(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Sénégal, la direction générale du trésor et de la comptabilité publique, institution essentielle responsable de la gestion des finances publiques, a réussi à lever, le vendredi 27 février 2027, un montant impressionnant de 108,79 milliards de francs CFA, l’équivalent de 195 millions de dollars.
Cette opération s’est déroulée sur le marché régional de la dette, où le Trésor sénégalais a non seulement atteint mais également dépassé son objectif initial fixé à 100 milliards, montrant ainsi une certaine résilience en dépit des défis économiques actuels.
Par ailleurs, cela dit, il est important de noter que, dans un contexte marqué par une crise de la dette souveraine, le coût des emprunts à court terme a connu une tendance à la hausse, ce qui soulève des inquiétudes quant à la durabilité des finances publiques.
La Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor (DGCPT) a récemment lancé un appel d’offres en mettant en adjudication une somme considérable de 100 milliards de FCFA, dans le but de mobiliser des fonds pour soutenir divers projets d’infrastructure et de développement. En réponse à cette initiative, les soumissions totales des investisseurs ont atteint un montant impressionnant de 161,269 milliards FCFA, ce qui représente un taux de couverture exceptionnel du montant initialement proposé de 161,27%, témoignant de l’intérêt élevé des investisseurs pour ces instruments de financement.
Parmi ces soumissions, il a été décidé que le montant qui a été retenu s’élève à 108,785 milliards FCFA, tandis qu’un montant de 52,484 milliards de FCFA a été rejeté, ce qui nous mène à un taux d’absorption de 67,46%. Ce taux d’absorption est un indicateur clé de la capacité du marché à intégrer de nouvelles obligations, reflétant ainsi la confiance des investisseurs dans la solidité de l’économie et des projets concernés.
Les investisseurs dont les soumissions ont effectivement été retenues pourront se réjouir, car ils bénéficieront d’un rendement moyen pondéré de 6,79% pour les bons de 364 jours, ce qui est très attrayant pour les placements à court terme. De même, pour les obligations ayant une maturité de 3 ans, le rendement atteint 7,64%, et pour celles à 5 ans, il s’élève à 7,70%. Cette structure de rendement variée offre aux investisseurs une flexibilité précieuse et témoigne de la diversité des options d’investissement disponibles sur le marché.
Ainsi, le Trésor sénégalais a, par ailleurs, enregistré un taux de couverture impressionnant de 161%, ce qui a été confirmé par un communiqué de l’agence UMOA-Titres, laquelle est chargée de superviser les émissions obligataires pour les États membres de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA).
Ce chiffre représente une augmentation significative de 17 points de base par rapport à la séance précédente, qui avait eu lieu le 20 février, indiquant ainsi un climat d’incertitude croissante pour les investisseurs et mettant en lumière les ramifications d’une gestion budgétaire de plus en plus complexe face aux enjeux économiques actuels.
Ce niveau élevé de taux d’intérêt place le Sénégal dans une situation paradoxale et quelque peu étonnante, car il emprunte à court terme 63 points de base de plus que le Burkina Faso, un pays dont une partie du territoire est actuellement sous le contrôle de groupes armés djihadistes, soulignant ainsi l’ironie de la situation économique et sécuritaire dans la région.
Deux jours plus tôt, le 25 février, la capitale burkinabé, Ouagadougou, avait levé ses propres bons à 364 jours, affichant un rendement moyen de 6,16 %, ce qui montre une certaine confiance des investisseurs dans ses obligations malgré les défis significatifs auxquels le pays est confronté.
Cet écart de rendement frappant reflète la défiance persistante des marchés à l’égard de Dakar, une défiance qui remonte à la révélation, en 2024, de près de 7 milliards de dollars d’engagements financiers non déclarés par l’administration précédente.
La DGCPT promet aux investisseurs de rembourser les bons émis le premier jour ouvré suivant la date d’échéance fixée au 27 février 2027. Les intérêts seront payés d’avance en les précomptant sur la valeur nominale de ces titres.
Pour ce qui est du remboursement du capital des obligations, il est prévu le premier jour ouvrable suivant la date d’échéance fixée au 2 mars 2029 pour celles de 3 ans et au 2 mars 2031 pour celles de 5 ans. Le DGCPT s’acquittera du paiement des intérêts annuellement au taux de 6,30% pour les obligations de 3 ans et 6,45% pour celles de 5 ans, et ce dès la fin de la première année.
Notons que cette situation s’explique par des craintes bien ancrées relatives à la transparence et à la gestion financière du gouvernement sénégalais, exacerbant ainsi l’inquiétude des investisseurs qui scrutent de près la situation économique du pays.
Mariam KONE

