Accueil Blog Page 3

Côte d’Ivoire. la BIDC et Afriland First Bank Cl concluent un partenariat de 10 milliards FCFA pour soutenir la croissance des PME

0

(CROISSANCE AFRIQUE)-La Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) et Afriland First Bank Côte d’Ivoire S.A. ont signé, le 20 mai 2026, au siège de la Banque à Lomé (Togo), un accord de prêt d’un montant de dix milliards (10 000 000 000) de francs CFA, visant à renforcer le financement du secteur privé et à accélérer la transformation économique en Côte d’Ivoire.

Cette ligne de crédit contribuera à répondre aux besoins croissants de financement à court et moyen termes des micros, petites et moyennes entreprises (MPME), ainsi que des entreprises de taille intermédiaire opérant dans des secteurs stratégiques tels que la santé, l’éducation, l’agro-industrie, l’industrie manufacturière, le commerce, le BTP, les services et la technologie. En améliorant l’accès à des solutions de financement adaptées, ce partenariat ambitionne de libérer le potentiel productif, de stimuler l’entrepreneuriat et de renforcer la compétitivité des entreprises locales.

À cette occasion, le Président de la BIDC et de son Conseil d’Administration, Dr George Agyekum Donkor, a déclaré : « Ce partenariat reflète l’engagement constant de la BIDC à renforcer le secteur privé en tant que levier de croissance durable, de développement industriel et d’intégration régionale. En soutenant les entreprises avec les financements nécessaires à l’expansion de leurs activités, à l’innovation et à la création d’emplois, nous investissons dans la résilience et la compétitivité à long terme des économies ouest-africaines. >>

Le Directeur Général de Afriland First Bank Côte d’Ivoire S.A., M. Christian Kammogne Fogaing, a pour sa part souligné l’importance stratégique de cette facilité: « Cette ligne de crédit renforce significativement notre capacité à accompagner les PME et les entreprises de taille intermédiaire, qui constituent le socle de l’activité économique et de la création d’emplois. Elle s’inscrit pleinement dans notre ambition de promouvoir l’inclusion financière, de stimuler l’investissement productif et d’offrir aux entreprises les ressources nécessaires à leur croissance dans un environnement de plus en plus compétitif. >>>

Au-delà de l’apport financier, cette initiative devrait générer des retombées économiques substantielles, notamment à travers l’expansion des activités des entreprises, la création d’emplois et le renforcement des chaînes de valeur régionales. Le projet contribuera également à accroître la résilience des entreprises locales et à soutenir une croissance économique inclusive en Côte d’Ivoire et dans l’ensemble de la sous-région de la CEDEAO.

À travers ce partenariat, la BIDC poursuit la mise en œuvre de sa Stratégie GRO (Croissance, Résilience et Optimisation), en mobilisant des ressources au profit d’initiatives à fort impact dans le secteur privé, favorisant l’industrialisation, la diversification économique, l’intégration régionale et le développement durable au sein de l’Afrique de l’Ouest.

Ibrahima Diawara relance son offensive dans la réalisation d’infrastructures universitaires en Afrique avec un accord stratégique à Madagascar

0

(CROISSANCE AFRIQUE)-Le patron du Groupe iBi revient au premier plan sur le continent africain avec une nouvelle ambition dans le secteur de l’enseignement supérieur. Le 20 mai 2026, il a annoncé lui-même sur son compte officiel Facebook, la signature d’un accord stratégique entre Builders, filiale du Groupe iBi, et le ministère malgache de l’Enseignement supérieur pour la réalisation de six grandes infrastructures universitaires à travers .

Pour le patron de Builders, cette initiative dépasse largement le simple cadre du BTP : elle s’inscrit dans une vision géostratégique du développement africain fondée sur l’éducation, la formation technique et la souveraineté intellectuelle.

La cérémonie de signature a été marquée par la présence du président de la Refondation de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, dont l’implication symbolise la dimension politique et stratégique accordée à ce programme. Dans son message, Ibrahima Diawara a salué “la confiance, le leadership visionnaire et l’engagement résolu en faveur du savoir et de l’excellence académique” des autorités malgaches.

L’homme d’affaires malien, connu pour ses investissements dans les mines, les infrastructures et l’énergie, cherche désormais à inscrire durablement le Groupe iBi dans la transformation structurelle des systèmes universitaires africains. Sa communication met d’ailleurs l’accent sur un triptyque devenu central dans les politiques de puissance contemporaines : jeunesse, compétitivité et souveraineté.

« Les grandes nations se distinguent avant tout par la qualité de leur éducation et la valeur qu’elles accordent à leur jeunesse », écrit-il.

Une nouvelle tentative après l’échec silencieux du dossier nigérien

Cette percée malgache intervient cependant dans un contexte particulier. Car avant Madagascar, le Groupe iBi avait déjà engagé une initiative similaire au Niger, avec un ambitieux programme portant sur la construction de quatre infrastructures universitaires pour un coût global estimé à 110 milliards de FCFA.

À l’époque, le projet avait suscité un important intérêt dans les milieux économiques et universitaires sahéliens, tant par son volume financier que par sa portée symbolique dans un pays confronté à d’importants défis éducatifs et sécuritaires. Pourtant, contre toute attente, le dossier s’est brusquement interrompu sans communication officielle détaillée sur les causes réelles de son abandon.

Ce silence a alimenté de nombreuses interrogations dans les cercles d’affaires ouest-africains. Plusieurs observateurs évoquaient alors des facteurs multiples : instabilité institutionnelle, difficultés de financement, lenteurs administratives, recompositions géopolitiques ou divergences stratégiques entre partenaires. Aucune version officielle n’a toutefois permis jusqu’ici d’éclaircir totalement les raisons de cette rupture.

L’accord signé à Madagascar apparaît donc comme une forme de relance continentale pour Ibrahima Diawara, qui semble vouloir démontrer que son modèle d’investissement éducatif reste viable et stratégique malgré les revers rencontrés ailleurs.

L’éducation, nouveau terrain d’influence économique africaine

Au-delà du cas iBi, cette dynamique illustre une tendance plus profonde : l’enseignement supérieur devient progressivement un champ majeur de compétition économique et d’influence en Afrique.

Face à l’explosion démographique du continent et à la pression croissante sur les systèmes universitaires publics, les États cherchent désormais des partenaires capables de financer rapidement des infrastructures modernes : campus, résidences universitaires, laboratoires, centres technologiques et pôles d’innovation.

Dans cette bataille silencieuse pour la formation des élites africaines de demain, les groupes privés africains commencent eux aussi à occuper un espace autrefois dominé par les bailleurs internationaux ou les multinationales étrangères.

Le pari de Madagascar pourrait ainsi constituer un tournant pour le Groupe iBi. Car si ces six infrastructures voient effectivement le jour, Ibrahima Diawara pourrait consolider une nouvelle stature : celle d’un acteur panafricain de la souveraineté éducative, à la croisée du business, de l’influence et du développement stratégique.

Oussouf DIAGOLA

Au Mali, un atelier de trois jours consacré à l’analyse du « statut des autorités régionales des réglementations de l’UEMOA » a débuté à Bamako

0

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, la cérémonie d’ouverture de l’atelier d’information et de sensibilisation sur la directive n°06/2020/CM/UEMOA, qui concerne le statut des autorités régionales de réglementation pharmaceutique des États membres de l’UEMOA, s’est tenue avec une grande attention à Bamako, le mercredi 20 mai 2027.

Cet événement marquant a rassemblé des acteurs clés du secteur de la santé, des responsables gouvernementaux, ainsi que des représentants d’organisations internationales, tous désireux de mieux comprendre les enjeux liés à la réglementation pharmaceutique dans la région. La réunion a été dirigée par Roberto Alexandre Viera, le représentant résident de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) au Mali, qui a su captiver l’auditoire avec son expertise et sa passion pour le développement régional.

Dans son discours d’ouverture, Roberto Alexandre Viera a souligné l’importance cruciale de cette directive pour garantir la sécurité et l’efficacité des produits pharmaceutiques dans les pays membres, en insistant sur le fait que la mise en œuvre de cette réglementation est essentielle pour protéger la santé des populations. « La revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires au sein de l’UEMOA, qui s’est tenue à Bamako en février 2026, a révélé que la Directive N°06/2020/CM/UEMOA portant statut des autorités de réglementation pharmaceutique des États membres de l’UEMOA n’a toujours pas été transposée dans les textes nationaux au Mali, » a déclaré Roberto Alexandre Viera, mettant en lumière les défis persistants qui entravent l’harmonisation des réglementations au sein de la région. Cette situation soulève des préoccupations quant à la capacité du Mali à garantir un cadre réglementaire solide et efficace pour la gestion des produits pharmaceutiques, un enjeu qui nécessite une attention urgente et des actions concertées de la part des autorités nationales et des partenaires internationaux.

Il a tenu à exprimer toute sa « reconnaissance à l’ensemble des parties prenantes qui œuvre sans cesse depuis des années pour la transposition effective de cette Directive, soulignant ainsi l’importance cruciale de leur engagement et de leur dévouement ». Selon monsieur Roberto Alexandre Viera, « il avait été recommandé lors de l’atelier de la revue analytique du portefeuille de réformes à faibles ou moyennes performances de mise en œuvre au Mali, tenu à Koulikoro du 21 au 23 avril 2026, de créer une autorité nationale dotée de personnalité juridique et d’autonomie de gestion chargée des procédures d’homologation des produits pharmaceutiques à usage humain au Mali. » Cette recommandation, qui émane d’une réflexion collective approfondie, met en lumière la nécessité d’une structure dédiée pour garantir la qualité et la sécurité des médicaments, un aspect fondamental pour la santé publique. Donc, l’occasion nous est donnée lors de cet atelier de trouver des pistes de solution », a-t-il rappelé pour magnifier l’événement du jour à Bamako, un moment qui incarne l’espoir d’une réforme significative et d’une amélioration des conditions de santé pour tous les Maliens.

En effet, les enjeux et les défis du secteur de la réglementation pharmaceutique sont nombreux, car c’est un processus stratégique et très encadré, dépassant la simple formalité administrative. Ce domaine est intimement lié à des considérations sanitaires et économiques, car il s’agit de protéger la santé des citoyens tout en favorisant un environnement propice à l’innovation et à la compétitivité. Les produits pharmaceutiques, en tant que biens essentiels, nécessitent une vigilance constante et une régulation rigoureuse pour éviter les risques liés à la contrefaçon et à la mauvaise qualité, qui peuvent avoir des conséquences désastreuses sur la vie des patients. Ainsi, la création d’une autorité nationale pourrait non seulement renforcer la confiance du public dans les médicaments disponibles, mais également stimuler le développement d’une industrie pharmaceutique locale robuste, capable de répondre aux besoins croissants de la population malienne.

Cet événement marquant s’est déroulé dans une atmosphère empreinte d’anticipation et d’engagement, rassemblant des représentants de divers pays membres, des experts en réglementation pharmaceutique, ainsi que des acteurs clés du secteur de la santé. Aussi, les participants ont eu l’occasion d’échanger sur les enjeux cruciaux liés à la mise en œuvre de cette directive, qui vise à harmoniser les pratiques réglementaires et à renforcer la sécurité des médicaments au sein de la région. Les discours d’ouverture ont souligné l’importance de la collaboration entre les États membres pour garantir un accès équitable à des produits pharmaceutiques de qualité, tout en protégeant la santé publique. 

Par ailleurs, les discussions qui ont suivi ont permis d’aborder des thèmes variés, allant de la formation des agents de santé à l’amélioration des infrastructures de contrôle, tout en mettant en lumière les défis spécifiques rencontrés par chaque pays dans l’application de cette directive. 

Dans son allocution, le secrétaire général du ministère Malien de la santé et développement social a affirmé que je cite : « Permettez-moi tout d’abord de solliciter Son Excellence, Monsieur Roberto Alexandre VIEIRA, Représentant Résident de la Commission de l’UEMOA à Bamako, de bien vouloir transmettre à Monsieur Abdoulaye DIOP, Président de la Commission de l’UEMOA, pour avoir autorisé l’experte de la pharmacie de l’Commission a venir partager avec nous l’expérience de la transposition de cette directive, objet du présent atelier.  Il est certain qu’aux termes de ces travaux, nous, acteurs aurions  la même compréhension dans la lecture et l’interprétation des textes communautaires », fin de citation.

« Je vous exprime ma profonde gratitude et celle du gouvernent de la république du mali, pour avoir accepté choisir parmi tant de directives non encore transposer au Mali, la nôtre qui nous réunit ce matin qui, sans doute renforcera les compétences opérationnelles de l’équipe du ministère mais aussi améliora le niveau compréhension des textes communautaires transposés au Mali », a  laissés entendre, Abdoulaye Guido, secrétaire général du ministère de la santé et du développement social 

Notons que cette rencontre a ainsi constitué une plateforme essentielle pour promouvoir une meilleure compréhension des normes régionales et pour encourager des actions concertées en faveur d’une réglementation pharmaceutique efficace et adaptée aux besoins des populations.

Daouda Bakary KONÉ 

Diplomatie économique du Directeur Général de l’APEX-Mali en Inde : En prélude au Forum Mali-Inde pour la Promotion des Exportations.

0

(CROISSANCE AFRIQUE)-Dans le cadre des préparatifs du Forum Mali-Inde pour la Promotion des Exportations, prévu les 18 et 19 juin 2026 à Bamako, le Directeur Général de l’Agence pour la Promotion des Exportations du Mali (APEX-Mali), Monsieur Massoudou Cissé, effectue actuellement une mission stratégique à New Delhi, en République de l’Inde.

Placée sous l’autorité du Ministère de l’Industrie et du Commerce, cette mission de haut niveau traduit la volonté des autorités maliennes de hisser la coopération entre le Mali et l’Inde à un niveau plus ambitieux, plus structuré et davantage orienté vers le commerce, la transformation industrielle et le développement des exportations.

La mission a pour objectif de conduire des concertations institutionnelles, économiques, techniques et opérationnelles avec les autorités publiques, les organisations professionnelles, les chambres consulaires, les institutions financières ainsi que les partenaires économiques.

À New Delhi, le Directeur Général d’APEX-Mali a été reçu par Son Excellence Monsieur Félix DIALLO, Ambassadeur du Mali en République de l’Inde, pour une importante séance de travail consacrée aux perspectives de renforcement de la coopération économique bilatérale ainsi qu’aux stratégies de mobilisation des partenaires indiens en faveur du Forum.

Les échanges ont permis d’affiner les mécanismes de promotion des filières exportatrices maliennes à fort potentiel, notamment le coton, le karité, la mangue, l’anacarde, le sésame, les produits agroalimentaires transformés, ainsi que les produits de l’artisanat.

Cette mission prévoit également des rencontres institutionnelles et techniques avec plusieurs structures indiennes, organisations professionnelles, chambres consulaires, et institutions financières, en vue de favoriser des partenariats durables et mutuellement bénéfiques.

À travers cette dynamique, le Mali réaffirme son ambition de consolider sa présence sur les marchés internationaux, de diversifier ses débouchés commerciaux et de promouvoir une coopération Sud-Sud fondée sur la confiance et le développement partagé.

Le Forum Mali-Inde pour la Promotion des Exportations se veut ainsi une plateforme stratégique de dialogue économique et de promotion de l’offre exportable malienne. Ensemble relevons le défi de l’exportation au Mali.

Siera Leone: la Croissance du PIB devrait « s’établir à environ (4,6%) en 2027 »

0

(CROISSANCE AFRIQUE)- En Siera Leone, la croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait, selon les données officielles, s’établir à environ (4,6%) en 2027. Cette information émane du nouveau rapport de la Banque mondiale sur la situation économique du pays daté du 10 octobre 2024. Cette expansion économique progressive, saluée pour sa résilience face aux chocs mondiaux, est principalement soutenue par le dynamisme du secteur minier, la relance des activités agricoles et le redressement des services.

Les projections macroéconomiques indiquent une consolidation de l’économie sur la période récente : Puisque les prévisions de croissance (2027) restent optimiste. Aussi, le taux de croissance annuel est attendu à (4,6%) selon les mises à jour de la Banque mondiale, avec des modèles économétriques prévoyant une dynamique oscillant entre (4,6%) et (5%).

Concernant les tendances récentes, « le pays a maintenu une trajectoire positive, avec une croissance prévisionnelle de (4,5%) en 2025 et un retour aux moyennes de long terme », selon tranding économic. Aussi, tranding économique estime que « Le Produit Intérieur Brut (PIB) en Sierra Leone a augmenté de 3,90 pour cent au quatrième trimestre de 2024 par rapport au même trimestre de l’année précédente. Le taux de croissance annuel du PIB en Sierra Leone a en moyenne 2,88 % de 1961 jusqu’en 2024, atteignant un niveau record de 26,40 % en 2002 et un niveau historiquement bas de -20,60 % en 2015« .

Notons que la Sierra Leone est l’un des pays les plus pauvres du monde. Plus de 50 pour cent des revenus gouvernementaux proviennent de l’aide étrangère et la majorité de la population dépend de l’agriculture de subsistance. Cependant, la Sierra Leone a connu une croissance constante depuis la fin d’une guerre civile dévastatrice en 2002.

Pour rappel, la production de diamants est une source importante de revenus et représente 63 pour cent des exportations totales. Les récents efforts du gouvernement pour développer l’industrie et lutter contre la corruption semblent être couronnés de succès, et le pays devrait maintenir son rythme actuel d’expansion.

Moussa KONE

Au Liberia, la croissance économique attendue entre 5,4% et 5,6% en 2027

0

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Liberia, les données officielles de la Banque africaine de développement estime que la croissance économique devrait se consolider entre 5,4% et 5,6% en 2027. Cette dynamique est portée par les investissements massifs dans le secteur minier, l’amélioration des infrastructures et le soutien des institutions internationales pour renforcer la résilience du pays.

Selon les prévision de la banque africaine de développement (BAD), « l’expansion du Produit Intérieur Brut (PIB) est principalement portée par l’exploitation minière (notamment la production d’or et de minerai de fer) et l’agriculture ». Pour ce qui concerne les investissements majeurs, la BAD estime que « le pays table sur une mobilisation de près de 4,8 milliards USD pour moderniser ses infrastructures (ports, voies ferrées) et dynamiser le secteur extractif, soutenu par des réformes et des accords internationaux », a-t-elle souligné.


Quant aux perspectives à long terme, l’institution financière panafricaine a indiqué que « le rythme de progression annuel devrait se consolider sur la période 2026-2028. Des institutions, telles que la Banque Africaine de Développement, prévoient que cette embellie se poursuivra si le pays réussit à diversifier son économie et à développer ses chaînes de valeur agro-alimentaires »

« Le produit intérieur brut du Libéria a augmenté de 5,1 % en 2025, accélérant par rapport à une hausse de 4,0 % en 2024. L’élan de croissance a été largement soutenu par l’activité dans le sous-secteur minier et de la prospection, reflétant une augmentation marquée de la production de minerai de fer et une production d’or soutenue« , selon trading economics.com.

Aussi, la structure de l’économie libérienne est dominée par les services, qui représentent 41,7 % du PIB (2024), suivis par l’agriculture (29,3 %) et l’industrie (22,8 %). « Le pays a connu une certaine transformation structurelle, mais celle-ci ne peut soutenir l’industrialisation, la main-d’œuvre passant du secteur agricole, moins productif,
au secteur des services, plus productif, ce qui témoigne d’une certaine transformation structurelle
« , renseigne la Banque africaine développement (BAD).

La croissance a été principalement tirée par le secteur secondaire, en particulier l’exploitation minière, tandis que la consommation privée et les dépenses publiques en infrastructures ont contribué à la croissance de la demande. La croissance du PIB, passée de 4,6 % en 2023 à 4,8 % en 2024, devrait poursuivre sa tendance à la hausse pour atteindre 5,3 % en 2025 et 2026, soutenue par la poursuite de l’augmentation des activités minières et agricoles.
L’inflation a baissé, passant de 17 % en 2020 à 8,1 % en 2024.

Par ailleurs, le Libéria a maintenu une politique budgétaire rigoureuse, le déficit budgétaire, y compris les dons, restant inférieur à 5 % du PIB. Toutefois, il devrait s’accroître pour atteindre 3,2 % du PIB en 2024, contre 2,5 % en 2023. Les recettes publiques totales du Libéria, hors dons, sont passées de 13,6 % du PIB en 2020 à environ 14,7-14,9 % en 2024, grâce à l’amélioration des recettes provenant des taxes sur le commerce international, qui ont représenté en moyenne 5,7 % environ du PIB, à la suite des réformes du système fiscal, notamment la numérisation des systèmes de déclaration et de paiement en ligne.

« Le déficit courant s’est établi en moyenne à 22,4 % du PIB au cours des cinq dernières années, avant de se creuser à 24,2 % en 2024 en raison d’un déficit commercial plus élevé malgré l’augmentation des exportations. Le taux de pauvreté international (2,15 dollars par jour en PPA en 2017) est estimé à 29,6 % en 2024, contre 34,0 % en 2020, en raison de l’augmentation des dépenses sociales. Le dernier indice d’inégalité des revenus disponible pour le Libéria, mesuré par l’indice de Gini, est de 43,2, ce qui indique un niveau modéré d’inégalité des revenus » rapporte la Banque Africaine de développement.

Notons que le Libéria est l’un des pays les plus pauvres du monde. Une grande partie du pays manque d’infrastructures de base telles que l’électricité et l’approvisionnement en eau en raison des guerres civiles et de la mauvaise gestion économique. Pourtant, ces dernières années, l’économie du Libéria a connu une expansion régulière grâce à la croissance des industries minière et du caoutchouc. Plus important encore, les efforts du gouvernement libérien pour lutter contre la corruption et éliminer la bureaucratie semblent réussir, car l’activité commerciale et l’emploi ont augmenté.

Daouda Bakary KONE

L’ÉCOLE AFRICAINE : « de la consommation à la souveraineté »-(Par Magaye Gaye, Économiste international)

0


Ou comment transformer la rentrée scolaire en acte fondateur d’une industrialisation africaine

Une gourde. Un objet en plastique acheté 2 000 FCFA par un élève sénégalais. Inutilisable après quelques jours. Anecdotique ? Non. Ce petit objet cassé est le symbole parfait d’un système qui brise à la fois le portefeuille des familles et l’avenir industriel de l’Afrique.

Car derrière cette gourde se cache une réalité que nos États refusent de regarder en face depuis des décennies : deux millions d’élèves, une gourde chacun — c’est quatre milliards de francs CFA qui quittent immédiatement le pays. Ajoutez les cahiers, les sacs, les stylos, les manuels — presque tout vient d’ailleurs, alors que tout pourrait être fabriqué ici. Ce n’est pas un dysfonctionnement marginal. C’est une économie extractive organisée autour de l’école, héritée des indépendances et jamais remise en cause.

UNE ÉCOLE QUI APPREND LA DÉPENDANCE

Dans les établissements scolaires africains, publics comme privés, un élève de CP se voit réclamer dix manuels pour 35 000 FCFA — tous du même éditeur, dont plusieurs ne seront jamais ouverts dans l’année. Un sac se déchire avant la fin du trimestre. Des stylos s’assèchent en une semaine. Et quand certains enseignants imposent en plus l’achat de leurs propres fascicules ou organisent des cours particuliers payants, l’école achève de se transformer en marché parallèle.

Mais le scandale dépasse les familles. Il touche l’âme même de l’éducation. Tant qu’un élève africain apprend dans un manuel venu d’Europe, écrit sur un cahier fabriqué en Asie, avec un stylo produit ailleurs, il reçoit chaque jour un enseignement invisible et dévastateur : celui que son propre pays est incapable de produire. L’école devient alors le premier lieu d’apprentissage de la résignation.

UNE HÉMORRAGIE ÉCONOMIQUE QUI DURE DEPUIS LES INDÉPENDANCES

Cette réalité n’est pas une fatalité. C’est un héritage — celui d’une absence de choix politique qui se transmet de gouvernement en gouvernement depuis les années soixante. Les matières premières existent sur notre sol. La main-d’œuvre est disponible. La demande est massive et prévisible. Ce qui a toujours fait défaut, c’est la volonté collective de transformer cette saignée annuelle en opportunité industrielle.

Pendant soixante ans, les programmes ont évolué, les éditeurs ont changé de noms, les listes de fournitures se sont allongées — mais les usines sont restées à l’étranger. Des intermédiaires sans aucune valeur productive ont obtenu génération après génération des marchés publics massifs, achètent à bas coût à l’extérieur, revendent au prix fort et imposent leurs listes aux écoles. Les parents paient sans recours. Ce mécanisme n’est pas né hier. Il a été toléré, entretenu, parfois organisé par des décennies de politique éducative défaillante.

TROIS RUPTURES POUR UNE DOCTRINE DE SOUVERAINETÉ

Il ne faut pas des milliards pour briser ce cycle. Il faut de la volonté et trois ruptures claires.

PREMIÈRE RUPTURE : BRISER LES MONOPOLES ET RENDRE L’ÉCOLE À L’ÉTAT

Les rentes des intermédiaires doivent être cassées sans délai. L’État doit traiter directement avec les producteurs locaux, plafonner les frais d’inscription dans le public comme dans le privé, interdire aux enseignants la vente de leurs propres fascicules, et devenir propriétaire d’un manuel unique par matière et par niveau — conçu par des équipes nationales, librement reproductible en version papier ou numérique. Soixante ans de changements de programmes sans valeur ajoutée réelle ont assez duré. Il est temps que l’État reprenne la main sur le contenu pédagogique de ses propres enfants.

DEUXIÈME RUPTURE : LE PROTECTIONNISME ÉDUCATIF COMME ACTE DE SURVIE

Il faut oser dire ce mot sans complexe. Le protectionnisme n’est pas ici une fermeture — c’est un acte de survie civilisationnelle. Décréter que les cahiers, gourdes et fournitures de base disponibles localement ne peuvent plus être acheminés de l’extérieur. Réserver les marchés publics aux producteurs nationaux et garantir des commandes prévisibles qui rendent l’investissement industriel viable. Si on ne protège pas ce marché, on interdit de fait l’émergence d’une industrie et d’une pensée nationales.

TROISIÈME RUPTURE : INDUSTRIALISER À L’ÉCHELLE RÉGIONALE

Aucun pays africain n’a seul la taille critique pour couvrir toute la chaîne des fournitures scolaires. Mais deux ou trois pays ensemble le peuvent. Le Sénégal, le Mali et la Guinée réunis représentent plusieurs millions d’élèves — un marché suffisant pour rentabiliser une usine de papier, une unité de transformation plastique, une imprimerie nationale. Appelons cela ce que c’est : l’Airbus de la fourniture scolaire africaine. L’intégration régionale ne doit plus se limiter aux banques et aux douanes. Elle doit descendre jusqu’aux cahiers de nos enfants.

L’ACTE DE NAISSANCE D’UNE DOCTRINE

Derrière la gourde cassée et la liste pléthorique de manuels se cache la question fondamentale de notre époque :

Une Afrique qui ne peut même pas produire les outils scolaires de ses propres enfants peut-elle réellement parler de souveraineté ?

Réformer l’école, ce n’est pas seulement changer les programmes. C’est rompre avec soixante ans d’un modèle économique qui appauvrit les ménages et enrichit les intermédiaires étrangers. C’est décider qu’elle n’est plus un espace de dépendance organisée, mais un moteur industriel, un levier d’intégration régionale, un acte fondateur. En produisant nos propres fournitures, les emplois se créent, le pouvoir d’achat des familles se protège — et nos enfants apprennent quelque chose qu’aucun cahier venu d’ailleurs ne pourra jamais leur enseigner : la fierté et la dignité de ce qui est fait chez nous.

Cette rupture n’attend pas un homme providentiel. Elle attend une décision politique collective, courageuse et assumée.

Magaye Gaye, Économiste international

Au Bénin,  le trésor public mobilise 22 milliards de FCFA sur le marché financier de l’UMOA 

0

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Bénin, le jeudi 14 mai 2026, un événement financier marquant a eu lieu lorsque la direction générale du trésor et de la comptabilité publique a réussi à lever une impressionnante somme de 22 milliards de FCFA. 

Cette levée de fonds a été réalisée à travers une émission d’adjudication de bons assimilables du trésor, d’une durée de 91 et 182 jours, orchestrée en collaboration avec UMOA-Titres, une institution reconnue pour son rôle dans le développement des marchés financiers en Afrique de l’Ouest. 

L’émetteur avait initialement mis en adjudication un montant de 20 milliards de FCFA, mais l’intérêt des investisseurs a largement dépassé les attentes. En effet, les soumissions des investisseurs ont atteint un total colossal de 95,673 milliards de FCFA, traduisant ainsi un engouement remarquable pour ces titres. Ce chiffre impressionnant se traduit par un taux de couverture du montant mis en adjudication de 478,37%, ce qui témoigne de la confiance des investisseurs dans la solidité et la stabilité de l’économie béninoise.

Après analyse des soumissions, l’émetteur a décidé de retenir un montant de 22 milliards de FCFA, tandis que 73,673 milliards de FCFA ont été rejetés. Ce choix a conduit à un taux d’absorption de 22,99%, indiquant que, bien que la demande ait été extrêmement élevée, l’émetteur a opté pour une sélection plus restreinte des offres, probablement pour maintenir une gestion prudente de la dette publique. Cet événement souligne non seulement la dynamique du marché des titres publics au Bénin, mais aussi l’importance croissante de la transparence et de la rigueur dans la gestion des finances publiques.Les investisseurs dont les soumissions ont été retenues se retrouveront avec un rendement moyen pondéré de 3,20 % pour les bons de 91 jours et de 3,56 % pour ceux de 182 jours, ce qui témoigne d’une attractivité croissante des titres émis par le Trésor Public béninois. Ce rendement, bien que modeste, représente une opportunité intéressante pour les investisseurs cherchant à diversifier leur portefeuille tout en bénéficiant d’une certaine sécurité. 

Aussi, le Trésor Public béninois, dans un souci de transparence et de confiance, s’est engagé à rembourser les titres émis le premier jour ouvré suivant la date d’échéance, qui est fixée au 13 août 2026 pour les bons de 91 jours et au 12 novembre 2026 pour ceux de 182 jours. Ce calendrier de remboursement assure aux investisseurs une prévisibilité dans leurs flux de trésorerie, renforçant ainsi la crédibilité de l’État béninois sur le marché financier. 


En ce qui concerne le paiement des intérêts, il s’effectuera d’avance et sera précompté sur la valeur nominale des bons, ce qui signifie que les investisseurs recevront leurs intérêts dès l’achat des titres, leur offrant ainsi une liquidité immédiate. Cette approche novatrice vise à attirer davantage d’investisseurs, tout en consolidant la position du Bénin sur le marché des bons du Trésor.


Moussa KONÉ 

« L’Afrique ne doit plus seulement être courtisée : elle doit devenir stratège »

0

Par HAROUNA NIANG, Économiste, ancien Ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements du Mali

Le récent sommet « Africa Forward » organisé à Nairobi entre plusieurs dirigeants africains et européens confirme une réalité désormais évidente : l’Afrique est redevenue un enjeu stratégique majeur dans les équilibres économiques, énergétiques, démographiques et géopolitiques du monde.

Pendant longtemps, l’Afrique a été perçue comme un continent à assister. Aujourd’hui, elle est courtisée. Les grandes puissances se disputent son marché, ses ressources minières stratégiques, son potentiel agricole, sa jeunesse, ses terres rares, son soleil, son positionnement géographique et même son poids diplomatique futur dans les institutions internationales.

Cette évolution constitue une opportunité historique pour le continent. Mais elle comporte aussi un risque majeur : celui de voir l’Afrique redevenir un simple terrain de compétition entre puissances étrangères, sans véritable transformation structurelle de ses économies.

La question fondamentale n’est donc pas de savoir qui veut investir en Afrique. La vraie question est : dans quelles conditions l’Afrique veut-elle coopérer avec le reste du monde ?

L’Afrique ne peut plus se contenter des discours

Les discours sur le « partenariat gagnant-gagnant » se multiplient depuis des années. Pourtant, malgré les sommets, les promesses et les annonces financières, la structure économique du continent a peu changé.

L’Afrique continue d’exporter principalement des matières premières brutes et d’importer des produits manufacturés à forte valeur ajoutée.

Elle produit le cacao mais importe le chocolat.

Elle exporte le coton mais importe les tissus et les vêtements.

Elle exporte le lithium, le cobalt ou la bauxite mais importe les batteries, les composants électroniques et les produits industriels transformés.

Cette organisation de l’économie mondiale maintient une grande partie du continent dans une position de dépendance structurelle.

Selon la Banque mondiale, la part de l’Afrique dans le commerce mondial reste inférieure à 3 %, alors que le continent représente près de 19 % de la population mondiale. Dans le secteur manufacturier mondial, la contribution africaine demeure marginale.

Cette situation n’est pas une fatalité. Elle résulte de choix historiques, de rapports de force internationaux et parfois aussi d’erreurs internes de gouvernance, de planification et de négociation.

La souveraineté politique sans souveraineté économique reste fragile

De nombreux pays africains ont obtenu leur indépendance politique depuis plusieurs décennies. Mais la souveraineté économique demeure inachevée.

Un pays qui ne transforme pas ses ressources naturelles, qui dépend massivement des importations alimentaires, énergétiques ou industrielles, qui ne contrôle ni ses chaînes logistiques ni son financement du développement, reste vulnérable.

L’Afrique doit comprendre que la souveraineté moderne se joue désormais sur plusieurs terrains :

  • la maîtrise de l’énergie ;
  • la capacité industrielle ;
  • la technologie ;
  • les infrastructures ;
  • le financement ;
  • la formation des ressources humaines ;
  • les chaînes de valeur ;
  • la logistique ;
  • et l’intelligence économique.

Dans ce nouveau contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques, la fragmentation des chaînes d’approvisionnement et la compétition technologique, les pays africains doivent défendre leurs intérêts avec plus de stratégie et de cohérence.

L’Afrique doit négocier autrement

Le principal problème de nombreux accords économiques conclus avec l’Afrique réside dans le déséquilibre des capacités de négociation.

Très souvent, les partenaires étrangers arrivent avec :

  • leurs banques ;
  • leurs cabinets juridiques ;
  • leurs experts techniques ;
  • leurs mécanismes de garantie ;
  • leurs assurances export ;
  • leurs technologies ;
  • et une stratégie nationale claire.

En face, plusieurs États africains négocient parfois dans l’urgence, avec des capacités techniques limitées et sans vision industrielle cohérente de long terme.

L’Afrique doit impérativement renforcer :

  • ses capacités de négociation ;
  • ses institutions de planification ;
  • ses mécanismes de suivi-évaluation ;
  • ses banques de développement ;
  • ses fonds souverains ;
  • et ses instruments de financement régional.

Les négociations isolées pays par pays doivent progressivement laisser place à des approches régionales plus fortes à travers l’Union africaine, la CEDEAO, l’AES ou la Zone de libre-échange continentale africaine.

Un marché africain fragmenté affaiblit l’Afrique. Un marché africain intégré renforce son pouvoir de négociation.

Les investissements étrangers doivent créer de la valeur en Afrique

L’Afrique n’a pas besoin d’un rejet idéologique des partenariats étrangers. Ce serait une erreur.

Le continent a besoin :

  • d’investissements ;
  • de technologies ;
  • de capitaux ;
  • de savoir-faire ;
  • et d’intégration dans les chaînes de valeur mondiales.

Mais ces partenariats doivent désormais répondre à des exigences claires :

  • transformation locale ;
  • transfert de technologie ;
  • contenu local ;
  • sous-traitance africaine ;
  • formation des jeunes ;
  • participation des entreprises locales ;
  • création d’emplois qualifiés ;
  • fiscalité équilibrée ;
  • et intégration industrielle.

Chaque projet minier, énergétique, agricole ou industriel devrait être évalué non seulement sur sa rentabilité financière immédiate, mais aussi sur :

  • sa contribution à l’industrialisation ;
  • son impact technologique ;
  • sa capacité à créer des écosystèmes productifs ;
  • et ses effets d’entraînement sur l’économie nationale.

Le cas du Mali et des pays de l’AES

Pour le Mali et les pays de l’AES, cette nouvelle période mondiale peut devenir une opportunité historique.

Nos pays disposent :

  • d’or ;
  • de lithium ;
  • de coton ;
  • de terres agricoles ;
  • d’un immense potentiel solaire ;
  • d’un important cheptel ;
  • et surtout d’une jeunesse nombreuse.

Mais ces richesses ne produiront un développement durable que si elles sont transformées localement.

Le coton doit alimenter une industrie textile régionale.

Le lithium doit servir à construire une industrie de batteries.

L’énergie solaire doit soutenir l’industrialisation et les villages productifs.

L’agriculture doit être liée à la transformation agroalimentaire.

Les infrastructures doivent être pensées comme des leviers de souveraineté économique et non comme de simples équipements.

L’Afrique doit sortir progressivement du modèle économique basé essentiellement sur l’exportation de matières premières brutes.

L’Afrique doit devenir stratège

Le monde change rapidement. Les anciennes puissances cherchent à préserver leurs positions. Les nouvelles puissances cherchent à étendre leur influence. Toutes comprennent désormais l’importance stratégique de l’Afrique.

Mais l’avenir du continent dépendra moins des intentions des autres que de la capacité des Africains eux-mêmes à définir une vision cohérente, ambitieuse et pragmatique de leur développement.

L’Afrique ne doit plus seulement être courtisée.

Elle doit devenir stratège.

Et cette stratégie doit reposer sur une conviction simple :

Le développement durable de l’Afrique passera par la transformation locale de ses ressources, l’industrialisation, l’intégration régionale, la maîtrise de la technologie et la valorisation de son capital humain.

Bamako le 14 Mai 2026

(Tribune): « Réévaluation des programmes d’ajustement structurel au Mali et en Afrique », (Par Harouna Niang Économiste)

0

Par Harouna Niang
Économiste / ancien ministre

Les programmes d’ajustement structurel (PAS), mis en œuvre en Afrique subsaharienne à partir des années 1980 sous l’égide du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, visaient principalement à rétablir les équilibres macroéconomiques. S’ils ont permis, dans certains cas, une stabilisation économique, leur impact sur la transformation structurelle des économies africaines reste controversé. À partir du cas du Mali, cet article soutient que les PAS ont contribué à une stabilisation partielle sans transformation productive durable, en raison notamment d’un désengagement rapide de l’État producteur, d’une absence de politique industrielle cohérente et d’une sous-estimation des coûts sociaux. Une comparaison avec les trajectoires asiatiques met en évidence le rôle déterminant de l’État dans les processus d’industrialisation.

  1. Introduction

À la fin des années 1970 et au début des années 1980, de nombreux pays africains, dont le Mali, font face à une crise économique profonde marquée par des déséquilibres macroéconomiques, une détérioration des termes de l’échange et un endettement croissant. Dans ce contexte, les institutions de Bretton Woods ont proposé des programmes d’ajustement structurel visant à corriger ces déséquilibres par une série de réformes économiques libérales.

Plus de trois décennies après leur mise en œuvre, la question de leur efficacité reste posée. Si les PAS ont permis une certaine stabilisation, ont-ils favorisé une transformation structurelle durable des économies africaines ?

  1. Contexte et objectifs des programmes d’ajustement

Les PAS reposaient sur un ensemble de mesures standardisées :

  • stabilisation macroéconomique (réduction des déficits, contrôle de l’inflation)
  • libéralisation des prix et du commerce
  • privatisation ou liquidation des entreprises publiques
  • réduction du rôle économique de l’État

Au Mali, ces réformes se sont traduites, à partir de 1988, par un programme de restructuration du secteur public productif, fondé sur un diagnostic classant les entreprises en trois catégories : à liquider, à privatiser et à restructurer (Banque mondiale, 1990 ; 1994).

  1. Résultats macroéconomiques : une stabilisation partielle

Les données disponibles montrent que les PAS ont contribué à améliorer certains indicateurs macroéconomiques.

Au Mali :

  • la croissance du PIB réel, estimée autour de 3 % en moyenne dans les années 1980, s’est améliorée dans certaines périodes post-réforme
  • l’inflation a été maîtrisée
  • les déficits budgétaires ont été réduits

Ces résultats sont confirmés par les analyses du FMI, qui soulignent une amélioration de la discipline macroéconomique dans plusieurs pays africains (IMF, 2002).

Cependant, cette stabilisation reste fragile et dépendante de facteurs exogènes, notamment les conditions climatiques et les prix des matières premières.

  1. Limites structurelles : désindustrialisation et fragmentation productive

Malgré ces avancées, les PAS n’ont pas permis une transformation structurelle significative.

4.1 Désengagement de l’État et affaiblissement du tissu industriel

Au Mali, la mise en œuvre des réformes a conduit à :

  • la liquidation ou privatisation de nombreuses entreprises publiques
  • la disparition d’activités industrielles embryonnaires (agro-industrie, cuir, électronique)

Or, ces entreprises constituaient les premiers maillons d’un système productif national.

4.2 Absence de substitution par le secteur privé

Le retrait de l’État n’a pas été compensé par l’émergence d’un secteur privé industriel suffisamment structuré.

En conséquence :

  • la part de l’industrie dans le PIB reste faible (environ 10 à 15 %)
  • l’économie demeure dominée par les matières premières

Ces constats rejoignent ceux de la littérature empirique, qui met en évidence la faible industrialisation de l’Afrique subsaharienne malgré les réformes (Rodrik, 2016).

  1. Coûts sociaux et limites des politiques uniformes

Les PAS ont également engendré des coûts sociaux importants :

  • licenciements massifs
  • réduction des dépenses sociales
  • montée du secteur informel

Plusieurs études montrent que, dans certains pays africains, les réformes ont été associées à une augmentation de la pauvreté à court terme (Cornia et al., 1987 ; Mkandawire & Soludo, 1999).

Ces effets s’expliquent en partie par l’application de politiques standardisées, souvent peu adaptées aux contextes locaux.

  1. Comparaison internationale : Afrique et Asie

La comparaison avec l’Asie de l’Est met en évidence des trajectoires divergentes.

Afrique subsaharienne

  • croissance modérée (3–5 %)
  • faible industrialisation (10–15 % du PIB)
  • dépendance aux matières premières

Asie de l’Est

  • croissance soutenue (7–10 % sur plusieurs décennies)
  • industrialisation rapide (25–35 % du PIB)
  • intégration dans les chaînes de valeur mondiales

Cette divergence s’explique en grande partie par le rôle de l’État.

Comme le souligne Chang (2002), les pays asiatiques ont mis en œuvre des politiques industrielles actives, combinant protection, soutien financier et orientation stratégique.

À l’inverse, les PAS ont encouragé en Afrique une réduction rapide du rôle de l’État, sans stratégie industrielle alternative.

  1. Le rôle des institutions internationales : une évaluation critique

Les institutions de Bretton Woods ont joué un rôle central dans la définition et la mise en œuvre des PAS.

À travers les conditionnalités, elles ont promu un modèle fondé sur :

  • la libéralisation
  • la privatisation
  • la discipline budgétaire

Si ces orientations ont permis de corriger certains déséquilibres, elles ont été critiquées pour :

  • leur caractère uniforme
  • leur insuffisante prise en compte des réalités locales
  • leur faible attention aux enjeux de transformation productive

Le rapport Berg (1981) constitue une référence clé de cette approche, centrée sur les mécanismes de marché.

  1. Responsabilité des États africains

Il convient toutefois de souligner que les États africains portent également une part de responsabilité.

Les limites observées tiennent aussi à :

  • l’absence de vision stratégique de long terme
  • la faiblesse des institutions
  • la discontinuité des politiques publiques

Par ailleurs, des initiatives africaines alternatives, comme le Plan d’action de Lagos (1980), qui mettait l’accent sur l’industrialisation et l’autonomie économique, n’ont pas été pleinement mises en œuvre.

  1. Discussion : stabilisation versus transformation

L’expérience des PAS met en évidence une distinction fondamentale :

la stabilisation macroéconomique est une condition nécessaire, mais non suffisante du développement.

La transformation économique requiert :

  • une politique industrielle active
  • un investissement dans le capital humain
  • une intégration des territoires dans les chaînes de valeur
  • un rôle stratégique de l’État
  1. Conclusion

Les programmes d’ajustement structurel ont contribué à stabiliser les économies africaines, mais ils n’ont pas permis leur transformation structurelle.

Le cas du Mali illustre cette dynamique :

  • stabilisation macroéconomique partielle
  • transformation productive limitée

La principale leçon à tirer est que le développement ne peut être réduit à des équilibres macroéconomiques.

Il nécessite une stratégie cohérente de transformation économique, combinant marché et intervention publique.

Références:

  • Banque mondiale (1990, 1994). Mali – Structural Adjustment and Public Enterprise Reform Reports
  • IMF (2002). Mali: Selected Issues and Statistical Appendix
  • Cornia, G. A., Jolly, R., & Stewart, F. (1987). Adjustment with a Human Face
  • Mkandawire, T., & Soludo, C. (1999). Our Continent, Our Future
  • Chang, H.-J. (2002). Kicking Away the Ladder
  • Rodrik, D. (2016). Premature Deindustrialization
  • Berg, E. (1981). Accelerated Development in Sub-Saharan Africa