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Marché des Hydrocarbures : les cours mondiaux du pétrole brut ont enregistré une baisse en décembre 2025

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(CROISSANCE AFRIQUE)-En décembre 2025, les cours mondiaux du pétrole brut, mesurés à l’aide des moyennes WTI et Brent et exprimés en dollars des États-Unis, ont connu une accentuation marquée de leur tendance à la baisse. 

Selon les informations fournies par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) dans son « Bulletin mensuel des statistiques », ces cours se sont repliés de 16,0% par rapport à l’année précédente, après une diminution notée de 14,3% un mois auparavant, illustrant une situation préoccupante pour les marchés pétroliers. En dehors de cette situation, il est pertinent de noter, comme l’ajoute l’institution, que les prix internationaux des autres principales matières premières que les pays membres de l’UEMOA exportent ont globalement enregistré un recul significatif durant le mois sous revue, à l’exception de l’or, qui a vu son prix s’envoler de 63,2%.

En effet, la Bceao souligne avec insistance qu’une diminution des prix a été relevée pour plusieurs commodities stratégiques, avec le cacao affichant une baisse particulièrement marquée de 43,9%, suivi par le caoutchouc, qui a chuté de 23,5%. Le café a aussi subi une baisse de 19,3%, tandis que la noix de cajou et le coton ont respectivement reculé de 14,4% et de 7,7%. 

Parallèlement, il convient de mentionner que l’indice des prix des produits alimentaires importés par les États membres de l’Union a continué à afficher un rythme baissier, atteignant une diminution de 27,6% en décembre 2025, maintenant ainsi la tendance observée le mois précédent. Cet abaissement est étroitement lié à la réduction des tarifs du riz, dont le prix a chuté de 40,0%, suivi de près par une baisse notoire du prix du sucre de 31,9%, du lait à hauteur de 17,7%, et de l’huile, qui a vu son coût diminuer de 7,2%.

Ce contexte économique souligne des défis significatifs pour les pays de la région, tant dans leurs échanges commerciaux que dans leur dépendance envers les fluctuations des marchés mondiaux. Les principaux indices boursiers internationaux ont enregistré une nette progression durant le mois de décembre 2025, témoignant d’un regain d’optimisme sur les marchés financiers mondiaux. En effet, au cours de cette période, il a été observé un renforcement substantiel des performances des différentes bourses, notamment pour le Nikkei, qui a connu une hausse impressionnante de 26,2%, suivi de près par le DAX avec une augmentation de 23,0%.

 Le Ftse 100 a également brillé avec un gain de 21,5%, tandis que le Nasdaq Composite a affiché un progrès solide de 20,4%. Dans cette dynamique positive, l’EuroStoxx 50 a enregistré une hausse de 19,0%, le Standard & Poor’s 500 a connu une avancée de 16,4%, le Dow Jones Industrial a augmenté de 13,6%, et enfin, le CAC 40 a vu sa valeur croître de 10,4%. Ce regain de dynamisme dans les indices boursiers peut être largement attribué aux anticipations croissantes de baisses de taux directeurs par les principales banques centrales des pays développés, en réponse à une amélioration des perspectives économiques, tant au niveau national qu’international. 


En ce qui concerne le marché des changes, un changement notable a également été observé, avec un renforcement significatif de la monnaie européenne, qui a connu une appréciation de 6,4% sur une période d’un an. Plus particulièrement, l’euro s’est renforcé face au dollar américain, avec une augmentation de 12,7%, tout en enregistrant également des gains face à d’autres devises majeures, notamment le yen japonais (+11,9%), le yuan chinois (+8,8%), et la livre sterling (+5,5%). 


Notons qu’à l’exception de la Banque centrale européenne (BCE), qui a choisi de maintenir son taux directeur à un niveau inchangé, les principales banques centrales des pays avancés ont, quant à elles, décidé de réorienter leur politique monétaire au mois de décembre de manière proactive et réactive, s’adaptant ainsi aux conditions économiques changeantes et cherchant à encourager une croissance durable tout en assurant la stabilité financière.


Moussa KONÉ 

En Tunisie, ENNAKL Automobiles annonce une hausse de 3 % en 2025

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(CROISSANCE AFRIQUE)-En Tunisie, les revenus de la société ENNAKL Automobiles, entreprise bien établie et respectée dans le secteur de la concession, de la location et de la vente de voitures, ainsi que dans la vente de pièces de rechange automobiles, ont connu une progression notable de 3% en 2025 par rapport à l’année précédente, 2024, illustrant ainsi une dynamique positive dans le contexte économique actuel

Ces revenus ont atteint un montant impressionnant de 614,847 millions de dinars tunisiens (MD), comparé à 594,989 MD au 31 décembre 2024, ce qui témoigne de la croissance continue de l’entreprise malgré les défis inhérents à ce secteur compétitif. 

Par ailleurs, le coût d’achat des marchandises vendues, qui représente un facteur clé dans l’évaluation de la rentabilité, s’est établi à 508 MD, marquant une augmentation par rapport aux 495 MD enregistrés en 2024. Cette hausse peut être interprétée comme une réponse aux fluctuations du marché et à la demande croissante pour une variété de véhicules. 

Durant la période sous revue, les charges financières de la société, qui jouent également un rôle crucial dans la gestion de ses finances, ont été significativement réduites, passant de 4 347 MD en 2024 à seulement 1 732 MD. Cette compression drastique des charges financières, d’un montant de 2,615 MD, souligne l’engagement de la direction à optimiser les ressources financières et à renforcer la solidité financière de l’entreprise.

De leur côté, les produits financiers, qui sont un indicateur clé de la santé économique d’une entreprise ou d’une institution financière, connaissent une augmentation significative, passant de 16,750 millions de dinars en 2024 à 20,408 millions de dinars, ce qui représente une hausse impressionnante de 3,658 millions de dinars. 

Cette croissance des produits financiers peut être interprétée comme un signe positif, témoignant d’une gestion efficace et d’une résilience face aux défis du marché. En revanche, le solde de la trésorerie nette, qui indique la liquidité disponible pour faire face aux engagements à court terme, s’est malheureusement replié, chutant de 19,539 millions de dinars pour se fixer à 10,200 millions de dinars, contre 29,739 millions de dinars enregistrés en 2024.

Ce recul pourrait soulever des préoccupations quant à la capacité de l’entité à maintenir une flexibilité financière adéquate.


Quant à la masse salariale, elle a également connu une diminution, baissant de 20 170 dinars pour s’établir à 25,464 millions de dinars, contre 25,484 millions de dinars en 2024. Cette légère réduction pourrait refléter des ajustements dans la structure des coûts ou un changement dans la politique de ressources humaines de l’organisation.

Abdoulaye KONÉ

Marché unique africain du transport aérien: les protagonistes se mobilisent pour intensifier la mise en œuvre

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(CROISSANCE AFRIQUE)-En Afrique, un atelier technique de trois jours dédié au renforcement des compétences des Autorités de l’aviation civile du continent s’est conclu à Nairobi, marquant une avancée significative dans la mise en œuvre du Marché unique du transport aérien africain (SAATM).

C’est ce que rapporte la Commission économique pour l’Afrique dans un article publié le 5 février 2026 sur son site internet.
Cette rencontre a rassemblé des experts nationaux de l’aviation autour d’un objectif commun : améliorer l’élaboration et l’exécution des plans d’actions correctives issus des audits basés sur les indicateurs clés de performance (KPI) du SAATM.

L’atelier visait à doter les États audités des outils nécessaires pour finaliser, mettre en œuvre et suivre efficacement leurs plans d’actions correctives, en veillant à ce que chacun des participants soit bien préparé pour affronter les défis à venir. Cet événement a offert une plateforme d’échange dynamique, permettant un important partage d’expériences et de bonnes pratiques, notamment à partir des enseignements tirés de l’application de l’Accord multilatéral sur les services aériens du Groupe de l’Accord de Banjul (Bag/Masa). Les échanges entre les différentes délégations ont révélé une riche variété de stratégies et d’approches, promouvant ainsi un apprentissage collectif qui pourrait influencer positivement le secteur aérien à travers le continent.

Dans son allocution d’ouverture, Robert Lisinge, qui occupe le poste de directeur de la technologie et des infrastructures à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (Cea), a souligné l’importance stratégique du suivi des engagements continentaux en matière d’aviation, en insistant sur le rôle crucial que cela joue dans le développement durable des infrastructures aériennes. « Un suivi efficace de la Décision de Yamoussoukro est la pierre angulaire d’un marché aérien transparent et unifié. La concrétisation du Saatm n’est pas seulement un objectif du secteur aérien, mais également un catalyseur essentiel pour la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecafe) », a-t-il déclaré avec conviction, soulignant ainsi le lien indissociable entre la progression du secteur aérien et l’intégration économique régionale en Afrique.

M. Lisinge a, par ailleurs, souligné l’importance cruciale de la digitalisation pour optimiser l’efficacité des mécanismes de suivi. À cet égard, la CEA s’associe étroitement à la Commission africaine de l’aviation civile (AFCAC) dans le but de numériser le système de suivi, rendant ainsi son accès en ligne possible pour l’ensemble des États membres.

Pour sa part, Abderahmane Berthe, secrétaire général de l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), a réitéré l’engagement de son organisation à jouer un rôle prépondérant dans l’application complète de la Décision de Yamoussoukro. Représentant l’AFCAC, Octavio Oliveira a, quant à lui, exhorté les gouvernements africains à soutenir activement le processus d’audit et à garantir la mise en œuvre effective des plans d’actions correctives, condition sine qua non pour une prise de décision éclairée par des données probantes et pour le succès du marché unique du transport aérien africain.


 À la clôture des travaux, les représentants africains de l’aviation civile, provenant de diverses autorités nationales, ont affirmé leur détermination à intensifier la coopération régionale et à exploiter pleinement les cadres harmonisés ainsi que les outils élaborés par l’Afcac, l’agence chargée de la mise en œuvre de la Décision de Yamoussoukro. Ils ont également mis en avant l’importance d’une collaboration renforcée entre les États membres afin de favoriser l’intégration rapide du transport aérien sur le continent africain.
Korotoumou Sylla 

Marché Interbancaire de l’UEMOA : Une augmentation de 1,4% du volume des échanges a été enregistrée en décembre 2025.

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Les données officielles tirées du « Bulletin mensuel des statistiques » révèlent que la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a procédé à une analyse approfondie de l’état actuel du marché interbancaire au sein de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Selon les informations fournies dans cette note, il ressort que, sur le plan régional, la Bceao a décidé de maintenir le statu quo en ce qui concerne sa politique monétaire. 

Il est important de préciser que le taux minimum de soumission aux appels d’offres d’injection de liquidité, ainsi que celui du guichet de prêt marginal, sont respectivement fixés à 3,25% et 5,25%, et ce, depuis le 16 juin 2025, témoignant ainsi d’une volonté de stabilité sur le marché financier régional.

Sur le marché monétaire, la Bceao précise que le montant total des financements accordés par les institutions financières a connu une hausse notable de 2,4%, pour atteindre un chiffre impressionnant de 8.368,6 milliards de francs CFA en décembre 2025, en comparaison avec 8.171,4 milliards de francs CFA en novembre 2025. Cette augmentation indique une dynamique positive et un regain de confiance parmi les acteurs du marché. Par ailleurs, le taux moyen pondéré des adjudications hebdomadaires de liquidités, quant à lui, s’est établi à 4,6774%, marquant une légère diminution par rapport à 4,7593% un mois auparavant, ce qui pourrait refléter une évolution dans les conditions de liquidité et les attentes économiques des banques participantes. «Au niveau du marché interbancaire, une progression significative de 1,4% du volume des échanges a été observée au cours de la période sous revue, ce qui témoigne d’une certaine dynamique et d’une activité accrue entre les établissements financiers. Toutes maturités confondues, le volume moyen hebdomadaire des opérations est ressorti à 1.005,4 milliards en décembre 2025, ce qui représente une hausse notable par rapport aux 991,7 milliards enregistrés en novembre 2025. 

Une telle augmentation suggère un regain de confiance parmi les banques, permettant ainsi une meilleure interconnexion des marchés financiers. Le taux d’intérêt moyen de référence, calculé sur le compartiment à une semaine, s’est accru pour ressortir à 4,16%, contre 3,90% un mois plus tôt, indiquant des ajustements potentiellement nécessaires en réponse aux conditions économiques fluctuantes», révèle la Bceao.

Par ailleurs, le taux d’inflation, en glissement annuel, est ressorti à -0,8% en décembre 2025, après une réalisation de -0,5% le mois précédent, ce qui se traduit par une baisse de 0,3 point de pourcentage (pdp) et témoigne d’une tendance déflationniste qui pourrait avoir des implications sur la consommation. Quant à l’inflation sous-jacente, qui mesure la tendance de fond des prix, c’est-à-dire l’évolution des prix hors produits frais et énergie, elle s’est également réduite pour se situer à 0,1% en décembre 2025, reflétant ainsi un ralentissement général des pressions inflationnistes. 

Notons que l’accentuation de la baisse des pressions sur les prix à la consommation s’explique essentiellement par la diminution des prix des produits alimentaires, un facteur clé dans le panier des ménages et déterminant pour le pouvoir d’achat des consommateurs. Ces développements suggèrent une réévaluation des attentes économiques à court terme et un besoin potentiel d’interventions de la part des autorités monétaires pour stabiliser la situation.


Zangouna KONÉ 

Afrique : la BAD estime que les besoins financiers annuels du continent s’élèvent à près de 400 milliards de dollars.

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(CROISSANCE AFRIQUE)-En Afrique, lors d’un événement marquant qui a réuni des personnalités de haut niveau, le président du groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Dr Sidi Ould Tah, a réaffirmé avec conviction et passion la nécessité d’un financement massif pour soutenir la transformation économique du continent.

Cette déclaration a été faite à l’occasion du traditionnel déjeuner annuel, qui rassemble les ambassadeurs accrédités en Côte d’Ivoire, un rendez-vous important pour discuter des enjeux économiques pressants, et qui s’est tenu ce mercredi 5 février 2026 dans la vibrante capitale ivoirienne, Abidjan, connue pour son dynamisme et son rôle de plaque tournante économique en Afrique de l’Ouest.

Face à une assemblée composée de diplomates engagés, le patron de cette institution panafricaine reconnue a insisté sur l’ampleur colossale des besoins financiers du continent, qui sont évalués à près de 400 milliards de dollars par an. Pour y répondre efficacement et transformer véritablement l’économie africaine, il a plaidé pour une mobilisation accrue et renforcée des partenaires techniques et financiers, ainsi que du secteur privé international, dont le rôle est crucial dans cette dynamique de changement. En outre, il a appelés à une meilleure orientation des ressources domestiques africaines, qui sont estimées à un trillion de dollars, actuellement investies dans des secteurs tels que l’immobilier, vers des projets structurants et durables qui répondent aux véritables besoins des populations et stimulent la croissance économique et le développement durable à long terme.

Cette stratégie s’inscrit dans la mise en place d’une nouvelle architecture financière, qui est soigneusement déployée aux niveaux continental, régional et national, dans le but précis de renforcer la cohérence et l’intégration du système financier africain tout en accélérant le développement socio-économique du continent. Ce nouvel héritage financier vise non seulement à créer des mécanismes plus robustes et résilients pour faire face aux défis économiques actuels, mais également à promouvoir une collaboration étroite entre les différentes nations africaines, afin d’unir leurs forces dans un contexte mondial en constante évolution.

Le président de la Banque Africaine de Développement (BAD) a également mis en avant le potentiel démographique exceptionnel du continent, soulignant qu’en d’ici 2050, l’Afrique devrait représenter un quart de la population mondiale, ce qui est une occasion unique pour le développement. De plus, il est prévu que le continent bénéficie d’une main-d’œuvre qui surpassera même celle des grandes puissances économiques telles que la Chine et l’Inde, ce qui en fait un foyer d’opportunités sans précédent. Dans cette perspective inspirante, il a érigé en priorités le développement de l’entrepreneuriat dynamique, la promotion de l’apprentissage continu, l’amélioration des systèmes éducatifs pour fournir des compétences pertinentes, ainsi que le soutien aux petites et moyennes entreprises (PME), ceci avec l’appui croissant du numérique et des solutions d’intelligence artificielle, qui joueront un rôle crucial dans l’autonomisation des jeunes africains et l’innovation économique.

Au cœur de son intervention, le Dr Sidi Ould Tah a défendu avec passion une logique de coopération équilibrée et mutuellement bénéfique, en déclarant fermement : « L’Afrique a besoin d’investissements et doit offrir des opportunités d’investissement à ses pays partenaires. C’est à travers ce partenariat gagnant-gagnant que nous contribuerons non seulement à la transformation de nos matières premières, mais aussi au développement d’infrastructures résilientes qui peuvent résister aux aléas des temps modernes et, surtout, à la création d’emplois durables pour les jeunes, qui représentent l’avenir de notre continent. » 

Cette approche audacieuse et visionnaire a été saluée avec enthousiasme par le corps diplomatique présent, qui y voit un levier d’efficacité crucial dans un contexte international particulièrement marqué par la baisse préoccupante des investissements directs étrangers et un multilatéralisme fragilisé, ce qui rend d’autant plus urgente la nécessité d’établir des alliances stratégiques et des synergies productives. 

Le dirigeant s’est par ailleurs félicité des contributions « historiques » des 81 pays membres de la Banque, dont 24 africains, des investissements qui ont été annoncés lors de la 17ᵉ reconstitution du Fonds africain de développement (FAD), événement significatif qui témoigne de l’engagement collectif à œuvrer pour le développement durable et inclusif de la région.

Le traditionnel déjeuner annuel, un événement incontournable du calendrier des activités de la Banque Africaine de Développement (BAD), a également enregistré le soutien significatif des autorités ivoiriennes, qui jouent un rôle clé dans le développement économique de leur pays, ainsi que de plusieurs représentants diplomatiques présents, venant de différentes régions du monde. Ces dignitaires ont réaffirmé leur adhésion à la stratégie de l’institution panafricaine, soulignant ainsi l’importance de la coopération internationale et de l’engagement collectif pour le développement durable sur le continent africain.

À travers ce rendez-vous diplomatique, qui offre une plateforme pour l’échange d’idées et la négociation, la BAD entend consolidar ses alliances stratégiques et établir des partenariats durables qui serviront à renforcer le tissu économique de la région. L’institution se fixe par ailleurs comme objectif de positionner l’investissement, qu’il soit public ou privé, comme moteur central de la prochaine phase de croissance africaine, mettant en avant l’urgence de mobiliser des ressources financières pour répondre aux défis contemporains tout en favorisant un environnement propice à l’émergence de projets innovants et durables.

Moussa KONÉ 

Afrique du Sud : l’État intègre Afreximbank et dévoile un Programme national de 8 milliards de dollars

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(CROISSANCE AFRIQUE)- La République d’Afrique du Sud a officiellement rejoint l’Accord d’Etablissement de la Banque africaine d’Import-Export (Afreximbank), principale institution financière multilatérale du continent, marquant ainsi l’entrée officielle de la plus grande économie africaine au sein du cercle des membres de la Banque et proclamant la souveraineté financière des deux entités.

Cette adhésion fait suite à l’approbation historique de l’adhésion par le Parlement sud-africain en 2025, cimentant un partenariat stratégique entre la principale banque multilatérale africaine et la puissance industrielle du continent. L’Afrique du Sud devient le 54e État à adhérer à l’accord constitutif de la Banque, ce qui constitue une étape historique alors que les deux partenaires cherchent à ouvrir des perspectives commerciales dans un contexte financier mondial en pleine fragmentation en raison des politiques protectionnistes et de la réorganisation des blocs commerciaux.

Pour rendre ce partenariat opérationnel, Afreximbank lancera des interventions financières majeures dans le pays. Il s’agit d’un nouveau programme pays de 8 milliards de dollars destiné à renforcer l’économie sud-africaine. Ce programme vise à accroître l’impact de la Banque sur le développement, à renforcer le développement industriel et les chaînes d’approvisionnement régionales et à stimuler de manière considérable, le commerce les flux d’investissement intra-africains. Ce soutien est stratégiquement aligné sur les ambitions économiques de l’Afrique du Sud.

En tant que plus grand contributeur régional du continent au commerce intra-africain, représentant 19,1 % du commerce total du continent en 2024, l’Afrique du Sud est idéalement placée pour tirer parti de l’infrastructure commerciale, de l’expertise et de la portée panafricaine d’Afreximbank afin d’étendre ses relations d’exportation à travers tout le continent.

Dr George Elombi, Président d’Afreximbank et Président du Conseil d’administration de la Banque, a souligné que l’adhésion de l’Afrique du Sud constitue une « étape décisive », ajoutant :

« Cette confirmation de l’adhésion de l’Afrique du Sud à Afreximbank marque une étape décisive vers l’unification autour des intérêts économiques du continent, les intérêts de notre continent mère. Tout en offrant à Afreximbank une couverture continentale complète, elle place l’Afrique du Sud au cœur de la vision d’Afreximbank et de ses aspirations à promouvoir le changement tant souhaité dans la structure du commerce africain.

« Je suis donc heureux qu’en collaboration avec le ministère sud-africain du commerce, de l’industrie et de la concurrence (DTIC), sous la direction du Ministre Parks Tau, nous ayons mis sur pied ce que nous considérons comme une enveloppe importante de 8 milliards de dollars US pour l’Afrique du Sud. Le programme pays s’aligne sur le plan national de développement à l’horizon 2030 de l’Afrique du Sud et sur les priorités nationales en matière d’industrie et de commerce, et cible des domaines stratégiques clés ».

Le Dr Elombi a ajouté que le portefeuille actuel de projets d’Afreximbank en Afrique du Sud, à différents stades d’examen, dépasse les 6 milliards de dollars US et couvre les secteurs de la santé, des services financiers, de l’industrie manufacturière, de l’énergie, de l’industrie et des mines.

Commentant l’adhésion de l’Afrique du Sud à Afreximbank, le Président de la République d’Afrique du Sud, S.E. Cyril Ramaphosa a déclaré :

« Nous franchissons aujourd’hui une étape importante dans notre quête pour réaliser ce que j’appellerais l’intégration économique de notre continent. L’adhésion de l’Afrique du Sud à la Banque africaine d’Import-Export confirme notre engagement en faveur du développement industriel africain et de l’approfondissement du commerce, de l’investissement et du développement sur l’ensemble du continent. Une fois finalisé, le Programme pays Afrique du Sud-Afreximbank sera mis en œuvre grâce à un ensemble de mesures financières qui soutiendront dans un premier temps une série de projets stratégiques dans le secteur du commerce et de l’industrie. L’un des domaines sur lesquels nous allons nous concentrer immédiatement est le renforcement de notre Fonds de transformation, afin de soutenir les entreprises détenues par les noirs qui, soit dit en passant, ont été empêchées par le système d’apartheid de participer activement à l’économie de notre pays ».

Le Président Ramaphosa a ajouté : « Depuis plus de 30 ans, Afreximbank a démontré ses capacités, sa résilience et son esprit d’innovation, mais elle a surtout prouvé son impact. Ce partenariat renforcera à plus d’un titre la capacité de l’Afrique du Sud à soutenir les exportateurs sud-africains, les projets industriels et les chaînes de valeur régionales tout en favorisant le progrès de notre continent ».

À la suite de cette annonce, l’Afrique du Sud et Afreximbank ont décidé de mener conjointement des programmes de développement commercial et économique, parmi lesquels figurent notamment le Programme de promotion du commerce et des investissements entre l’Afrique du Sud et l’Afrique (SATIPP), le Programme de garantie d’Afreximbank, le financement de parcs industriels et de zones économiques spéciales, sans oublier le financement des sociétés commerciales d’exportation , le financement de projets et d’actifs, le financement commercial conventionnel, la préparation de projets par Afreximbank et le financement destiné à soutenir les industries créatives et culturelles, ainsi qu’une large gamme de services de conseil.

BIDC: Baba Malick Ba occupe le poste de Directeur Régional, chargé de la supervision de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, de la Gambie, du Burkina Faso, du Cap-Vert et de la Guinée

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(CROISSANCE AFRIQUE)-La Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) a nommé M. Baba Malick Ba au poste de Directeur Régional en charge de la supervision de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, de la Gambie, du Burkina Faso, du Cap-Vert et de la Guinée, à compter du 1er février 2026.

M. Baba Malick Ba est un professionnel chevronné de la finance qui possède une vaste expérience dans les secteurs public et privé, dans divers domaines : gestion des risques, financement de projets, banque, marchés de capitaux, financement des exportations, analyse de crédit, gestion de portefeuille, marchés financiers et partenariats public-privé. Avant de rejoindre la Banque, M. Ba a travaillé pour le gouvernement sénégalais au ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération en tant que Directeur du financement et des partenariats public-privé et Coordonnateur de l’unité PPP du Sénégal (UNAPPP). De plus, M. Ba a occupé le poste de Conseiller Senior auprès du ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération du Sénégal sur des questions financières et stratégiques. Il a joué un rôle important dans la mobilisation de capitaux pour financer de grands projets d’infrastructure dans de nombreux secteurs tels que les transports, la santé, l’assainissement, l’énergie et l’éducation.

M. Ba a également occupé divers postes stratégiques au sein d’entreprises publiques canadiennes (Exportation et développement Canada et Société canadienne d’hypothèques et de logement) et a travaillé comme banquier pour JP Morgan Chase et Bank of America aux États-Unis et au Canada.M. Ba est parfaitement bilingue (français et anglais) et titulaire d’un Executive MBA de l’Université du Québec à Montréal (Canada) ainsi que d’une licence en finance et en administration des affaires de l’Université Franklin de Columbus, dans l’Ohio (États-Unis).En outre, M. Ba a siégé au conseil d’administration de plusieurs banques multilatérales telles que la Banque Islamique de Développement, la BOAD et la BIDC.

Dans le cadre de ses nouvelles fonctions à la BIDC, il soutiendra les opérations régionales de la Banque, renforcera les partenariats et fera progresser la mission de la BIDC en faveur du développement économique durable dans la région de la CEDEAO. Il sera basé au bureau régional de la Banque à Abidjan.

Banques: Loknath Mishra assume la direction de UBA UK à Londres

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(CROISSANCE AFRIQUE)-La United Bank for Africa (UBA) a fait une annonce significative, en révélant la nomination de Loknath Mishra au poste de directeur général de sa filiale britannique, UBA UK, avec effet à partir du 2 février 2026. Cette nomination s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus vaste et soigneusement conçue par l’institution financière pour renforcer son rôle de passerelle cruciale entre le continent africain et les marchés financiers internationaux en pleine expansion. 

Cette décision stratégique intervient à un moment où les banques africaines font face à des défis sans précédent pour sécuriser et élargir leur accès aux principales places financières mondiales. En effet, le paysage bancaire évolue rapidement, marqué par un durcissement des exigences réglementaires qui compliquent encore davantage la situation. La concurrence devient de plus en plus féroce dans le domaine des relations de banque correspondante, qui sont non seulement essentielles, mais également vitales pour le financement et la croissance du commerce africain. Ainsi, en plaçant un leader expérimenté comme Loknath Mishra à la tête de UBA UK, la banque démontre son engagement à naviguer habilement dans ce contexte complexe et à optimiser ses opérations pour soutenir le développement économique sur le continent.

Loknath Mishra a pour priorités le renforcement de la conformité réglementaire et de la gouvernance d’UBA UK, mais il s’engage également à diversifier les sources de liquidités et de revenus, dans le but de soutenir de manière plus résiliente les flux commerciaux et d’investissement qui transitent vers et en provenance d’Afrique, un continent aux multiples opportunités et défis économiques. Sa vision stratégique se concentre sur l’optimisation des opérations à tous les niveaux, garantissant que toutes les transactions respectent les normes les plus élevées tout en explorant de nouvelles avenues pour augmenter la rentabilité de l’institution.

Avec plus de trente ans d’expérience dans la banque internationale, le nouveau patron de la filiale britannique de UBA a exercé des responsabilités de premier plan dans plusieurs secteurs clés, tels que la banque de détail, d’entreprise, d’investissement et transactionnelle. Son parcours impressionnant témoigne d’une expertise approfondie qui le positionne idéalement pour naviguer dans le paysage bancaire complexe d’aujourd’hui. Avant de faire le saut vers UBA, il a été directeur général d’ICICI Bank UK, où il a non seulement dirigé avec succès les opérations de la banque au Royaume-Uni, mais a également joué un rôle crucial dans l’expansion stratégique de ses activités à travers toute l’Europe, ce qui témoigne de sa vision à long terme et de ses compétences en leadership.

Au cours de sa carrière, Loknath Mishra a occupé plusieurs postes de direction influents au sein d’ICICI Bank Limited, notamment en tant que responsable du pôle Wholesale Banking Group ainsi que directeur mondial de la banque transactionnelle. Dans ces rôles, il a été un acteur clé dans le développement des activités de financement du commerce, tout en mettant en place des stratégies innovantes pour améliorer la gestion des opérations bancaires et transactionnelles, contribuant ainsi significativement à la croissance et à la durabilité de l’institution financière.

Pour UBA, une institution financière respectée dont le vaste réseau s’étend sur plus de 20 pays africains ainsi que sur des régions non africaines telles que le Royaume-Uni, les États-Unis et la France, la filiale londonienne joue un rôle essentiel en tant que point d’appui stratégique. Cette branche londonienne est spécialement conçue pour fournir un soutien efficace aux entreprises africaines ambitieuses, aux institutions financières variées et aux États désireux d’élargir leurs horizons en matière d’opérations internationales. 

Notons qu’en facilitant l’accès à des marchés mondiaux et en offrant une expertise locale tout en intégrant des connaissances sectorielles approfondies, UBA London se positionne comme un partenaire de choix pour assurer la réussite et la croissance des acteurs africains sur la scène mondiale.

Moussa KONÉ 

Au Burkina Faso, les nations unies débloquent 850 milliards de FCFA en faveur du développement durable 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Burkina Faso, un pays situé au cœur de l’Afrique de l’Ouest, l’État bénéficiera d’un financement global particulièrement significatif de plus de 850 milliards FCFA, une somme qui témoigne de l’engagement du Système des Nations unies en faveur du développement durable de la nation

Ce financement sera alloué à la mise en œuvre de trois programmes structurants essentiels qui viseront à promouvoir un avenir plus prospère et inclusif pour tous les Burkinabé durant la période cruciale qui s’étendra de 2025 à 2030. L’accord ayant permis d’établir ce partenariat a été officiellement signé le 6 février 2026, lors d’une cérémonie tenue dans la capitale, Ouagadougou, par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, et le coordonnateur par intérim du Système des Nations unies, Maurice Azonnankpo, marquant ainsi une étape importante dans la coopération entre le Burkina Faso et ses partenaires internationaux. 

À travers cet engagement financier et stratégique, les partenaires entendent soutenir les priorités nationales du pays, notamment celles liées à la souveraineté alimentaire, qui est cruciale pour la sécurité des populations, ainsi que la stabilisation des territoires, un impératif face aux défis régionaux actuels, et la consolidation de la cohésion sociale, qui est essentielle pour maintenir la paix et l’harmonie au sein de la diversité culturelle burkinabé.

Cet appui stratégique et financier vise à accompagner le pays dans un contexte complexe et délicat, marqué par des défis sécuritaires persistants qui entravent le développement, des déplacements de populations souvent forcés en raison de la violence et des conflits, ainsi que des chocs climatiques répétés qui menacent la stabilité des moyens de subsistance. 

L’essentiel des ressources mobilisées, soit plus de 645 milliards FCFA, sera donc judicieusement consacré à la transformation durable des systèmes alimentaires, un enjeu crucial pour le développement durable du pays. Ce programme ambitieux couvrira l’ensemble des 17 régions, mettant en œuvre des initiatives ciblées et adaptées, avec une attention particulière portée aux zones à fort potentiel agricole ainsi qu’aux localités sévèrement affectées par l’insécurité alimentaire et les crises nutritives.

 Aussi, l’objectif affiché et fondamental est d’accélérer l’atteinte de la souveraineté alimentaire et nutritionnelle, en renforçant durablement la production agricole locale et en consolidant la résilience des communautés rurales, afin qu’elles puissent non seulement surmonter les défis actuels, mais aussi s’épanouir face aux incertitudes futures.

Un second programme, qui bénéficie d’un financement conséquent de plus de 109 milliards de FCFA, a été élaboré dans le but de faciliter la transition tant attendue entre l’aide humanitaire, souvent temporaire et conjoncturelle, et des mécanismes durables qui encouragent le développement durable et la paix à long terme. L’objectif principal de ce programme sera de diminuer la dépendance croissante à l’assistance d’urgence, qui peut parfois engendrer un climat d’attente plutôt qu’un véritable changement. Ainsi, il s’agira de promouvoir des solutions structurelles, élaborées avec soin et portant une vision à long terme, aptes à restaurer les moyens de subsistance des populations affectées et à stabiliser les zones jugées particulièrement vulnérables face aux crises multiples qu’elles subissent. L’approche prisée par ce programme vise non seulement à apporter une aide immédiate, mais aussi à s’assurer que les bénéficiaires puissent développer des compétences et des ressources pérennes pour améliorer leur qualité de vie et renforcer leur résilience face aux défis futurs.

Le troisième axe d’intervention, dynamique et essentiel, mobilisera plus de 151 milliards FCFA dans un effort résolu pour soutenir la stabilisation des territoires, mettant particulièrement l’accent sur les zones frontalières, souvent marquées par des défis sécuritaires, ainsi que sur les espaces les plus vulnérables qui souffrent d’une absence notoire de ressources et de soutien. En effet, ce volet ambitieux prévoit non seulement de renforcer la présence de l’État dans ces régions, mais aussi de consolider le tissu social, en favorisant la cohésion et la solidarité entre les communautés. Cela inclut également la création de conditions propices à une paix durable, résultant de l’engagement envers des actions ciblées et adaptées aux besoins spécifiques des populations affectées, qui ont souvent été laissées pour compte en raison de diverses crises.

Par ailleurs, ces programmes ne sont pas isolés ; au contraire, ils s’inscrivent en cohérence avec les orientations clairement définies du Plan national de développement RELANCE, qui a été adopté le 29 janvier 2026, pour la période s’étalant de 2026 à 2030. 

Notons qu’il est crucial de souligner que ces initiatives constituent des leviers opérationnels stratégiques, élaborés pour soutenir les quatre piliers fondamentaux de ce plan visionnaire, visant à transformer le paysage socio-économique du pays et à améliorer de manière significative et concrète les conditions de vie des Burkinabè, en leur offrant des opportunités d’avenir, de sécurité et de prospérité.

Mariam KONE 

UMOA : Quand la Prise de Ratios Prudentiels Étouffe l’Économie Réelle

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Harouna Niang
Ancien ministre de l’industrie, du commerce et de la promotion des investissements.

Alors que le système bancaire de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA) affiche des indicateurs de solidité enviés, l’économie réelle, elle, suffoque. Avec un ratio de solvabilité moyen de 14,7 %, bien au-dessus des standards internationaux, les banques de la zone semblent indiquer une santé de fer. Pourtant, dans le même temps, le crédit au secteur privé ne représente qu’environ 26 % du PIB, et moins d’une entreprise sur quatre (24,4 %) a accès à un prêt bancaire selon les données les plus récentes de la Banque mondiale.

Ce constat met en lumière un paradoxe inquiétant : une stabilité bancaire qui ne se traduit pas en financement de l’activité économique productive. C’est ce que j’appelle le piège des ratios prudentiels : des normes conçues pour prévenir les crises financières, appliquées sans adaptation aux réalités structurelles de nos économies, finissent par étouffer précisément ce qu’elles sont censées soutenir : la croissance, l’emploi et la transformation productive.

Le paradoxe de la solidité sans impact

La raison de cette contradiction est simple : les banques préfèrent allouer leurs ressources à des actifs jugés sûrs (bons du Trésor, crédits à court terme, grandes entreprises formelles ) plutôt qu’à des investissements longs, risqués ou insuffisamment garantis. Cela se traduit par une préférence pour des titres publics et des financements de faible risque, au détriment des PME, de l’industrie locale ou encore de l’agriculture, qui ne captent qu’environ 2 % des crédits bancaires dans une région où ce secteur demeure pourtant vital.

Ce biais était peut-être acceptable dans des économies fortement bancarisées et intégrées aux marchés internationaux. Mais pour l’UMOA (où une large part de l’activité économique demeure informelle, où les garanties collatérales sont faibles et où la transformation industrielle est encore embryonnaire)l’application stricte de normes prudentielles internationales (comme les standards dits de « Bâle IV ») sans contextualisation peut s’avérer contre-productive.

Une stabilité bancaire qui coûte cher à l’économie

À force de chercher à satisfaire des ratios à toute épreuve, nos systèmes bancaires se transforment en forteresses solidement défendues mais fermées à l’investissement productif. Le résultat ? Une intermédiation financière qui ne remplit pas sa fonction première : financer l’économie réelle. Ce dysfonctionnement a des effets macroéconomiques lourds :
• L’asphyxie des PME et PMI, moteurs essentiels de création d’emplois et d’innovation ;
• La dépendance aux importations, faute d’industrie locale financée durablement ;
• Un effet d’éviction du crédit privé par les financements publics, limitant l’accès au capital pour les acteurs innovants ;

Tout cela au moment où les économies de l’Afrique de l’Ouest ont besoin d’investissements productifs massifs pour soutenir leur transformation structurelle.

Sortir du piège : vers une transition intelligente

Plutôt que d’appliquer des standards prudentiels internationaux en l’état, il est urgent d’adapter nos règles et nos pratiques pour qu’elles servent les objectifs de développement économique. Cela passe par plusieurs réformes complémentaires :
1. Adapter les normes prudentielles : introduire des pondérations de risque plus favorables pour les crédits aux PME, à l’agro-industrie et à l’investissement productif, avec un calendrier différencié selon les secteurs.
2. Renforcer les mécanismes de garanties et promouvoir les assurances : développer des fonds de garantie publics et mixtes, collaborer avec les assurances, mieux capitalisés, pour réduire le coût du risque perçu par les banques.
3. Orienter davantage de liquidité bancaire vers l’économie réelle par des incitations réglementaires, des quotas de financement ciblés et des instruments de refinancement sectoriels.
4. Développer des instruments de financement longs : marchés obligataires d’entreprise, fonds de capital patient, titres sectoriels dédiés à l’industrie ou à l’agriculture.

Conclusion : la stabilité ne suffit pas

La solidité du système bancaire de l’UMOA est une condition nécessaire, mais elle n’est pas suffisante. Sans une orientation claire des flux financiers vers les secteurs productifs, cette solidité risque de rester stérile, au bénéfice des bilans bancaires mais au détriment des aspirations économiques de notre région.

Le vrai défi aujourd’hui n’est pas de savoir si nos banques respectent les ratios, mais de s’assurer que ces ratios servent les besoins urgents de financement de l’économie réelle. Pour l’Afrique de l’Ouest, l’heure est à une transition intelligente : une réforme des normes prudentielles qui protège le système sans étouffer l’investissement productif.

Harouna Niang