Au Mali, l’industrie extractive pourrait significativement augmenter les recettes publiques d’ici 2026

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Le Mali a réalisé un exploit remarquable en tirant 978,29 milliards FCFA de son secteur extractif en 2024, un chiffre qui représente une contribution record aux recettes publiques du pays. 

Cette performance impressionnante est le résultat d’une reprise significative de la production à Loulo-Gounkoto, l’un des principaux sites miniers, couplée à des prix de l’or qui demeurent élevés sur le marché international. Ces éléments conjugués laissent entrevoir que l’année 2026 pourrait être encore plus fructueuse pour Bamako, ouvrant la voie à des perspectives économiques optimistes.

Les recettes extractives, qui ont été intégrées au budget de l’État malien, ont atteint un montant colossal de 978,29 milliards FCFA, ce qui équivaut à environ 1,728 milliard USD. Ce montant impressionnant représente 40,93 % des revenus publics de l’année, soulignant l’importance cruciale du secteur extractif pour l’économie malienne. Alors que l’or continue de suivre une tendance haussière depuis plus d’un an, une question se pose : jusqu’où la part du métal jaune peut-elle encore croître dans les recettes publiques du Mali d’ici 2026 ?

Le niveau historique atteint par les recettes extractives en 2024 est d’autant plus frappant lorsqu’on le compare aux 27,81 % enregistrés en 2023 et aux 34,8 % en 2022. Ces chiffres, rapportés par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) dans un rapport publié en mars 2026, témoignent d’une évolution significative et d’une dépendance croissante du Mali vis-à-vis de ses ressources naturelles. En 2024, les exportations du secteur extractif ont représenté 78,8 % des exportations totales du Mali, avec l’or se positionnant comme le premier poste d’exportation. Cette dynamique souligne non seulement l’importance stratégique de l’or pour l’économie malienne, mais aussi les défis et les opportunités qui se présentent à l’horizon, alors que le pays navigue dans un contexte économique mondial en constante évolution.

L’arrivée de deux mines de lithium au Mali, bien que prometteuse, n’a pas encore modifié de manière significative la structure de la dépendance économique du pays vis-à-vis des ressources naturelles. La mine de Goulamina, exploitée par le géant chinois Ganfeng Lithium, a démarré sa production en décembre 2024, marquant un tournant dans l’exploitation des ressources minérales du pays. Peu après, en février 2025, la mine de Bougouni, opérée par la société britannique Kodal Minerals, a également atteint sa première production. Ces deux projets miniers positionnent le Mali parmi les premiers producteurs de lithium sur le continent africain, un métal de plus en plus recherché pour son utilisation dans les batteries, notamment celles des véhicules électriques. Cependant, malgré cette avancée, leur contribution aux recettes budgétaires du pays reste encore marginale, surtout lorsqu’on la compare aux volumes considérables générés par l’industrie aurifère, qui continue de dominer le paysage économique malien.

Le record de 2024 en matière de recettes fiscales est principalement attribué à une stratégie délibérée visant à augmenter la part de la valeur captée par l’État dans les projets miniers. Le Code minier, qui a été adopté en 2023, a significativement relevé la participation publique dans ces projets, passant de 20 % à 35 %, avec une portion de 5 % réservée aux investisseurs locaux. Cette mesure vise à renforcer l’implication des Maliens dans l’exploitation de leurs ressources naturelles et à garantir que les bénéfices de l’exploitation minière profitent davantage à la population. Suite à un audit approfondi du secteur minier, le gouvernement a engagé un processus de renégociation des contrats avec plusieurs opérateurs miniers, cherchant à maximiser les retombées économiques pour le pays. Selon le rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), un montant impressionnant de 331,64 milliards FCFA a été encaissé au titre de ces renégociations, illustrant ainsi l’engagement du gouvernement à améliorer la gestion des ressources naturelles et à assurer une meilleure redistribution des richesses générées par l’exploitation minière.

Si les prix de l’or ont progressé d’environ 70 % en 2025, un facteur du côté de la production a pesé sur les revenus, qui ont néanmoins progressé de 6,4 % en glissement annuel. Ce contraste entre l’augmentation des prix et la stagnation des revenus souligne les défis auxquels le secteur minier est confronté, notamment en raison de la complexité des opérations et des réglementations en vigueur. Le litige prolongé entre l’État malien et Barrick Mining autour de l’application du nouveau Code minier a conduit à la suspension des opérations à Loulo-Gounkoto, jusqu’alors premier complexe aurifère du pays, ce qui a eu des répercussions significatives sur l’économie locale. La production industrielle d’or du Mali a reculé de 22,9 % sur l’année, atteignant 42,2 tonnes, contre 54,8 tonnes en 2024, illustrant ainsi l’impact direct des tensions juridiques sur la capacité de production. Un compromis a finalement été trouvé entre l’État et Barrick, permettant la reprise de la production d’or fin 2025 à Loulo-Gounkoto, offrant un espoir de redressement pour l’industrie aurifère malienne.

C’est dans ce contexte que le Mali a entamé 2026, avec des signaux plus favorables aussi bien au niveau de la production que des marchés. Au premier trimestre 2026, la mine de Barrick a produit 80 000 onces, sur un objectif annuel à plus de 360 000 onces, ce qui représente un tournant positif pour le pays, qui cherche à stabiliser et à dynamiser son secteur minier. Selon la Banque mondiale, les prix de l’or ont par ailleurs progressé de 17 % au premier trimestre 2026, par rapport à l’année précédente, reflétant une tendance mondiale qui pourrait bénéficier à l’économie malienne. Cette dynamique pourrait également encourager de nouveaux investissements dans le secteur minier, renforçant ainsi la position du Mali comme acteur clé sur le marché de l’or en Afrique de l’Ouest.

Ces deux dynamiques conjuguées offrent au Mali une fenêtre d’opportunité réelle pour accroître significativement ses recettes publiques tirées de l’or, une ressource précieuse qui a longtemps été au cœur de l’économie malienne. En effet, le pays, riche en réserves aurifères, se trouve à un tournant crucial où l’exploitation de cette richesse pourrait transformer son paysage économique. Le Fonds monétaire international anticipe une croissance de 5,5 % pour le Mali en 2026, une prévision optimiste qui repose notamment sur la reprise de la production aurifère, un secteur clé pour le développement national. Cette reprise est d’autant plus significative qu’elle pourrait générer des revenus substantiels pour le gouvernement, permettant ainsi d’investir dans des infrastructures essentielles, l’éducation et la santé. Cependant, la concrétisation de ce scénario prometteur dépendra de la trajectoire des opérations à Loulo-Gounkoto, une des mines les plus productives du pays, ainsi que sur les autres mines du territoire, qui doivent également voir leur production augmenter pour soutenir cette dynamique. Parallèlement, il est crucial de prendre en compte la menace terroriste, qui constitue un risque persistant pour les industriels du pays. Cette insécurité pourrait entraver les investissements nécessaires et freiner la croissance tant attendue, rendant ainsi la situation économique du Mali à la fois prometteuse et précaire. La capacité du pays à naviguer dans ces défis déterminera son avenir économique et sa stabilité à long terme.

Moussa KONÉ 

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Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

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