosion et les inondations. Ce programme, financé par des bons du Trésor,  permit également de faire progresser l’instruction des jeunes grâce à des cours du soir. L’intérêt était double : éviter que ces derniers ne tombent dans la délinquance ou la pauvreté, et permettre de diminuer le chômage tout en offrant une source de revenus aux familles les plus directement exposées. L’administration Roosevelt entreprit également de protéger les agriculteurs contre les aléas du marché en distribuant des subventions fédérales et en contrôlant la production. Dans des pays comme le Danemark ou la France, l’Etat dépense beaucoup au titre des indemnités de chômage jusqu’à 90% du dernier salaire dans le premier pays cité. Les dragons asiatiques (Corée du SudTaïwan, SingapourHong Kong) notamment, mais aussi l’Irlande, connaissent des taux de chômage faibles dus dans la plupart des cas, à la mise en œuvre de politiques de spécialisation dans des activités nécessitant beaucoup de main-d’œuvre. En Corée du Sud, par exemple, des firmes d’Etat se sont constituées dans tous les secteurs stratégiques : aciérie, électricité, télécommunications, réseaux ferrés et routiers, banque, eau et agriculture. Les Etats Subsahariens devraient désormais s’orienter vers de véritables politiques de traitement social du chômage au lieu de toujours attendre une croissance hypothétique qui de toute façon, absorbée par le taux de croissance démographique et mal répartie ne pourrait jamais permettre le décollage économique.

Passer d’une logique de gestion budgétaire à de véritables politiques économiques

Pour réussir une telle métamorphose, l‘Etat devrait avoir une vision et se comporter en véritable agent économique responsable, économe, soucieux de la bonne gouvernance et conscient des intérêts supérieurs de la Nation. Dans cette nouvelle stratégie, il est important de passer d’une gestion budgétaire constituée d’une simple compilation de projets à de véritables politiques économiques. Prenons le cas d’un pays comme le Sénégal où l’économie est complètement extravertie avec un modèle de consommation importée. Le pays produit très peu de ce qu’il consomme et transforme insuffisamment ses matières premières sur place. Cette structuration a été héritée de la colonisation ; la France, à l’époque, dans le cadre d’une véritable politique économique, ambitionnait en effet d’approvisionner ses industries oléagineuses, situées en Métropole, en arachides, culture de rente dont le Sénégal était le 3ème producteur mondial. Pour compléter cette dépendance, la principale denrée de consommation des Sénégalais, le riz était importé d’Asie. Comment un tel pays peut- il se développer dans un tel contexte ? Ce qui est vrai pour le Sénégal est valable, sous d’autres paradigmes, pour les autres pays sud sahariens également anciennes colonies. Une restructuration d’ensemble des politiques économiques est plus que jamais nécessaire afin d’enclencher de véritables dynamiques de croissance et de développement.

A défaut de pouvoir compétir de manière satisfaisante avec le reste du monde, une stratégie économique pourrait consister dans une première étape à privilégier l’organisation d’activités économiques de substitution aux importations avec l’Etat comme actionnaire de portage dans les sociétés à a créer. Dans ce cas, l’Etat porterait momentanément ces actions en attendant d’identifier des investisseurs privés responsables qui pourraient se substituer à lui.  Cette stratégie de la production locale des biens consommés qui présente l’avantage de pouvoir s’appuyer sur un marché CEDEAO de plus de 300 millions d’habitants, devrait s’accommoder d’une restriction progressive en matière de consommation importée et d’un minimum de politique de protection douanière. Pour le premier axe, il s’agit pour l’Etat de fixer des limites d’importation afin de mieux soutenir les filières agricoles locales ; pourquoi dans les pays d’Afrique Subsaharienne, l’Etat ne limiterait pas par exemple, volontairement, les quantités de blé utilisées dans la fabrication de pain et les substituer par des céréales locales comme le maïs, le mil ou le niébé ? Cette nouvelle politique permettrait de limiter les subventions et de contribuer subséquemment à l’assainissement des finances publiques. En complément à cette politique de substitution aux importations, l’Etat devrait, autant que faire se peut, contrôler au mieux les entreprises évoluant dans les secteurs stratégiques comme l’eau, l’électricité et le téléphone. Il gagnerait aussi à contribuer à la création d’unités de transformation de matières premières locales en suscitant et en participant effectivement au capital des entreprises à créer. Sur un autre plan, la préférence nationale ou communautaire devrait être la règle dans les stratégies d’allocation des commandes publiques si l’on veut booster les industries locales.

Concernant le secteur particulier de l’agriculture, devenu, actuellement l’un des principaux domaines d’attraction des stratégies de création d’emplois, il doit être appréhendé avec prudence. L’agriculture est en effet un secteur difficile avec beaucoup de risques naturels et des problèmes de commercialisation. L’activité est pénible, peu rémunératrice sur de petites surfaces et intéresse très peu les institutions de financement. Dans ces conditions, nourrir l’ambition, en tant que Gouvernant, de drainer une bonne partie de la jeunesse vers ce secteur pourrait être assimilé à du rêve. C’est pourquoi il faut absolument dans un premier temps développer, à côté des stratégies de PPP,  le salarié agricole avec l’Etat comme employeur. Les Etats devraient aussi mieux imposer fiscalement des entreprises fortement rentables évoluant notamment dans des secteurs comme les télécommunications, le tabac en vue de soutenir de manière plus conséquente l’emploi. La création d’instruments financiers de développement nationaux bien gérés comme les banques de développement, les fonds de prise de participation et les Fonds de garantie pourrait soutenir les politiques de création d’entreprises. Les Etats devraient aussi trouver de véritables moteurs de la croissance en diversifiant au mieux leur tissu économique.

Ils devraient aussi éviter de se suffire de ces solutions simplistes d’importation et de perception de droits de douanes. Sans effort réel sur la relance de la production locale, uniquement pour alimenter les budgets nationaux. Il est à noter que tant que les lobbies  étrangers et leurs relais locaux,  incrustés dans les sphères de décision et voraces de gains et de commissions, ne seront pas mis hors d’état de nuire, l’Afrique évidemment n’avancera pas. C’est ma ferme conviction !

 Valoriser les « petits métiers » et forger la fibre de l’entrepreneuriat dès le bas âge

Nombreux sont les africains diplômés qui refusent de s’adonner localement à des métiers peu valorisés qu’ils arrivent pourtant à exercer ailleurs dans des pays d’émigration. Comment valoriser et rendre accessible les possibilités de travail ? L’exemple doit assurément venir d’en haut. Dans chaque Etat, devrait être organisée annuellement des journées de valorisation des petits métiers au cours desquelles, les principaux Responsables de l’Etat donneraient l’exemple.   Aux Etats Unis, les emplois précaires sont plus facilement acceptés car la hiérarchie sociale et l’honorabilité sont moins problématiques ; ce qui n’est pas le cas dans beaucoup de pays d’Afrique subsaharienne. L’une des clefs de la réussite en matière d’emploi se trouve aussi dans la promotion de l’auto-emploi. De nombreux diplômés de l’enseignement supérieur préfèrent attendre un hypothétique emploi provenant de l’Etat, de surcroît faiblement rémunéré, plutôt que d’entreprendre.  L’exemple de jeunes diplômés sénégalais dans le secteur de la pêche qui m’a été raconté est éloquent et traduit réellement le peu de goût des jeunes diplômés africains pour la création d’entreprises. L’histoire concerne 240 diplômés supérieurs de la pêche au chômage depuis près d’une dizaine d’années, attendant de bénéficier d’opportunités d’emplois rémunérées dans l’Administration ou le secteur privé. Pourtant avec le potentiel halieutique du Sénégal (720 km de côtes et plusieurs variétés de poissons), il aurait fallu simplement que ces diplômés imaginassent des solutions simples comme le conditionnement d’algues sauvages à vendre comme aliments de bétail. Il conviendra de tout mettre en œuvre afin d’inculquer  aux jeunes africains la fibre entrepreneuriale depuis le bas âge en intégrant des modules de création d’entreprises depuis les programmes préscolaires.

Vivement une gestion budgétaire tournée vers la création d’emplois

Les seules politiques économiques sont insuffisantes pour résoudre les problématiques du  chômage. Il faut de nouvelles alternatives audacieuses. Au niveau de l’Administration proprement dite, l’Etat ne devrait en aucun cas lésiner sur les moyens pour maintenir un rythme annuel de recrutement dans la fonction publique et remplacer systématiquement les partants à la retraite quelle que soit l’opinion des Institutions de breton Wood.  Cela bien évidemment suppose que l’Etat arrête le gaspillage de ressources publiques et choisit au mieux ses priorités.

Par ailleurs, dans un continent où tout reste à faire, il est important de dérouler des programmes générateurs d’emplois. L’Etat a pour mission de d’identifier les vrais besoins de la collectivité en termes de services publics et relancer les travaux d’intérêts collectifs.  Que de choses à faire dans le reboisement, la lutte contre les feux de brousse, l’embellissement des villes par des espaces verts, l’assainissement, la prévention des maladies, la sécurité de proximité, le maraîchage, l’alphabétisation, la collecte des ordures, la sensibilisation en matière d’économie d’énergie. Les déguerpissements des marchands ambulants exacerbent le chômage dans nos villes. Les marchés en effet sont de véritables lieux de création d’emplois. Dans certains pays, le secteur informel pèse jusqu’à plus de 50% du PIB. Nous invitons les collectivités locales à engager une réflexion soutenue  sur le type de ville dont elles ambitionnent  l’avènement, sans forcément devoir copier le modèle occidental.

Les conditions de la réussite de l’Etat Acteur

Une bonne réussite de l’Etat acteur suppose quelques préalables : le premier consiste pour l’Etat à mener en interne des réformes en profondeur pour se doter de véritables capacités d’entrepreneur et de manager. Cela suppose bien entendu l’avènement d’un nouvel état d’esprit privilégiant la démarche stratégique dans la conduite des affaires publiques : décliner une vision, cerner sans cesse les menaces et opportunités de l’environnement, diagnostiquer les forces et faiblesses de du pays, se fixer des objectifs mesurables et renforcer les logiques de contrôle/sanction. L’Etat acteur doit être économe, soucieux de la bonne gouvernance et volontariste dans ses choix stratégiques. Ces centaines de millions d’euro consacrés annuellement à la réalisation d’études et à l’organisation de séminaires de formation sur des thèmes dont les solutions ont déjà été trouvées depuis longtemps gagneraient à être utilisés  utilement au profit de l’emploi ; la problématique n’est pas de former pour former mais de donner plus de valeur aux économies. Cette même remarque  est valable pour les opérations de recensement de la population qui bien que décennales dans certains pays englobent des sommes faramineuses ; 21 milliards de FCFA (environ 32 millions d’euro) pour une opération de ce genre en cours dans un des Etats subsahariens. De manière plus large, ce sont les stratégies fiscales et douanières qui devraient être revisitées en profondeur afin de mieux optimiser les recettes de l’Etat : taxer les entreprises situées dans des secteurs de rentes, trouver un moyen souple et pédagogique d’élargir la base fiscale par l’intégration du secteur informel dans les circuits économiques officiels.

La deuxième condition pour réussir le pari d’un l’Etat acteur capable de mener à bien ses projets économiques créateur d’emplois consiste à rassembler le maximum de compétences dans la conduite et la gestion des projets. Pas forcément uniquement des fonctionnaires de l’Etat pour animer ces derniers. Il peut être sollicité les corps sociaux les mieux organisés. Certains pays africains renferment dans l’Armée un vivier important de talents disciplinés, et de compétences insoupçonnées. Sur un autre plan, pour que les projets soient efficaces, l’Etat acteur doit, pour des considérations de synergie, s’appuyer sur des associations naturellement constituées comme les différentes congrégations religieuses ainsi que les groupements d’intérêt économique existants et privilégier les partenariats public-privé dans le cadre d’une coopération gagnant-gagnant.

Renforcer les capacités financières de l’Etat revient aussi à trouver une solution à la problématique du gaspillage de ressources publiques en agissant notamment sur la taille de schémas institutionnels budgétivores et inefficaces et en contrôlant au mieux la qualité de la dépense publique. Les Etats devraient enfin opter pour un choix clair en faveur de la production et de l’emploi en lieu et place de la solution simpliste de collecte de recettes douanières.

Magaye GAYE est un Economiste International et Professeur à l’Institut Supérieur de Gestion de Paris

Marché Financier de l’Umoa: la Côte d’Ivoire encaisse 66 milliards de F CFA auprès des investisseurs

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(CROISSANCE AFRIQUE)- En Côte d’Ivoire, la direction générale du trésor et de la comptabilité public mobilise 66 milliards de F CFA sous forme d’emprunt obligataire sur le marché monétaire de l’UMOA le mardi 14 Juin 2022.

Cette opération fait suite à une double émission de Bons et Obligations assimilable du trésor (BAT/OAT) de maturité respective de 3 mois et 5 ans. Il s’agit d’une réuni qui a enregistré un nombre important d’investisseurs de la région et a recueilli un carnet d’ordres de 76 milliards F CFA.

Pourtant, le pays sollicitait initialement 60 milliards F CFA. Il faut signaler que La Côte d’Ivoire a finalement a décidé de choisir un montant de 66 milliards FCFA. Une décision qui s’expliquer selon certains par des propositions de taux d’intérêts moins élevés. La valeur nominale unitaire étant de 1 million FCFA pour le BAT et de 10 000 FCFA pour l’OAT.


Par ailleurs, le BAT a retenu 34 milliards FCFA, à des taux marginal et moyen pondéré respectivement de 2,75% et 2,63%, et un rendement moyen pondéré de 2,65%.

En outre, l’OAT a quant à lui retenu 32 milliards FCFA, à des prix marginal et moyen pondéré respectifs de 9 900 FCFA et 9 918 FCFA, avec un rendement moyen pondéré qui s’est établi à 5,39%.


Toutefois, les offres retenues ne proviennent que de 3 pays sur les 8 Etats membres de l’Union, à savoir la Côte d’Ivoire (41 milliards FCFA), le Sénégal (13,33 milliards FCFA) et le Togo (11,66 milliards FCFA).

Notons que que la dernière opération de la Côte d’Ivoire sur le marché monétaire remonte au 31 mai dernier, où elle a réussi une levée de 77 milliards FCFA.

Zangouna KONE

Hydrocarbures: l’Angola détrône le Nigeria et devient le 1er gros producteur Africain de pétrolier avec une moyenne de 1,18 baril / jour (Rapport)

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(CROISSANCE AFRIQUE)- Selon le rapport mensuel de production de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), au terme du mois de mai 2022, la production nigériane de pétrole brut a affiché 1,02 million de barils par jour, soit 195 000 barils par jour de moins que le mois précédent. Au même moment, l’Angola affichait en moyenne une production de 1,16 million de barils par jour, contre 1,18 million de barils par jour en avril 2022.

Cette baisse de la production pétrolière du Nigeria lui a fait perdre la première place dans le classement des plus gros producteurs d’or noir d’Afrique. Pourtant, la dernière fois que l’Angola avait occupé cette position remonte à avril 2016 lorsque le pays lusophone profita de la chute de la production ayant découlé des attaques perpétrées par les Niger Delta Avengers sur les installations pétrolières du delta du Niger. Par ailleurs, le Nigeria avait ensuite retrouvé cette place au terme du mois de juin 2017.

Il signaler qu’en 2021, le Nigeria fait face à une chute libre de sa production pétrolière en raison de la recrudescence des actes de vandalisme qui affectent les infrastructures de transport du combustible et par conséquent, empêchent en amont le bon déroulement des activités.

Notons que le rapport de l’OPEP montre qu’à la fin du mois de mai, la production de pétrole brut de l’organisation a atteint en moyenne 28,51 millions de barils par jour, soit une baisse moyenne de 176 000 barils par jour par rapport à avril 2022. En 2021, la remontée de l’Angola à l’exportation pétrolière avait atteint un bond de 51% et le pays avait enregistré une hausse de 51,4% de ses recettes d’exportations à 27,87 milliards USD pour 394,22 millions de barils de pétrole bruts acheminés vers ses principaux partenaires à la même période.

Pour rappel, la production mondiale a quant à elle, chuté de 150 000 barils en moyenne par rapport à avril pour atteindre 98,75 millions de barils par jour. Il rappeler qu’en janvier 2022, de nombreux experts et analystes du secteur pétrolier avaient prédit que le Nigeria ferait face à de nombreux défis dans le secteur de la production de pétrole à la même période.

Daouda Bakary KONE

Afrique du Sud: l’Africa Data Centres (ADC) va étendre son réseau à hauteur de 20 Mégawatt

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Africa Data Centres (ADC), la filiale de Cassava Technologies Group spécialisée dans la construction et l’exploitation de centres de données, continue d’étendre son réseau en Afrique du Sud.

La société a annoncé, le mercredi 15 juin 2022, qu’elle construisait un deuxième centre de données de 20 mégawatts au Cap. Une fois achevée, il contribuera à satisfaire la forte demande en services numériques dans la nation arc-en-ciel.

Elle est située dans la périphérie nord du centre-ville du Cap. Sa nouvelle installation s’étendra sur 15 000 mètres carrés répartis en huit salles de données. Selon l’Agence ecofin, le projet du Cap en est actuellement à la phase de conception initiale, et les travaux devraient commencer sur le site au cours du dernier trimestre de 2022. La finalisation de l’infrastructure est prévue pour fin 2023. 

Selon Tesh Durvasula, directeur général d’Africa Data Centres, la construction du nouveau centre de données rentre dans le cadre du chapitre sud-africain de la stratégie d’expansion de la société en Afrique.

« Elle intervient une semaine après que la société a annoncé la construction d’une nouvelle installation à Accra, au Ghana. Africa Data Centres, qui veut surfer sur l’accélération de la transformation numérique sur le continent, a annoncé en septembre 2021 un investissement de 500 millions USD sur une période de deux ans pour construire 10 centres de données dans une dizaine de pays africains », rapporte l’Agence ecofin. 

Selon le rapport « South Africa Data Center Market – Investment Analysis & Growth Opportunities 2021-2026 », l’investissement sur le marché des centres de données en Afrique du Sud devrait atteindre 3 milliards USD d’ici 2026 alors qu’il était évalué à seulement 1,31 milliard USD en 2020.

Notons que Cela représente un taux de croissance annuel composé de 15,17 % sur la période 2021-2026. Par ailleurs, l’adoption du cloud devrait croître jusqu’à 25 % par an et générer des revenus pouvant atteindre 1,5 milliard USD d’ici 2024.

Il faut rapeler que l’Afrique du Sud est considérée comme le plus grand marché de centre de données du continent africain. Le pays en abrite plus d’une cinquantaine de firmes mondiales et locales telles que Amazon, Huawei, Google, OADC, Africa Data Centres.

Daouda Bakary KONE

Madagascar: AccèsBank obtient 5 millions d’euros pour soutenir les PMes locales

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(CROISSANCE AFRIQUE)- La filiale d’Accès Holding, non moins AccèsBanque de la société d’investissement allemande AccesHolding, obtiendra une  ligne de crédit d’environ 5 millions d’euros (5,19 millions de dollars), en monnaie locale, pour financer des PME et microentreprises du pays.

Selon le groupe Bancaire Allemand, le financement mis en œuvre par Proparco, sera garanti par le Fonds européen pour le développement durable (Fedd), l’outil de soutien de l’Union européenne (UE) au secteur privé.

« La convention de financement signée entre ABM et Proparco, appuyée par l’Union européenne à travers les garanties du Fonds européen pour le développement durable, vise à soutenir les entreprises à Madagascar, et à augmenter les investissements pour le développement », a précisé la délégation de l’UE à Madagascar.

Par ailleurs, la présente opération s’inscrit dans la stratégie de Proparco consistant à soutenir les PME dans des pays émergents et à encourager le développement du tissu économique local. C’est pourquoi, la Banque mondiale estime que 29 % des ménages à Madagascar ont accès à des services financiers formels et 3 % à des crédits bancaires.

Il faut signaler que la covid-19 qui a touché cette économie comme plusieurs autres sur le continent a davantage limité l’accès au financement, et affecté l’activité des entreprises. Toutefois, l’UE et son partenaire Proparco contribueront via l’outil Fedd à renforcer l’accès au financement à Madagascar.

Notons que « Cette initiative devrait également favoriser le développement des PME et micro-entreprises du pays. En plus d’ABM, The Currency Exchange, un fonds de mutualisation des risques de change sur les monnaies des économies émergentes bénéficiera d’une facilité qui lui permettra de réduire le coût de couverture de change au bénéfice de la banque », selon l’Agence ecofin.

Moussa KONE

Ghana: un capital de 750 millions USD pour la création d’une Banque de Développement destinés au refinancement du secteur privé à long terme

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(CROISSANCE AFRIQUE)- Au Ghana, le gouvernement s’est doté d’une banque de développement avec un capital de 750 millions USD. Cette nouvelle institution financière de développement a été lancée officiellement le mardi 14 juin 2022 à Accra.

Dans son discours d’ouverture, le chef de l’Etat ghanéen, Nana Akufo-Addo a affirmé que la « la Novelle Banque de Développement du Ghana « aidera toutes les banques de l’économie à avoir accès à des fonds à long terme, y compris la National Investment Bank, l’Agricultural Development Bank et la Ghana EximBank. Elle aidera également les fonds d’investissement privés et d’autres entreprises du marché des capitaux à accéder à notre marché obligataire, et facilitera le financement par actions des PME »,

Cette initiative est le fruit d’une coopération entre la Banque européenne d’investissement (177,9 millions USD), la Banque mondiale (225 millions USD), la Banque africaine de développement (40 millions USD), le gouvernement ghanéen (250 millions USD ) et des engagements techniques importants avec la KfW en Allemagne.

La nouvelle Banque de développement vise à « mettre des financements à long terme à la disposition du secteur privé », et à « développer l’écosystème pour l’accès au marché, la technologie et l’innovation ». Selon les responsables de la nouvelle institution foncière, l’objectif à terme, est « d’aider à la restructuration des secteurs clés de l’économie, sur une période donnée, en soutenant toutes les institutions qui sont essentielles à la transformation des PME ».

Il faut préciser que la création de cette banque s’inscrit dans le cadre des mesures mises en place par Accra pour industrialiser l’économie du pays. Elle intervient un peu plus d’un mois après l’inauguration de la 107e usine de l’initiative « One District One Factory » qui vise à accélérer cette industrialisation.

Notons que l’Etat du Ghana s’est engagé dans un partenariat avec la Banque mondiale qui lui fera bénéficier de 4,5 milliards de dollars, d’ici les cinq prochaines années, pour soutenir le développement. Pour rappel, le Ghana est engagé depuis quelques années dans la mise en place de certaines infrastructures et cal, dans le cadre du programme d’industrialisation de son économie,

Zangouna KONE

La Côte d’Ivoire va mobiliser 26,1 milliards USD auprès des investisseurs en faveur du plan national de développement (PND) 2021-2025

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(CROISSANCE AFRIQUE)- En Côte d’Ivoire, des institutions financières multilatérales et des pays partenaires ont promis de mobiliser 26,1 milliards USD pour soutenir le plan national de développement (PND) 2021-2025. Cette information a été annoncée par le Premier ministre ivoirien, Patrick Achi, au terme d’une réunion tenue le mercredi 15 juin 2022 à Abidjan, la capitale économique du pays.

Selon Patrick Achi, qui s’est félicité à l’issue de la réunion consultative avec des partenaires au développement et qui dira que : « Le succès que nous avons constaté est au-delà de nos attentes. Nous avions prévu 15 milliards USD de promesses, et nous avons reçu 26,1 milliards de dollars au total », a-t-il déclaré. 

Dores et déjà, plusieurs Banque de développement ont donné le ton et cela en annonçant des lourdes enveloppes sous formes de processes. Il s’agit entre autres de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a promis 1 milliard USD, la Banque africaine de développement (BAD) 8,7 milliards USD, la Banque mondiale 4,3 milliards USD, et la Banque islamique de développement 2 milliards de dollars.

Concernant l’Union européenne (UE), elle a annoncé une contribution 6 milliards d’euros, tandis que la France a promis plus de 4 milliards d’euros. Par ailleurs, la mise en œuvre du PND requiert des financements globaux de 94,74 milliards USD dont 24,65 milliards USD devraient provenir du secteur public et 70,09 milliards USD , soit 74% du montant, du secteur privé.

Notons que plan de développement qui ambitionne d’assurer la transformation économique et sociale de la Côte d’Ivoire nécessite ces financements globaux , et cela, pour une Côte d’Ivoire émergent et économique aux yeux du monde.

Daouda Bakary KONE